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ArticleIT & Direction

Quand il s'agit d'innovation, la taille de l'entreprise importe peu

La taille de l'entreprise a peu d'impact sur sa capacité à innover, que son chiffre d'affaires soit de 50 millions ou de 500 millions de dollars. Selon le cabinet de recrutement Harvey Nash, pour les entreprises plus anciennes en particulier, l'intrication des systèmes hérités est le véritable frein à l'innovation.

La rédaction

La probabilité qu’une entreprise soit innovante - sauf les plus petites - tourne autour de 20 à 27 %. C’est l’une des principales conclusions de l'enquête technologique annuelle réalisée par le cabinet de recrutement Harvey Nash au niveau mondial. Ce rapport, pour lequel le chasseur de têtes a interrogé 3251 responsables IT dans 81 pays, indique également que la probabilité qu’une entreprise soit « très innovante » est deux fois plus importante pour celles ayant 3 à 5 ans d’existence que celles ayant plus de 20 ans d’âge. Selon le rapport, ce résultat n'est pas très surprenant, car beaucoup d’entreprises plus anciennes doivent faire coexister un enchevêtrement de systèmes (souvent désignés sous l'expression imagée de « spaghettis »), de structures organisationnelles et de processus hérités. Cela suffit à dégoûter la volonté de l'innovateur le plus enthousiaste, selon le rapport. « Ce plat de spaghettis hérité est le véritable frein à l'innovation, pas la taille, ni la complexité - et dans les entreprises plus anciennes, l’intrication de ces systèmes est beaucoup plus importante », indique encore le rapport.

D’après les responsables IT, la responsabilité de l'innovation et de l’évolution technologique du SI de l’entreprise revient essentiellement au chef des services technologiques (CTO) (29 %). Viennent ensuite le directeur général (19 %), le directeur de l'information (13 %), avec un avantage pour « un junior » (11 %). « Ces résultats pourraient inquiéter les DSI, qui considèrent souvent l'innovation comme une attribution importante de leur fonction », indique aussi le rapport. D’après les répondants, il apparaît également évident que le point de vue de la technologie domine sur celui du commercial. « Comme l’a déclaré Henry Ford : « Si j'avais demandé aux gens ce qu'ils voulaient, ils auraient demandé des chevaux plus rapides » ». Mais peut-être n'avait-il pas complètement raison. Après tout, au cours des siècles qui ont précédé l'innovation de Ford, les gens voulaient en effet les chevaux les plus rapides. Et le siècle suivant, ils veulent des voitures plus rapides et plus performantes. Le progrès est à la fois une révolution et une évolution. Aujourd’hui, il implique des chefs des services technologiques et des directeurs informatiques - et toutes les compétences qu’il peut y avoir entre les deux », indique le rapport.

L'automatisation va se généraliser

Par ailleurs, 30 % des répondants ont convenu que dans les 10 ans qui viennent, une partie importante de leur travail actuel serait automatisé. Pour 9 %, leur travail est déjà affecté par l’automatisation. Mais 61 % ne sont pas d’accord sur le fait que leur emploi est menacé par l'automatisation. Fait intéressant, dans le monde seulement 60 % des DSI, des chefs des services technologiques ou des vice-présidents de l’IT ont déclaré détenir un diplôme en informatique ou en technologie. Alors que 53 % de tous les répondants ont étudié l’informatique ou suivi des cours de technologie, 47 % d'entre eux ont un autre parcours. 43 % des femmes contre 55 % des hommes ont suivi un cursus en technologie. « L’essentiel de cet écart s'explique par le fait que les femmes sont plus fortement représentées dans des postes d'analyse commerciale, des emplois créatifs et de support, où les diplômes techniques sont moins fréquents », indique le rapport.

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