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IT & DirectionGrand dossier4 articlesPublié le

French Tech : Effet pschitt ou vrai accélérateur

Dossier de la rédaction

Le Monde Informatique

De la French Touch à la French Tech, c'est le message que Bpifrance a souhaité faire passer aux 30 000 visiteurs (startups, entrepreneurs, PME, ETI, grands comptes) pour la deuxième édition de Bpifrance Inno Generation (BIG) dans l'enceinte de l'Accorhotels Arena, dans le quartier de Bercy, un show d'écoute et d'échange de témoignages et d'expériences et de recherche d'investisseurs pour toutes les entreprises innovantes quel que soit leur secteur et leur taille. Cet élan d'optimisme et d'innovation digitale qui sévit dans l'hexagone et à l'international se manifeste surtout depuis la création du label French Tech en 2013.

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Article 1 sur 4

La French Tech sur tous les fronts

Par La RédactionPublié le 1 juin 20164 min de lecture

« La French Tech a tout changé, nous œuvrons, grâce à ce label, avec une plus grande visibilité qu’auparavant sur Aix-Marseille », indique Stéphane Soto, directeur délégué de la French Tech Aix-Marseille. Précisons que dans le pays d’Aix-Marseille, la French Tech est pilotée par Medinsoft, l’association locale créée en 2003 et qui a bénéficié de ce label en décembre 2014 après candidature. Lyon, Nantes, Bordeaux, Rennes, Toulouse ou encore Grenoble, toutes ces villes ont déjà obtenu ce label, le plus souvent piloté par des associations et clubs ad-hoc avec le soutien des élus locaux, des organismes publics (chambres de commerce et d’industrie) et de la BPI pour le financement. Déjà 3 000 startups ont été cofinancées par Bpifrance. Au total, depuis la création de cette marque en 2013 par le gouvernement pour promouvoir le tissu et le savoir-faire numérique français, 13 métropoles en région sont déjà certifiées. Bien sûr, ce label est encore jeune et nécessite un peu de temps dans certaines métropoles pour convaincre et mettre autour d’une table certains élus locaux, certains clubs et associations positionnés sur plusieurs agglomérations afin de définir une stratégie commune mais aussi d’impliquer les acteurs publics locaux aux organismes privés. Ces quelques retards à l’allumage ne sont pas très inquiétants en soi car la French Tech possède un réel pouvoir fédérateur entre tous les acteurs publics et privés au niveau local.

Pour Stéphane Soto, les élus locaux, du moins sur Aix-Marseille, sont d’ailleurs très réceptifs et modernistes par rapport au numérique. « Sincèrement, il y a peu de freins au développement de ce label à part quelques antagonistes qui ne souhaitent rien changer. Depuis que nous l’avons obtenu, c’est une réussite à plus de 90 % », précise Stéphane Soto qui, avec son équipe et son budget global French Tech de 200 000 €, multiplie les initiatives dont la création d’un lieu de RDV et de passage pour les startups de 500 m² dans l’un des endroits les plus prisés de Marseille au bout des docks face à la mer.

La French Tech pour accélérer aussi la mutation de toutes les entreprises vers le digital

Si certains soulignent que la French Tech est un vernis politique à l’instar des « Villes Internet » et qui coûte cher en argent public, d’autres, la très grande majorité, se réjouissent de l’existence de la French Tech. Ils la considèrent comme un vrai soutien aux startups françaises, un fonds d’investissement de plusieurs centaines de millions d’euros opéré par Bpifrance est d’ailleurs à l’œuvre.

Des événements, des lieux de rencontres, des soutiens financiers, des programmes dédiés, etc., tout est mis en œuvre pour faire émerger des champions du numérique à l’instar d’un Withings (soutenu financièrement par la BPI en 2013 à hauteur du 11 M€), un spécialiste des objets connectés qui vient de se faire racheter par le finlandais Nokia pour 170 millions d’euros. Le label French Tech, c’est aussi pour les autres secteurs économiques comme la mode, l’automobile ou la cosmétique un moyen de faciliter leur transformation vers le numérique. Par exemple, la Cosmetic Valley, qui s’étend surtout de Chartres à Orléans et soutenue par Chartres Métropole, souhaite décrocher le label French Tech et créer ainsi un incubateur Beauty French Tech. L’objectif est là aussi de faire émerger des startups spécialisées dans la beauté connectée comme Wired Beauty Technologies qui a conçu MAPO, un masque de beauté connecté. Enfin, la French Tech, c’est aussi, via Business France (ex UBI France), une marque de fabrique à l’international. De Londres à San Francisco en Californie, ce label est un véritable point d’entrée aux jeunes pousses tricolores qui cherchent à se développer et à croître dans le monde.

