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IT & DirectionGrand dossier4 articlesPublié le

La refonte du SI face à la transformation numérique

Dossier de la rédaction

Le Monde Informatique

La meilleure façon d'illustrer la transformation numérique est d'apporter des témoignages concrets d'entreprises. C'est dans cette optique que la rédaction du site lemondeinformatique.fr a souhaité aborder ce nouveau dossier thématique.

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Article 1 sur 4

Refonte du SI : un passage obligatoire pour réussir sa transformation numérique ?

Par La RédactionPublié le 3 janvier 20174 min de lecture

Que peut réellement signifier qu’une entreprise a aujourd’hui réussi sa transformation numérique ? Pas grand chose car cela fait 30 ans que l’entreprise se transforme, se modernise, son système d’information n’a jamais cessé d’évoluer au fil des nouvelles technologies. Et cette mutation ne cessera jamais. « De mon point de vue, la transformation numérique est simplement la nouvelle terminologie du moment qui, in fine, accompagne toujours l’entreprise à se moderniser et à créer ainsi de la valeur pour ses clients mais aussi en interne pour le bien-être des salariés », indique Serge Masanovic, associé fondateur de VCM Conseil. 

Le plus inquiétant aujourd’hui est surtout la vitesse à laquelle cette transformation s’exécute et s’opère. En effet, dans un environnement actuel ultra-automatisé, ultra-volumique et ultra-connecté, l’information circule en temps réel et, sur ce terrain plus précisément, toutes les entreprises ne sont pas prêtes. Certains secteurs professionnels sont même dans l’impasse comme les taxis, le commerce traditionnel ou encore l’hôtellerie qui font face à cette ubérisation des usages. Citons Airbnb et Uber, deux sociétés créées respectivement en 2008 et en 2009 puis devenues depuis des géants mondiaux. Ils n’ont pas usé d’approches et de processus existants désuets mais ont créé des nouvelles règles du jeu en repoussant les limites fixées par les industries historiques, en pariant sur une nouvelle expérience pour le client et en exploitant la valeur des données collectées quotidiennement. C’est là où la transformation numérique a un sens, les entreprises doivent se transformer, se perturber elles-mêmes pour s’intégrer dans cette nouvelle économie mondiale connectée. Mais pour ce faire, les entreprises sont dépendantes de la qualité de leur informatique, de leur datacenter, de leur système d’information pour gérer leurs processus de développement et leurs activités stratégiques. «Pour faire une analogie avec la chimie, le système d’information, qui était auparavant vu comme un bloc de glace, est devenu liquide puis maintenant gazeux, il se répand partout comme le Cloud. Comme disait Didier Lambert, le DSI du groupe Essilor, l’entreprise réelle se double aujourd’hui d’une entreprise virtuelle », rapporte Serge Masanovic.

L'obstacle du SI obsolète

Et sur ce terrain, le DSI peut se positionner en leader de la transformation numérique de son entreprise sous plusieurs conditions : opérer un rapprochement des métiers avec la DSI, convaincre les dirigeants de l’entreprise (voir encadré), adopter des nouveaux outils pour casser les silos (services Cloud, création de catalogues de services, d’apps mobiles, d’outils d’automatisation et d’analyse des données) et exploiter les technologies intelligentes (machine Learning, objets connectés, réalité augmentée, etc.).

En conclusion, ce nouveau système d’information doit apporter aux entreprises plus de valeur à leurs services. C’est exactement la logique qu’a suivie, à son échelle, Victoria Group, cette PME industrielle de 250 salariés spécialisée dans le nettoyage industriel, pétrolier et maritime. En effet, pour absorber rapidement le transfert de toutes les informations, notamment celles provenant de son ERP, sans oublier les enjeux de mobilité, Victoria Group, via son intégrateur Thalie, a renouvelé son cœur de réseau en migrant vers le 10 Gbit/s, mais a également déployé un réseau sans fil plus performant et sécurisé ainsi qu’un système de sauvegarde et de réplication relié en fibre. Bref, pour de nombreux projets liés à la transformation digitale, la refonte d’un SI, souvent obsolète, est un passage obligatoire.

