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IT & DirectionGrand dossier4 articlesPublié le

Les métiers les plus demandés sur le marché de l'emploi IT

Dossier de la rédaction

Le Monde Informatique

Dans sa dernière note conjoncturelle, l'Apec (Association pour l'emploi des cadres) inscrivait que le marché de l'emploi IT va continuer à se dégrader dans les mois à venir, mais que ce secteur restait néanmoins l'un des moins touchés par la crise. Un avis que partagent bon nombre de recruteurs et d'analystes que nous avons interrogés pour notre enquête.

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Article 1 sur 4

Emploi IT : les recrutements toujours compliqués pour les entreprises

Par La RédactionPublié le 2 novembre 20125 min de lecture

« Le recrutement, c'est le mouton à cinq pattes, c'est très difficile de trouver la bonne personne. Sur la quarantaine de CV que nous avons reçus, seul quelques-uns avaient un profil intéressant qui se rapprochait le plus de ce que l'on recherchait. Nous avons opté pour un profil plutôt classique, mais qui présentait de bonnes aptitudes pour être formé par nos soins », indique Laurent Queyroi, chef du service des systèmes d'information du conservatoire du littoral basé à La Rochelle et rencontré lors d'une étape IT Tour à Nantes (matinée-débat avec des informaticiens) organisée par le Monde Informatique. « De mon point de vue, un candidat généraliste est plus difficile à déceler qu'un candidat spécialisé, car il doit avoir une connaissance assez vaste de tout le système d'information, du poste de travail aux accès en passant par l'infrastructure », ajoute Laurent Queyroi. Ce témoignage en dit long sur les difficultés des DSI et des entreprises à recruter de futurs collaborateurs spécialisés dans l'IT. Cette difficulté à recruter, c'est aussi ce que relève Pierre Lamblin, directeur études et recherche de l'Apec (en illustration principale). « Vu la situation économique, les cadres dans l'IT sont lucides et sont moins disponibles. Aujourd'hui, en moyenne, une offre dans la fonction informatique attire deux fois moins de candidatures que l'ensemble des offres d'emploi cadre, soit une vingtaine de candidatures ».

L'emploi IT toujours porté par les SSII

Cette difficulté à recruter montre bien aussi que le marché de l'emploi IT reste encore le secteur le moins touché par la crise, ce qui est loin d'être le cas dans le commerce, le bâtiment ou le marketing par exemple. « Le secteur IT reste un marché relativement porteur, l'emploi IT résiste avec ces 32 000 demandes de cadres sur l'année 2012. Environ 80 % des entreprises sondées ont un projet de recruter un cadre dans l'IT, un chiffre à comparer aux 34 % qui souhaitent recruter un cadre dans le secteur du commerce », indique  Pierre Lamblin. Bien sûr selon l'Apec, la plus grosse demande de recrutement de cadres provient toujours des services avec les SSII qui peinent toujours à recruter. Il faut dire que celles-ci pâtissent toujours de leur image de « gestionnaires de viandes » due à un turnover important. À ce titre, dans un rapport récent, Pôle Emploi relativisait les "pénuries de main-d'oeuvre" dans l'IT souvent relayées par les SSII en mettant l'accent sur les conditions de travail dues à une fluctuation importante de leurs activités. Pour corriger le tir, à croire les SSII, elles feraient beaucoup d'efforts pour redorer leur blason et attirer ainsi les futurs candidats. Pour cela, elles travaillent avec les écoles en nouant des partenariats toujours plus étroits et diversifiés (conférences techniques, financement de stage, points de rencontre, évolution des métiers IT et de carrière, etc.). À l'instar des SSII, mais pas pour les mêmes raisons, les entreprises spécialisées en informatique industrielle ne semblent pas non plus attirer les candidats, car elles souffrent d'une image qui n'est pas « glamour » comme peut l'avoir Google par exemple.

