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Les services informatiques face à l'évolution des usages
« Les services cloud, la mobilité, les réseaux sociaux et même le télétravail, tous ces nouveaux usages bouleversent les comportements dans les entreprises surtout dans la DSI. L'arrivée des digitals natives, ces très jeunes collaborateurs très équipés et connectés participent fortement à cette révolution interne. Résultat, la DSI se retrouve confrontée à de nouveaux défis qu'ils soient humains ou organisationnels. Aujourd'hui, un DSI doit piloter un avion à 800 km/heure à 100 mètres du sol », disait Karim Djamai, directeur commercial de Citrix, lors de son intervention, le 3 décembre dernier sur l'événement IT-Tour à Toulouse organisé par Le Monde Informatique devant un parterre de DSI et d'informaticiens d'entreprises locales.
Effectivement, confrontés à tous ces nouveaux usages, les DSI voient la transformation numérique leur échapper, le cloud computing qui se démocratise, les équipements personnels qui se multiplient, les réseaux sociaux et les applications grand public largement diffusés comme le programme de partage de fichiers Dropbox, bref des usages quotidiens mélangeant vie professionnelle et vie personnelle. C'est bien sûr la nouvelle génération qui favorise le plus ces nouveaux usages. Fortinet avait d'ailleurs lancé une étude sur ce sujet en juin 2012, il en ressortait déjà à cette époque que les salariés en CDI âgés de 20 à 29 ans et équipés d'un terminal mobile personnel prenaient beaucoup de liberté avec la politique de la DSI. Près de 70 % d'entre eux considéraient même que l'utilisation de leur appareil personnel au travail n'est pas un privilège, mais un droit. Le directeur commercial de Citrix n'hésite d'ailleurs pas à citer une anecdote en prenant comme exemple un jeune candidat qui souhaitait utiliser son propre MacBook Air au sein d'une entreprise sous peine de vendre ses services ailleurs. Certes, il ne faut pas généraliser mais ces cas ne sont plus rares.
Les nouveaux usages essentiellement portés par les équipements mobiles
Il faut dire que le plus grand bouleversement des usages provient surtout de la mutation qu'a subi le poste de travail et, bien sûr, des applications qui ont été par la suite portées sur ces nouvelles plateformes. En effet, l'ère du PC de bureau telle que nous l'avons connue depuis les années 80 est en déclin depuis la fin de l'année 2008 où pour la première fois les ventes d'ordinateurs portables avaient dépassé celles de nos traditionnels PC de bureau. Depuis, les smartphones, les tablettes et de plus en plus les Ultrabook « 2 en un » (avec clavier détachable ou hybrides) ont, de ce fait, littéralement bouleversé le concept même du poste de travail. Résultat : ce n'est plus à l'utilisateur de s'adapter à l'outil informatique mais l'inverse.
D'ailleurs, l'étude intitulée « The Workforce Perspective », conduite par TNS l'année dernière pour le compte de Dell et d'Intel, a montré que 55 % des salariés sondés apprécieraient davantage leur travail s'ils pouvaient choisir les technologies utilisées, alors que dans les faits, seulement 28 % ont la capacité de choisir leurs propres équipements. Il faut le dire, il y a encore aujourd'hui une certaine dépendance vis-à-vis de l'outil informatique imposé par leur hiérarchie de la part des salariés alors que ces mêmes employés aspirent de nos jours à davantage de satisfaction personnelle, d'autonomie et de souplesse. C'est pourquoi, les choix informatiques concernant le poste de travail pourraient être désormais un des critères de séduction, d'embauche et de fidélisation des recrues.
Le phénomène inquiétant du Shadow IT ?
Enfin, en parallèle à ces nouveaux usages mobiles, une autre révolution touche de plein fouet la DSI, c'est la démocratisation progressive des services de cloud dans les entreprises. Là aussi, certains responsables dans les départements métiers prennent plus de liberté vis à vis de la DSI en souscrivant à des offres non validées par la DSI (phénomène du Shadow IT). Pour Thomas Chejfec, DSI du groupe Aldès, administrateur de l'ADIRA et auteur du livre intitulé « Shadow IT, de la menace à l'opportunité », le développement du Cloud change les relations entre la DSI et les divisions métiers. A ce titre, lors de nos différentes interventions durant l'IT Tour 2013, nous avons pu constater cette montée en puissance des métiers avec des expériences de collaborateurs qui utilisent, pour certains, des services cloud sans avertir leur DSI.
De leur côté, certains fournisseurs, comme ceux par exemple spécialisés dans l'analyse des réseaux sociaux ou encore des éditeurs de solutions SaaS, alimentent indirectement ce phénomène du Shadow IT en poussant de plus en plus leurs offres auprès des directions métiers, et de ce fait, en marginalisant la DSI. « Le Shadow IT, nous le constatons également même si on ne peut pas qualifier ce phénomène de masse. Une chose est certaine, les métiers commencent à prendre le pouvoir et mettent donc la DSI sous pression », avoue Frédéric Fleury, senior principal en charge des questions « marketing » chez Devoteam. Ces différents constats nous amènent clairement à se poser cette question, les DSI pourraient-elles être bientôt sous l'autorité des directeurs métiers de l'entreprise, surtout celle du marketing ?