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Les entreprises face à la consumérisation IT : une réalité à prendre en compte
«La majorité des innovations informatiques est tirée par le grand public et gagne ainsi l'entreprise, ce phénomène est d'autant plus vrai aujourd'hui avec la multiplication des devices personnels dans l'entreprise comme les smartphones et les PC portables sans oublier l'usage des réseaux sociaux» constate Michel Isnard, directeur des ventes grands comptes chez HP. Ce constat plutôt décrié hier par les entreprises est inéluctable aujourd'hui.
Thierry Petit , directeur général de Dell France, a récemment mentionné dans une tribune que les entreprises avaient atteint un point de non-retour en matière de consumérisation et que malgré les craintes, surtout en terme de sécurité, la consumérisation de l'informatique est et sera probablement positive pour l'entreprise. Pour le dirigeant de Dell France, les internautes ont pris le contrôle de l'image de marque, laquelle n'est plus l'apanage des entreprises. Les entreprises vont par conséquent privilégier les candidats qui maîtrisent les rouages de cet écosystème et qui sont influents au sein de leurs réseaux sociaux. Il est évident qu'aujourd'hui, les profils de salariés les plus recherchés ne veulent absolument pas se défaire de leurs terminaux personnels.
Les salariés accros à leurs terminaux, réseaux sociaux et applications
Menace ou pas, les faits sont là : les salariés amènent de plus en plus leurs terminaux personnels sur leur lieu de travail. Selon une étude menée par IDC et Unisys, 70% des employés utilisent leur propre smartphone ou tablette pour leur activité professionnelle. Ensuite, les réseaux sociaux et les services de Cloud Computing sont devenus des outils indispensables adaptés au développement des relations professionnelles et à l'activité d'une entreprise. Ils sont massivement utilisés par les salariés en entreprise et ceux quel que soit leur âge. Certes, selon une autre étude Forrester, les juniors sont très actifs alors que les seniors sont plutôt spectateurs et consomment du contenu plutôt que de le créer. Enfin, la frontière entre vie personnelle et vie professionnelle est de plus en plus floue. Les salariés n'arrivent même plus à décrocher de leur smartphone pendant leurs vacances d'été, même sur la plage. Pour IDC, 50% des employés accèdent à des applications professionnelles en vacances et 30% lorsqu'ils sont au lit. Pour les propriétaires de tablettes comme l'iPad, ces chiffres sont encore de 10% supérieurs. Face à ce constat, 41 % des employeurs envisagent cette année de mettre en place des options de télétravail selon le cabinet d'études Forrester. « Il est urgent pour les entreprises de traiter cette tendance de la consumérisation IT car certaines ne sont pas encore conscientes de cette ampleur » souligne Patrice Bernard consultant chez Conix Consulting.
En effet, pour IDC et Unisys, cette réalité est bien sous-estimée. Si 69% des employés disent utiliser leur smartphone privé pour le business, les responsables IT pensent qu'ils ne sont que 34% à le faire. Cette différence s'explique par la politique mise en place par les sociétés à l'égard des terminaux privés. En effet, si 87% des entreprises ont une politique de remboursement des frais découlant de l'usage professionnel d'un appareil privé, plus de la moitié des employés n'y font pas appel. On constate bien que l'utilisation par les consommateurs de smartphones, réseaux sociaux et autres services de cloud computing transforme fondamentalement les modes de fonctionnement des entreprises. Patrice Bernard estime que la consumérisation en entreprise ira, demain, beaucoup plus loin ; les salariés personnaliseront leurs expériences et leurs applications. Pour IBM, des entreprises pionnières fournissent même des catalogues d'applications ou de briques logicielles dans lesquels les salariés peuvent choisir les modèles pour construire leurs propres applications. Mais, pour cette consumérisation des applications, qu'elle soit à l'initiative de l'entreprise ou des salariés, il faudra tenir compte de la problématique des licences logicielles, à des fins de conformité.
Encadré : Avec la consumérisation, les entreprises s'affranchissent des achats de terminaux ?
Même si les initiatives de type "BYOD" ("Bring Your Own Device" ou "apportez votre propre appareil") sont encore rares dans les grandes organisations, elles n'en restent pas moins intéressantes financièrement pour les entreprises. En effet, de plus en plus d'entreprises pourraient s'affranchir des achats de matériels étant donné que les salariés sont de plus en plus nombreux à utiliser leur propre équipement. « Chez l'assureur australien SunCorp, les employés viennent déjà avec leur ordinateur portable personnel pour se connecter au système d'information de l'entreprise via un bureau virtuel », indique Patrice Bernard, consultant chez Conix Consulting. Pour une entreprise, l'avantage est double, pas d'investissement matériel à planifier et une maintenance inexistante ou limitée puisque les équipements ne sont plus la propriété de l'entreprise. Autre cas : il peut y avoir une compensation financière de l'entreprise au salarié sous la forme d'une dotation annuelle par exemple. « Un modèle comme la gestion des voitures de fonction n'est pas à exclure pour les achats informatiques. L'entreprise alloue un budget au salarié qui choisit un ou des équipements dans un catalogue spécifique » conclut Michel Isnard, directeur des ventes grands comptes chez HP.