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Région Champagne-Ardenne : le secteur du numérique aussi en pleine effervescence !
Dossier de la rédaction
La Champagne-Ardenne, seulement une région viticole et céréalière ! Et bien non, la région est aussi une source d'inspiration pour le numérique.
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Interview de Ludwig Haché et Fréderic Godbillot de Numica
Pourquoi avez-vous créé le club Numica ?
Lorsque nous sommes arrivés dans la région, les questions ont d'abord été de savoir par où je commence ? Quel est l'écosystème IT ? Avec qui pouvons-nous discuter des problématiques technologiques pour apporter des solutions ? Nous avons rapidement constaté qu'aucun organisme n'existait dans la région d'où la création de ce club Numica. Nous partons ainsi d'une feuille blanche car il n'y a pas de réseau fédérateur existant dans la région tel que nous le concevons.
A qui s'adresse Numica et quel est son rôle ?
Contrairement à d'autres clubs dans d'autres régions, Numica est atypique, il s'adresse à tous les décideurs IT, pas seulement aux DSI. Les dirigeants, les responsables financiers, les directeurs des achats, les étudiants et d'autres experts, tous sont les bienvenus. Le rôle de Numica est de fédérer tous ces acteurs et de créer un écosystème favorable autour de l'IT et du numérique. Cela passe par des ateliers, des rencontres, des événements ou encore la création de projets de Fab Labs, etc. Numica se doit d'être un générateur de groupes de réflexion en apportant une intelligence collective. La naissance de Numica est récente, nous avons déposé les statuts en janvier dernier et organisé notre inauguration le 18 mars. Aujourd'hui, nous comptabilisons déjà une cinquantaine de membres et une dizaine de partenaires. Nous ne sollicitons pas de subventions publiques ou de labels particuliers, nous voulons simplement être une force de proposition et fédérer les synergies.
Quelles sont les actions que vous allez mener en 2014 ?
Nous menons différents événements et actions au cours de l'année et nous suivons aussi ceux de nos partenaires, de nos sponsors et de nos membres. Cela passe par des soirées, des rencontres, des salons, des tables rondes,... sur Reims, Troyes ou encore Charleville-Mézières. Nous sommes aussi, de plus en plus, sollicités par des institutions comme le pôle d'innovation Carinna ou encore de Start in Bloc qui regroupe des jeunes entreprises. D'autre part, Numica, qui dispose déjà de trois commissions (événement, communication et membre partenaires), devrait rapidement s'enrichir d'une commission « innovation et sécurité ». Enfin, nous avons l'ambition de créer des groupes de réflexion, en quelque sorte, le cercle Numica.
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Romeo, le supercalculateur de la région Champagne-Ardenne
Depuis le printemps dernier, la région Champagne-Ardenne s'est dotée d'un supercalculateur Bull dédié à la recherche et aux industriels. Ce HPC (High Performance Computing) baptisé Romeo est géré par le laboratoire CReSTIC (Centre de Recherche en Science et Technologie de l'Information et de la Communication) sous la tutelle de l'Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA). « CReSTIC a été créé il y a 10 ans et forme les jeunes docteurs. Ce laboratoire, qui regroupe les activités des chercheurs dans la région, se concentre sur le traitement du signal, de l'image et plus généralement sur tous les systèmes de communication embarqués dans les objets connectés avec, par exemple, une ouverture vers les Big Data », souligne Michael Krajecki, professeur des universités, directeur du laboratoire CReSTIC et responsable de Romeo. Une centaine de chercheurs travaille dans ce laboratoire mais ce dernier profite aussi aux 800 étudiants chercheurs et plus généralement aux 22 000 étudiants présents sur le campus de l'URCA.
Une plateforme, aussi, pour valoriser des métiers du numérique
Pour Michael Krajecki, l'arrivée d'un supercalculateur comme Romeo participe directement et indirectement à la valorisation des métiers de l'IT et du numérique dans la région. « Nous collaborons à l'initiative HPC-PME, le but est de démocratiser l'HPC au niveau des PME, c'est notre rôle en tant qu'universitaire même si de nombreuses PME sont encore, aujourd'hui, assez distantes par rapport à ces technologies. Nous sommes néanmoins prêts pour les demandes à venir qui, de mon point de vue, seront de plus en plus importantes, surtout avec la multiplication des objets connectés et des données à gérer que vont générer ces objets ».
Techniquement, Romeo mixe des CPU d'Intel et des GPU de Nvidia pour obtenir une meilleure efficacité dans le calcul. A ce titre, le fondeur américain a même accordé à l'Université de Reims Champagne-Ardenne le premier label de calcul parallèle CUDA Research Center de France. Hormis le supercalculateur Romeo, CReSTIC peut également s'appuyer sur trois autres centres techniques, à savoir un mur d'image de 12 m² pour les simulations, la plateforme pédagogique CellFlex qui sert de micro chaine de production pour la recherche, sans oublier une plateforme dédiée à la modélisation des molécules pour la santé. « Je pense que tous ces outils ont un impact énorme sur le numérique et permettent ainsi de maintenir des emplois qualifiés dans ce secteur », conclut Michael Krajecki.
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Des emplois rapides mais des étudiants peu attirés par la filière
Dans la région Champagne-Ardenne, le taux de chômage, environ 10 %, se situe dans la moyenne nationale. Selon l'Insee, depuis 2008, la Champagne-Ardenne, à l'instar de toutes les régions françaises, a détruit de nombreux emplois industriels que le secteur IT ne peut malheureusement pas contribuer à compenser en totalité. Toutefois, selon nos différents interlocuteurs, le marché de l'IT et du numérique se porte plutôt bien et crée de l'emploi direct dans les SSII, chez les éditeurs et les opérateurs télécoms, et indirect dans les secteurs viticole, par exemple, ou céréalier qui exploitent de plus en plus les outils numériques. Aurore Lecrocq, responsable marketing et communication de la CCI Reims-Epernay, tient à préciser que les SSII, nombreuses dans la région, représentent de multiples débouchés pour les étudiants formés ou diplômés. Des constats que partage aussi Michael Krajecki, professeur des Universités, directeur du laboratoire CReSTIC et responsable de Romeo.
