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IT & DirectionGrand dossier4 articlesPublié le

Comment les start-ups bousculent les DSI

Dossier de la rédaction

Le Monde Informatique

Ignorées voir méprisées hier quand elles n'étaient pas dans le Magic Quadrant du cabinet Gartner, les start-ups séduisent aujourd'hui de plus en plus de DSI car elles sont désormais au coeur de l'innovation dans le cloud, les infrastructures, les logiciels ou encore l'IA. A l'occasion de la 8e édition de l'IT Tour, notre rédaction a pu observer une véritable métamorphose sur l'attrait des DSI pour les start-ups, ce qui n'était assurément pas le cas auparavant.

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Article 1 sur 4

Les DSI décloisonnent grâce aux start-ups

Par La RédactionPublié le 7 janvier 20204 min de lecture

En 2018, 57 % des DSI ne collaboraient toujours pas avec des start-ups externes et pour 64 % avec des laboratoires de R&D, selon une étude réalisée et publiée à l’occasion de la conférence « OpenDSI : la DSI à la recherche de l’innovation » organisée par CIO le 20 novembre 2018 au Centre d’Affaires Paris Trocadéro. (https://www.cio-online.com/actualites/lire-opendsi-de-l-ouverture-du-si-a-l-innovation-ouverte-10812.html). Ces résultats montrent encore la frilosité de nombreux DSI à s’ouvrir même si des efforts incontestables ont été réalisés notamment chez les grands comptes et les ETI. Au cours des 8 éditions de l’IT tour (https://www.it-tour.fr/), notre rédaction a d’ailleurs pu observer l’évolution des comportements et des mentalités des DSI. Si au départ (les premières éditions de l’IT Tour), les décideurs étaient très fermés à l’idée de collaborer avec des start-ups et des laboratoires d’innovation, aujourd’hui, c’est tout le contraire, ils sont plus ouverts. C’est d’autant plus important que l’innovation est souvent portée par ces start-ups, et ce, dans le cloud, les infrastructures, les logiciels ou encore l’IA. Sur le terrain, cela se traduit par des initiatives concrètes à l’image de l’entreprise Geodis, filiale de la SNCF, qui organise un hackathon depuis deux ans. Ainsi, lors de son premier hackathon en 2018, le thème qui était de repenser l’entrepôt de demain a été remporté par l’entreprise innovante nommée 10h11. Cette dernière a donc créé une solution IA pour mieux prédire les entrées et les sorties des entrepôts Geodis. « Grâce à cet hackathon, nous essayons, à notre niveau, d’animer un réseau de start-ups innovantes dans le monde logistique et de la traçabilité », confirmait Henri Linière, DSI de Geodis et président de l’Adira lors de l’IT Tour à Lyon en septembre dernier.  

Du PoC à l’incubation 

De son côté, Compass, l’un des leaders de la restauration collective, s’est aidé d’une start-up pour créer une caisse intelligente capable d’effectuer une reconnaissance automatisée des plats. « Nous avons lancé un PoC avec Deepomatic avec l'objectif de gagner du temps en caisse et de réaffecter le temps de travail des collaborateurs vers des tâches à plus forte valeur ajoutée », expliquait Christophe Orieulx de la Porte, responsable infrastructures et services chez Compass, lors de l’IT Tour à Aix en octobre dernier. D’une manière générale, les grandes entreprises collaborent déjà avec de nombreuses Start-ups, elles sont même devenues des incubateurs à Start-ups à l’image d’Enedis, du groupe La Poste ou du Crédit Agricole qui a créé le Village by CA. En effet, la banque verte compte déjà près de 45 villages en France, dans les DOM-TOM et à l’étranger (Luxembourg, Italie) qui regroupent plus de 600 Start-ups, ces villages étant également épaulés par d’autres partenaires locaux privés et publics. Cet intérêt des grandes entreprises pour les Start-ups commence à porter ces fruits, un point conforté par le dernier baromètre annuel de la relation start-up/grand groupe réalisé par Village by CA et Capgemini. D’après cette étude, les relations entre les Start-ups et grands groupes gagnent en maturité, les Start-ups prenant davantage conscience de leur valeur, quant aux grands groupes, l’amélioration de l’expérience utilisateur constitue la clé de voûte de leur rapprochement avec les Start-ups. En effet, ils citent ce critère à hauteur de 73 % d’entre eux comme élément de satisfaction majeur, devant le gain en termes d’image (55 %) et la réalisation d’un Proof Of Concept (55 %).  

