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Rien ne va plus chez Gemplus en grève
Le climat social s'est encore détérioré chez Gemplus, le numéro un mondial de la carte à puce où le personnel français a décidé hier de débrayer en attendant des clarifications sur les rumeurs de plan social. Le tout sur fond de tentative de renversement de Marc Lassus (en photo), le co-fondateur de Gemplus, sur la sellette.
Le mouvement touche les deux sites méridionaux du groupe à La Ciotat et Gemenos, près de Marseille. Les syndicats qui avaient à l'origine planifié un débrayage d'une heure et demi ont finalement appelé jeudi à poursuivre la grève jusqu'à ce vendredi 13h00. Le mouvement semble particulièrement suivi, tant au niveau de la production que des autres services (marketing, commercial, R&D...).
Il se déclenche le jour où Alex Mandl, récent et controversé directeur général du groupe, annonce - dans un communiqué laconique de deux lignes - son intention de détailler le 9 décembre prochain son plan stratégique et ses orientations pour la société. Selon des sources syndicales, ce plan pourrait comprendre une vague de licenciements supplémentaire touchant plus de 1 000 personnes dans le monde dont un près de 500 en France.
Pour nombre de salariés, ce serait une provocation après la divulgation des conditions d'embauche d'Alex Mandl. Ce dernier devrait toucher 1,8 M¤ de salaire, primes d'embauche et bonus la première année. Il recevra en outre des stock options, et bénéficiera d'une enveloppe de relocalisation plafonnée à 4,9 M¤ pour compenser ses frais de déménagement des Etats-Unis à Genève, et d'éventuelles moins-values en cas de cession de sa maison aux Etats-Unis (Gemplus a officiellement son siège à Luxembourg, mais plusieurs cadres dirigeants dont son DRH sont basés à Genève pour des raisons fiscales).
Les syndicats français souhaitent obtenir des éclaircissements rapides sur la stratégie de la société, mais aussi avoir accès à un siège au conseil d'administration de la firme, comme c'était auparavant le cas en France, avant que le groupe ne transfère son siège à Luxembourg. Ils s'inquiètent également de la montée en puissance d'une unité de production en Pologne, dont les faibles coûts de main d'oeuvre pourraient à terme menacer la production des cartes à puce sur les sites français...
Un conseil d'administration de la société devrait se réunir le 11 décembre, suivi le 19 d'une assemblée générale des actionnaires qui s'annonce mouvementée.
