Aller au contenu

Préférences et cookies

Afin d’améliorer votre expérience sur notre site et de réaliser des statistiques de visites, nous utilisons des cookies. Rien n’est déposé sans votre accord, et le refus n’enlève l’accès à aucun contenu. Ce choix peut être modifié à tout moment.

Gérer les traceursVos données

Personnaliser

ArticleIT & Direction

Transparence : Et des actionnaires potiches

La rédaction

En s'installant aux Bermudes, Accenture entend aussi se protéger contre ses actionnaires : " les actionnaires des sociétés basées aux Bermudes n'ont pas le droit d'agir contre les dirigeants de l'entreprise ". Cela tombe bien, car les associés précisent que leurs intérêts " peuvent différer de ceux des actionnaires ", notamment pour les nominations aux conseils d'administration et pour le management. " Les associés peuvent d'ailleurs agir " sans le consentement des actionnaires publics ". Ces derniers peuvent-ils au moins espérer des dividendes ? Non, car " nous n'anticipons pas qu'Accenture Ltd ou Accenture SCA paieront des dividendes ... Nous réinvestissons nos bénéfices dans le développement du business, et pensons que cette approche est la meilleure pour les intérêts des actionnaires. "

Maintenir un contrôle capitalistique étroit est intéressant, en tirer de confortables bénéfices financiers est encore mieux. Ainsi, les associés d'Accenture ont introduit une disposition subtile : Accenture SCA (la filiale luxembourgeoise) est " obligée de racheter à tout moment " les titres détenus par les associés, à la valeur du titre Accenture Ltd (société cotée en Bourse), en cash ou par émission d'actions nouvelles de la société cotée. Ailleurs qu'aux Bermudes, les opérations de rachats d'actions sont strictement encadrées. En France, par exemple, ce type d'opération ne peut être autorisé que par l'assemblée des actionnaires qui se prononce sur un prix, un volume et une durée limitée. Les Associés d'Accenture se dispensent d'une telle autorisation. Leur intérêt financier est d'ailleurs d'arbitrer en faveur des gains futurs, quitte à sacrifier une partie de leur rémunération actuelle, ce qu'ils ont fait à hauteur de 40 à 60 % depuis le 1er juin dernier. Gains futurs qui sont intimement liés à la bonne tenue du titre en Bourse. Et pour l'instant, tout va bien : introduite à 14,5 $, l'action se négocie à 20 $, soit 38 % de mieux. Seul bémol : les associés ne peuvent pas vendre tous leurs titres en une seule fois ( 10 % la première année, 15 % la seconde, puis 10 % pour les années suivantes).

Y aurait-il donc deux poids deux mesures entre les associés et les petits actionnaires ? Non, assure benoîtement Accenture : " les actionnaires minoritaires d'Accenture ne sont pas dans une position différente par rapport aux actionnaires minoritaires de n'importe quelle société des Bermudes ".

Et ce ne sont pas les analystes financiers de Goldman Sachs, JP Morgan, Morgan Stanley, Deutsche Bank, Salomon Smith Barney ou Crédit Suisse First Boston qui diront le contraire. Leurs employeurs respectifs ont tous organisé l'introduction en Bourse d'Accenture.

Newsletter

La Quotidienne LMI

Recevez chaque matin l’actualité IT de la rédaction.

Transparence : Et des actionnaires potiches