Une réflexion pour ne pas perturber 

Autre exemple, celui de BUT, le spécialiste de l'ameublement qui fait face à la montée en puissance du e-commerce et du click & collect. En effet, le groupe a entamé, depuis trois ans, une refonte de son système d’information afin de l’adapter à sa stratégie omnicanal et donc de réagir le plus rapidement possible entre la capture d’un événement client sur Internet ou en boutique et l’engagement d’une action. Comment ? En créant, via des méthodes agiles de type Devops, un espace centralisé qui serait dorénavant la nouvelle colonne vertébrale de l'architecture informatique de l'entreprise. Et pour ne pas s’engager dans une approche trop disruptive, BUT conserve en parallèle son ERP historique tout en préparant la transition en douceur. Ainsi, chaque nouvelle fonctionnalité installée dans ce nouveau système voit son équivalent être désinstallé dans l'ancien ERP. Cette approche réfléchie de la transformation numérique permet non seulement au groupe BUT de répondre aux nouvelles exigences du client, mais aussi de ménager les salariés en interne en évitant une totale rupture des usages.

Article 2 sur 4

La transformation digitale, une priorité de façade pour les dirigeants ?

Par La RédactionPublié le 3 janvier 20172 min de lecture

Selon IDC, 65 % des dirigeants sont conscients que la transformation numérique des entreprises apporte inévitablement des changements au sein même de leur organisation. Certes, mais sur le terrain, le compte n’y est pas. Comme nous avons pu le constater lors de nos IT Tours 2016 où les DSI n’ont pas manqué d’affirmer qu’un grand nombre de leurs responsables et de leurs dirigeants n’ont pas la fibre numérique ! En effet, certains managers, qu’ils soient des patrons de PME ou des cadres dirigeants de grandes entreprises et d’organismes publics, semblent n’accorder pas ou peu d’importance aux nouvelles technologies et à la transformation numérique. Et s’ils le font, c’est plutôt sous la contrainte et souvent pour améliorer leurs performances financières à court terme sans remettre en question leur business model sur le long terme.

Selon le rapport Russell Reynolds Associates, publié au Royaume-Uni au début de 2015 et qui a analysé les membres du conseil d'administration des 300 plus grandes entreprises, 80 % d’entre eux manquaient de représentation numérique. Seulement 10 % de ces conseils pourraient être classés comme « hautement numérique » (avec au moins deux administrateurs numériques chacun). Il faut dire, du moins pour la France, encore trop peu de décideurs IT font partie du comité de direction. C’est un vrai handicap pour expliquer et comprendre les enjeux du numérique sur le business de l’entreprise.

Des études plutôt optimistes 

Toutefois, à en croire les multiples études publiées par tous les cabinets d’études (Gartner, IDC, Forrester, etc.), la transformation numérique est en marche, elle l’est surtout pour les 500 plus grandes entreprises mondiales. IDC indique par exemple que d’ici à fin 2017, plus des 70 % des entreprises du Global 500 auront des équipes dédiées à la transformation digitale et à l’innovation. Un constat que partage Serge Masonovic dans les grandes entreprises où de nombreux responsables du numérique ont été recrutés ces trois dernières années.

Les PME et les ETI semblent aussi accélérer leurs investissements dans la transformation numérique même si sur le terrain, rappelons-le, il faut relativiser. Cette envie existe malgré tout, selon une étude menée par OpinionWay pour le compte de Sage, plus des deux tiers des dirigeants de PME et d’ETI considèrent la transformation numérique comme un enjeu stratégique. Avec comme principaux bénéfices attendus l’optimisation de leur image (78 % des dirigeants) ainsi que de leur business (64 %). D’ailleurs, plus des deux tiers des dirigeants de PME et d’ETI auraient déjà entamé leur projet de transformation par l’embauche de nouvelles compétences et par la mise en place de nouveaux projets IT.

