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IT & DirectionGrand dossier10 articlesPublié le

Les 10 tendances technologiques 2023

Dossier de la rédaction

Le Monde Informatique

Comme tous les mois de décembre depuis douze ans, la rédaction du Monde Informatique vous propose une sélection de 10 tendances technologiques pour l'année à venir. Et 2023 sera marquée par des développements qui préfigurent des interactions à venir entre les utilisateurs et leurs équipements.

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Article 1 sur 10

La conquête spatiale du cloud

Par La RédactionPublié le 7 décembre 20223 min de lecture

Pourrait-on régler définitivement les problèmes liés à l’environnement, à la consommation énergétique et, en parallèle, à la cybersécurité en envoyant les datacenters dans l’espace ? C’est le pari osé des entreprises SpaceBelt/Cloud Constellation et mu Space qui prévoient en effet d’envoyer une douzaine de satellites en orbite basse dans le but d'offrir des services spatiaux sécurisés de stockage de données. La start-up américaine LeoCloud travaille aussi sur ce type de projet avec Axiom Space. En Europe, la Commission s’y intéresse également puisqu’elle vient de mandater un consortium piloté par Thales Alenia Space pour une étude de faisabilité sur le déploiement en orbite de stations de datacenters alimentées par des centrales solaires de plusieurs centaines de megawatts. Ce projet baptisé Ascend (Advanced Space Cloud for European Net zero emission and Data sovereignty) vise notamment à montrer que les émissions carbone associées aux phases de production et de lancement de telles infrastructures spatiales seront nettement inférieures aux émissions que produiraient les datacenters en restant au sol. Le deuxième objectif sera de prouver qu'il est possible de développer la solution de lancement requise et d'assurer le déploiement et l'opérabilité de ces datacenters spatiaux en utilisant des technologies d’opérations robotisées d’assistance en orbite actuellement développées en Europe.    

Tous ces ambitieux acteurs pourront d’ores et déjà s’appuyer sur les services cloud dédiés à la communauté spatiale des deux grands acteurs Microsoft et AWS (via respectivement Azure Space et AWS for Aerospace and Satellite). Chez Microsoft, Azure Space renferme déjà un certain nombre de services comme Orbital Ground Station (service de station terrienne qui assure la communication avec le satellite et son contrôle), Modular Datacenter (proposant des centres de données autonomes) ou encore Azure Orbital Analytics qui regroupe des fonctionnalités Azure utilisant des données spatiales et l'IA. Microsoft s’est aussi entouré de partenaires comme Space X afin de connecter le réseau de satellites Starlink ou encore en Europe d’Airbus pour intégrer les données d’imagerie et d’altitude de l’avionneur dans Azure Maps. Sierra Space et IBM prévoient aussi de travailler pour développer la prochaine génération de technologies spatiales et de plateformes logicielles qui seront utilisées par de nombreux véhicules et infrastructures dans l'espace. Le déploiement d'une plateforme cloud et IA répondant à des besoins capacitaires élevés en termes d'échanges et de traitements est prévu.  

En outre, pour apporter la puissance des données au plus proche des usages dans l’espace, les expérimentations se multiplient notamment chez les fabricants de matériels et de puces, l’objectif étant ici de tester la résistance aux radiations et autres environnements extrêmes de l’espace. Par exemple, en partenariat avec la NASA, HPE a embarqué en février 2021 à bord de l’ISS, la station spatiale internationale, un supercalculateur (le Spaceborne Computer-2 connecté aux services d’Azure de Microsoft) pour répondre d’une part, aux besoins des capacités de calcul à bord de l’ISS, mais d’autre part, pour tester et mesurer la résistance des serveurs utilisés sur Terre aux secousses et aux vibrations d'un lancement de fusée, ainsi que leur fonctionnement dans l’espace. De son côté, AMD vient de recevoir la qualification Class B pour sa puce dédiée à l’IA XQR Versal AI Core, cette certification est attribuée par le département américain de la Défense qui détermine si les puces informatiques sont capables de fonctionner dans l'espace, notamment face aux radiations, qui nécessite du silicium hautement spécialisé.   

