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IT & DirectionGrand dossier7 articlesPublié le

Silicon Valley 2016 : Cap sur l'innovation technologique (2e partie)

Dossier de la rédaction

Le Monde Informatique

En juin dernier, nous avons passé un peu de temps à San Francisco et dans la Silicon Valley avec une dizaine de journalistes européens pour les dernières éditions de l'IT Press tour organisé par Condor Consulting. L'occasion de rencontrer ou de revoir des jeunes entreprises focalisées sur l'innovation logicielle et matérielle dans le domaine de l'analytique, de la virtualisation et du stockage.

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Article 1 sur 7

Cloudian partenaire de Lenovo pour le stockage objet

Par La RédactionPublié le 1 août 20163 min de lecture

En direct de San Matéo - Si le protocole S3 est devenue le passage obligé pour tous les fournisseurs de solutions de stockage objet, Cloudian a misé dés le départ sur la compatibilité avec la solution d’AWS avec une proposition hybride. Nous vous avons déjà parlé de cette start-up, créée en 2013, que nous avions rencontré en décembre 2014. L’équipe emmenée par les passionnés Michael Tso, CEO et cofondateur, et Hiroshi Ohta, président et cofondateur en charge de l’Asie, est aujourd’hui un des acteurs qui comptent sur le marché du stockage objet avec EMC ECS, IBM CleverSafe, Scality ou OpenIO. La particularité de Cloudian est donc d’avoir immédiatement misé sur S3 pour développer sa solution. « Le standard crée le marché pour reprendre les propos d’Andy Grove », nous a indiqué le mois dernier Paul Turner, directeur marketing de la start-up installée dans la Silicon Valley. « Nous parlons de stockage et si nous n’avons pas de standard, tout le monde fait sa cuisine dans son coin avec ses standards ».

Il y a 2/3 ans l’implémentation de S3 était loin d’être évidente, Scality par exemple assurait une compatibilité limitée avant de complètement revoir son interface S3 écrite à l’origine en C pour travailler avec Node.js (avec S3 Server). D’autres comme OpenIO ont immédiatement fait le choix de l’open source et du support de S3. Cloudian compare d’ailleurs régulièrement la compatibilité de sa solution et de celles des concurrents avec le protocole d’Amazon. Précisons que dans le tableau ci-dessous, c’est la précédente version du Ring de Scality qui a été testée et non pas la dernière redéveloppée pour S3. De l’aveu même de l’équipe, ce test n’est pas parfait mais a donné de bonnes indications. « Au vu des résultats Scality avait du travail à faire pour améliorer sa compatibilité S3 », a souligné Michael Tso. Ce dernier assure que sa solution est 100% native S3 sans surcouche inutile. « Toutes les fonctions sont directes via des API. C’est beaucoup de travail mais nous avons toutes ces fonctions car les clients le demandent. Nous avons crée une solution hybride 100% native S3 avec différents sites ou services partenaires ».

Un nœud Cloudian HyperStore se compose d’une appliance – un rack 3U FL3000 avec 16 SSD - et d’une unité d’extension avec 60 disques durs avec une capacité allant de 90 à 360 To. La start-up vient d’annoncer un partenariat avec Lenovo pour commercialiser et assurer le support de sa solution, une voie déjà suivie par Scality avec HP et Dell en préinstallant son Ring. Comme toujours, la bataille se fait aussi avec les projets en cours et les contrats remportés. Cloudian n’est pas en reste avec un programme à Tokyo avec Dentsu pour stocker les enregistrements provenant des caméras de vidéosurveillance des autoroutes. Pour mieux cibler les campagnes publicitaires destinées aux automobilistes, la solution assure un traitement en temps réel pour reconnaître la marque et le modèle de voiture. Après un POC à Tokyo, la solution devrait être étendue à d’autres villes japonaises, puis ailleurs dans le monde. Avec la version 6.0 de sa plate-forme de stockage, Cloudian a ajouté des fonctions d’indexation reposant sur le moteur open source ElasticSearch afin de permettre des recherches avancées dans les métadonnées via l’outil de visualisation Kibana (un des trois modules de la plate-forme avec ElasticSearch et Logstash pour la collecte, l'enrichissement et le formatage JSON des données).