Des PME également ouvertes aux start-ups mais pénalisées par leur manque de ressources 

Hormis les grands groupes, de plus en plus de PME s’inscrivent aussi dans cette approche en s’intéressant à ce qui se fait à l’extérieur et apporter ainsi de l’innovation dans leur transformation numérique. Mais ces engagements des PME vers les Start-ups relèvent d’abord de la curiosité et de l’intérêt de leur DSI mais faute de moyens, ces projets restent souvent à l’état de PoC. Prenons l’exemple de la mairie de Molsheim, une ville de moins de 10 000 habitants dont son DSI, Tristan Humelhans, a testé pendant un mois la solution Darktrace, une entreprise innovante créée en 2013 par des universitaires de Cambridge qui a réussi à imposer son savoir-faire dans la cybersécurité avec une technologie de détection intelligente des comportements des utilisateurs. « Les algorithmes vont détecter les comportements qui sortent de l'ordinaire, analyser les comportements des usagers et au bout de 2-3 semaines apprendre et remonter ceux qui sont hors limite », précise le responsable du SI au sein de la collectivité. Toutefois, pour des raisons de coûts, la mairie, pourtant convaincue par la solution, ne l’a pas encore déployée du moins pour l’heure. 

Article 2 sur 4

L'Open Innovation enfin adoptée par les DSI

Par La RédactionPublié le 7 janvier 20203 min de lecture

Cette capacité à se connecter à des talents présents à la fois dans l’entreprise et vers l’extérieur (Start-ups, écoles, laboratoires, experts et même des concurrents) nécessite un nouveau modèle d’organisation dans l’entreprise plus communément appelé l’Open Innovation. Dans l’Open Innovation, il n’existe pas une seule méthode mais une multitude de pratiques diverses, un point commun les unit cependant celui du partage et de la collaboration. Résultat : en s’ouvrant à un écosystème extérieur, les équipes ont la possibilité d’élargir leurs champs de compétences et leurs connaissances. Selon le rapport très explicite du Cigref sur l’Open Innovation intitulé « Open Innovation, une réponse aux challenges de l’entreprise », l’ouverture à un écosystème permet d’envisager des alliances stratégiques avec des partenaires extérieurs, des Start-ups par exemple, et d’acquérir plus d’agilité avec à la clé une réduction du Time to Market.  

La DSI, un catalyseur et un facilitateur 

Même si les projets sont souvent portés par les métiers, le Cigref indique l’importance du rôle de la DSI dans l’Open Innovation, elle est en quelque sorte le catalyseur et le facilitateur. N’oublions pas aussi que la DSI est perçue comme le garant de la veille technologique et de ce fait, elle est tout indiquée pour choisir les solutions technologies notamment en direction des métiers dans l’entreprise. « La DSI est aujourd’hui au cœur des processus d’innovation, elle travaille avec des Start-ups et avec les collaborateurs au sein de l’entreprise pour insuffler de l’innovation, des ateliers pilotés par la DSI sont mis en place. Bien sûr, c’est un changement dans l’organisation car nous acceptons d’expérimenter et parfois de ne pas aller au bout des projets, ce qui est perturbant pour une DSI au départ. Il ne faut pas oublier que tout cela est possible car nous nous appuyons sur le cloud. Sans cloud, la transformation numérique serait compliquée », tient à rappeler Christophe Laloyer, président du DSI GUN, sur les points à prendre en compte lors de la transformation de la DSI. En effet, le cloud est l’une des clés de réussite d’une organisation de la DSI, orientée Open Innovation. Pour Pierre Cellard, directeur du développement & innovation et DSI de Maisons du Monde, sa stratégie repose sur le cloud (choix de la Google Cloud Platform) dont l’objectif a été de casser les silos entre les grandes divisions métiers, magasins, clients et siège. De même, en mettant en pratique l’Open Innovation, les DSI apportent aussi de nouvelles façons de travailler dans l’entreprise à l’image de l'ESCP Europe portée par son DSI Anthony Hié : « Notre plan de transformation que l’on nomme phygital consiste à fluidifier le parcours des étudiants en favorisant le mode omnicanal et des services numériques innovants, des outils de pédagogie augmentés pour les enseignants et le personnel administratif. Cela se concrétise notamment par la création d'un espace de travail avec incrustation numérique, des cours en réalité virtuelle/augmentée, des paperboards numériques, mais aussi un parcours étudiant adaptatif avec des modules personnalisés poussés grâce au machine learning. »  

