Article 1 sur 11
Région Nord : déjà 20 ans d'histoire dans l'industrie numérique
Depuis le 1er janvier 2013, les CCI ont été regroupées par territoire. Désormais, le Nord-Pas-de-Calais est composé de quatre CCI territoriales - Grand Lille, Grand Hainaut, Côte d'Opale et Artois - plus une CCI-R dite de région. Toutes, sauf la CCI de l'Artois, ont actuellement un conseiller chargé de suivre la filière numérique.
Grand Hainaut : l'atout d'un groupe d'écoles de renommée internationale
Comme le rappelle Francis Aldebert, Président de la CCI Grand Hainaut, « cela fait plus de 20 ans que les CCI du Nord s'intéressent au numérique ». L'histoire a commencé dans les années 90, avec la mise en place du premier groupe de formation organisé autour de la PAO naissante. C'est à partir de là qu'a germé un projet autour de l'animation avec la création de Supinfocom. Naitra un peu plus tard l'Institut Supérieur de Design (ISD), rejoint en 2000 par Supinfogame.
En 2013, le groupe d'écoles de renommée internationale, créées par la CCI Grand Hainaut il y a 25 ans, a été réuni sous une entité indépendante du nom de Rubika (voir illustration principale). « En créant Rubika, notre ambition était de dépasser la dimension formation, et d'associer la création numérique à la recherche, au transfert de technologie et au développement économique afin d'en faire un des enjeux de développement du territoire du Grand Hainaut pour les 15 prochaines années ».
Une Serre numérique pour rassembler les compétences
C'est dans la technopole Serre Numérique, en cours d'achèvement que seront rassemblées ces compétences. Elle va permettre aussi aux écoles d'augmenter leur capacité d'accueil. La Serre numérique abritera un centre de recherche et de transfert de technologie en création numérique, mais aussi un centre de réalité virtuelle, un incubateur associé à un learning center, et un hôtel d'entreprise pour accueillir les jeunes entreprises sortant d'incubation. « Nous avons mis en place des outils d'intervention financière pour les porteurs de projet, et nous sommes est en train de mettre en place un fonds de garantie pour fournir des outils d'accompagnement », explique encore le Président de la CCI Grand Hainaut. L'investissement consacré au projet atteint les 36 millions d'euros, dont 60% financé par la CCI Grand Hainaut, les autres partenaires étant l'Europe, l'État, le Conseil Régional, le Conseil Général, et un partenaire territorial. L'objectif est de créer de la transversalité entre les projets. « La création numérique peut s'appliquer au transport terrestre, automobile ou ferroviaire. Le jeu, c'est aussi le serious game, c'est à dire tous les processus de simulation et d'animation. Quant au design, il concerne aussi bien le design des services, que la relation homme-machine ». Cette technopole sera associée à une zone d'activité de 20 hectares qui pourrait permettre la création de 2000 emplois dans la sphère du numérique.
Un club pour favoriser l'innovation collaborative
Par ailleurs, depuis 6 ans, la CCI Grand Hainaut a mis en place le club e-Entreprises pour regrouper les acteurs locaux de la filière numérique. Comme l'explique François Pottiez, conseiller en économie numérique à la CCI Grand Hainaut, « une des missions du club est de favoriser l'innovation collaborative. A travers le club, ces entreprises, d'assez petite taille en général, apprennent à travailler ensemble et à développer des projets en commun ».
C'est le cas par exemple du projet LikeYourShop, qui sera lancé cette année et qui met en oeuvre une application mobile pour les commerçants indépendants. « Le Grand Hainaut se trouve à 50 km de la métropole lilloise. Le projet permet de donner plus de visibilité aux entreprises locales ». Aujourd'hui, le club compte 39 entreprises adhérentes, dont des acteurs du serious game - le jeu sérieux englobe tous les jeux vidéo dont l'objectif n'est pas uniquement le divertissement - mais aussi des acteurs traditionnels, des métiers de l'informatique et ailleurs, jusqu'à l'animation 3D.
