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Consumérisation de l'IT, quelle stratégie adopter dans l'entreprise ?

Dossier de la rédaction

Le Monde Informatique

Toutes les entreprises sont confrontées aujourd'hui à des salariés, souvent très jeunes, qui utilisent régulièrement leurs propres équipements informatiques (smartphones, PC portables, etc..) et applications personnelles (réseaux sociaux ou encore programmes bureautiques). On appelle ce phénomène la consumérisation IT, un fait que l'entreprise ne doit plus ignorer, mais bien au contraire accompagner pour trouver un juste équilibre entre ce que le salarié peut faire et ce qu'il ne doit pas faire.

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Article 1 sur 3

Les entreprises face à la consumérisation IT : une réalité à prendre en compte

Par La RédactionPublié le 6 septembre 20114 min de lecture

«La majorité des innovations informatiques est tirée par le grand public et gagne ainsi l'entreprise, ce phénomène est d'autant plus vrai aujourd'hui avec la multiplication des devices personnels dans l'entreprise comme les smartphones et les PC portables sans oublier l'usage des réseaux sociaux» constate Michel Isnard, directeur des ventes grands comptes chez HP. Ce constat plutôt décrié hier par les entreprises est inéluctable aujourd'hui.

Thierry Petit , directeur général de Dell France, a récemment mentionné dans une tribune que les entreprises avaient atteint un point de non-retour en matière de consumérisation et que malgré les craintes, surtout en terme de sécurité, la consumérisation de l'informatique est et sera probablement positive pour l'entreprise. Pour le dirigeant de Dell France, les internautes ont pris le contrôle de l'image de marque, laquelle n'est plus l'apanage des entreprises. Les entreprises vont par conséquent privilégier les candidats qui maîtrisent les rouages de cet écosystème et qui sont influents au sein de leurs réseaux sociaux. Il est évident qu'aujourd'hui, les profils de salariés les plus recherchés ne veulent absolument pas se défaire de leurs terminaux personnels.

Les salariés accros à leurs terminaux, réseaux sociaux et applications

Menace ou pas, les faits sont là : les salariés amènent de plus en plus leurs terminaux personnels sur leur lieu de travail. Selon une étude menée par IDC et Unisys, 70% des employés utilisent leur propre smartphone ou tablette pour leur activité professionnelle. Ensuite, les réseaux sociaux et les services de Cloud Computing sont devenus des outils indispensables adaptés au développement des relations professionnelles et à l'activité d'une entreprise. Ils sont massivement utilisés par les salariés en entreprise et ceux quel que soit leur âge. Certes, selon une autre étude Forrester, les juniors sont très actifs alors que les seniors sont plutôt spectateurs et consomment du contenu plutôt que de le créer. Enfin, la frontière entre vie personnelle et vie professionnelle est de plus en plus floue. Les salariés n'arrivent même plus à décrocher de leur smartphone pendant leurs vacances d'été, même sur la plage. Pour IDC, 50% des employés accèdent à des applications professionnelles en vacances et 30% lorsqu'ils sont au lit. Pour les propriétaires de tablettes comme l'iPad, ces chiffres sont encore de 10% supérieurs. Face à ce constat, 41 % des employeurs envisagent cette année de mettre en place des options de télétravail selon le cabinet d'études Forrester. « Il est urgent pour les entreprises de traiter cette tendance de la consumérisation IT car certaines ne sont pas encore conscientes de cette ampleur » souligne Patrice Bernard consultant chez Conix Consulting.


En effet, pour IDC et Unisys, cette réalité est bien sous-estimée. Si 69% des employés disent utiliser leur smartphone privé pour le business, les responsables IT pensent qu'ils ne sont que 34% à le faire. Cette différence s'explique par la politique mise en place par les sociétés à l'égard des terminaux privés. En effet, si 87% des entreprises ont une politique de remboursement des frais découlant de l'usage professionnel d'un appareil privé, plus de la moitié des employés n'y font pas appel. On constate bien que l'utilisation par les consommateurs de smartphones, réseaux sociaux et autres services de cloud computing transforme fondamentalement les modes de fonctionnement des entreprises. Patrice Bernard estime que la consumérisation en entreprise ira, demain, beaucoup plus loin ; les salariés personnaliseront leurs expériences et leurs applications. Pour IBM, des entreprises pionnières fournissent même des catalogues d'applications ou de briques logicielles dans lesquels les salariés peuvent choisir les modèles pour construire leurs propres applications. Mais, pour cette consumérisation des applications, qu'elle soit à l'initiative de l'entreprise ou des salariés, il faudra tenir compte de la problématique des licences logicielles, à des fins de conformité.