La direction générale en sponsor de la transformation  

Bien sûr, une approche en Open Innovation ne peut pas réussir sans le soutien de la direction générale, un point essentiel pour Eric Thareau, DSI du groupe Ceva Santé Animale : « Les clés de la réussite d’une transformation de la DSI reposent aussi sur un support important de la direction générale et des parties prenantes de l’entreprise. Cela a été le cas chez nous, il y avait une vraie volonté de toutes les parties pour engager cette transformation. Ensuite, il faut identifier clairement quels sont les tenants et les aboutissants de cette transformation et les positionner dans un plan projet et lister un certain nombre de chantiers. C’est important d’avoir des équipes engagées et leur donner de la visibilité sur ce programme. »  

Article 3 sur 4

Un sourcing multiple pour trouver les start-ups

Par La RédactionPublié le 7 janvier 20203 min de lecture

Combien de start-ups sont répertoriées dans le Magic Quadrant du Gartner ? Aucune si la start-up ne réalise pas un chiffre d’affaires de plusieurs millions de dollars. Il ne s’agit pas ici de juger le Magic Quadrant, ce dernier disposant toujours d’un impact colossal dans le choix des solutions technologiques par les décideurs IT, ces derniers se référant aussi au Gartner pour des raisons évidentes de pérennité des solutions dans le temps. Toutefois, le sourcing doit être diversifié surtout pour trouver une start-up qui correspond aux besoins d’un projet innovant. En soi, trouver une start-up aujourd’hui n’est pas si compliqué, nous avons pu le constater lors de notre dernier IT Tour en 2019. En effet, les DSI sondés font de la veille et se tournent vers de multiples sources, la presse, les écoles, les incubateurs, les annuaires comme MyFrenchStartup.com (avec plus de 16 000 jeunes pousses françaises), les salons, les bases de données nationales et locales, sans oublier les clubs de DSI à l’instar de l’ADIRA, un réseau qui sévit en région Auvergne-Rhône-Alpes. L’ADIRA n’hésite d’ailleurs pas à impliquer les start-ups en organisant par exemple des challenges comme le Challenge Innov’ADIRA. « L'année dernière, c'est le projet de mobilité Shipotsu, pour remplacer les conciergeries dans les gares et aéroports, qui a été récompensé. Cette année parmi les 12 éligibles au Challenge Innov’ADIRA, cela va des projets artistiques, de défense de la propriété intellectuelle à l'IoT... », rapporte, à ce titre, Mary-José Sylvain, déléguée générale de l’association.    

Les ESN en entremetteurs 

Hormis les clubs, les décideurs s’orientent aussi vers leurs prestataires ou partenaires intégrateurs et ESN, un certain nombre d’entre eux, surtout les grandes ESN comme Capgemini, Atos, etc., ont bien compris qu’ils avaient tout intérêt à fédérer eux-mêmes des écosystèmes innovants voire sectoriels. « Notre rôle chez Capgemini est double, nous sommes entremetteur et intégrateur de multiples solutions auprès des grands groupes », indique Patrice Duboé, CTIO chez Capgemini. Sur ses relations avec les Start-ups, l’ESN ne veut pas être toutefois considérée comme un simple accélérateur. « Aujourd’hui, chaque organisation a lancé son accélérateur, il y en a trop et la valeur ajoutée est assez modeste. Notre volonté est plutôt d’être une vitrine au niveau national et international auprès des grandes entreprises, c’est pour cela que nous avons créé les AIE (Applied Innovation Exchange), des centres d’innovation dans lesquels évoluent des Start-ups que nous avons préqualifiées en amont. L’AIE (ndlr : une vingtaine dans le monde) est un espace pour vivre l’innovation autour de la réalité virtuelle, de la blockchain, de l’IoT, de l’IA, etc. Les entreprises peuvent venir visiter les AIE et si elles sont convaincues, nous les aidons dans la faisabilité de leur projet. Ce qui est important, c’est d’avoir un pilote, nous ne signons plus de PoCs si ces derniers ne sont pas durables. Trop de PoCs ne servent aujourd’hui à rien dans les entreprises. Enfin, en juin dernier, Capgemini a lancé Capgemini Ventures, un fonds d’investissement doté de 90 millions d’euros pour aider financièrement les Start-ups qui peuvent offrir un réel intérêt pour nos clients », résume Patrice Duboé, CTIO chez Capgemini.  