Gare aux idées reçues sur les universitaires IT

Un autre phénomène est à prendre en compte dans la difficulté de recrutement, c'est l'obstination des entreprises à se focaliser uniquement sur les écoles d'ingénieurs et, de ce fait, délaisser la filière universitaire qui regorge de talents. Christophe Tovex, ingénieur chercheur au laboratoire CNRS d'informatique Nantes Atlantique partage cet avis et encourage les entreprises à travailler plus avec les universitaires. Pour Pierre Lamblin, il y a beaucoup de stéréotypes sur les universitaires comme par exemple, le fait qu'ils ne soient pas aussi prêts ou opérationnels que les ingénieurs diplômés des écoles. Des voix, surtout chez certains cabinets de recrutement, s'élèvent de plus en plus pour tordre le cou à ces idées reçues. Un universitaire est tout aussi curieux qu'un ingénieur. « Les recruteurs s'ouvrent de plus en plus aux universitaires, c'est, d'une part, une réflexion mathématique liée à la crise, car les cadres issus des écoles bougent moins et, d'autre part, ils profitent des formations scientifiques de plus en plus poussées dans les universités », relève pour sa part Séverine Saint Hubert, responsable communication France et Europe du sud de Monster.

Globalement, si le secteur IT s'en sort mieux que d'autres en termes d'emploi (comme celui du marketing ou du commerce), ce n'est pas non plus la panacée depuis quelques mois. Un indicateur, le nombre de personnes inscrites à Pôle Emploi dans la catégorie « Systèmes d'information et de télécommunications », a augmenté de 7,9 % en un an. «Nous avons constaté, via notre indice Monster mesurant l'évolution de l'emploi en ligne que les recrutements se font de plus en plus dans l'urgence de la part des entreprises et répondent plus à un besoin précis. Cela signifie que les entreprises sont plus frileuses en termes de mission, elles ne constituent plus un vivier de talents comme c'était souvent le cas auparavant », souligne Séverine Saint Hubert. Un autre indice qui ne trompe pas, c'est le profil des candidats recrutés depuis quelque temps. En effet, à en croire nos intervenants, les entreprises sont plus à la recherche de profils juniors expérimentés (de 3 à 5 ans d'expérience) qui sont évidemment plus opérationnels que les jeunes diplômés. Les entreprises jouent la carte de la sécurité, car elles ont moins le temps de former des jeunes diplômés.

Encadré : L'Ile-de-France, un eldorado IT en berne ?

 Pour Pôle Emploi qui a publié son rapport annuel (perspective d'embauches 2012 dans l'informatique) au printemps dernier, l'Ile-de-France est, sans surprise, la région qui recrute le plus de professionnels de l'IT (15 000 embauches) devançant ainsi largement les régions Rhône-Alpes (3 000), Midi-Pyrénées (2 100) et PACA (1 750). Viennent ensuite la Bretagne et le Nord-Pas-de-Calais (environ 1 000 projets d'embauches chacun). Mais, selon Monster, la région Ile-de-France n'est plus l'eldorado du boulot dans l'IT. « L'Ile de France dispose toujours de la plus forte activité dans le recrutement IT, mais est touchée plus fortement par la crise alors que les autres bassins d'emploi régionaux sont plus ou moins épargnés avec des recrutements plutôt stables » détaille Séverine Saint Hubert. En effet, les baisses mensuelles et annuelles du secteur IT observées en Ile de France par le spécialiste du recrutement en ligne sont les plus spectaculaires. C'est le Sud-Ouest qui disposerait d'une activité de recrutement la plus stable dans le secteur IT au cours des 13 derniers mois.

Article 2 sur 4

Zoom sur les métiers porteurs sur le marché IT

Par La RédactionPublié le 2 novembre 20126 min de lecture

Selon nos différents intervenants, les postes les plus demandés, aujourd'hui, sont les administrateurs systèmes, les techniciens de maintenance et de support IT, les développeurs (langages java J2EE, .net, C Sharp, PHP) sans oublier les métiers de l'Open Source (voir encadré). Les gestionnaires de projet IT - parlant anglais - sont des postes sur lesquels les recrutements se poursuivent également, mais il est très difficile de trouver les bons profils, reconnaissent les personnes que nous avons interrogées. D'ailleurs, pour ce type de poste, les recruteurs sont très sensibles à la double formation technique et commerciale des candidats. Ce qui est valable un jour ne l'est pas forcément le lendemain, les évolutions dans l'IT sont extrêmement rapides et les besoins en compétences doivent suivre.