Article 2 sur 7

E8 Storage pionnier sur le marché naissant des baies flash NVMe

Par La RédactionPublié le 1 août 20163 min de lecture

En direct de Santa Clara - Fondée en novembre 2014 par Zivan Ori, CEO et bientôt installé en Californie, et Alex Friedman, à la tête de la R&D à Ramat Gan, la start-up israélienne E8 Storage dévoile un peu plus son projet de baie flash NVMe fabric. Il s’agit d’une des premières solutions de ce type capable de fournir jusqu’à 10 millions d’IOPS, avec une latence de 100 microsecondes en lecture et 50 en écriture. Équipée de 24 SSD NVMe (Intel 2,5 pouces), cette baie au format 2U propose une capacité de stockage maximum de 48 To pour l’instant. Des SSD NVMe de 4, 6 et 8 To sont en approche chez Intel et Samsung.

Concurrente des baies DssD et Mangstor, mais également des plates-formes de Pure storage et XtremIO, la solution d’E8 Storage repose sur une architecture scale-out (de type rack scale empruntée à Intel en fait) avec des serveurs x86 standards sans Asics spécifiques. L’expertise d’E8 Storage est clairement logicielle comme nous l’a expliquée Zivan Ori avec une protection des données assurée grâce à une double parité en RAID 6, des snapshots et un équilibrage automatique de la bande passante des SSD et de celle du réseau (40 ou 100 Gigabits) pour saturer les unités de stockage. « L’interface NVMe nous permet de conserver les mêmes performances en IOPS même avec une augmentation de la taille des SSD », a indiqué le CEO. Et quant à la sauce secrète d’E8 Storage… elle réside dans les algorithmes qui optimisent le traitement en parallèle des données. « L’utilisation des SSD atteint ainsi 88% avec une capacité utilisable de 88 To par baie » a précisé le CEO, « et vous payer les SSD quand vous en avez besoin et pas quand vous rachetez des serveurs ».

Commercialisation à la rentrée

Les acheteurs ciblés sont bien sûr les entreprises avec des centres de données et les opérateurs cloud à la recherche de solutions très performantes avec un accroissement des capacités par empilement de boîtiers. Le CEO positionne son produit pour les bases de données SQL et NoSQL, mais également l’analytique en temps réel et le HPC. Les serveurs doivent simplement être équipés du pilote d’E8 pour accéder au stockage en mode bloc. Le pilote communiquant avec le réseau en utilisant un protocole propriétaire. Et aucune optimisation logicielle n’est nécessaire pour les applications de l’entreprise qui accèdent aux baies. Toujours en développement, les baies d’E8 sont testées chez des clients et Zivan Ori n’exclut plus une commercialisation à la rentrée avec une présentation en avant-première à l’événement Flash Memory Summit début aout à Santa Clara. Pour les tarifs, ils seraient moins élevés que DssD mais toujours en rapport avec les performances annoncées. Si pour l’instant, E8 fait figure de précurseur, la concurrence emmenée par Kaminario - que nous avons aussi déjà rencontré - ne comptent par rester les bras croisés et compte bien adapter ses produits à l’interface NVMe.

Article 3 sur 7

Backblaze lance une solution de stockage hybride avec OpenIO

Par La RédactionPublié le 1 août 20163 min de lecture

En direct de San Francisco - Lancée en version bêta en septembre dernier, B2 1.0, la plate-forme de stockage cloud objet du spécialiste de la sauvegarde Backblaze, entre en phase de commercialisation avec le concours d’OpenIO (socle du stockage objet chez les hébergeurs SFR, Aqua-ray et Scalair). C’est en effet la solution de la start-up française emmenée par son CEO Laurent Denel qui a été retenu par Gleb Budman, CEO de Backblaze, pour assurer un pont entre données locales et cloud dans le cadre d’une architecture hybride. OpenIO a en effet développé un connecteur pour permettre à ses clients de basculer sur la plate-forme cloud B2 1.0 aux tarifs très avantageux.

Après une phase intensive de tests avec pas moins de 30 000 développeurs qui travaillent avec la plate-forme et 200 Po stockés, B2 1.0 arrive avec des tarifs inférieurs à ceux de ses principaux concurrents à commencer par Amazon : 0,005 $ le Go par mois chez B2 en contre 0,022 pour S3. Si la récupération des données est facturée au même tarif que chez AWS, Backblaze assure offrir des performances supérieures avec une disponibilité de 99;9% et une durabilité de 99,999999% pour les données.