Article 2 sur 10

La durabilité portée par une réglementation toujours plus forte

Par La RédactionPublié le 7 décembre 20223 min de lecture

Depuis le 1er janvier 2021, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire impose l’affichage obligatoire d’un indice de réparabilité (note sur 10) sur les smartphones et les ordinateurs portables si l’on se réfère aux seuls équipements IT et depuis le 1er janvier 2022, l’absence d’affichage dans les commerces est sanctionnée d’une amende (15 000 € pour l’entreprise). À horizon 2024, la loi prévoit que cet indice devienne un indice de durabilité, notamment par l’ajout de nouveaux critères comme la robustesse ou la fiabilité des produits. Derrière cette loi, l’objectif est bien d’allonger le cycle de vie des produits, et de ce fait, de rendre le numérique un peu plus vertueux. N’oublions pas que la phase de fabrication et de production d’un équipement est la plus polluante. Plus généralement, l’allongement du cycle de vie des équipements (PC, serveurs, tablettes, imprimantes, etc.) est de plus en plus pris en compte chez les grands fournisseurs de matériels à la demande pressante de leurs clients. Entre les extensions de garanties qu’ils proposent, les services de reconditionnement de pièces détachées pour la maintenance et le recyclage des machines pour leur donner une seconde vie, l’allongement du cycle de vie peut facilement être porté à 5 voire 7 ans dans l’entreprise. Même les grands acteurs du cloud s’y mettent à l’image de Microsoft qui a porté l’été dernier la durée de vie de ses serveurs et des équipements réseau sur Azure de 4 à 6 ans. Au-delà de l’aspect développement durable, Microsoft y voit aussi et surtout un intérêt financier, les économies se chiffrant en milliards de dollars. Microsoft a logiquement emboîté le pas de Google qui avait annoncé en février 2022, l'extension du cycle de vie de ses serveurs de trois à quatre ans. Et le même mois, AWS a détaillé ses plans pour faire fonctionner les serveurs pendant cinq ans et les équipements de réseau pendant six ans, soit une augmentation d'un an pour les deux systèmes.

Au-delà des équipements, la durabilité devrait prendre une ampleur plus importante dans les entreprises avec la taxonomie européenne. Précisons que cette dernière vise à soutenir l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050 et concerne les entreprises qui doivent indiquer la part de leur chiffre d'affaires, de leurs investissements et de leurs dépenses relatives à des activités durables. En clair, si l’entreprise souhaite investir dans des nouveaux projets, elle devra faire évoluer son modèle économique pour montrer une démarche environnementale sérieuse. Et il ne suffira pas de faire du simple reporting pour y arriver. C’est d’autant plus important que la CSRD (Corporate Sustainability Reporting), qui remplace la NFRD, étend les exigences, dès 2024, aux entreprises de plus de 250 salariés (même si, pour l’heure, le texte cible avant tout les 50 000 plus grandes sociétés de l'Union européenne). Précisons que la taxonomie est un projet transversal, piloté conjointement par les équipes Finance et Développement Durable mais impliquant aussi les équipes IT, les opérations ou encore les RH.  

Article 3 sur 10

L'observabilité pour renforcer la supervision des infrastructures

Par La RédactionPublié le 7 décembre 20222 min de lecture

Ne parlons plus de surveillance, mais d’observabilité. Mais quelle est la différence entre les deux termes ? D’un côté, on surveille en récoltant des données sur les systèmes, ce qui permet aux équipes IT internes de réagir rapidement en cas d’erreurs et de problèmes. Bref, la supervision répond parfaitement à la présence éventuelle de défaillances connues ou prévisibles. De l’autre côté, on observe en dotant les systèmes d’outils et/ou de composants pour récolter des données vérifiables et exploitables, ce qui permet par la suite toujours aux mêmes équipes de savoir quand l’incident va se produire et de comprendre aussi pourquoi. En clair, l’observabilité permet aux entreprises de corriger proactivement les problèmes. Elle serait d’autant plus efficace pour les architectures complexes et distribuées reposant sur des centaines voire des milliers de microservices, là où il devient presque impossible de prévoir toutes les défaillances. D’ailleurs, selon Gartner, d'ici 2024, 30 % des entreprises mettant en œuvre des architectures de systèmes distribués auront adopté des techniques d'observabilité pour améliorer les performances des services des entreprises numériques, contre moins de 10 % en 2020.  