Encadré : Avec la consumérisation, les entreprises s'affranchissent des achats de terminaux ?

Même si les initiatives de type "BYOD" ("Bring Your Own Device" ou "apportez votre propre appareil") sont encore rares dans les grandes organisations, elles n'en restent pas moins intéressantes financièrement pour les entreprises. En effet, de plus en plus d'entreprises pourraient s'affranchir des achats de matériels étant donné que les salariés sont de plus en plus nombreux à utiliser leur propre équipement. « Chez l'assureur australien SunCorp, les employés viennent déjà avec leur ordinateur portable personnel pour se connecter au système d'information de l'entreprise via un bureau virtuel », indique Patrice Bernard, consultant chez Conix Consulting. Pour une entreprise, l'avantage est double, pas d'investissement matériel à planifier et une maintenance inexistante ou limitée puisque les équipements ne sont plus la propriété de l'entreprise. Autre cas : il peut y avoir une compensation financière de l'entreprise au salarié sous la forme d'une dotation annuelle par exemple. « Un modèle comme la gestion des voitures de fonction n'est pas à exclure pour les achats informatiques. L'entreprise alloue un budget au salarié qui choisit un ou des équipements dans un catalogue spécifique » conclut Michel Isnard, directeur des ventes grands comptes chez HP.

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Quelles solutions pour les entreprises face à la consumérisation IT ?

Par La RédactionPublié le 6 septembre 20116 min de lecture

Il n'y a pas de solution unique pour l'entreprise qui désire s'adapter à la consumérisation IT. Néanmoins, les différents interlocuteurs que nous avons interrogés au travers de notre enquête montrent que de plus en plus de DSI (encore trop peu) proposent des méthodologies et définissent un certain nombre de règles en interne. « Les DSI mettent en place des processus, lesquels sont principalement liés à la sécurité » indique Michel Isnard, directeur des ventes grands comptes chez HP. Pour Yann Pradelle, vice-président régional Europe du Sud et Afrique chez Fortinet, il est clair que la consumérisation IT augmente la menace.

Les entreprises doivent faire face à de nouvelles questions de sécurité liées à davantage de liberté du côté de l'utilisateur et à une perte de contrôle du côté des entreprises. Selon un étude réalisée par YouGov pour Citrix Online auprès de 700 PME en Allemagne, en France et au Royaume-Uni, 39% des sociétés craignent des fuites de données liées à un accès à distance au réseau de l'entreprise et 36% d'entre elles estiment que l'usage de terminaux personnels entraine le téléchargement non contrôlé d'applications mobiles, susceptibles alors d'ouvrir une brèche dans la sécurité de l'entreprise.

Pour McAfee et le centre de recherche de l'université Carnegie Mellon, via leur étude intitulée « la sécurité mobile et la consumérisation de l'informatique », les pertes ont des conséquences financières sur l'entreprise dans un cas sur trois. Parmi les informations les plus « fuitées » : les données clients (40%), les données relatives à la propriété intellectuelle de l'entreprise (30%), les données financières (15%) et enfin les données d'emploi (10%).

Une sécurité centrée sur l'utilisateur

« La consumérisation IT impose une nouvelle approche de la sécurité informatique », lance Jean Philippe Rantin, responsable avant ventes pour l'Europe du Sud chez Safenet. Il faut se rendre à l'évidence qu'il faut assouplir les politiques de sécurité et de protection des données interdisant l'utilisation d'équipements personnels et d'applications de réseaux sociaux. Et de ce fait, centrer davantage la politique de sécurité sur l'utilisateur peut paraître comme une stratégie efficace. Comment ? En obligeant l'utilisateur à déclarer son terminal personnel (smartphone ou ordinateur portable) au service informatique. « Le contrôle doit être effectué au niveau du matériel. Une fois le terminal inventorié, l'utilisateur pourra avoir accès aux ressources de l'entreprise » résume Jean Philippe Rantin.