Des connecteurs chez Synology et Cloudberry  

« Certains de nos clients, nous disaient, j’aime votre offre de back-up mais j’ai aussi besoin de stockage brute, donner nous une API pour accéder à vos ressources de stockage », nous a expliqué Gleb Budman à San Francisco. « Une centaine de Po sont aujourd’hui dans le pipeline », nous a assuré le dirigeant de Backblaze qui bénéficie du soutien de Synology et de Cloudberry Lab. Le premier a ajouté un connecteur à son application Cloud Sync qui assure la synchronisation des données entre une batterie de services cloud (Amazon Cloud Drive, Google Drive, Box, Dropbox, HiDrive ou encore OVH Hubic) et ses NAS, tandis que le second supporte B2 1.0 pour la sauvegarde avec chiffrement de serveurs Windows.

Un des premiers clients early-adopters de la solution est l’association des Scouts féminins de San Diego qui a abandonné sa sauvegarde incrémental sur cartouches LTO pour passer sur une combinaison Cloudberry et Backblaze B2 1.0. Les bandes étaient collectées toutes les semaines pour être entreposées en lieu sûr alors qu’aujourd’hui les données sont stockées hors site en quelques minutes et rapidement accessibles en cas de besoin.

OpenIO s'installe à SF 

Backblaze entend concurrencer le stockage froid en utilisant la solution d’OpenIO qui voit désormais la plate-forme B2 comme une extension naturelle de son cluster open source dans le cadre d’une architecture hybride multi tiers. Une belle opération pour la jeune pousse lilloise qui possèdera bientôt un pied dans la Silicon Valley avec l'arrivée prochaine de Guillaume Delaporte, cofondateur et product manager chez OpenIO. Les principaux cadres de la start-up ont d'ailleurs bénéficié du programme Ubi/io de Bpifrance et Business France avec 10 semaines d'immersion à San Francisco aux cotés d'Ysance, Lima et Qowisio.

Article 4 sur 7

Portworx combine les bénéfices des conteneurs et du stockage

Par La RédactionPublié le 1 août 20162 min de lecture

En direct de Menlo Park - Fondée par des anciens de Dell, NetApp et Google, Portworx propose de réduire les coûts du stockage et des machines virtuelles avec une solution baptisée PX-Enterprise reposant sur des containers. C’est en effet une chose de faire tourner un conteneur, mais gérer des clusters de conteneurs est une tout autre affaire. Portworx est comme une sorte de vSphere pour conteneurs, comme le disent les fondateurs de l'entreprise, capable de gérer des groupes de conteneurs dans une infrastructure IT.

Pour commencer, PX-Enterprise évalue l'infrastructure à sa disposition. Puis, quand les développeurs veulent lancer des applications ou du code dans un conteneur, Portworx assure l’essentiel des tâches : PX-Enterprise lance les conteneurs, s’assure que le stockage nécessaire est attribué dynamiquement, gère les adresses IP et d'autres fonctionnalités réseau. La solution de Portworx se présente comme container defined storage et propose la première solution cluster scale-out et persistante pour Docker. Elle offre des fonctionnalités de classe entreprise telles que le clonage, les snapshots, la qualité de service, et enfin la haute disponibilité à des noeuds de conteneurs. Il est également possible de suivre l’activité des containers dans des serveurs sur Amazon. Des actions de groupe sont également possibles sur un ensemble de containers : snapshots, copies… Le gestionnaire permet de créer des containers en précisant leurs attributs en stockage : file system, la taille des blocs, le niveau de sécurité, l’intervalle des snapshots (VM ou seulement le container).

Article 5 sur 7

Versity ajoute le cloud à sa solution d'archivage scale-out

Par La RédactionPublié le 1 août 20163 min de lecture

En direct de San Francisco - Si les start-ups pullulent dans la Silicon Valley, bien peu affichent autant d’esprit d’indépendance que Versity Software et son CEO et cofondateur Bruce Gilpin. Focalisée autour de l’archivage, cette start-up fondée en 2011 propose une solution logicielle scale-out (une centaine de nœuds) et à faible coût au gigaoctet qui repose sur une version Linux du système de fichiers SAM-QFS (Solaris à l’origine). Harriet Coverston, la créatrice de Quick File System et de son extension Storage Archive Manager File System aujourd’hui dans le giron d’Oracle, est la cofondatrice et la CTO de Versity. Elle a repensé ses travaux pour fournir la plate-forme baptisée Versity Storage Manager (VSM) et son système de fichiers VSFS (Versity Shared File System) reposant sur des serveurs x86 et une agrégation de librairies à bande LTO et de baies de stockage. Les disques durs et la bande sont vus comme une capacité globale dans un système de fichiers unique avec quatre niveaux différents dans la hiérarchie. Le moteur de politique de VSM détermine où archiver les données, sur des ressources lentes ou rapides.