Chez Azeo, un prestataire exclusivement spécialisé dans les technologies de Microsoft, on reconnait qu'il est difficile de trouver des compétences. « C'est toujours très tendu autour des technologies SharePoint, même si les choses s'améliorent, il est aussi difficile de trouver des experts autour des nouvelles technologies qui arrivent comme Dynamics et Windows 8 », reconnaît Emmanuel Gauthier cofondateur d'Azeo. Et d'ajouter « nous pouvons aussi compter sur notre partenaire Microsoft qui nous apporte une aide précieuse. Je cite l'exemple du lancement de l'université des talents du numérique et du digital initié par Manpower Group France et Microsoft dont l'objectif est de répondre aux entreprises partenaires de Microsoft de toutes tailles sur les besoins en profils-clé pour les métiers en forte demande ». Pour Pierre Polette, président de Lexsi, un cabinet de consultant spécialisé dans la sécurité IT, il y a une réelle pénurie de candidats dans le domaine de la sécurité IT  (gouvernance, analyse des risques, etc.). « Sur notre plan de recrutement de 50 personnes en 2012, nous avons seulement trouvé 35 experts consultants, essentiellement recrutés par des chasseurs de têtes, nous avons des difficultés à embaucher, car les technologies en matière de sécurité sont assez récentes et complexes. De plus, les écoles d'ingénieurs ou le cursus universitaire n'abordent pas assez dans leurs formations les problématiques liées à la sécurité », résume Pierre Polette.

L'e-commerce : un secteur en manque de compétences

Le manque de compétences est également important dans les métiers liés au e-commerce. « Les entreprises spécialisées dans le e-commerce éprouvent des difficultés à recruter des compétences dans la sécurisation des sites, la gestion des transactions, l'analyse du trafic, le référencement, etc. », constate Séverine Saint Hubert de Monster. Faute de formations spécifiques à la fois technique et commerciale, des postes comme trafic manager ou responsable de référencement sont aujourd'hui pourvus pour la majorité des sites de e-commerce par des autodidactes qui allient des connaissances techniques (HTML, JavaScript, réseau..) à un certain sens commercial. Bien sûr, des écoles, de commerce pour l'essentiel, qui ont été les premières à s'attaquer à ce marché, incluent dans leur cursus ces nouveaux métiers de l'Internet, mais ces formations sont encore à affiner, car trop généralistes et sûrement pas assez techniques.

À tel point que des acteurs de l'Internet comme Jacques-Antoine Granjon (vente-privee.com), Xavier Niel (Free) et Marc Simoncini (Meetic) ont créé en septembre 2011 leur propre école (L'École européenne des métiers de l'Internet) pour former des développeurs, des architectes web, des webmasters, des webmarketeurs ou encore des analystes de trafic pour satisfaire les besoins en recrutement dans le secteur du e-commerce et des agences web. De même, les écoles d'ingénieurs et les universités s'ouvrent de plus en plus à ces nouveaux métiers à l'instar de l'université Pierre Mendès France de Grenoble ou le campus virtuel de Limoges. Selon le site l'Etudiant.fr, le nombre d'écoles dédiées à l'Internet se multiplient avec la création de 4 nouvelles écoles pour la rentrée de septembre 2012 (WebSchoolFactory, SupdeWeb et l'ECITV) dotées de cursus qui courent entre 3 et 5 ans.