Si, aujourd'hui les terminaux, essentiellement les smartphones (hormis les BlackBerry), ne permettent nativement pas la séparation des données professionnelles et personnelles, il existe aujourd'hui des solutions de PKI (certificat d'authenticité) embarquées dans des smartcards (de type SDCard par exemple) qui permettent d'accéder à ces fonctionnalités d'entreprises. C'est notamment le cas chez Safenet qui a lancé une solution d'identification de terminal baptisée SafeNet Authentication Manager (SAM), qui fait partie de SafeNet Fully Trusted Authentification Environment. Grâce à SAM, les entreprises peuvent administrer de manière centralisée et globale l'ensemble des contraintes d'authentification liées aux réseaux locaux, aux VPN, aux applications SaaS et aux environnements virtualisés.

IBM a aussi anticipé cette tendance  de sécurisation de la consumérisation IT en intégrant, avec Endpoint (issue du rachat de BigFix), une brique qui sécurise les terminaux à Tivoli. « Nous sommes certes fournisseurs, mais aussi confrontés en interne à cette consumérisation IT, nous avons ainsi déployé notre solution de sécurité sur 400 000 postes pour protéger des menaces » résume Philippe Bournhonesque, directeur de la stratégie Software chez IBM (en illustration principale).

Le cloud computing facilitera la consumérisation IT en entreprise

Et si la solution pour éliminer tous les risques de la consumérisation passait par le cloud computing. Jean-François Rallet, directeur commercial Europe chez Verizon Business a récemment écrit dans une tribune que le cloud permet de diminuer les risques d'utilisation des données de l'entreprise, si le salarié perd ou se fait voler son terminal, car il y a peu de données stockées dans le terminal. De par son expérience, le directeur commercial estime que de plus en plus d'entreprises européennes testent le cloud pour mieux tirer avantage des capacités mobiles émergentes de leurs équipes.

De plus avec l'informatique en ligne, on accède au système d'information depuis n'importe où et depuis n'importe quel terminal. Il est certain que le cloud va offrir aux entreprises plus d'agilité à la consumérisation. Les directions informatiques ne peuvent résolument plus s'opposer à ces nouvelles exigences de leurs salariés, partenaires et clients, pour lesquels une disponibilité d'accès permanente aux informations sera désormais la norme tout en utilisant son terminal personnel. C'est dans ce contexte qu'IBM a d'ailleurs lancé son approche Smarter Computing qui « est un cloud optimisé capable de gérer et trier des données professionnelles et personnelles grâce à la création de référentiels », explique Philippe Bournhonesque d'IBM qui met aussi en avant l'importance de l'interface utilisateur.  « L'interface naturelle comme le multitouch ou la technologie de la Kinect contribue fortement à  la consumérisation IT et donc au futur développement des applications en entreprise », confirme Nikolaz Foucaud, directeur marketing entreprise chez Microsoft.

De son côté, HP pousse toujours son initiative Instant On annoncé il y a bientôt deux ans qui veut que toute entreprise doit disposer rapidement de toutes les solutions IT pour être opérationnelle sans forcément les adopter en interne. Pour Michel Isnard, directeur des ventes grands comptes chez HP, une entreprise « Instant-On »  est une organisation agile, qui s'adapte dans l'instant aux besoins de ses salariés et de ses clients en adoptant toutes les technologies informatiques disponibles, notamment le cloud. Enfin, Microsoft est convaincu que le cloud computing facilite la consumérisation IT car les offres sont plus homogènes et les interfaces plus standardisées.

Illustration principale : Philippe Bournhonesque, directeur de la stratégie Software chez IBM.

