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Les développeurs web et mobile, toujours fortement courtisés en France
« A date, notre bureau parisien compte 160 postes ouverts dédiés à l’IT et aux fonctions techniques du numérique, soit en moyenne 30 à 40 % de plus que dans les autres secteurs, et le plus gros des demandes, environ 20 %, concerne les développeurs. Sur un marché de pénurie et donc extrêmement profitable à ces profils, lorsque les conditions ne sont pas réunies, nous sommes parfois contraints de refuser certains mandats tant il est compliqué de fidéliser ces développeurs, très volatiles », indique Adrien Leroy, senior exécutive manager chez Michael Page pour le marché des systèmes d’information et du numérique. Et d’ajouter : « En effet, vu le déficit de ces ressources, les salaires des développeurs sont bien sûr à la hausse. Aujourd’hui, un ingénieur développeur bien diplômé peut prétendre à percevoir un salaire entre 40 000 et 45 000 € sur certaines technologies, puis peut facilement renchérir pour un nouveau poste. Nous avons récemment eu l’exemple d’un développeur, embauché pour la première fois en 2004, qui gagne aujourd’hui 86 000 €. »
Java, .Net, PHP, Rubby, des technologies toujours très tendances
Ce constat, Fabrice Coudray, directeur du cabinet Robert Half France le partage : « C’est frappant, le développeur est très demandé, il n’est pas rare que les salaires de certains développeurs avoisinent les 50 000 €. Les candidats maîtrisant les technologies PHP, Java et même le langage C embarqué dans les objets connectés sont très convoités. Bien sûr, c’est une population très volatile qui n’hésite pas à aller vers le plus offrant. En France, il manque 10 000 ingénieurs en développement, les écoles n’en fournissant pas suffisamment. » Effectivement, ce sont surtout les développeurs web et mobile qui sont les plus courtisés avec des compétences en .Net, Java/Javascript, PHP, Ruby Online et dans les environnements Android et iOS pour les plateformes mobiles. Et encore, ces salaires qui nous paraissent très enviables en France (voir grille salaires à l’adresse suivante) sont bien supérieurs chez nos voisins européens tels que la Suisse ou l’Allemagne sans parler, bien sûr, des Etats-Unis où il n’est pas rare de rencontrer des bons développeurs à 100 000 € avec 10 ans d’expérience.
D’ailleurs, au bout de plusieurs années d’expérience, de nombreux développeurs évoluent vers le poste de chef de projet et même de CTO (Chief Technical Officer) dont le salaire peut atteindre les 70 000 €, là aussi, la demande sur ces postes est en constante augmentation. « Au sein de notre cabinet, de nombreux postes à pouvoir concernent des chefs de projets », admet Fabrice Coudray. Pour Jérôme Da Rugna, directeur adjoint de l’ESILV (Ecole Supérieure d’Ingénieurs Léonard de Vinci), la majorité des diplômés de l’école ESILV qui occupent un poste de chef de projets est dans les ESN de 100 à 50 000 salariés : « ils débutent avec un salaire de 36 à 39 000 € (sans compter les avantages) et, au bout de trois ans, ils peuvent prétendre à 45 à 50 000 €. »
Toujours de nombreux développeurs low cost
Paradoxalement, à en croire nos différents interlocuteurs, un certain nombre de développeurs ne trouve pas aussi rapidement du travail, ce sont souvent des profils formés sur le tas (autoformation via des Moocs par exemple) ou qui n’ont pas la maîtrise des bonnes technologies. «En règle générale, si le développeur est bien formé sur les bonnes technologies, les entreprises ne se posent même plus la question de leur formation, bac +2, bac +3 ou ingénieur. En revanche, passé un certain niveau de séniorité, les salaires de ces développeurs finissent par stagner », souligne Adrien Leroy. D’autre part, il est important de rappeler qu’un grand nombre de développeurs, plutôt bon marché (entre 28 000 et 32 000 €) et qui viennent de pays étrangers, alimente aussi le marché des SSII, premier pourvoyeur de ces postes. Et le métier de ces développeurs low cost s’apparente plus à une industrialisation de la ligne de codes.