Des métiers inédits autour du cloud

Encore plus récent, le cloud computing engendre de nouvelles compétences dont les entreprises auront rapidement besoin. D'ailleurs, l'Union européenne veut créer 2,5 millions d'emplois dans le cloud. Et pour ce faire, l'UE souhaite d'abord normaliser, suite à une série de recommandations, les contrats pour que les entreprises soient plus nombreuses à adopter des solutions dans le cloud. En termes de compétences, le cloud ouvre à des métiers inédits comme des architectes du système d'information, des data scientists ou encore des chefs de projet qui développent des réflexes en termes de gestion de budget et d'organisation. Prenons l'exemple des data scientists, les entreprises font face à un déficit en compétences nécessaires pour exploiter les possibilités qu'offre le croisement des big data avec l'analyse de données. Il faut dire que les opérations à réaliser (chargement de données, extraction, transformation, traitement, etc.) réclament une certaine expertise dans ce domaine. Selon les résultats d'une enquête effectuée par le groupe EMC auprès d'environ 500 data scientists, la majeure partie des entreprises aujourd'hui souffrent de cette carence en compétences. Ainsi, 32 % des personnes interrogées estiment qu'elles manquent de compétences et de formation, 32 % d'entre elles confient un manque de budget ou de ressources, 14 % des entreprises avouent qu'elles n'ont pas une structure organisationnelle adaptée et 10 % des personnes relèvent une pénurie d'outils et de technologie.

Toujours dans le domaine des traitements de données, Hadoop, ce framework Java très tendance aujourd'hui, particulièrement indiqué quand le volume total des données dépasse les capacités des bases de données relationnelles traditionnelles, souffre d'un véritable manque d'expertise, car il dispose d'une implémentation complète de l'algorithme de MapReduce, un langage très complexe à maîtriser... « Je ne suis pas loin du compte si je dis que la France compte seulement une cinquantaine de personnes à maîtriser le langage MapReduce à l'intérieur de Hadoop », nous avait déclaré Fabrice Bonan co-fondateur et directeur R&D chez Talend lors de notre enquête sur le big data réalisée en avril dernier. Quelles sont les écoles en France qui forment aujourd'hui des data scientists ? Car il est fort à parier que la demande de profils spécialisés sera supérieure à l'offre de talents disponibles d'ici 5 ans... Et pour cause, IDC estime qu'en 2020 les départements informatiques du monde entier connaîtront un effectif de professionnels informatiques dédiés à la gestion des données qui sera 1,5 fois supérieur.

Encadré : L'Open Source, un secteur qui a aussi du mal à recruter

 « Les compétences dans l'Open Source sont moins courantes que celles liées au monde du logiciel propriétaire. L'Open Source est encore un marché de niche, mais prometteur dans l'avenir » indique Alexandre Zapolsky, PDG de Linagora qui reproche aussi le manque d'enseignement des logiciels libres dans les différentes formations d'ingénieurs. À ce titre, pour sensibiliser les futurs ingénieurs aux métiers de l'open source, Linagora a parrainé cette année les promotions 2012-2015 de Télécom SudParis et de Télécom École de Management. Pour faire écho à la SSLL Linagora, plusieurs articles publiés par des sites américains prédisent une montée en puissance du besoin en professionnels des langages de programmation Open Source.

Un avis que partage Alexandre  Zapolsky qui recherche, notamment avec le gain du marché de « Support Logiciel Libre » du ministère de l'Économie et des Finances, une multitude d'experts dans les domaines du SOA et d'ESB (Petals, Jboss), de l'infrastructure Open Source (Samba, OpenLdap), de la supervision-gestion de parc (Nagios, OCS, GLPI), de l'administration système Linux (ingénieur base de données MySQL-PostgreSQL, ingénieur messagerie open source), du cloud (OpenStack, OBM, Virtualisation) sans oublier des développeurs en PHP et Java. Globalement dans le secteur de l'Open Source, les développeurs de logiciels et les responsables qualité figurent en tête de liste, et parmi ceux-ci, on trouve également les professionnels de Python, Ruby on Rails, Android et JBoss. De même, pour Android sur Linux, les offres d'emploi auraient augmenté de 33 % au cours de l'année dernière, précise le site d'emploi IT Dice (http://media.dice.com/report/october-2012-all-time-highs/).

