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De l'embauche à la retraite, la vie professionnelle des collaborateurs passée au crible
Aujourd’hui, devons-nous encore parler de gestion des RH au vu de la richesse fonctionnelle des plateformes SIRH des principaux éditeurs ? « En cinq ans, nous sommes effectivement passés de la gestion des RH à la gestion du capital humain incluant l’expérience utilisateur, l’engagement du collaborateur ou encore la vision des compétences et la gestion des opportunités », résume en quelques mots Jean-Stéphane Arcis, dirigeant et co-fondateur de TalentSoft qui souhaite devenir un leader en Europe des pure-players RH en Saas pour les entreprises de plus de 500 salariés. Et d’ajouter : « La vague d’équipement des entreprises a débuté il y a 8 ans, mais à cette époque les sociétés déployaient une solution qui répondait à un besoin, en quelque sorte du best of breed orienté efficacité. Cette époque est révolue, les entreprises réclament des plateformes agiles capables de répondre aux enjeux de demain, je dirais qu’entre 15 et 20 % des entreprises sont déjà équipées de ce type de plateforme, le potentiel est donc énorme ». François Bouchery, directeur du delivery applications métiers (CRM, RH et finance) chez Umanis, voit effectivement une forte croissance dans le domaine de la gestion des talents, de la rémunération, du recrutement ou encore des performances via la BI et la datavisualisation qui équipent, selon lui, déjà 25 % des entreprises. « Rien qu’en 2018, nous avons comptabilisé une dizaine de projets de datavisualisation RH ». Dans ce contexte, TalentSoft (700 salariés pour 100 M€ de revenus en 2019, soit 33 % de croissance) tient forcément à se placer comme un acteur majeur et pérenne dans ce domaine. Comment ? En misant sur sa R&D qui travaille avec les DRH pour améliorer sans cesse sa plateforme notamment sur l’expérience utilisateur, en étant un acteur européen qui applique les réglementations européennes (lieu où se trouvent les données, RGPD, etc.) et en étant aussi un acteur présent à l’international (Amérique du Nord et Asie) pour répondre aux besoins des entreprises multinationales. A l’image de Safran qui déploie aussi TalentSoft aux Etats-Unis, de La Poste, de Total, de la Deutsche Bahn ou encore de Fleury Michon, autant d’entreprises qui utilisent Talentsoft. Bien sûr, l’éditeur français doit aussi faire face aux géants américains du secteur comme Cornerstone OnDemand et ses 38 millions d’utilisateurs dans le monde, Oracle, Workday mais aussi l’allemand SAP via son rachat de la société californienne SuccessFactors en 2011.
« Avec SuccessFactors, nous capitalisons sur notre plateforme de performances des RH en SaaS mais aussi sur notre savoir-faire dans le domaine des applications métiers et, bien sûr, sur notre historique sur le back office », confirme Romain Herbeau, directeur commercial de SAP SuccessFactors. Le porte-parole de SAP insiste que le SIRH doit se positionner sur l’expérience de l’utilisateur de plus en plus enrichie. SAP a d’ailleurs racheté Qualtrics pour la développer. Le périmètre de SucessFactors est large, il couvre toute la vie professionnelle du collaborateur qu’il soit salarié ou externe en profession indépendante par exemple : du marketing de recrutement pour capter les candidats à l’engagement des employés (on-boarding) en passant par la gestion des compétences et des talents, sans oublier l’inévitable gestion globale des processus RH (Core RH). A l’instar de nombreux éditeurs, SAP encourage les salariés à utiliser la plateforme via les self-services et à intégrer de l’IA pour accélérer les prises de décisions à partir de l’exploitation des données. SAP va toujours plus loin dans sa quête à l’innovation, par exemple, l’éditeur vient de finaliser l’intégration du spécialiste du Workforce Management FieldGlass racheté en 2014. Parmi les clients français déjà séduits par SuccessFactors, citons le groupe Occitane qui a déployé la plateforme dans ces différents sites dans le monde.
Les RH au coeur de la transformation numérique des entreprises
Pour Workday, la transformation numérique des RH est centrale dans l’entreprise. « Nous constatons chez un certain nombre de nos clients, comme le Club Med par exemple, que l’application Workday est la plus utilisée dans l’entreprise », souligne Thierry Mathoulin, directeur général de Workday France. Le dirigeant insiste donc à juste titre sur le capital de développement que représentent les collaborateurs ; il est donc important de pouvoir leur offrir la meilleure expérience concernant leur parcours, et ce, dès le recrutement. Mais pour cela, les données doivent être les plus fraîches, les plus fiables et les plus complètes possibles. « Les données sur les employés sont ce qu’il y a de plus précieux dans l’entreprise », confirme Thierry Mathoulin. A partir de ces données, Workday peut enrichir sa plateforme SaaS de nouvelles fonctionnalités et, via l’IA, proposer par exemple des analyses prédictives sur des départs anticipés de collaborateurs ou des chatbots pour interagir avec les employés… Au-delà de la richesse fonctionnelle de la plateforme Workday (de la paie à la gestion des talents et de la performance en passant par la rémunération et la formation), le dirigeant français mise surtout sur la confiance des utilisateurs dans l’adoption de l’outil : « Depuis 4 ans, nous avons observé l’intérêt de la transformation digitale dans les RH. Toutefois, le passage à l’acte doit aussi être initié par la direction générale, sans oublier l’importance de l’implication des utilisateurs. L’accompagnement de la conduite du changement est, dans ce contexte, un élément majeur à prendre en compte », admet Thierry Mathoulin. Sur le terrain, Workday peut déjà se féliciter d’avoir conquis des grandes entreprises françaises dont Lyreco, Airbus, Thalès, Michelin ou encore la Mutuelle Générale qui utilise la paie et la gestion du temps.