« De mon point de vue, les étudiants de notre région qui ont suivi un cursus dans les nouvelles technologies et le numérique sont tous en poste dans l'année. Il ne manque pas d'emploi dans ce secteur. Paradoxalement, nous avons plus de difficultés à faire venir les étudiants dans nos filières que de leur trouver un emploi. En général, les étudiants boudent les filières techniques et scientifiques. Et pourtant l'offre se diversifie, l'université de Reims, par exemple, dispose d'un Master informatique qui accueille une quarantaine d'étudiants et je peux vous affirmer qu'ils trouvent facilement du travail sur la région, certains même travaillent à Paris en prenant le TGV, il faut seulement 45 minutes pour relier Paris depuis Reims ! ». A ce titre, la relative proximité de Reims à Paris est clairement considérée comme un atout. Aurore Lecrocq admet même que cette proximité a permis de capter des entreprises, celles-ci s'implantant dans la région pour des raisons évidentes de coûts immobiliers, moins onéreux à Reims qu'à Paris.
Formations : une offre très diversifiée
Hormis le Master proposé à l'URCA (Université de Reims Champagne-Ardenne), la région compte de nombreuses formations autour du numérique, de l'IT et des nouvelles technologies. On peut citer les BTS SIO (Services informatiques aux organisations), DUT informatique à l'IUT de Reims-Châlons-Charleville ou encore des licences Pro. Même l'école d'ingénieurs ESI Reims devrait, selon Michael Krajecki, ouvrir une filière dédiée à l'informatique. Ajoutons à cela, les formations dispensées au CNAM, le Conservatoire national des arts et métiers devrait d'ailleurs ouvrir un diplôme spécifique pour les DSI (niveau ingénieur) en septembre 2015.
Enfin, Nicolas Magnin, responsable de L'ENE (Espace numérique entreprise) de Champagne-Ardenne, note, de son côté, l'offre assez conséquente, surtout dans l'accompagnement des systèmes d'information du groupe CESI sans oublier le Campus des Savoirs à Reims, un centre de formation continue qui, outre les formations classiques dans la domaine de la bureautique et de l'IT, étoffe de plus en plus son catalogue avec des formations spécifiques aux réseaux sociaux par exemple. De plus, Nicolas Magnin a clairement constaté que, depuis un an, la demande d'utilisation des réseaux sociaux pour vendre des prestations a fortement augmenté, notamment des demandes issues des grandes maisons de Champagne et d'entreprises spécialisées dans la production céréalière.
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Déjà 150 entreprises draguées par Invest In Reims
« Depuis notre création en 2003, nous avons installé sur le territoire Reims Métropole 150 entreprises, ce qui représente près de 6000 emplois », indique Jean-Yves Heyer, directeur général d'Invest In Reims, l'agence de développement économique financée par la CCI Reims-Epernay et Reims Métropole, qui emploie 6 personnes et qui est dotée d'un budget de 1,3 million d'euros. Rappelons que la mission d'Invest In Reims est de séduire les entreprises externes à la région pour qu'elles viennent s'y installer et prospérer. Deux secteurs ont focalisé l'attention d'Invest In Reims, le nearshoring et les biotechs.
Dans le nearshoring, Invest In Reims a récemment officialisé l'implantation d'un nouveau centre de gestion d'un courtier en assurances avec, à la clé, 150 emplois. Dans le domaine de l'IT, l'agence a aussi épaulé la SSII OCI à s'implanter ou encore le service support de la Livebox d'Orange qui emploie 250 salariés. Jean-Yves Heyer met d'ailleurs un certain nombre d'avantages qui favorisent les implantations des entreprises sur la métropole comme la présence de nombreux datacenters (Ikoula, Sanef Télécoms, etc.), la fibre pour le très haut débit ou encore l'industrie éolienne (premier parc éolien de France).
Le poste des dépenses immobilières est très avantageux à Reims
Mais ce qui fait la différence, c'est surtout la proximité de Reims à Paris avec l'inauguration du TGV en 2007 qui a porté la ville à 45 minutes de la capitale. En effet, les entreprises profitent de cette proximité mais surtout des coûts d'investissements (loyer, impôts locaux, fiscalité en général, etc.) plus compétitifs qu'à Paris. « Les entreprises installées sur la métropole économisent, en moyenne, un million d'euros par tranche de 100 salariés », précise Jean-Yves Heyer. Il faut dire que le poste des dépenses immobilières est très avantageux à Reims, à la fois pour l'entreprise qui s'y installe mais aussi pour les salariés qui choisissent d'habiter la région.
Le coût du m² pour les entreprises avoisine les 130 € par an contre près de 600€ à Paris et le loyer d'une maison à Reims s'établit à 900 € par mois. Hormis la proximité, les entreprises nouvellement créées peuvent aussi profiter d'une main d'oeuvre formée. Selon Jean-Yves Heyer, la région compte 2260 étudiants rien que dans le secteur de l'informatique et du numérique. Et pour faciliter les recrutements dans l'IT par exemple, Invest In Reims n'hésite pas à promouvoir les écoles d'ingénieurs comme Supinfo qui forme une centaine de techniciens et d'ingénieurs en informatique. Un projet d'une nouvelle école est d'ailleurs dans les cartons.