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UMTS : La France brade ses licences
Laurent Fabius cède à la pression des opérateurs. Le ministre de l'Economie et des Finances ramène de 4,95 Md€ à 619 M€ le prix des licences UMTS, la téléphonie mobile de 3e génération. Il y ajoute un paiement à tempérament sur les hypothétiques recettes à venir, une fois les réseaux opérationnels. La durée des licences est portée de 15 à 20 ans.
Cette braderie laisse espérer au gouvernement un regain d'intérêt pour les deux licences restant http://www.weblmi.com/daily/2001/0131/umts.htm sans propriétaire. Mais elle fait de la France l'un des pays européens où le coût imposé http://www.weblmi.com/daily/2001/0328/mobiles.htm aux opérateurs par habitant est le plus faible à 33 €, soit 20 fois moins qu'en Allemagne ou au Royaume-Uni. De plus, la somme de 619 M€ correspond exactement au premier versement effectué début octobre et pour lequel Jean-Marie Messier, PDG de Vivendi/SFR, s'était fait tirer l'oreille http://www.weblmi.com/daily/2001/1002/umts.htm .
" Il était important de tenir compte des retards et des incertitudes liés à la mise en ouvre de la troisième génération ", se justifie Laurent Fabius. En organisant l'attribution des deux licences restantes rapidement, il espère " relancer le secteur et assurer à l'Etat des recettes qui seront proches de celles initialement prévues. "
En réalité, le ministre de l'Economie et des Finances paie les retards français en termes de calendrier d'attribution des licences et d'ouverture du marché des télécoms. Sans compter la fronde de Jean-Marie Messier, PDG de Vivendi, qui a concouru mais s'avère très mauvais payeur, sur fond de conjoncture jugée défavorable.
Un marché peu concurrentiel
En organisant la sélection des attributions en janvier 2001, la France a été l'un des derniers pays européens à forte population à proposer ses licences UMTS. Les opérateurs étrangers - déjà fortement sollicités en Allemagne et au Royaume-Uni - ont donc finalement renoncé à l'Hexagone. En refusant http://www.weblmi.com/semaine/2000/20000421%2D94%2Dundroitdentreeplutotquedesencheres.htm d'organiser des enchères, le gouvernement semblait pourtant avoir adopté une position raisonnable. Mais finalement, seules deux des quatre licences proposées ont trouvé preneur.
Le marché français demeure, de plus, l'un des plus difficile d'accès du fait de la difficulté à créer un espace réellement concurrentiel. Par l'intermédiaire d'Orange, France Télécom - dont l'Etat reste actionnaire à 54 % - demeure le premier opérateur mobile de l'Hexagone avec 16,6 millions d'abonnés, soit 48 % du nombre total. Derrière, SFR, filiale de Cegetel/Vivendi, compte 11,75 millions de clients (34 % du marché), et Bouygues Telecom 6,25 millions (18 %).
Le prétexte conjoncturel
Ces deux derniers opérateurs n'ont eu de cesse de vouloir réviser les règles d'attributions des licences. Le premier a concouru, s'est vu octroyer une licence mais a finalement eu du mal à payer. Jean-Marie Messier exigeait une renégociation et imaginait la solution suivante : "maintien des paiements prévus en 2001, puis annulation de tout paiement pendant plusieurs années. Ultérieurement le niveau des paiements tiendrait compte de la réalité du développement des marchés."
De son côté, Bouygues, qui avait renoncé au concours, étudie les propositions du gouvernement et estime qu'elles vont " dans le bon sens ".
En tout cas pas dans celui du désendettement et des retraites des salariés. Les recettes provenant de l'UMTS devaient être affectées pour un tiers à la caisse d'amortissement de la dette publique et pour les deux autres tiers au fonds de réserve des retraites. Trois tiers désormais divisés par huit.