Pour accélérer son développement, Versity Software a fait entrer le fournisseur Cray dans son capital lors d’un tour de table de série A en 2013 afin de développer une appliance Tiered Adaptive Storage sur base VSM. Certaines entreprises qui rechignent à travailler avec une start-up pour leur plate-forme d’archivage font plus volontiers confiance à un vétéran comme Cray qui arrive avec une solution de stockage à plusieurs niveaux souple et performante. Depuis, pour se distinguer de ses concurrents IBM, Quantum ou encore SGI, Versity propose plusieurs déclinaisons de sa plate-forme avec le support des modes fichier et bloc (bande et disques durs) ou fichier, bloc et objet (bande, disques durs, cloud objet privé ou public compatible S3) pour archiver les flux de données (des archives compressées en fait) avec une ou deux appliances pour les métadonnées sur réseau FC et Ethernet.

« Nous avons travaillé sur S3 pour assurer des uploads plus rapides en streamant plusieurs flux de données, mais nous regardons aussi Swift », nous a indiqué le CEO. « Nous avons choisi de travailler en mode objet car le protocole est très rapide et les performances élevées sans nécessairement passer par FC et InfiniBand ». Le passage au mode objet est devenu une nécessité car le web redimensionne le datacenter.

Présent en Europe avec un bureau en Allemagne, Versity cible les entreprises dans les domaines du HPC et de la recherche scientifique, mais également dans les banques et les médias en s’adossant à des partenaires sélectionnés dans le domaine du stockage. « Nous désirons être sûrs qu’ils possèdent les compétences nécessaires pour déployer notre solution », nous a confié le CEO qui refuse - pour l’instant - de travailler avec des VC pour garder son indépendance. 

Article 6 sur 7

Datrium entend redonner du souffle aux VM

Par La RédactionPublié le 1 août 20163 min de lecture

Installée à Sunnyvale dans la Silicon Valley, Datrium a été fondée en 2012 par des anciens de Data Domain, avec le soutien de poids lourds de la vallée comme Diane Green. Brian Biles, CEO et cofondateur de la start-up, affiche pour objectif de mettre fin à l’ère du SAN avec des systèmes de stockage flash au plus près des VM. le constat est simple. Une plate-forme qui vient en fait concurrencer les solutions hyperconvergentes - mais également la plate-forme vSAN de VMware - en s’intégrer aux datacenters existant selon le CEO de la jeune pousse californienne. Au format 2U, la solution DVX de Datrium accueille des ressources cpu, NVRAM (pour stocker les VM) et flash (pour une capacité effective de 60 à 180 To) combiné un hyperviseur maison travaillant de concert avec l’environnement vSphere. L’idée à l’origine de la start-up est de répondre aux problèmes des performances dans les environnements virtualisés sans course à l’armement au niveau des infrastructures.

Certains goulots d'étranglement étant liés à différents éléments connexes, le travail a consisté à isoler les VM au niveau des E/S malgré les configurations multi-hôtes pour garantir les performances. L'architecture DVX est en fait composée de deux éléments distincts, l’appliance (NetShelf) et un hyperviseur maison. Le seul but de la base matérielle est de fournir un stockage bon marché et facile à gérer sans services sophistiqués du type RAID, clonage, déduplication et compression qui sont en fait assurés par l’hyperviseur Da. La connectivité entre les hôtes NetShelf et les VM ESXi est assurée via un lien 10Gb. Les services de données Da sont exécutées sur les hôtes ESXi, mais il convient de noter qu’ils sont complètement apatrides (les VM sont hébergés sur l’espace NVRAM du NetShelf), il n'y a donc pas de problème avec la gestion des fonctionnalités de base de vSphere sur les hôtes ESXi, tels que DRS et vSphere HA. De plus, en isolant les VM, il devient plus facile de résoudre les problèmes de performances. Datrium prend en charge jusqu’à 32 hôtes ESXi par NetShelf mais il est envisageable de monter en puissance avec un cluster.

Jusqu'à 32 hôtes par appliance 

Un des points essentiels de DVX est le support des périphériques flash sur les hôtes ESXi. Datrium peut travailler avec tous les serveurs x86 dotés au minimum de huit cœurs et 5 Go de Ram, plus 2,5 Go de Ram pour chaque To de flash (Sata, PCIe ou NVMe). Les composants flash fournissent une accélération cache en lecture tandis que l’écriture est directement géré par le NetShelf avec un miroir NVRAM.