Pour Gartner, cette observabilité est performante, car elle élève l'importance stratégique des bonnes données au bon moment pour une action rapide basée sur les actions confirmées des parties prenantes, plutôt que sur les intentions. Lorsqu'elle est planifiée stratégiquement et exécutée avec succès, l'observabilité appliquée est la source la plus puissante de prise de décision basée sur les données. Ainsi, pour être efficace, l’observabilité s’alimente de données (métriques, logs et traces), souvent gérées et pilotées par de l’IA, permettant ainsi d’identifier des patterns pas nécessairement connus, des variations de comportements qui peuvent engendrer des incidents et dont il est nécessaire de trouver l’origine. L’observabilité prend tout son sens surtout lorsque l’on constate le coût très élevé des temps d’indisponibilité du SI. Ce dernier est estimé, en moyenne par Gartner, à 5 600 dollars par minute. D’après leur sondage, le coût d’une heure d’indisponibilité varie entre 100 000 $ et 5 millions de dollars suivant les entreprises et leur activité. Comme la supervision, l’observabilité nécessite de mettre en place des méthodologies et un outillage adapté. Cela passe entre autres par une cartographie des services, une surveillance des métriques clés, la mise en œuvre de plateforme d’intégration/d’interconnexion et de solutions AIOps. Et pour une observabilité efficace, il faut surtout adopter des normes et des pratiques communes.   

Article 4 sur 10

La désagrégation des composants serveurs est en marche

Par La RédactionPublié le 7 décembre 20222 min de lecture

Pour répondre à des applications très gourmandes en ressources comme celles liées à l’IA ou celles qui analysent massivement des données non structurées par exemple, il est nécessaire de donner bien plus de flexibilité aux serveurs dans les datacenters notamment dans la transmission efficace des données entre la mémoire et les processeurs. Et pour donner cette souplesse, la tendance est plutôt à la désagrégation des systèmes, laquelle devrait même s’accélérer avec la prochaine génération de serveurs intégrant le protocole CXL (Compute Express Link). Cette génération, chez tous les constructeurs de serveurs, correspond à l’arrivée en volume, dès 2023, des processeurs Intel Xeon Scalable Sapphire Rapids et AMD Epyc Genoa, lesquels prendront en charge le support du protocole. Rappelons que ce protocole, qui fonctionne sur le bus PCIe 5.0 (CXL 1.1), permet de composer des systèmes avec des ressources (mémoire, flash, GPU, DPU, FPGA et cartes réseau) partagées sur le réseau avec une faible latence. Point important, grâce à cette désagrégation des composants, les ressources peuvent être demandées pour une charge de travail puis libérées une fois la tâche terminée. De plus, la désagrégation de la mémoire aide également les opérateurs de datacenters à réduire le coût par bit de mémoire, car ce qu’ils dépensent uniquement en DRAM est très élevé. Un autre avantage de cette désagrégation de la mémoire comme chez Liqid, c’est la réduction de la perte des données lors d’un redémarrage ou d’une mise à jour d’un serveur. Initié à l’origine par Intel, ce protocole est aujourd’hui soutenu par un consortium qui regroupe entre autres les grands fondeurs, mais il est aussi soutenu par IBM et les hyperscalers. À la fin de l’année dernière, ce consortium a même absorbé tous les actifs du consortium Gen-Z, un concurrent de CXL et depuis août dernier, les spécifications et les actifs d'Open CAPI sont aussi en cours de transfert vers le consortium CXL. Rappelons que Gen-Z (surtout initié par HPE) et Open CAPI (soutenu notamment par IBM) sont des bus d’interconnexion tout comme le sont également le NVLink de NVidia et le Cache Coherent Interconnect for Accelerators (CCIX).  

Article 5 sur 10

Métavers pro, un vrai départ en 2023 ?