Article 3 sur 4

Les femmes peu séduites par l'IT et les séniors toujours discriminés !

Par La RédactionPublié le 2 novembre 20123 min de lecture

« Dans l'IT, les femmes représentent seulement 10 % des cadres », admet Pierre Lamblin, directeur études et recherche de l'Apec. Sans surprise, le secteur de l'IT et du numérique en général n'attire pas les femmes. « Les recruteurs que nous avons interrogés sont souvent confrontés au manque de femmes dans ce secteur », reconnaît Séverine Saint Hubert,  responsable communication France et Europe du Sud de Monster. De façon récurrente, les jeunes ingénieures s'orientent vers des filières qui ne sont pas les plus créatrices d'emplois. La féminisation dans l'IT reste faible, une tendance confirmée par Orange et son étude intitulée « Mutationelles 2011 » sur la situation des ingénieures en France. Cette étude stipule que 14 % des ingénieurs de sexe féminin ont un poste dans le secteur numérique, c'est mieux que les 10 % de femmes dans l'agroalimentaire et les 8 % de femmes dans la chimie, mais la filière IT attire moins de candidates qu'il y a trois ans.

Sur les salaires, en revanche, les écarts se réduisent dans l'IT. Par exemple, dans les SSII, le salaire médian des ingénieures est de 41 500 € par an, l'écart atteint 12 % avec les hommes. Mieux encore, dans les télécommunications, secteur où l'on observe le niveau de rémunération le plus élevé (58 500 euros de salaire médian annuel), il existe une quasi-parité salariale, avec un écart de 1 % seulement entre les hommes et les femmes.

Seniors, les mal aimés ?

Pour les seniors, les entreprises, surtout les SSII, sont sensibilisées et sont conscientes qu'elles peuvent avoir des gens opérationnels. Toutefois, selon Séverine Saint Hubert, elles doivent faire en interne un travail de sensibilisation surtout lorsque ces seniors se retrouvent dans des équipes où la moyenne d'âge est inférieure à 30 ans. Mais, sur le terrain, il faut bien le reconnaître, le constat est tout autre. Les entreprises IT rechignent globalement à recruter des séniors, trop coûteux et, soi-disant pas assez formés aux évolutions technologiques. Par conséquent, l'informatique se caractérise par une forte discrimination à l'embauche. En effet, les entreprises du numérique en général recrutent majoritairement des débutants (jeunes diplômés et candidats ayant 0 à 5 ans d'expérience) au détriment des candidats les plus expérimentés qu'on appelle les seniors. D'ailleurs, l'étude de la Dares (Direction de l'animation et de la recherche des études et des statistiques) reprise par le Munci (l'Association Professionnelle des Informaticiens) sur l'emploi et le chômage des 55-64 ans en 2011, place l'IT dans les métiers comptant le moins de seniors en France en proportion de leurs effectifs. Les ingénieurs et techniciens de l'informatique comptent seulement 6 % de seniors dans leurs effectifs contre une moyenne générale de 12,3 % pour les autres secteurs. Pour de nombreuses organisations, la formation reste l'un des vecteurs de lutte contre l'obsolescence des compétences et permet de s'assurer ainsi de disposer de salariés formés aux dernières technologies, et ce, tout au long de leur carrière. Prenons l'exemple d'Azeo, un intégrateur pure player Microsoft qui vient d'embaucher deux seniors. « Nous avons recruté début septembre deux seniors de 54 et 61 ans, car ils disposent de compétences très pointues sur les technologies de Microsoft et sont certifiées MVP (Most Valuable Professional) par l'éditeur. Ces deux experts ont typiquement une capacité à transmettre leur savoir aux plus jeunes recrues chez Azeo. Il est vrai que cela nécessite de la part des seniors et de tous les métiers liés à l'IT de se former tout au long de leur carrière professionnelle, car les évolutions technologiques sont extrêmement rapides  », conclut Emmanuel Gauthier cofondateur d'Azeo.

