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La dématérialisation entame sa lente phase d'industrialisation
« Depuis 10 ans, la dématérialisation est en train de passer d'une logique de capture et de saisie à l'automatisation des processus » résume Vincent Ehrström, directeur marketing d'Itesoft. En effet, la dématérialisation s'adapte, de plus en plus, aux métiers et aux organisations des entreprises en fournissant, pour les collaborateurs, des documents sous la forme électronique accessibles depuis n'importe où et disponibles lorsque les gens en ont besoin. En clair, la dématérialisation se doit aujourd'hui d'apporter un partage de l'information instantané avec les outils de Ged (Gestion électronique de documents) et, de plus en plus, une optimisation des flux de documents grâce à des applications de workflow. D'ailleurs, la majorité de nos intervenants ont confirmé cette tendance de la dématérialisation d'aller vers plus d'automatisation des processus dans l'entreprise et ne plus seulement se contenter de numériser un document puis de l'archiver.
« La dématérialisation des processus signifie que le document doit avoir un engagement via le traitement des données, on doit ainsi pouvoir isoler la donnée, la comprendre et l'industrialiser sans perdre du temps dans sa recherche. Avec le papier, ce n'est juste pas possible, cela coûterait bien trop cher » explique Jérôme Mendiela, directeur du business développement du prestataire de services Numen. Un avis que partage Héléne Mouiche, analyste sénior au sein du cabinet d'études Markess International qui prend l'exemple de la facturation, le service plus répandu dans la dématérialisation, qui s'oriente davantage vers une automatisation globale jusqu'à l'avis de paiement (stratégie demand to pay en anglais). C'est la stratégie de nombreux fournisseurs ou éditeurs de plateformes comme Esker avec son offre Esker On Demand. Cette évolution vers les processus de l'entreprise est nécessaire, l'entreprise doit avoir une vision patrimoniale comme l'ont les oeuvres culturelles. Pour Jérôme Mendiela et Vincent Ehrström, l'entreprise gagnerait en efficacité.
Des défis pour plus d'efficacité
Pour se faire, la dématérialisation doit faire face à un double défi. Le premier est fonctionnel, il s'agira pour l'entreprise de définir une stratégie moyen terme, de trouver des ressources humaines, du temps et de l'argent. Quant au deuxième défi, technique, l'entreprise choisira des solutions qui permettront « d'assembler » les morceaux du puzzle et d'homogénéiser les choix technologiques déjà engagés, et surtout ceux à engager. L'objectif recherché est d'atteindre une forte réactivité sans compromettre l'intégrité des services. Mais, pour l'heure, en France, on n'en est encore loin, à en croire nos différents intervenants, la dématérialisation reste bien souvent partielle, limitée à des fonctions voire à quelques services ou départements malgré les solutions innovantes et matures qui existent sur le marché. «Nous disposons des solutions pour acheminer les documents, les automatiser et accélérer le traitement des flux avec nos offres Captiva et Documentum XCP » confirme Gilles Goulay, Business manager chez EMC qui met en avant le Cloud Computing (comme accélérateur d'adoption solutions en mode Saas, voir encadré).
Illustration principale : Jérôme Mendiela, directeur du business développement du prestataire de services Numen
Encadré : Le Saas pour séduire les PME
La dématérialisation permet surtout de réduire le papier et, de ce fait, se donner une image « d'écolo », de diminuer les coûts administratifs, d'augmenter la productivité et de raccourcir de plus en plus les délais de traitements. Aujourd'hui, si la dématérialisation cible principalement les grands comptes ou les entreprises dont la volumétrie des documents traités a explosé, elle séduit de plus en plus les PME et TPE. Et pour cause, les offres ont gagné en simplicité grâce à des interfaces plus compréhensibles et intuitives et aux modes de distribution de type Saas.
« Le Saas séduit les petites et moyennes entreprises ainsi que les petites organisations dans le secteur public comme les communautés des communes, toutes nos plateformes de dématérialisation d'appels d'offres (ok-marche pour les collectivités et ok-offre pour les entreprises) sont disponibles en mode Saas, car avec le Saas, nos clients n'ont tout simplement pas à disposer d'une infrastructure informatique complexe et coûteuse en interne » indique Jérôme Lefèvre, directeur Business Unit chez Omniklès (propriété du groupe oodrive depuis juin 2011). Chez EMC, l'offre (Captiva- Documentum) devrait être disponible en mode Saas pour le premier semestre 2012.