Par La RédactionPublié le 7 décembre 20223 min de lecture

Lors du dernier Symposium/Xpo du cabinet Gartner qui s’est déroulé à Barcelone le mois dernier, le spécialiste des communications dans le cloud Avaya a fait une démonstration de son métavers au sein duquel les agents dans les centres de contact pouvaient assister et interagir avec leurs clients dans un monde virtuel. Au-delà de l’aspect visuel, l’objectif de cette démonstration était aussi de comprendre comment il est plus simple d’ajouter des fonctionnalités de centre de contact sans avoir à mettre en place une nouvelle plateforme ou à passer par une mise à niveau majeure. Le métavers, on en parle beaucoup surtout depuis le discours de Mark Zuckerberg, le patron de Meta (Facebook) en octobre 2021. Un an après, selon des révélations du Wall Street Journal, les chiffres de fréquentation de l'univers virtuel développé par l'entreprise Meta sont largement en dessous des prévisions de l'entreprise. Une chose est sûre, l’effervescence autour du métavers ne faiblit pas d’autant qu’une multitude de technologies vient s’y adosser comme la réalité virtuelle/augmentée, la blockchain, les NFT ou encore les cryptomonnaies, toutes ces technologies ouvrant d’ailleurs au web3 (voir tendance n°10). Selon le cabinet de conseil McKinsey, le marché du métavers pourrait représenter 5 000 milliards de dollars d’ici 2030. Des projections ambitieuses… D’après, cette fois-ci, une infographie publiée en septembre 2022 par l’ESN Keyrus qui se base sur plusieurs sources, 43 % des français sont intéressés par les expériences virtuelles et une personne sur 4 passera au moins 1 heure par jour dans le métavers en 2026. Si le métavers séduit en premier lieu les secteurs du gaming et de l’événementiel, bien d’autres domaines se montrent intéressés par ce phénomène dont l’industrie avec la simulation numérique (les jumeaux numériques étant plutôt vus, à la différence du métavers, comme une copie numérique d'un objet ou d'un système), mais surtout la distribution qui souhaite profiter de cette technologie immersive pour se digitaliser et proposer d’autres modes de consommation à ses clients. C’est par exemple le cas de Ralph Lauren qui a créé une expérience virtuelle de vacances sous Roblox, les utilisateurs peuvent ainsi personnaliser leurs avatars et acheter des vêtements de sport d'hiver. Le parfumeur Maison Berger avait invité ses fans à vivre une expérience immersive inédite lors de l'ouverture de son nouveau magasin situé dans le cœur du Marais à Paris en décembre 2021. Dernier exemple, la Fondation Yves Rocher qui s’est exposée dans le jeu de construction virtuel Minecraft pour sensibiliser les jeunes à l'importance des forêts. Toutes ces marques font appel le plus souvent à des start-ups spécialisées dans le métavers, ces dernières sont nombreuses, entres celles qui proposent des plateformes dédiées dans la blockchain à d’autres qui éditent des environnements virtuels et/ou augmentés en 3D sur mesure. La distribution n’est bien sûr pas le seul secteur en vogue, les expériences professionnelles autour du métavers se multiplient en France. Par exemple, le site de vente de biens immobiliers SeLoger a lancé en septembre dernier une expérience immersive de visite immobilière dans le métavers. Ainsi les futurs acheteurs peuvent se projeter dans la visite d’un appartement ou d’une maison. Autre exemple, dans le monde culturel où il a été rendu possible en 2021 à la Cité de l’architecture de Paris de se plonger au cœur des grottes de Lascaux sans se déplacer sur le site. Même les premières écoles dédiées au métavers voient le jour comme celle située à Paris La Défense dans des locaux à la Grande Arche ou encore la première académie dédiée au métavers située à Marseille qui vient d’ouvrir ses portes, un établissement initié par Meta en partenariat avec Simplon.co. Des académies à Nice, Paris et Lyon suivront. Nous restons toutefois très sceptique quand au succès du métavers. 

