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Le Cigref voit le DSI en chef de la guerre économique

La rédaction

Le Club informatique des grandes entreprises françaises (Cigref) publie un rapport sur "l'intelligence économique et stratégique". Objectif numéro un : mettre en lumière le rôle que peut jouer le DSI dans cette démarche d'amélioration de la compétitivité par la collecte, le traitement d'informations et la diffusion de connaissances. Jean-François Pépin, délégué général du Cigref (photo), voit ainsi l'intelligence économique et stratégique (IES) comme "un facteur de structuration de l'entreprise, grâce au système d'information". Le DSI se muant alors en moteur de cette démarche parce que, selon le rapport du Cigref, il est à la fois expert et conseiller technique, capable de choisir les solutions adaptées mais également de les mettre en oeuvre, un manager fédérateur de projets, qui possède une vision globale des processus de l'entreprise et de ses flux informationnels, et un stratège, une véritable force de proposition pour la direction générale.

Pour Christophe Binot, responsable du département gestion et valorisation de l'information chez TotalFinaElf, "la vraie valeur ajoutée du DSI consiste à offrir les moyens de traiter une grande quantité d'informations de sources internes ou externes et à fédérer ces données en un tout intelligible par les décideurs".

En 2000, une étude de l'IHEDN (Institut des hautes études de défense nationale) plaçait le DSI en troisième position pour la coordination des action d'IES dans les entreprises de plus de 10 000 salariés. L'étude évaluait à 16 % le nombre de coordinateurs qui occuperaient également une fonction de DSI. Un résultat en demi-teinte qui n'altère pas l'enthousiasme du Cigref, pour qui, l'intelligence économique constitue "une nouvelle opportunité pour la DSI d'apporter de la valeur à son entreprise".

Cette volonté de voir le DSI passer d'un statut de technicien à celui de stratège fait figure de véritable leitmotiv des travaux du club, qui réunit 115 grandes entreprises utilisatrices d'informatique. Ainsi, en novembre dernier, une étude réalisée par le cabinet McKinsey pour le compte du Cigref mettait en lumière les attentes des DSI, qui souhaitaient notamment voir leur positionnement transversal au sein de l'entreprise mieux exploité.

Reste à mobiliser les entreprises sur ce sujet, ce qui, d'après le Cigref, serait moins aisé de ce côté-ci de l'Atlantique.

Un nouvel avatar du fameux retard français ? Jean-François Pépin reconnaît qu'il n'y pas eu "un engoument des 115 DSI membres de l'association sur ce thème". Mais entend continuer son effort d'évangélisation. Notamment via un cercle d'intelligence économique, créé en 2002 et réunissant trois fois par an des DSI. Ou encore au travers d'un partenariat sur le projet Atelis, un atelier d'IES mis en place par le groupe Escem.

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