Article 3 sur 4

Sogeclair Aerospace : une petite équipe pour un SI en mutation permanente

Par La RédactionPublié le 3 janvier 20173 min de lecture

« Depuis 2010, suite à la fusion de plusieurs entités du groupe, nous modernisons notre système d’information, nous cherchons en permanence l’optimisation et l’efficacité par rapport à nos besoins, surtout pour nos projets internationaux mais aussi par rapport à notre capacité de gérer un tel système », indique Jacques Dejean, DSI de Sogeclair Aerospace, une société d’ingénierie de haute technologie pour le secteur aéronautique, Thales, Airbus, Bombardier figurent par exemple parmi ses clients. Il faut savoir que la DSI de cette entreprise internationale (présente en Angleterre, en Allemagne, en Tunisie, etc.) de 1 400 salariés gère actuellement une infrastructure composée de 230 serveurs virtuels (hébergés sur 24 serveurs physiques) et 2 800 postes de travail dont plus de 200 postes virtualisés. L’entreprise bénéficie aussi de deux liens réseaux à haut débit de 100 Mbits.

L’équipe IT est assez réduite, entre 10 et 15 personnes au niveau international, de ce fait, le DSI n’a pas d’autres choix que d’adapter son système d’information en fonction de ses ressources, et cela passe par un recours massif à la virtualisation et au Cloud également. « Notre IT doit non seulement répondre à la complexité des projets aéronautiques ou aérospatiaux, mais aussi à la croissance constante de nos besoins informatiques en solutions de CAO, de simulation, de partage de connaissances, de sauvegarde et stockage puis de plan de reprise d’activité », souligne Jacques Dejean. Et pour apporter cette agilité, l’un des premiers chantiers du groupe a été de virtualiser massivement les serveurs et le stockage et, plus récemment, les postes de travail.

Vers la virtualisation des postes de travail et le Cloud

En effet, la virtualisation des postes de travail s’est fait en deux temps, le premier pour répondre aux besoins d’off-shore dans le cadre de certains contrats. Cela a concerné 200 postes et pour supporter cette montée en charge, Jacques Dejean s’est tourné vers le déploiement d’une infrastructure convergée Vblock (intégrant 4 serveurs Cisco) pilotée par VCE. Cette offre conjointe créée par Cisco, EMC et VMware embarque notamment VMware Horizon View (VDI) pour la virtualisation des postes de travail. « Avec VCE, nous bénéficions de performances, de continuité de service et d’un interlocuteur unique », justifie Jacques Dejean. Par la suite, toujours dans un souci de gagner en réactivité et pour simplifier les mises à jour, l’entreprise cherchait aussi à virtualiser un certain nombre de postes de travail pour ses solutions graphiques 3D qui réclament d’importantes ressources à l’instar du logiciel de modélisation 3D Catia. Déjà 30 postes dédiés aux applications 3D sont virtualisés pour arriver à 70 machines d’ici à la fin de l’année 2017.

Derrière ces postes se trouve un puissant serveur Dell équipé de deux cartes graphiques Nvidia K2 vGPU. Hormis la virtualisation, Sogeclair Aerospace n’hésite pas à faire appel à des services Cloud pour décharger ses équipes de certaines tâches. « Il y a deux ans, nous avons mis en place Office365 et nous réfléchissons à déployer un nouvel ERP plus standardisé - Sage X3 est envisagé - pour remplacer notre ancienne application très spécifique. Et pour cet ERP, là encore, le choix du Cloud n’est pas exclu. Je travaille actuellement sur le TCO d’une telle solution, faut-il renforcer notre infrastructure interne avec un nouveau PRA et un nouveau stockage pour supporter cet ERP ou l’externaliser dans un Cloud ? », précise Jacques Dejean. Enfin, toujours dans son approche d’agilité, la société d’ingénierie réfléchit à la mise en place d’un cluster de calcul transnational pour exécuter des travaux graphiques à grande échelle.