Concernant les ESN de tailles intermédiaires, elles n’ont effectivement pas forcément les moyens financiers de soutenir les Start-ups comme le font leurs grandes sœurs, mais elles s’avèrent aussi être de bons conseils auprès de leurs clients. De par leur activité, les collaborateurs les plus attentifs au sein de ces structures plus modestes font un travail de veille technologique et s’intéressent, de ce fait, aux Start-ups et à leurs innovations. En quelque sorte, c’est une démarche personnelle mais qui peut ouvrir au partenaire à plus d’opportunités auprès de son client final. 

Article 4 sur 4

Interview Xavier Fisselier, co-fondateur de HelloMyBot

Par La RédactionPublié le 7 janvier 20202 min de lecture

Pouvez-vous nous présenter HelloMyBot ? 

HelloMyBot est une start-up créée en 2017 spécialisée dans la réalisation d’assistants virtuels intelligents capables de comprendre le langage naturel et de gérer les conversations en plusieurs langues sur plusieurs supports (SMS, enceintes connectées, page web, live chat). Nos agents conversationnels sont déjà exploités par le groupe Accor, Havas Voyages, SeLoger.com ou encore Renault. Pour ce faire, nous travaillons avec des technologies comme IBM Watson, Google DialogfFlow ou encore Rasa. Aujourd’hui, notre effectif se compose de 8 personnes dont 80 % d’ingénieurs, nous avons été accompagnés par la BPI et soutenus par Zendesk, notre incubateur à la Station F où nous sommes implantés. Nous recherchons toujours des fonds pour nous développer. HelloMyBot sera aussi présente au prochain CES de Las Vegas avec la région Occitanie sous le pavillon French Tech.  

En tant que start-up française, quel est votre regard sur les relations entre les Start-ups et les DSI ? 

Nous constatons une plus grande ouverture de la part des DSI aux Start-ups. Par exemple, sous nos yeux, au sein du campus Station F où nous sommes incubés et soutenus par Zendesk, les grandes entreprises mettent des laboratoires à disposition des Start-ups, lesquels sont souvent gérés par leurs DSI. Nous concernant, la DSI est impliquée assez rapidement dans nos projets car notre solution vient puiser des données dans les applications métiers et les bases de données de nos clients. Ensemble avec la DSI, nous menons un important travail sur les API pour nous interconnecter ainsi que sur la sécurité. Je dirais aujourd’hui qu’une direction générale a deux bras droits, son DAF (directeur financier) et désormais son DSI.  

Avez-vous un exemple à nous faire partager chez l’un de vos clients ? 

Nous avons développé un assistant vocal pour le moteur de recherche dédié au voyage liligo.com. Si au début, nous avons surtout travaillé avec le service marketing, nous avons bien sûr consulté la DSI sans l’intégrer de suite dans le projet. En revanche, dès que l’on aborde la technologie, notamment les API, la DSI est totalement impliquée, nous progressons ensemble sur la réalisation du projet. Chez HelloMyBot, notre premier contact est plus souvent le service support ou le marketing, parfois c’est la DSI mais une chose est sûre, celle-ci est juge et partie à partir du moment où l’on aborde les points technos.  

Est-il assez simple de se faire connaître auprès des DSI en tant que start-up ? 

Oui, les DSI sont aujourd’hui très curieux et très informés sur les besoins de leurs métiers. De plus, il existe aujourd’hui un certain nombre de places de marché bien identifiées. Enfin, le bouche à oreille fonctionne toujours très bien.