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IT & DirectionGrand dossier3 articlesPublié le

Les métiers IT qui paient le mieux

Dossier de la rédaction

Le Monde Informatique

Développeurs web et mobile, data scientists, data analysts, designers UX, chefs de projet, voici quelques métiers très convoités par les entreprises et qui paient très bien, plus de 40 000 € en moyenne pour un débutant. Plus généralement, le salaire national médian des ingénieurs en informatique et télécoms a connu une évolution de 1,9 % pour l'année 2016 par rapport à l'an passé selon Expectra.

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Article 1 sur 3

Les développeurs web et mobile, toujours fortement courtisés en France

Par La RédactionPublié le 3 mars 20173 min de lecture

« A date, notre bureau parisien compte 160 postes ouverts dédiés à l’IT et aux fonctions techniques du numérique, soit en moyenne 30 à 40 % de plus que dans les autres secteurs, et le plus gros des demandes, environ 20 %, concerne les développeurs. Sur un marché de pénurie et donc extrêmement profitable à ces profils, lorsque les conditions ne sont pas réunies, nous sommes parfois contraints de refuser certains mandats tant il est compliqué de fidéliser ces développeurs, très volatiles », indique Adrien Leroy, senior exécutive manager chez Michael Page pour le marché des systèmes d’information et du numérique. Et d’ajouter : « En effet, vu le déficit de ces ressources, les salaires des développeurs sont bien sûr à la hausse. Aujourd’hui, un ingénieur développeur bien diplômé peut prétendre à percevoir un salaire entre 40 000 et 45 000 € sur certaines technologies, puis peut facilement renchérir pour un nouveau poste. Nous avons récemment eu l’exemple d’un développeur, embauché pour la première fois en 2004, qui gagne aujourd’hui 86 000 €. »

Java, .Net, PHP, Rubby, des technologies toujours très tendances

Ce constat, Fabrice Coudray, directeur du cabinet Robert Half France le partage : « C’est frappant, le développeur est très demandé, il n’est pas rare que les salaires de certains développeurs avoisinent les 50 000 €. Les candidats maîtrisant les technologies PHP, Java et même le langage C embarqué dans les objets connectés sont très convoités. Bien sûr, c’est une population très volatile qui n’hésite pas à aller vers le plus offrant. En France, il manque 10 000 ingénieurs en développement, les écoles n’en fournissant pas suffisamment. » Effectivement, ce sont surtout les développeurs web et mobile qui sont les plus courtisés avec des compétences en .Net, Java/Javascript, PHP, Ruby Online et dans les environnements Android et iOS pour les plateformes mobiles. Et encore, ces salaires qui nous paraissent très enviables en France (voir grille salaires à l’adresse suivante) sont bien supérieurs chez nos voisins européens tels que la Suisse ou l’Allemagne sans parler, bien sûr, des Etats-Unis où il n’est pas rare de rencontrer des bons développeurs à 100 000 € avec 10 ans d’expérience.

D’ailleurs, au bout de plusieurs années d’expérience, de nombreux développeurs évoluent vers le poste de chef de projet et même de CTO (Chief Technical Officer) dont le salaire peut atteindre les 70 000 €, là aussi, la demande sur ces postes est en constante augmentation. « Au sein de notre cabinet, de nombreux postes à pouvoir concernent des chefs de projets », admet Fabrice Coudray. Pour Jérôme Da Rugna, directeur adjoint de l’ESILV (Ecole Supérieure d’Ingénieurs Léonard de Vinci), la majorité des diplômés de l’école ESILV qui occupent un poste de chef de projets est dans les ESN de 100 à 50 000 salariés : « ils débutent avec un salaire de 36 à 39 000 € (sans compter les avantages) et, au bout de trois ans, ils peuvent prétendre à 45 à 50 000 €. »

