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Accenture évincé d'un appel d'offres de 10 Md$ pour "offshoring"
Lutter contre les paradis fiscaux et contre l'offshoring en frappant là où cela fait mal, c'est à dire au niveau du portefeuille. C'est implicitement ce que propose la commission des acquisitions du Congrès américain. Celle-ci vient ainsi de voter en faveur de l'éviction d'un consortium mené par Accenture (ex-Andersen Consulting) d'un marché gouvernemental de 10 Md$. Le cabinet de consulting a remporté il y a plusieurs mois l'appel d'offres de gestion du projet US-Visit, le système d'information de suivi des visiteurs entrant et quittant le territoire des Etats-Unis. Motif invoqué par la commission : Accenture est une compagnie qui a sciemment basé son siège aux Bermudes pour optimiser sa fiscalité. Elle n'a donc aucune légitimité pour postuler à un projet impliquant la sécurité des Etats-Unis.
Piqué au vif, l'intéressé souligne son implantation dans l'Illinois et le fait qu'il paie sagement ses taxes aux Etats-Unis : « En tant que multinationale, Accenture paie, et a toujours payé, les taxes dont il devait s'acquitter dans chacun des pays où il génère du chiffre d'affaires [...] Accenture emploie plus de 25 000 personnes aux Etats-Unis.» La décision du Congrès, si elle est validée, devrait laisser d'autres sociétés au bord de la route, dont Dell, AT&T et Sprint, eux-aussi impliqués dans le consortium menés par Accenture.
Pour autant, cette éviction, pour être définitive, doit encore suivre un lourd processus législatif : la proposition doit être adoptée par les deux chambres du Congrès américain et signée par le Président George Bush.
Accenture, qui se dit « attentif » au déroulement du processus et souligne qu'une telle éviction reviendrait « à rejeter les principes d'un marché libre pour le système d'appel d'offres fédéral [américain] ».