Article 4 sur 4

Témoignage Philippe Tronc, DSI en temps partagé chez Référence DSI

Par La RédactionPublié le 2 novembre 20123 min de lecture

Qui est Référence DSI et en quoi consiste le métier de DSI à temps partagé ?

Fondée par Jean Marc Montels et Thibault Cornudet, la société Référence DSI met au service des petites et des moyennes entreprises des DSI en temps partagé qui peuvent intervenir dans plusieurs PME en même temps. La mission d'un DSI en temps partagé est d'optimiser au mieux le système d'information de la PME pour améliorer sa compétitivité et sa productivité. Il faut savoir que de nombreuses PME n'ont pas forcément les moyens d'embaucher à plein temps un DSI. Par conséquent, elles font appel à nos services, nous intervenons en tant que prestataires à leur côté. Référence DSI compte actuellement une quinzaine de DSI en temps partagé dotés de compétences diverses et variées, et d'une complémentarité nécessaire dans certaines situations. C'est aussi une structure indépendante des fournisseurs. Bien sûr, nous restons ouverts pour rencontrer les offreurs. Par exemple, pour un ERP, nous rencontrons aussi bien Microsoft que SAP by design ou encore Proginov ou Sylob...

Pourquoi avez-vous intégré Référence DSI ?

Après avoir passé 17 années au sein du groupe pharmaceutique Pierre Fabre à Castres à différents postes, de directeur de contrôle de gestion jusqu'à la prise de contrôle du système d'information du groupe en tant que DSI sous la direction de Bertrand Parmentier, directeur général délégué, j'ai quitté le groupe en 2008. Par la suite, une phase de réflexion s'est engagée sur mon avenir et je suis tombé par hasard, et aussi par chance, sur les fondateurs de Référence DSI. La diversité des missions et la réactivité des PME ont été, pour ma part, des éléments déclencheurs pour que je devienne un DSI à temps partagé. Mon expérience de dirigeant et mes compétences acquises dans la gouvernance, la technologie, l'applicatif, la mise à niveau d'un système d'information sont primordiales pour mener à bien mes missions. Comprendre les besoins des PME et expliquer les bénéfices d'un système d'information au dirigeant de la PME avec des mots simples est, en quelque sorte, devenu mon quotidien.

Que pensez-vous du marché de l'emploi IT et pourquoi les recrutements sont toujours difficiles ?

Oui, les recrutements sont difficiles, c'est d'autant plus paradoxal qu'il y a pas mal de DSI disponibles sur le marché du travail. Je considère que la demande des clients qui recrutent est souvent mal formulée, je vous donne un exemple : une PME très technologique basée dans le sud de la France était à la recherche d'un profil de DSI qui devait parler anglais, espagnol, avoir 10 ans d'expérience, faire du développement (note de la rédaction : pisser du code), etc., tout en prenant des fonctions de dirigeant pour mener à bien des projets, le tout pour 50 000 € par an. Autant vous dire que la PME en question n'a jamais trouvé ce candidat à cause de cette mauvaise expression du besoin. D'autre part, il y a une grosse responsabilité des cabinets de recrutement qui ne font pas leur travail jusqu'au bout en manquant à leur devoir de conseil. Ils sont strictement à l'écoute de leur client sans avoir le moindre recul. Enfin, un décalage existe entre certains DSI et leur métier, les DSI doivent bien sûr avoir des connaissances techniques, mais pas seulement, ils doivent aussi avoir une approche métier qu'ils n'ont pas forcément par manque de maturité ou de formation.

Ce manque de maturité n'est-il peut-être pas à corriger au niveau des écoles et des universités ?

Oui, elles ont un rôle à jouer. Si technologiquement, les écoles et les universités proposent effectivement des compétences que réclament les entreprises, ces établissements, en revanche, devraient s'ouvrir un peu plus à la psychologie des candidats afin d'améliorer leur savoir-être. Ils doivent introduire aussi des cours de management, aujourd'hui indispensables, par exemple, pour devenir un bon chef de projet. Il y a encore beaucoup d'efforts à faire pour améliorer les relations entre les écoles et les entreprises.