Toujours de nombreux développeurs low cost

Paradoxalement, à en croire nos différents interlocuteurs, un certain nombre de développeurs ne trouve pas aussi rapidement du travail, ce sont souvent des profils formés sur le tas (autoformation via des Moocs par exemple) ou qui n’ont pas la maîtrise des bonnes technologies. «En règle générale, si le développeur est bien formé sur les bonnes technologies, les entreprises ne se posent même plus la question de leur formation, bac +2, bac +3 ou ingénieur. En revanche, passé un certain niveau de séniorité, les salaires de ces développeurs finissent par stagner », souligne Adrien Leroy. D’autre part, il est important de rappeler qu’un grand nombre de développeurs, plutôt bon marché (entre 28 000 et 32 000 €) et qui viennent de pays étrangers, alimente aussi le marché des SSII, premier pourvoyeur de ces postes. Et le métier de ces développeurs low cost s’apparente plus à une industrialisation de la ligne de codes.

Article 2 sur 3

La data, la sécurité et l'expérience utilisateur, des métiers de mieux en mieux rémunérés

Par La RédactionPublié le 3 mars 20174 min de lecture

L’un des métiers les plus tendances du moment est bien celui de data scientist ou data analyst, des profils très recherchés par les entreprises qui souhaitent tirer profit de leurs données. « En soi, ces métiers (à propos des data scientists) ne sont pas nouveaux, ils existaient déjà mais souvent à des fins scientifiques, issus de laboratoires de recherche industrielle ou universitaire », reconnaît Adrien Leroy, senior exécutive manager chez Michael Page pour le marché des systèmes d’information et du numérique. Ces profils sortent donc des laboratoires pour venir dans les entreprises qui voient dans la donnée une manne financière non encore exploitée. Si quelques entreprises réussissent déjà à monnayer leurs données grâce à leurs data scientists, data analysts ou CDO (Chief Data Officer), nombreuses d’entre elles recrutent malgré tout ce type de profil sans vrai projet défini, tout simplement parce que c’est à la mode, il faut y être !

Plus généralement, les entreprises françaises sont très en retard sur ce marché de l’analyse intelligente des données contrairement à leurs homologues d’Outre-Atlantique. Elles sont, le plus souvent, encore en mode POC et éprouvent quelques difficultés à transformer l’essai en production. Malgré ce retard à l’allumage, la demande de ces métiers se fait plus pressante et ce métier paie bien et même très bien : « Je peux vous citer l’exemple d’une filiale française d’un groupe américain qui a recruté un jeune data scientist avec deux années d’expérience pour 70 000 € », indique Fabrice Coudray, directeur du cabinet Robert Half France. En moyenne, les salaires avoisinent les 40 000 € pour un data scientist débutant d’un niveau Bac +5 universitaire ou ingénieur.

Bientôt une surenchère sur les métiers de la sécurité ?

Cyberattaques de grande ampleur, multiplications des ransomwares et de virus en tout genre, la sécurité des systèmes d’information des entreprises est mise à rude épreuve. Face à ce constat, nos interlocuteurs constatent une recrudescence de la demande des métiers liés à la sécurité. « Ces métiers liés à la sécurité sont très demandés et vont connaître une vraie surenchère dans les prochaines années. Ces profils aux compétences diverses et pointues se destinaient souvent et dans un premier temps au secteur de la défense et de la sécurité nationale. Aujourd’hui, nous avons identifié près de 80 métiers au sein de la filière SSI et cybersécurité. Ces compétences sont aujourd’hui amenées à se développer de plus en plus au sein des entreprises », précise Adrien Leroy. « Nous constatons qu’il est souvent mentionné la compétence sécurité dans nos offres assez abondantes dédiées aux administrateurs systèmes », confirme de son côté, Fabrice Coudray. A titre indicatif, selon le baromètre du cabinet Michael Page, le salaire d’un RSSI, qui a entre 5 et 15 ans d’expérience, varie de 90 à 120 000 € par an.