Article 4 sur 4

Cora Belgique : un SI plus ouvert pour une approche cross canal

Par La RédactionPublié le 3 janvier 20173 min de lecture

« Lorsque Cora Belgique est venu nous rencontrer en 2014, le groupe souhaitait s’engager vers une approche omnicanal pour donner une nouvelle expérience à ses clients et augmenter le panier moyen. Je me souviens de leur première demande : créer une boutique de vins en ligne », se remémore Guillaume Ernoult, directeur technique d'Altima, une agence digitale française spécialisée dans le e-commerce qui compte 330 collaborateurs dans le monde pour un chiffre d’affaires de 20 à 25 M€. Ainsi, coraWine fût le premier site e-commerce à offrir aux clients plus de 1000 références qui peuvent désormais être commandées depuis toute la Belgique et livrées à domicile dès le lendemain. Mais pour créer ce site, Altima a dû mettre en place un PIM (Product Information Management) entre le système d’information et le site web. « Le système d’information de Cora nous fournissait des données brutes limitées aux noms des vins et, plus est, sans accent, ce PIM nous permet donc d’avoir des flux d’informations plus complets sur les vins avec des données enrichies par les équipes de Cora », détaille Guillaume Ernoult. Une application d’aide à la vente a même été développée pour conseiller, accompagner et proposer des ventes additionnelles.

En parallèle, Cora Belgique avait la volonté de proposer une extension à plusieurs gammes de produits (électroménagers, jardins…) déjà visibles dans le magasin, bref de commercialiser plus de références au travers d’un portail web et de rendre ce catalogue accessible aux clients via des bornes interactives situées dans des endroits stratégiques des magasins belges. « Là également, rebelote ! Faute d’informations produits précises, nous avons exploité le même PIM sur lequel nous avons créé des portails web supplémentaires », indique Guillaume Ernoult. Quant aux bornes interactives, elles apportent une expérience inédite aux clients qui trouvent toutes les informations leur permettant de comparer les produits, mais aussi d’imprimer leurs tickets et de payer. A noter que ces bornes autorisent également la vente de vins.

L’importance de rendre les dispositifs interopérables

Enfin, plus récemment, Altima a, à la demande de Cora Belgique, refondu le site Coradrive qui fonctionnait presqu’en autonomie sans réelle attache au système d’information. « Seuls les prix étaient envoyés depuis le système d’information mais pas les promotions car le moteur promotionnel n’était pas relié au backoffice. Résultat : le client ne payait pas en ligne mais physiquement à la livraison de ses courses. Il découvrait ainsi la bonne surprise du ticket de paiement qui regroupait toutes les promotions. Pas très efficace comme dispositif, il faut l’avouer », admet Guillaume Ernoult. Pour y remédier, Altima a donc relié le site coradrive.be au PIM ainsi que le moteur qui diffuse les promotions sans oublier le système de cagnotage. Avec tous ces mécanismes, le client dispose d’une vue complète en temps réel de son panier. Depuis ces nouveaux développements, le Coradrive a vu sa fréquentation et son chiffre d’affaires augmenter et bien sûr, au-delà du ROI, l’expérience client a complètement changé.

Depuis 2014, Altima a ainsi réussi à bâtir, brique par brique, pour le groupe Cora Belgique cette stratégie numérique cross canal en s’appuyant sur ce PIM capable de centraliser l’information produit, de la sécuriser et la rendre collaborative, mais aussi sur le SI qui a su s’ouvrir via, par exemple, des couches web. « Avec l’aide de la DSI de Cora, nous avons pu construire un écosystème plus riche et plus ouvert pour développer des nouveaux services. Cora nous fait confiance. Enfin, j’insiste sur le fait que pour s’orienter vers cette approche cross canal, il est important d’y aller pas à pas et de construire les dispositifs numériques brique par brique », conclut Guillaume Ernoult.