French Tech Meetup SF pour fédérer les entrepreneurs français aux US

Créé il y a un peu plus d’un an par Eddie Leblanc, fondateur de l’agence Oxygen et ancien journaliste, et Jean-Baptiste Su, journaliste spécialisé dans les nouvelles technologies, tous deux implantés de longue date en Californie, le groupe French Tech Meetup San Francisco qui compte déjà plus de 1 850 membres a pour objectif de fédérer les entrepreneurs français déjà présents aux Etats-Unis et ceux souhaitant s’y installer. « Ce groupe dont l’accès est gratuit permet de créer des relations, d'assister à des meetups, d'avoir accès à une multitude de services qui aident les entrepreneurs à faire du business aux US, de faciliter le recrutement, de trouver des locaux, des stagiaires, de rencontrer des investisseurs ou encore de faire la promotion des projets crowdfunding... », détaille Eddie Leblanc.

Déjà une douzaine de « meetups » a été organisée par le groupe. Le principe repose sur une session au sein de laquelle la parole est donnée à une start-up (comme Prynt, Algolia, Wingz, App Annie, etc.) qui partage son expérience et ses besoins avec d’autres startups, des experts, des ingénieurs et des étudiants. Mais la French Tech Meetup San Francisco souhaite aller plus loin en proposant bientôt une plate-forme globale dans laquelle les membres auront accès à une multitude d’informations et de services professionnels et personnels (recherche de locaux ou de locations, dépôt d’annonces, modes de financements, etc.).

Article 2 sur 4

Plussh et Brainwave, 2 startups soutenues par la French Tech et Business France

Par La RédactionPublié le 1 juin 20163 min de lecture

« Le label French Tech s’inscrit dans la lignée de la marque ombrelle « Sud de France » qui rassemble les produits du terroir de la région Languedoc-Roussillon nous donnant ainsi un rayonnement local et international », s’amuse à comparer Dimitri Moulins, CEO de Plussh. Et de continuer : « la French Tech nous a déjà porté en nous hébergeant au sein du Business Innovation Center de Montpellier (désigné par l’UBI Index comme le deuxième incubateur européen sur les 800 sélectionnés dans 67 pays), elle nous a aussi accompagné financièrement et nous a facilité l’accès à un fond d’amorçage obtenu par l’accélérateur Créalia. Le label French Tech rassure aussi les banques sur notre projet et notre pérennité». Plussh a également profité de l’écosystème de la French Tech, l’entreprise était par exemple présente sur le salon Mobile World Congress 2016 à Barcelone sur le stand de Business France.

Au départ, Plussh, une startup créée il y a 8 mois et spécialisée dans le streaming professionnel en direct, a été soutenue financièrement par Matooma, elle-même jeune entreprise innovante qui facilite la communication des objets connectés via des cartes SIM. Puis, grâce au soutien de la French Tech, Plussh a bénéficié d’une bourse de 30 000 € et est actuellement en train de finaliser des levées de fonds plus importantes auprès de banques et de business angels. « Tous ces fonds nous permettent d’accélérer la commercialisation de notre plateforme de Live Stream », indique Dimitri Moulins. Une plate-forme déjà exploitée par le Crédit Agricole par exemple pour diffuser en direct à ses salariés des conférences privées. Dès 2017, Plussh envisage même de candidater au Pass French Tech pour s’implanter à l’international.

Brainwave, fleuron de Business France

« Business France a été un formidable accélérateur pour notre entreprise à l’international », se réjouit Cyril Gollain, co-fondateur et président de Brainwave. Créée en 2010, l’entreprise Brainwave spécialisée dans les solutions de détection de fraudes et de fuite de données s’est avant tout développée sur ses fonds propres dans l’hexagone mais a bénéficié du soutien de Business France - qui fait aussi partie de l’écosystème French Tech - pour son développement à l’international notamment au Canada (Toronto et Montréal). « Cette année, nous participons au French Tech Tour Canada. Cet événement organisé par Business France nous permet de comprendre les spécificités locales d’un pays ou d’une région. L’avantage de Business France est double, elle dispose d’une part d’un carnet d’adresses important et d’autre part, la qualité de leurs événements est reconnue. Tout l’enjeu est de comprendre comment réussir face à des géants comme Cisco et à l’export car la France reste un petit marché même à l’échelle européenne. Etre présent à l’international est donc une nécessité pour s’accroître et assoir une certaine notoriété. Mais pour cela, il faut aussi s’organiser en adaptant son offre produit aux marchés visés et prendre également en compte le support au niveau mondial, peu importe le décalage horaire», résume Cyril Gollain.

Précisons aussi que Brainwave compte aussi sur l’association Hexatrust dont l’entreprise est membre. Ce club, qui compte 26 membres, des éditeurs axés sur l'innovation autour de la cybersécurité et de la confiance numérique, facilite les partages et permet aussi pour les entreprises d’avoir une alternative européenne globale dans le domaine de la sécurité IT face aux géants américains. Après le Canada, Brainwave envisage une éventuelle implantation en Asie du Sud-Est (Malaisie ou Singapour) dans les 18 mois toujours via Business France. A ce titre, Brainwave devrait effectuer cette année son deuxième voyage de prospection.