Un autre métier est aussi sous le feu des projecteurs, c’est celui de designer ou ingénieur UX qui conçoit des interfaces simples centrées sur l’utilisateur, l’objectif étant de faciliter la navigation des internautes. Ces métiers, qui auparavant étaient plutôt réservés à des agences graphiques, de design et de marketing, sont aujourd’hui de plus en plus convoités par les entreprises. En moyenne, ce type de profil gagne entre 34 et 40 000 € avec une petite expérience de 1 à 2 ans. « Le mois dernier, nous avons même recruté un ingénieur UX avec 10 d’expérience à 70 000 € », admet Adrien Leroy.

Embauches discrètes pour les DSI et toujours peu de présence féminine dans l'IT

Sans surprise, les embauches de DSI restent assez discrètes, il faut dire que les annonces sont assez rares et le choix du candidat potentiel s’effectue souvent via le réseau lorsqu’une place se libère. « Chez Michael Page, nous avons du mal à estimer la réelle demande sur la population des DSI, nous estimons que 50 % des postes à pourvoir sont pris directement par le réseau », nous confirme Adrien Leroy, senior exécutive manager chez Michael Page pour le marché des systèmes d’information et du numérique. D’autre part, un autre élément est à mentionner, c’est toujours le manque de candidates féminines pour les métiers de l’IT et du numérique. A en croire nos interlocuteurs, au mieux, le ratio hommes/femmes est toujours de 80/20 en faveur des hommes. La raison : les écoles dédiées aux nouvelles technologies n’attirent toujours que très peu d’étudiantes, est-ce lié à un problème d’orientation générale de l’éducation nationale concernant la gente féminine ?

Article 3 sur 3

Interview de Jérôme Da Rugna, directeur adjoint de l'ESILV

Par La RédactionPublié le 3 mars 20172 min de lecture

Quels sont les métiers qui rémunèrent le mieux parmi vos diplômés ingénieurs ?

Dans notre rapport annuel intitulé Enquête Premier Emploi (ndlr : enquête réalisée en 2016 sur 100 diplômés de l’école), nous constatons que les métiers qui paient le mieux sont ceux liés à la gestion et à l’analyse de la donnée comme les data scientists, les data engineers, les data analysts. Et la perle rare dans ces métiers est le candidat qui maîtrise l’approche du machine learning. Nous avons l’exemple d’un élève qui avait posté un projet de data scientist sur le web et qui a, par la suite, reçu une vingtaine d’appels pour être embauché.

A quels salaires ces candidats liés aux métiers de la data peuvent-ils prétendre pour débuter ?

Nous constatons qu’ils débutent dans une fourchette de 38 000 à 43 000 €, c’est environ 3 000 € de plus qu’un développeur classique dans une ESN. En revanche, ces emplois liés à la data subissent une sélection plus poussée car les entreprises ne veulent pas se tromper sur le profil.

Quels sont les autres métiers qui paient également le plus ?

De par notre savoir-faire dans l’IT et la finance, nos élèves ingénieurs diplômés les mieux payés travaillent surtout dans le secteur de la finance. Le salaire moyen d’un développeur débutant qui maîtrise les produits financiers est de 46 000 €. Nous les appelons les commandos IT car ils sont capables d’intervenir dans les salles de marché en un temps record pour corriger un bug par exemple. Aux Etats-Unis, certains de nos candidats qui occupent ce type de poste gagnent jusqu’à 100 000 dollars. En outre, d’autres métiers sont très bien rémunérés comme les développeurs web et mobile. Pour un développeur mobile (sur les plateformes iOS et Android), un débutant peut prétendre à un salaire compris entre 38 000 et 40 000 €. A noter qu’il existe une vraie pénurie sur ces métiers et cette raréfaction engendre une tension sur les salaires. Nous avons ainsi l’exemple d’un ancien diplômé qui a changé de poste de développeur mobile 5 fois en quelques années avec à la clé des sauts importants de rémunération.

Quels sont les profils des entreprises qui recrutent vos étudiants diplômés ?

Les 2/3 des recrutements proviennent des ESN (ex SSII), 20 % de startups et 5 à 10 % de nos étudiants créent une entreprise. De plus en plus, nos diplômés sont recrutés par des éditeurs de logiciels. Mais si la France ne manque pas de sociétés de services, les grands éditeurs se font plus rares.