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Les activités de services s'enfoncent dans la tourmente

La rédaction

Rien ne va plus pour les SSII si l'on en croit IDC qui revoit de plus d'un tiers ses prévisions de croissance mondiale de l'activité service en 2002 à 6,7%. Le cabinet a pourtant longtemps assuré que les choix d'externalisation des grands comptes permettaient de penser que le secteur résisterait à la morosité ambiante et conserverait une croissance à deux chiffres. Au final, les 10,6% attendus ne seront finalement pas atteints avant 2003.

Un cataclysme dans un secteur qui - au niveau mondial - n'avait plus connu de croissance à un chiffre depuis 1992.

IDC revoit en effet l'ensemble de ses perspectives en matière d'activité de services pour évoquer une croissance annuelle moyenne de 10,6% d'ici à 2006, soit un marché générant 572 Md$ à cette échéance.

En cause, la chute des dépenses des entreprises - au printemps IDC espérait encore une variation étale - et une reprise qui se fait attendre. Après avoir parlé de mi-2002 puis de l'automne, le cabinet d'études table désormais sur un redémarrage, au mieux, mi-2004. Seul l'Asie, l'Europe de l'Est et le Japon - bien qu'en perte de vitesse - sortent la tête de l'eau. Les Etats-Unis et le Canada étant les pays les plus touchés par le ralentissement.

Côté européen ou français, le correctif d'IDC n'apporte aucun éclairage particulier. Les grandes manoeuvres des SSII sentant le vent tourner ont cependant d'ores et déjà débuté.

IBM Global Services - numéro un du secteur sur le Vieux Continent - a procédé à près de 20 000 licenciements, soit 20% de son effectif incluant PwC Consulting. De même, EDS - numéro un mondial - envisage des licenciements supplémentaires dans le cadre de sa restructuration, présentée le 30 octobre prochain. Côté Cap Gemini Ernst & Young, les ambitions ont été revues à la baisse et la restructuration en cours laissera 5 500 salariés supplémentaires sur le carreau.

Enfin, le Britannique Logica a vu sa perte nette plonger au cours de son exercice 2001/2002. Du coup, il envisage de fusionner avec le Néerlandais CMG pour atteindre la taille critique au niveau européen et concurrencer Atos et CGE&Y.

Une concentration engagée puis avortée par GFI qui a échoué à racheter Thalès IS, faute d'avoir obtenu la confiance des banques.

Et cette litanie ne pourrait être qu'inaugurale, notamment en France où les SSII avaient bien résisté jusqu'à présent. Transiciel, en dépit d'un 1er semestre correct, ou encore GFI, si l'entreprise ne parvient pas à la taille critique, pourraient rapidement être la proie de concurrents mieux armés.

Sans compter les SSII de taille plus ou moins importantes arrimées de longue date au vaisseau France Télécom. Grand consommateur de services externes (près de 400 M¤ en 2001), l'opérateur historique en difficulté a déjà donné des consignes internes pour réduire les bons de commande auprès de prestataires. D'ici 2005, France Télécom envisagerait même de se passer purement et simplement de leurs services en proposant un plan interne de redéploiement d'activités.

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