Article 6 sur 10

L'hologramme, le futur des communications

Par La RédactionPublié le 7 décembre 20222 min de lecture

Et si l’avenir du métavers et de la visioconférence passait par la communication holographique. En soi, les hologrammes représentent la vraie 3D puisqu’il n’est pas nécessaire de porter des lunettes dédiées pour les visualiser. Un énorme avantage surtout pour les personnes qui éprouvent des nausées après avoir porté des lunettes ou des casques de réalité virtuelle en 3D au bout de quelques minutes. Les hologrammes, presque tout le monde en a déjà vu dans les parcs d’attraction notamment, mais les équipementiers comme Ericsson et Nokia sans oublier les opérateurs veulent aussi profiter de cette technologie pour créer des communications plus authentiques et qui améliore la qualité de l'interaction humaine. C’est d’autant plus pertinent avec les débits qu’offrent aujourd’hui la 5G, mais surtout demain la 6G. La communication holographique répond à de multiples usages, de la rencontre d'un médecin à domicile à la présence à distance au bureau en passant par la projection d’un objet dans l’industrie. Il est quasi certain que son adoption sera immédiate dès que l'écosystème sera prêt à offrir ces nouvelles expériences à un bon prix et avec une bonne qualité d'expérience et de service. D’ailleurs, les opérateurs scrutent avec intérêt le potentiel de cette technologie. En septembre dernier, les quatre grands opérateurs européens (Orange, Telefonica, Vodafone et Deutsche Telekom) ont annoncé s’associer à la start-up Matsuko pour expérimenter la première plateforme de communication holographique européenne. L’objectif est de permettre à une personne, munie simplement d’un smartphone 5G, de se filmer avec la caméra et d’apparaître à ses interlocuteurs en hologramme 3D, grâce à une reconstitution 3D exécutée dans des serveurs situés au plus proche des clients (Edge Computing). Techniquement, les ingénieurs vont se servir de la caméra frontale du smartphone pour capturer cette image holographique en trois dimensions en temps réel qui est ensuite diffusée et traitée par un algorithme de rendu 3D. A en croire les interlocuteurs de différents opérateurs, l’effet waouh serait assuré avec un réalisme bluffant. Si l’hologramme est considéré par les opérateurs comme un nouvel outil de communication, il est aussi vu comme un outil marketing et publicitaire en matière d’affichage dynamique permettant d’augmenter significativement la visibilité sur des événements tels que les salons, les expositions ou dans les commerces et autres points de vente. N'oublions pas que l’hologramme a même été un argument de communication politique lors de la dernière campagne présidentielle, Jean-Luc Mélenchon s’en est servi lors de son meeting à Lille en avril dernier, il était bien présent physiquement dans le Nord, mais son hologramme était, quant à lui, visible dans 11 villes en parallèle.   

Article 7 sur 10

Arrivée des super apps en Europe, rien n'est moins sûr !

Par La RédactionPublié le 7 décembre 20222 min de lecture

Alors qu’en Asie, notamment en Inde et en Chine, les super apps comme Gojek ou encore WeChat sont déjà utilisées par des centaines de millions de personnes, en Europe et aux Etats-Unis, elles sont méconnues ou presque. Mais pourquoi parle-t-on de super applications ? Une super application agit comme un système d’exploitation regroupant une multitude d’outils et de services. Pour l’illustrer, prenons l’exemple de Gojek, cette super app indienne permet de commander de la nourriture, de se déplacer, d’effectuer des paiements en ligne, de faire du shopping, de se divertir ou même de prendre RDV pour se faire masser… L’objectif est bien d’enrichir continuellement la super app d services à l’aide d’une plateforme de type PaaS tout en restant dans un design unique et personnalisable à souhait, là aussi via une plateforme dédiée de type UX. Un écosystème est déjà bien présent autour des super apps dans ces pays d’Asie du Sud-Est. D’ailleurs, le succès des super apps en Asie s’explique pour plusieurs raisons dont un usage massif des smartphones, une faible adoption des services traditionnels de paiement bancaires, le soutien des pouvoirs publics locaux pour digitaliser et connecter les populations facilement et à moindre frais, sans oublier une faible réglementation sur les données personnelles contrairement à l’Europe qui, elle, est très à cheval sur la protection des données personnelles. La RGPD constituant sûrement l’un des freins majeurs au développement de ce type d’application en Europe. De plus, les autorités de concurrence européennes sont plus enclines à lutter contre les monopoles, ce qui ne facilite clairement pas le développement de ce type d’application se présentant souvent comme des monopoles de fait. Cela dit, ceci n’empêche pas certains acteurs européens et français de s’identifier comme des super apps alors qu’ils sont en réalité positionnés sur un seul domaine d’activité. Et si les super apps en France et en Europe trouvaient plutôt une voie de développement dans le marché BtoB, c’est du moins ce que pourrait laisser prétendre le cabinet d’études Gartner dans ses dernières prédictions pour 2023 ; en effet, Gartner indique ainsi que les entreprises pourraient adopter de plus en plus un type de plateforme qui combine les fonctionnalités de plusieurs applications et services. Frances Karamouzis, vice-présidente et analyste chez Gartner, cite notamment les applications clientes de bureau, comme Microsoft Teams et Slack, l'essentiel étant qu'une super app puisse consolider et remplacer plusieurs apps à l'usage des clients ou des employés. Dans ces exemples, ne va-t-on pas aussi ici se confronter à des duopoles ou monopoles ?  