Article 3 sur 4

Creative Valley industrialise la création de startups dans les écoles

Par La RédactionPublié le 1 juin 20162 min de lecture

« Notre mission est d’accompagner sur le long terme les étudiants porteurs de nombreux projets innovants à créer leur entreprise », résume Yann Gozlan, président de l’association Creative Valley créée il y a quatre ans. Creative Valley travaille aujourd’hui avec 20 écoles (Epitech, Université de Saclay, HEC, Ecole42, Sub’Biotech, écoles des arts, du design, etc.) leur mettant à disposition de vastes espaces de coworking et de rencontres appelés des centres d’innovations dans diverses thématiques (santé/Biotech/Medtech, robotique, cinéma/réalité virtuelle, nouvelles technologies, objets connectés, etc.). « Nous disposons déjà de deux sites, l’un situé au Kremlin Bicêtre de 2000 m² et le deuxième de 1600 m² à Ivry-sur-Seine, mais nous serons bientôt actifs sur des centres bien plus importants comme Vélizy avec 15 000 m² dédiés à la robotique ou à Villejuif sur la santé, nous réfléchissons aussi à ouvrir plusieurs centres en régions », indique Yann Gozlan qui souhaite industrialiser la création de startups tout en laissant émerger l’innovation par des rencontres, de l’entraide, l’aide de mentors et des loisirs, bref de s’inspirer du succès des communautés autour du logiciel libre. Au total, Creative Valley compte déjà à son actif une centaine de projets depuis sa création comme Agriconomie, un site e-commerce spécialisé dans la vente de matériel agricole, de semences et bientôt de produits phytosanitaires.

Le financement, le nerf de la guerre

Bien sûr, l’aspect financement de ces startups (du démarrage jusqu’à parfois l’introduction en bourse) est au cœur de la stratégie de Creative Valley qui s’appuie sur son partenaire Auriga Partners et son budget de plusieurs centaines de millions d’euros mais qui n’hésite également pas à mettre en relation les entrepreneurs avec la BPI et divers fonds privés. Autre priorité de Creative Valley, c’est l’ouverture à l’international de ces entrepreneurs vers les Etats-Unis (où il est plus simple de trouver des fonds conséquents) et la zone Asie, notamment la Chine qui dispose d’énormes ressources de financement pour les jeunes entrepreneurs. « Nous recommandons même aux startups de trouver leur premier client à l’international, elles y gagneront en légitimité et en crédibilité », précise Yann Gozlan. Le président de l’association reconnaît, à ce titre, que de nombreux efforts ont été réalisés dans l’hexagone pour l’aide aux startups comme la création de la French Tech et de la BPI mais il reste, selon lui, des freins administratifs contraignants. Par exemple, le seuil des 50 salariés ! Ces freins n’encouragent pas les startups à se développer en France. De même, contrairement aux US, le principe de précaution en France, surtout dans les Medtech, représente aussi un handicap sur le front de la recherche et développement.

Article 4 sur 4

Vade Retro, une implantation réussie à SF grâce à French Tech

Par La RédactionPublié le 1 juin 20162 min de lecture

« Il y a deux ans, nous avons décidé d’aller nous implanter aux Etats-Unis et au départ, il n’était pas question de French Tech et de son écosystème, nous avions même des aprioris négatifs. A tort car grâce à l’adhésion du programme d’accompagnement des startups françaises aux Etats-Unis Ubi I/O initié par Business France et Bpifrance, notre implantation fut une réussite. Ce programme, pas très excessif, nous a coûté 9000 € et nous a surtout permis de bénéficier de multiples réseaux, d’experts et de spécialistes qui vous conseillent sur le marché américain et comment l’aborder. Par la suite, tout s’enchaine très vite… », explique Adrien Gendre, directeur de Vade Retro aux Etats-Unis. Avec le recul, le dirigeant expatrié avoue même que tout ce qui a déjà été réalisé grâce à l’écosystème de la French Tech aurait été difficile sans eux. Il faut dire que la Californie est presque un passage obligé pour une startup française si elle souhaite rayonner rapidement à l’international et bénéficier d’investissements colossaux.

Un réseau en appelle un autre

« Les investisseurs sont nombreux dans la Silicon Valley, les ingénieurs également notamment les français qui ont même leur club, le While42 qui communique aussi avec Ubi I/O ou le programme The Refiners (ndlr : un nouvel accélérateur dit cross-border doté d’un budget de 6 millions de dollars, hébergé à Parisoma à San Francisco, pour se développer aux USA créé par Carlos Diaz, Géraldine Le Meur et Pierre Gaubil et plutôt orienté investisseurs), je vous le répète, tout est communiquant ici », ajoute Adrien Gendre. Aujourd’hui, deux ans après son implémentation, Vade Retro enregistre une croissance de 67 % et emploie sept personnes. « Notre présence en Californie nous a donné une image de pouvoir. Les regards ont changé même pour nos clients européens et français, c’est assez paradoxal à expliquer », admet Adrien Gendre. Parmi les gros succès de Vade Retro outre-Atlantique, on peut citer Cisco qui utilise son moteur antispam dans certaines de ses solutions de sécurité, notamment dans la gamme IronPort ou bien un gros hébergeur américain qui exploite les suites de sécurité de l’éditeur français. Pour accélérer sa croissance, Vade Retro envisage des levées de fonds et peut-être même de changer de nom car, selon Adrien Gendre, les américains éprouvent quelques difficultés à prononcer Vade Retro.