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De quel type d'autonomie parle-t-on ?
Désormais tout le monde connait la Google Car, cette voiture autonome initiée et créée par le géant du web il y a sept ans déjà qui a parcouru plusieurs millions de km sur les routes américaines, et la Tesla et son AutoPilot déjà disponible sur les modèles S et X. Si aucun débouché commercial n’a encore vu le jour chez Google, cette voiture robot a eu le mérite de réveiller tout le secteur entier de l’automobile, surtout en termes de communication. En effet, un géant du web qui crée une voiture autonome sans pilote quel sacrilège pour les fabricants et les équipementiers autos ! Depuis, nous assistons à un déluge d’expérimentations chez tous les professionnels de l’automobile autour de véhicules intelligents et autonomes. Tous profitent des dernières technologies de capteurs ultra miniaturisés et ultra performants, de scanners lasers très prometteurs, sans oublier des algorithmes toujours plus poussés couplés à d’énormes puissances et ressources de calcul.
En parallèle aux pros de l’automobile, les géants du web et de l’IT fourbissent aussi leur arme. On l’a vu avec la Google Car et Tesla, plus récemment avec les Ford hybrides d’Uber, eux-mêmes bientôt rejoint par Microsoft qui va travailler avec Renault-Nissan. Et que dire des autres acteurs qui interviennent sur des technologies diverses comme le fondeur Nvidia, partenaire de Volvo, qui a présenté lors du dernier CES à Las Vegas le Drive PX2, un super ordinateur de 8 Teraflops capable de traiter les entrées de 12 caméras vidéo et autres capteurs à ultrasons. ou plus récemment de LG Electronics, partenaire du Groupe Volkswagen, qui souhaite travailler sur les interactions entre la voiture et le domicile. Qu’ils soient partenaires ou concurrents, les spécialistes de l’automobile et les acteurs des nouvelles technologies ont tous un même but : s’imposer sur cet énorme nouveau marché.
Voitures connectées, intelligentes, semi-autonomes, autonomes ? Un classement par niveau pour plus de clarté
Toutefois, les puristes, précisons les professionnels de l’automobile, aiment à clarifier les choses. Ne mélangeons pas tout et faisons une nette différence entre les véhicules dits connectés, intelligents ou autonomes. « Si nous parlons du plus haut niveau de l’OICA, il n’y a plus de conducteur, je parle de robot mobile, l’être humain n’a plus d’action », précise Franck Cazenave, directeur marketing et business développement de Bosch France. En effet, pour clarifier les choses, l’Organisation Internationale des Constructeurs Automobiles (OICA) a établi un classement permettant de mesurer le niveau d’intelligence du véhicule. Cinq niveaux ont donc été créés ou plutôt 4 utiles car le niveau zéro n’intègre aucun dispositif d’automatisation. Une voiture de niveau 1 embarque quelques fonctions comme, les plus répandues, le régulateur de vitesse ou l’anti-patinage par exemple. Au niveau 2, l’évolution est nettement plus marquante avec l’intégration de systèmes entièrement automatisés comme le Park Assist qui permet à la voiture de se garer toute seule, ou encore le dispositif ACC (Adaptative Cruise Control) de Honda qui maintient automatiquement une distance de sécurité entre deux véhicules.
Pas encore de voiture autonome sur le stand de Renault, ni même d'Alpine, mais un concept-car électrique : la Trezor (Crédit SL).
Au niveau 3, un niveau où la majorité des acteurs automobiles concentrent leur énergie de même que Google (avec sa Google Car), le système central autorise une conduite entièrement autonome sur des voies appropriées, le conducteur est toujours présent dans la voiture, il tient le rôle de superviseur et peut reprendre le contrôle du véhicule au cas où. Enfin, pour le dernier niveau, le véhicule est en totale autonomie. Aucun pilote à bord ! Bien sûr, tous les laboratoires des équipementiers et des fabricants accentuent leurs recherches pour arriver à ce plus haut niveau de classification. Déjà, des navettes autonomes comme l’Arma de Navya peuvent déjà prétendre à ce niveau mais pas en conditions réelles de circulation. Les déplacements de ces navettes s’effectuent en circuit fermé entre deux points et sans obstacles. Un peu comme un métro autonome mais sans rail pour le guider
Réglementation et assurances en question
A entendre nos différents interlocuteurs, tous, équipementiers et constructeurs, semblent prêts pour une commercialisation de la voiture autonome de niveau 3 dès 2018 plutôt dans des zones urbaines (en ne dépassant pas le seuil des 50 km/heure) ou sur des axes dédiés (autoroutes, voies rapides dotées d’un terre-plein central, etc.). Concernant la réglementation, jusqu’en mars 2016 dernier, la convention de Vienne, qui date de 1968, n’autorisait pas la conduite autonome. Elle a donc été révisée il y a huit, néanmoins cette nouvelle mouture n’autorise toujours pas la conduite autonome à proprement parlé mais les systèmes d’automatisation conformes aux règlements des Nations unies qui doivent être activés et désactivés par le conducteur. Reste l’épineux problème à résoudre pour les assurances sur la responsabilité en cas d’accident, l’équipementier, le fabricant, le propriétaire du véhicule. Des discussions seraient actuellement menées entre tous ces acteurs.