Grand Lille : une filière e-commerce très cohérente
A l'ouest du Grand Hainaut, le territoire de Grand Lille, qui regroupe la métropole lilloise, Roubaix-Tourcoing, Villeneuve d'Ascq, et Wasquehal, historiquement marqué par la grande distribution, et berceau de la vente à distance, est naturellement devenu une terre d'e-Commerce. « Tout un écosystème s'est greffé autour de ces grands secteurs, pour vendre des solutions de marketing direct, de print, des solutions mono, multi et cross canal », raconte Frédéric Warembourg, chef de projet économie numérique à la CCI Grand Lille. « L'appropriation de l'e-commerce s'est faite assez rapidement. Nombreux aussi sont ceux qui ont travaillé à décloisonner les canaux de vente et à affranchir les frontières entre le commerce traditionnel et le commerce digital ».
Aujourd'hui, Lille, qui a un positionnement de métropole ultra connectée, ambitionne de devenir la seconde ville au monde pour le commerce ubiquitaire après Tokyo. L'autre atout de la filière e-commerce, c'est que l'ensemble de la chaine de valeur est présente sur le territoire, depuis l'expédition en passant par la livraison, mais aussi les datacenters, les centres de relation client, jusqu'aux calls centers. Idem pour toute la logistique propre à l'e-commerce.
Accompagner l'évolution du secteur
« Par ailleurs, nous avons pu affecter des écoles et des centres de formation pour favoriser la transmission d'information et de connaissance sur le web, et répondre ainsi à l'une des grandes difficultés du secteur : l'évolution permanente des technologies, du service, des concepts marketing, qui demande une matière grise capable de s'adapter ». Par exemple, la CCI Grand Lille a créé une école supérieure de vente et achat (ESVA), désormais intégrée au groupe Cepreco, qui propose un cycle en trois ans, mais aussi des formations continues sur le référencement, le web design, le marketing web, « tout ce tourne autour du e-commerce ». La région compte par ailleurs de nombreuses écoles qui proposent aussi bien des formations à l'ingénierie, aux systèmes, aux réseaux, qu'au marketing (SKEMA Business School, Iseg, Edhec). D'autres forment également aux contenus web et à la maitrise de l'information, comme l'Université de Lille-3 (Masters 2 en Sciences de l'information). La CCI Grand Lille organise également le plus grand salon professionnel B2B de la région, #vad.conext (anciennement VAD e-commerce), dont la 17ème édition aura lieu du 22 au 24 octobre prochains à Lille.
Côte d'Opale : un premier accélérateur de startups sur son territoire
Le 5 avril dernier, la Côte d'Opale a inauguré à Calais l'installation, sur son territoire, du premier accélérateur de startups DoJoChannel, du groupe américain DojoBoost. Le territoire a également mis en place, entre la région et la Wallonie, un Portail Information Business qui regroupe un annuaire de prestataires et donne accès à des appels d'offres publics axés sur l'informatique et les nouvelles technologies. Enfin, la CCI réfléchit à un projet OpenData et BigData lié au transport. En effet, la Côte d'Opale est un lieu de transit de marchandises en tout genre très actif - transports, flux ferroviaires, flux générés par le tunnel sous la Manche - mais, parmi elles, ne figurent aucunes données.
Pour rassembler les acteurs du numérique, présents sur la Côte d'Opale, en 2001, a été créée, à l'initiative de la CCI, l'association Cap Numérique. Comme l'explique Stéphane Watré, conseiller entreprise spécialisé en économie numérique à la CCI Côte d'Opale, « Cap Numérique offre à sa trentaine de membres, de petites entreprises, toutes prestataires de services travaillant dans le domaine de la communication, des web agencies, des prestataires informatiques, ou des éditeurs de logiciel libre, la possibilité de trouver des partenaires ». L'association réunit régulièrement ses membres pour débattre sur des thèmes. Cette année, grâce au soutien de la région et de la CCI, l'association a organisé des évènements de plus grande importance. Le prochain, qui aura lieu le 24 mai, sera consacré à l'arrivée de la génération Y dans les entreprises, « un sujet, très transversal, qui peut intéresser au-delà de la filière ». L'objectif de l'association est d'atteindre les 50 membres, afin d'être plus représentative.