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Conjoncture : L'informatique n'est pas en crise
Le flottement de l'économie ne devait toucher que les dotcoms, aux Etats-Unis et pendant seulement trois mois. Trois affirmations erronées qui, jusqu'à ces jours-ci masquaient une réalité bien différente. Désormais, Kevin Rollins, numéro deux chez Dell, ne prévoit pas d'amélioration avant la fin de l'année aux Etats-Unis et le marché publicitaire américain http://www.weblmi.com/daily/2001/0612/publicite.htm - un des meilleurs indicateurs en temps réel de l'activité économique - enregistre une baisse générale de plus de 5%. Les signes d'un ralentissement en Europe, lui aussi général, surgissent d'un peu partout.
L'inflation repart en Europe. Sur les trois premiers mois de l'année elle est nettement au dessus de la barre des 2%, seuil fixé par les autorités européennes pour la zone euro. En France, l'indice des prix à la consommation a augmenté de 0,7%, un record sur les cinq dernières années. Sur douze mois, cet indice atteint 2,5%, un taux jamais vu lui aussi depuis cinq ans. Le Wall Street Journal du 13 juin annonce que les spécialistes de la publicité, européens cette fois, prévoient désormais une croissance zéro pour les mois à venir. Sur fond de révisions de résultats à la baisse, dont ceux de Nokia aujourd'hui, des annonces comme une éventuelle baisse des ventes de micros en 2001 par rapport à 2000 http://www.weblmi.com/daily/2001/0608/prevision1.htm viennent encore alimenter l'inquiétude.
Le quotidien le Monde, dans son édition datée du 13 juin, n'a pas hésité à titrer "Crise mondiale pour l'informatique" http://interactif.lemonde.fr/article/0,5611,2857--194843-0,FF.html . Si crise informatique il y a, elle concerne avant tout la micro-informatique grand public et les Etats-Unis. Le cas de Dell est significatif. La société, dont 85% du CA provient de ventes aux entreprises, est toujours en croissance. Si elle a dû procéder à des licenciements, c'est pour satisfaire aux exigences de ses actionnaires, et non pour éviter de sombrer.
De même, en France, selon Thierry Petit, directeur marketing de Compaq France, "les carnets de commandes de l'informatique professionnelle (micros, serveurs, services) sont satisfaisants et nous n'avons perçu aucun ralentissement sur les grands projets qui concernent la gestion de la relation client, la chaîne logistique ou la productivité individuelle." Avant d'ajouter : "En Europe, où le ratio investissement informatique/CA des entreprises se situe entre 1,8% et 2,5%, aucun signe de gel des grands projets n'est perceptible aujourd'hui. Ce n'est effectivement pas le cas aux Etats-Unis où ce ratio peut atteindre des sommets impressionnants pouvant atteindre 4 %." Le brusque coup d'arrêt sur les dépenses informatiques aux Etats-Unis, n'a pas -encore ? - eu lieu en Europe.
Fin mars, le Syntec, syndicat des SSII prévoyait une croissance de 13% pour l'année http://www.weblmi.com/daily/2001/0329/services007.htm et a réitéré sa prévision début juin http://www.weblmi.com/daily/2001/0601/ssii.htm . Certes, un retour aux réalités des bilans plutôt qu'aux rêves des business plans risquent de faire encore souffrir les jeunes entreprises de la netéconomie. Mais les entreprises traditionnelles continuent de s'équiper et le passage à l'Euro ne leur laisse pas d'autres choix que de continuer à faire évoluer leurs systèmes d'information.