Article 8 sur 10

Développements et cas d'usages autour de la 6G

Par La RédactionPublié le 7 décembre 20222 min de lecture

A chaque décennie correspond une nouvelle technologie cellulaire, actuellement la 5G est en cours de déploiement et le sera encore pour une petite dizaine d’années avant l’arrivée de la 6G à l’aube de l’année 2030. La date de publication des spécifications de la 6G n’a pas encore été décidée, Orange estime que la phase de développement de la 6G (normalisation et tests) se situera entre 2026 et 2028 pour un lancement commercial de la 6G en 2030. Actuellement, la 6G est en phase de recherche et d’expérimentation sur des cas d’usages, et l’un des projets qui marque cette phase est le programme de recherche 6G Flagship situé en Finlande. Depuis mai 2022, les équipes de recherche 6G Flagship travaille à développer des nouvelles techniques de connectivité pour accueillir des bandes de spectre de fréquence plus élevées notamment dans la gamme des THz permettant d’atteindre des débits de données crêtes jusqu'à 1 Tbps (téraoctet par seconde). 6G Flagship planche aussi sur les implémentations innovantes d'émetteurs-récepteurs et d'antennes ainsi que sur la gestion des données en local via des modèles IA/ML, étant donné que les réseaux 6G créeront beaucoup plus de données que la 5G.

Face au match USA-Chine (la Chine ayant déjà envoyé un satellite 6G dans l’espace et multiplie les dépôts de brevets), l’Europe, via le projet Hexa-X, compte bien être perçue comme un pionnier, la phase II du projet Hexa vient d’ailleurs d’être annoncé en octobre dernier sous l’égide de Nokia. Cette nouvelle phase verra la liste des partenaires Hexa-X passer à 44 organisations chargées de développer une plateforme pré-normalisée ; Hexa-X-II vise à démarrer ses travaux le 1er janvier 2023, avec une durée prévue de deux ans et demi. Rappelons que la phase I de Hexa-X, déjà pilotée par Nokia, se focalisait surtout sur une vision européenne commune de la 6G et sur les cas d'utilisation possibles. De son côté, l’Alliance NGMN (Next Generation Mobile Networks Alliance), qui regroupe des acteurs du monde entier, a déjà identifié plusieurs cas d’usages dont tout ce qui tourne autour de la communication humaine (expérience immersive, téléprésence, interaction multimodale, etc.), la communication machine (robots, machines autonomes, etc.), mais aussi les services de localisation (cartographie, détection de haute précision, etc.), sans oublier les évolutions technologiques autour de l’IA comme les systèmes autonomes d’efficacité énergétique. La faible latence promise par la 6G (de l’ordre de la microseconde vs la milliseconde pour la 5G) facilitera aussi la mise en œuvre de ces cas d’usages cités ci-dessus.  

Article 9 sur 10

Security as Code pour protéger les applications au coeur

Par La RédactionPublié le 7 décembre 20222 min de lecture

Si les phases de développement, de déploiement et d’administration des applications, via les pratiques du Devops, ont permis d’accélérer la livraison continue et le fonctionnement des logiciels, la sécurité, quant à elle, a souvent été négligée d’où l’intérêt grandissant du DevSecOps pour résoudre ce problème. L’approche DevSecOps consiste à intégrer la sécurité tout au long du cycle de vie du développement logiciel, et pour cela, elle s’appuie sur cette pratique de Security as Code (SaC), laquelle se présente comme une émanation de l'Infrastructure as Code (IaC). La Security as Code apporte donc ce côté pragmatique du concept de DevSecOps. Elle implique notamment les équipes de sécurité, lesquelles doivent aussi comprendre comment les développeurs travaillent, ces mêmes développeurs doivent être, en retour, attentifs pour adopter de nouveaux outils et pratiques afin de renforcer la sécurité pendant le processus de développement. D’une manière générale, la collaboration entre les équipes de développement et de sécurité contribue à entretenir une culture de la sécurité dans toute l'organisation. 