En ce qui concerne les performances, Datrium prétend que la bande passante totale peut atteindre que 30 000 IOPS par hôte (la performance est dictée par la classe CPU du serveur et le type de SSD). Supportant jusqu'à 32 hôtes, la plate-forme DVX peut donc monter jusqu'à 1 million d'IOPS. Et, sur une liaison 10 Gbit/s, la bande passante en écriture du NetShelf approche les 800 Mbit/s.

Au final, Datrium DVX permet donc aux clients de gérer de concert leur stockage comme leurs machines virtuelles. Par exemple, si les performances d’un hôte diminuent sur un SAL, les administrateurs peuvent utiliser vMotion pour déplacer la charge de travail sur un hôte différent avec plus d'espace libre. Précisons que DVX supporte les versions 5.5 et 6.0 de vSphere. Datrium DVX est disponible pour un prix de départ de 125 000 $HT.

Article 7 sur 7

Sysdig apporte une visibilité compléte des containers

Par La RédactionPublié le 1 août 20163 min de lecture

En direct de San Francisco - L’augmentation de l’usage des containers dans les entreprises dans des environnements clouds privés ou publics exige de nouveaux outils de supervision pour disposer d’une visibilité complète de l’activité des microservices et des liens entre les applications encapsulées. C’est en effet une chose d'utiliser des conteneurs, mais il est primordial de savoir combien sont en activité et avec quelles applications et quelles interactions entre elles. C’est pour répondre à toutes ces questions que Loris Degioanni, un ingénieur italien passé par Polytechnique Turin et installé depuis une dizaine d’années en Californie, a fondé Sysdig en 2013. La start-up propose en effet une très intéressante solution de supervision de la performance pour les containers et microservices. L'outil open source de Sysdig doit beaucoup aux travaux réalisées par la précédente start-up de Loris Degionni, WireShark, à l’origine d’un impressionnant outil d’analyse réseau.

Placé dans un container sur site ou déployée sur un cloud public, l’outil de Sysdig collecte toutes les informations provenant des autres containers sans oublier de monitorer les infrastructures sous-jacentes, et, ce, sans déployer d’agents. Sysdig fournit des informations telles que l’état du container, les connexions réseau, la plupart des fichiers d'entrée / sortie, un historique des commandes exécutées et la descriptions des applications et services en cours d'exécution. L’outil est accessible via une interface de commandes en ligne ou un tableau de bord de base, avec des options pour une version payante sophistiquée. Les données collectées sont en outre corrélées pour être présentées dans le dit tableau de bord.

Un outil pour les administrateurs et les métiers 

L’interface de visualisation dynamique de Sysdig est particulièrement impressionnante. Elle est capable de projeter la topographie complète du réseau et des containers en service avec une visibilité de bout en bout et une interaction en temps-réel. Si l’outil se destine avant tout aux administrateurs systèmes, il peut également apporter des informations aux développeurs et aux équipes métiers désirant analyser les performances de leurs applications. L’intégralité des applications distribuées et des liens entre les containers sont monitorés pour pointer des dysfonctionnements ou comprendre les problèmes de performances. « Il suffit parfois d’un service supplémentaire pour compromettre un équilibre savamment bâti », nous a indiqué Loris Degionni. Mais sans analyse précise des processus et des interactions entre les applications containerisées, il est très difficile de débloquer les nœuds.

Apurva Davé, vice-président en charge du marketing de Sysdig, nous a indiqué - sans donner de noms - que certaines grandes entreprises, notamment dans le Top 500 comme un fournisseur d'équipements télécoms, une société internationale de biotechnologie, un organisme gouvernemental et un des grands médias (NBC), utilisent déjà la solution de Sysdig. Les références anonymes sont loin d’être suffisantes, mais toutes les études récentes aux États-Unis (voir Cluster HQ) soulignent un appétit croissant pour les containers et donc les solutions permettant de gérer au mieux les déploiements en nombre. D’autres start-ups comme DataDog, SignalFX ou encore ClusterHQ prospèrent également sur ce marché. Signalons pour finir que la plate-forme de surveillance de Sysdig est un projet open source disponible gratuitement en téléchargement à partir de GitHub. Tandis que la version avec support nommée Sysdig Cloud est commercialisée au tarif de 20 $ par mois et par serveur supervisé, avec l’hébergement complet des données dans le cloud par Sysdig. Une version sur site est également disponible à un prix non communiqué par la start-up.