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Interview exclusive : Pour Pat Gelsinger, CTO d'Intel, SMP et Cluster vont

La rédaction

"Le scale out ne peut pas répondre aux besoins de l'ensemble des applications du marché. Les serveurs SMP sont là pour durer". C'est par cette phrase sybilline que Pat Gelsinger (photo), le CTO d'Intel, explique, dans le cadre de l'Intel Developer Forum de Barcelone, la position de sa société dans le débat qui oppose partisans du cluster et partisans des grands serveurs SMP. Pour Gelsinger, la plupart des applications d'entreprise modernes ne sont pas adaptées au modèle des clusters. Un pavé dans la mare des Dell et autres Oracle, pourtant des partenaires de la marque, qui s'évertuent depuis des mois à convaincre les entreprises de se mettre à la mode des clusters et du Grid Computing. Pour Gelsinger, les entreprises se doivent d'être pragmatiques : certaines applications se satisfont très bien d'un modèle cluster comme les applications de calcul distribué ou de calcul scientifique. D'autres, comme les bases de données, nécessitent plutôt une bande passante mémoire copieuse et sont mieux adaptées aux machines SMP.

En ne se prononçant pour aucun des modèles du moment, Intel ménage la chèvre et le choux. Il prend surtout soin de ne fâcher aucun de ses grands clients, qui à l'exception de Dell, proposent tous à leur catalogue des serveurs compacts et de grands serveurs SMP.

Intel veut rapprocher ses lignes Xeon et Itanium

Dans un entretien avec "Le Monde informatique", Pat Gelsinger a indiqué quelques-unes des voies de recherche d'Intel pour les années à venir :

Weblmi.com : Vous avez annoncé votre intention de rapprocher les architectures Itanium et Xeon. Qu'en est-il exactement ?

Pat Gelsinger : Nous cherchons à réduire les coûts de mise en oeuvre de l'Itanium pour nos clients. Mener en parallèle le développement de deux architectures processeur (NDLR : Xeon et Itanium) est un exercice coûteux. Nous avons donc l'intention de faire converger les bus systèmes des deux architectures afin de leur permettre de fonctionner sur les mêmes cartes-mères.

Pensez-vous que les processeurs vont continuer à évoluer au rythme de ses vingt dernières années. La loi de Moore ne touche-t-elle pas à ses limites ?

Pat Gelsinger : Il n'y a pour l'instant pas de limite en vue, nous avons une vision claire de l'évolution de nos process de 90 nm à 65 puis à 45 nm, 34 nm puis 22 nm. Nous ne pourrons continuer à augmenter la fréquence des puces aussi agressivement que par le passé, mais on pourra toujours jouer sur le voltage des puces.

La seule limite en matière de réduction de voltage se trouve sous la barre du volt, vers 0,6 V, une tension en-deçà de laquelle nous ne savons pas aujourd'hui commuter un transistor.

Un constructeur comme IBM propose aujourd'hui à ses clients de fabriquer des puces Power à façon, ce qui lui a permis de séduire des clients comme Microsoft ou Sony pour leurs consoles de jeux. Certains constructeurs vous demandent-ils de personnaliser vos puces pour leurs besoins spécifiques ?

Pat Gelsinger : La discussion à ce sujet n'a pas changé au cours des 20 dernières années. Rappelez-vous du débat sur les "media chips". Intel dispose de la technologie pour fabriquer des processeurs à façon et nous le faisons dans certains cas, par exemple pour l'image processor que nous avons conçue avec Xerox. Mais notre business model n'est pas celui-là.

Nous choisissons d'intégrer nos technologies dans des processeurs aussi génériques que possible et largement reprogrammables. C'est un modèle qui jusqu'alors nous a plutôt bien réussi.

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