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France Télécom fait le grand huit en bourse

La rédaction

Inquiets de la situation financière de France Télécom et de l'incapacité de Michel Bon, son PDG, à régler rapidement le problème MobilCom, les investisseurs boursiers ne savent plus à quel saint se vouer et malmènent fortement le cours du titre. Après une baisse de 14 %, jeudi 20 juin, l'action FT a de nouveau touché un plus bas historique à 11,66 euros vendredi 21 juin, sous la pression de mouvements spéculatifs. Même si l'action est ensuite remontée de près de 15% sur ce plus bas, sur-achetée par les mêmes qui l'avaient vendue à découvert ces derniers, jours, le noir est mis. En cause : les rumeurs contradictoires sur le dossier MobilCom et une possible dégradation des notes de crédit de l'opérateur par Moody's et Standard & Poors. Ces dernières indiquent le niveau de fiabilité de l'investissement. Au total, le titre a perdu près des trois quarts de sa valeur depuis janvier.

Lors de la présentation de ses comptes 2001, Michel Bon évoquait le cas peu probable d'un "scénario noir" comprenant notamment l'effondrement de NTL, la consolidation des dettes de MobilCom, le remboursement à Eon de ses actions, et la vente par Vodafone de ses actions FT. Ce scénario noir est aujourd'hui largement réalisé. Résultat, pour sauver MobilCom de l'effondrement et maintenir sa présence en Allemagne, France Télécom est contraint à un habile échafaudage financier, pour ne pas consolider les dettes de sa filiale allemande. Certains analystes estiment ainsi qu'en prenant en compte les engagements hors bilan, la dette de France Télécom pourrait rapidement dépasser 70 MdE.

A ces incertitudes, il faut ajouter le probable rachat de 2,5 % du capital de l'opérateur polonais TPSA, qui ferait de France Télécom l'actionnaire majoritaire de l'ex-opérateur historique. Cet achat pourrait ajouter près de 60 000 salariés au groupe et augmenter la dette de près de 4 ME. Pas de quoi rassurer des analystes déjà rendus passablement nerveux par les multiples effondrements d'opérateurs internationaux et par les déboires d'autres poids lourds comme Deutsche Telekom ou WorldCom.

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