Pour Oracle, l’autre géant du SIRH, le collaborateur, le salarié, l’utilisateur, quel que soit le mot, il doit être placé au centre de la transformation numérique, l’expérience utilisateur est donc là aussi le fil rouge dans la gestion globale des RH. « Terminée cette expérience RH très fragmentée, place à une gestion unique des données via toutes les technologies nouvelles qui se présentent à nous comme l’IA, les chatbots, l’automatisation... Chez Oracle, nous avons donc réécrit nos applications dans le cloud dont notre offre HCM, l’objectif étant d’avoir une seule et même interface et d’apporter des mises à jour tous les trois mois contre six auparavant », détaille Sylvain Letourmy, directeur de la stratégie HCM pour l’Europe du Sud chez Oracle. La plateforme d’Oracle recouvre bien sûr le Core RH (issu de PeopleSoft et JD Edwards) enrichi d’un certain nombre de fonctions qui couvre le recrutement, le onboarding, la partie analytique, etc. « En tant que plateforme centrale, nous nous intégrons avec de nombreuses fonctionnalités soutenues par des startups, c’est notre approche Open Innovation qui compte 211 entreprises innovantes dans notre place de marché », indique Sylvain Letourmy. Cette ouverture concerne aussi les réseaux sociaux comme Linkedin où un accès aux données va permettre d’importer des profils Linkedin dans le HCM d’Oracle. Parmi les utilisateurs d’Oracle HCM, citons en France le groupe Metro (voir le témoigne client ci-dessous), mais aussi le port de Dubaï qui pratique la gestion de la performance (Performance Management).
Les PME/ETI loin d'être oubliées
Hormis ces grands éditeurs SIRH qui ciblent souvent les grands comptes, il existe aussi des plateformes RH en SaaS qui visent les PME et les ETI entre 5 et 5000 collaborateurs ainsi que des grands comptes comme la suite Lucca très réputée sur la gestion et le suivi des temps de travail. On peut aussi citer OneAragon d’Econocom qui se démarque par sa couverture fonctionnelle mais aussi Eurecia (voir témoignage client) pour sa simplicité et ses possibilités avancées dans la gestion des talents et le bien-être en mesurant la qualité de vie au travail des salariés. Enfin, n’oublions pas Beqom, un éditeur franco-suisse qui s’est taillé une solide réputation dans la gestion de la rémunération que même certains géants du SIRH ne savent pas encore forcément bien traiter. Microsoft, AG2R La Mondiale ou encore Orange sont des clients de Beqom.
A qui s'adresse-t-on dans l'entreprise ?
Aux responsables RH en priorité, cela ne fait aucun doute. « Les grands arbitrages restent aux mains des DRH », insiste Jean-Stéphane Arcis, dirigeant et co-fondateur de TalentSoft dont la R&D travaille étroitement avec les responsables de ressources humaines. Pour Sylvain Letourmy, directeur de la stratégie HCM pour l’Europe du Sud chez Oracle, les DRH prennent la main sur la culture de l’entreprise, ils sont donc des interlocuteurs indispensables. Un avis que partage aussi Romain Herbeau, le directeur commercial de SAP SuccessFactors : « Les RH font aussi preuve d’innovations et ont bien compris cette notion de plateforme. » Bien sûr, à en croire nos interlocuteurs, la DSI reste évidemment impliquée dans ces projets. « La sécurité des données, l’intégration dans l’existant, l’analyse des besoins additionnels sont autant de points à aborder avec la DSI quand on est un DRH », reconnaît Sylvain Letourmy.
« Nous voyons surtout des binômes DSI-DRH qui fonctionnent très bien dans les grands comptes, les DRH identifient les besoins des collaborateurs, les DSI se chargent, quant à eux, d’identifier les aspects liés à l’intégration du SI et la sécurité », constate Jean-Stéphane Arcis. Un avis que confirme François Bouchery, directeur du delivery applications métiers (CRM, RH et finance) chez Umanis : « Pour des projets globaux, nous avons souvent à faire à des binômes, les DSI ont désormais cette vision business à l’instar des DRH ou des métiers en général, en toute honnêteté, c’est un sujet déjà consommé. » Même son de cloche pour Thierry Mathoulin, directeur général de Workday : « Nous n’observons plus d’anicroches entre les DSI et les DRH, c’est un débat passé. Les DSI sont même moteurs sur certains projets RH. »