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Les DSI décloisonnent grâce aux start-ups
En 2018, 57 % des DSI ne collaboraient toujours pas avec des start-ups externes et pour 64 % avec des laboratoires de R&D, selon une étude réalisée et publiée à l’occasion de la conférence « OpenDSI : la DSI à la recherche de l’innovation » organisée par CIO le 20 novembre 2018 au Centre d’Affaires Paris Trocadéro. (https://www.cio-online.com/actualites/lire-opendsi-de-l-ouverture-du-si-a-l-innovation-ouverte-10812.html). Ces résultats montrent encore la frilosité de nombreux DSI à s’ouvrir même si des efforts incontestables ont été réalisés notamment chez les grands comptes et les ETI. Au cours des 8 éditions de l’IT tour (https://www.it-tour.fr/), notre rédaction a d’ailleurs pu observer l’évolution des comportements et des mentalités des DSI. Si au départ (les premières éditions de l’IT Tour), les décideurs étaient très fermés à l’idée de collaborer avec des start-ups et des laboratoires d’innovation, aujourd’hui, c’est tout le contraire, ils sont plus ouverts. C’est d’autant plus important que l’innovation est souvent portée par ces start-ups, et ce, dans le cloud, les infrastructures, les logiciels ou encore l’IA. Sur le terrain, cela se traduit par des initiatives concrètes à l’image de l’entreprise Geodis, filiale de la SNCF, qui organise un hackathon depuis deux ans. Ainsi, lors de son premier hackathon en 2018, le thème qui était de repenser l’entrepôt de demain a été remporté par l’entreprise innovante nommée 10h11. Cette dernière a donc créé une solution IA pour mieux prédire les entrées et les sorties des entrepôts Geodis. « Grâce à cet hackathon, nous essayons, à notre niveau, d’animer un réseau de start-ups innovantes dans le monde logistique et de la traçabilité », confirmait Henri Linière, DSI de Geodis et président de l’Adira lors de l’IT Tour à Lyon en septembre dernier.
Du PoC à l’incubation
De son côté, Compass, l’un des leaders de la restauration collective, s’est aidé d’une start-up pour créer une caisse intelligente capable d’effectuer une reconnaissance automatisée des plats. « Nous avons lancé un PoC avec Deepomatic avec l'objectif de gagner du temps en caisse et de réaffecter le temps de travail des collaborateurs vers des tâches à plus forte valeur ajoutée », expliquait Christophe Orieulx de la Porte, responsable infrastructures et services chez Compass, lors de l’IT Tour à Aix en octobre dernier. D’une manière générale, les grandes entreprises collaborent déjà avec de nombreuses Start-ups, elles sont même devenues des incubateurs à Start-ups à l’image d’Enedis, du groupe La Poste ou du Crédit Agricole qui a créé le Village by CA. En effet, la banque verte compte déjà près de 45 villages en France, dans les DOM-TOM et à l’étranger (Luxembourg, Italie) qui regroupent plus de 600 Start-ups, ces villages étant également épaulés par d’autres partenaires locaux privés et publics. Cet intérêt des grandes entreprises pour les Start-ups commence à porter ces fruits, un point conforté par le dernier baromètre annuel de la relation start-up/grand groupe réalisé par Village by CA et Capgemini. D’après cette étude, les relations entre les Start-ups et grands groupes gagnent en maturité, les Start-ups prenant davantage conscience de leur valeur, quant aux grands groupes, l’amélioration de l’expérience utilisateur constitue la clé de voûte de leur rapprochement avec les Start-ups. En effet, ils citent ce critère à hauteur de 73 % d’entre eux comme élément de satisfaction majeur, devant le gain en termes d’image (55 %) et la réalisation d’un Proof Of Concept (55 %).
Des PME également ouvertes aux start-ups mais pénalisées par leur manque de ressources
Hormis les grands groupes, de plus en plus de PME s’inscrivent aussi dans cette approche en s’intéressant à ce qui se fait à l’extérieur et apporter ainsi de l’innovation dans leur transformation numérique. Mais ces engagements des PME vers les Start-ups relèvent d’abord de la curiosité et de l’intérêt de leur DSI mais faute de moyens, ces projets restent souvent à l’état de PoC. Prenons l’exemple de la mairie de Molsheim, une ville de moins de 10 000 habitants dont son DSI, Tristan Humelhans, a testé pendant un mois la solution Darktrace, une entreprise innovante créée en 2013 par des universitaires de Cambridge qui a réussi à imposer son savoir-faire dans la cybersécurité avec une technologie de détection intelligente des comportements des utilisateurs. « Les algorithmes vont détecter les comportements qui sortent de l'ordinaire, analyser les comportements des usagers et au bout de 2-3 semaines apprendre et remonter ceux qui sont hors limite », précise le responsable du SI au sein de la collectivité. Toutefois, pour des raisons de coûts, la mairie, pourtant convaincue par la solution, ne l’a pas encore déployée du moins pour l’heure.