Techniquement, un déploiement de base de SaC peut être réalisé en incorporant des règles de sécurité, des politiques, des outils et des agents, des tests et des analyses dans le pipeline d'intégration continu ainsi que dans le code lui-même. Et à chaque fois qu'un morceau de code est validé, des tests doivent être automatiquement effectués, les résultats étant facilement accessibles aux développeurs pour correction. En mettant les résultats de l'analyse de sécurité à la disposition des équipes de développement au fur et à mesure de l'écriture du code, les ressources peuvent être optimisées et du temps et de l'argent économisés dans ce cycle de vie du développement logiciel (SDLC). Parmi les outils et les ressources liés au SaC, il existe de nombreux analyseurs de codes qui permettent d’identifier les vulnérabilités et les erreurs dans le langage exploité par le développeur comme CodeQL de Github, CodeQL prenant en charge une multitude de langages comme C/C++, Java, Python, Rubis, etc. Aux côtés de CodeQL, il existe d’autres outils comme SonarQube édité par SonarSource, une startup suisse qui a récemment fait une importante levée de fonds (375 millions d'euros) et qui prend en charge 29 langages, ou encore Veracode, mais aussi Snyk qui avait racheté la société parisienne CloudSkiff en 2021, le créateur du driftctl, un outil open source de détection de drift d’infrastructure. Selon les experts de Github, l’adoption de ce type d’outils est essentielle d’autant que la majorité des vulnérabilités des logiciels sont le résultat d'erreurs simples, mais qui peuvent être incroyablement difficiles à repérer par l’œil du développeur.   

Article 10 sur 10

Web3, le futur Internet décentralisé grâce aux technologies blockchain

Par La RédactionPublié le 7 décembre 20222 min de lecture

Difficile de classer le web3 aujourd’hui, est-ce une émanation du métavers ? Est-ce le futur de l’Internet où toutes les données et tous les contenus sont enregistrés sur des blockchains ou est-ce un web sémantique, terme attribué par le W3C pour désigner le web des données structurées ? C’est un peu tout cela à la fois, en théorie, le web3, très décentralisé, se doit de redonner la main aux utilisateurs notamment sur leurs données, lesquelles ont largement été aspirées par les grands acteurs comme Google, Apple, Microsoft et Amazon dans ce web 2.0 d’aujourd’hui très centralisé. Mais comment rendre ce pouvoir à l’utilisateur ? En proposant donc une alternative décentralisée basée sur des blockchains publiques permettant de fonctionner sans intermédiaire où les cryptoactifs auront un rôle central à condition de les rendre accessibles et simples à toute la population. Un pari qui reste difficile à appréhender, mais aussi à comprendre notamment sur cette phase de transition entre le web2 et le web3. A la vue de cette décentralisation à venir, quand on parle de web3 aujourd’hui, on l’associe donc à de multiples projets comme celui de Pianity qui a créé une plateforme de NFT dédiée à la musique. Depuis cette plateforme, les artistes peuvent vendre aux consommateurs leurs chansons sous forme de NFT. À ce titre, la Sacem a récemment conclu un accord avec Pianity pour permettre aux artistes de percevoir une rémunération liée à la vente de leurs morceaux en NFT.

Autre exemple, celui de Nike et sa plateforme communautaire .Swoosh en version bêta qui redonne justement la main aux utilisateurs, ces derniers pouvant notamment co-créer des baskets virtuelles, collaborer avec d’autres membres de la communauté ou encore rencontrer des athlètes, des designers de la marque… Pour les entreprises, le stockage distribué avec certification blockchain (pour la sauvegarde en fait) est également de la partie avec l’initiative Filecoin de Protocol Labs. Ces quelques exemples nous donnent effectivement une idée plus précise du web3, mais ils soulèvent aussi des questions sur cette gouvernance entièrement dépendante des utilisateurs. Cela dit, le web3 pourrait diminuer le risque de censure par certains gouvernements ou entreprises.