Encadré : L'enjeu financier et applicatif des réseaux sociaux

Selon IDC, une majorité de salariés considère aujourd'hui qu'il est normal d'utiliser les réseaux sociaux dans les entreprises. « Cela pourrait devenir une obligation pour l'entreprise d'accepter l'usage des réseaux sociaux par les salariés », renchérit Jean Philippe Rantin, responsable avant ventes pour l'Europe du Sud chez Safenet. Dans les faits, c'est loin d'être le cas, les entreprises, surtout dans les secteurs financiers restent réticents à l'usage des réseaux sociaux grands publics de type Twitter ou Facebook. D'autres les autorisent avec certaines règles de filtrage ou méthodologies « maison ». «Le problème, aujourd'hui avec les réseaux sociaux, c'est que l'on ne sait pas mesurer la valeur sur le business, ou comment transformer des "j'aime" sur Facebook en contrats » note Patrice Bernard, consultant chez Conix Consulting.

Néanmoins, les lignes bougent et de plus en plus d'entreprises créent des chartes des réseaux sociaux qui établissent des règles dans ce que l'on peut faire et ne pas faire. Et cela se traduit, selon Patrice Bernard par quelques succès notamment chez British Telecom qui sait profiter financièrement des réseaux sociaux en réalisant de nombreuses études. Thierry Petit, directeur général de Dell France va plus loin dans l'impact à venir de l'utilisation des réseaux sociaux dans les entreprises en substituant ces derniers aux applications métiers. En effet, la montée en flèche des réseaux sociaux en tant qu'applications métier va "tuer" l'informatique d'entreprise telle que nous la connaissons aujourd'hui, ce ne sont pas là simplement des applications à grand succès. Pour étayer ces propos, le patron de Dell indique que son groupe a eu recours à l'application Chatter de Salesforce.com pour ses quelques 90 000 salariés qui leur permettent de suivre les opportunités commerciales.

Article 3 sur 3

Interview de Nikolaz Foucaud, directeur marketing entreprise chez Microsoft

Par La RédactionPublié le 6 septembre 20112 min de lecture

LMI : Qu'est-ce que pour Microsoft la consumérisation IT en entreprise ?

Nikolaz Foucaud : Quand on parle de consumérisation IT chez Microsoft, on dégage trois tendances principales. Déjà l'usage des périphériques personnels dans les entreprises, cela concerne principalement les smartphones et dans une moindre mesure les PC portables. Ensuite, l'utilisation des applications  comme les réseaux sociaux par les salariés de type Facebook et autres Twitter ou Viadeo. Enfin, les interfaces comme le système multitouch ou la technologie Kinect ont fortement contribué à cette consumérisation.

Quel est l'impact de la consumérisation pour les DSI ?

Toutes les entreprises sont confrontées à des discussions internes sur la consumérisation. Le service informatique ne doit pas donner une seule réponse, mais doit analyser les usages et les procédés qui peuvent s'avérer bénéfiques pour l'entreprise. En clair, il lui faut trouver un juste équilibre entre les contraintes de sécurité, les contraintes légales et celles liées aux processus de l'entreprise. Par exemple, une entreprise peut parfaitement autoriser l'usage de Facebook à ses salariés en limitant certains accès.  Autre exemple : la DSI peut autoriser la lecture des emails depuis un iPad mais interdira l'accès à certaines applications métiers critiques pour des raisons de sécurité évidentes. Avec la consumérisation IT, la DSI concentre d'abord ses efforts sur la gestion de l'utilisateur.

La DSI peut-elle perdre le contrôle de son système d'information avec la consumérisation ?

Je ne le crois pas. Bien au contraire, les directions générales se tournent, aujourd'hui, fortement vers leurs responsables informatiques, car ils ont besoin de conseils et d'initiatives fortes sur l'adoption de tous ces outils. Toutefois, il est vrai qu'avec le cloud computing, le DSI peut avoir moins d'influence.

Quelle est l'approche de Microsoft sur la consumérisation IT ?

Microsoft résume son approche en « Centre des usages » autour de 4 piliers : le choix des périphériques qui dépend des métiers et du choix des entreprises, la sécurité et l'administration des SI (normes et procédures à mettre en place), la productivité (analyser les gisements de productivité dans l'entreprise comme la mobilité pour les nomades par exemple) et le développement applicatif. Pour ce dernier, on encouragera les entreprises à mettre en place des standards et une ergonomie courante et commune.