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Les 10 tendances technologiques 2024

Dossier de la rédaction

Le Monde Informatique

Comme tous les mois de décembre depuis treize ans, la rédaction du Monde Informatique vous propose une sélection de 10 tendances technologiques pour...

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Article 1 sur 10

Les LLM ouvrent la voie à l'IA générative verticalisée

Par Benoît HuetPublié le 13 décembre 20232 min de lecture

Depuis un peu plus d’un an, les LLM portés par l’IA générative se multiplient et se verticalisent de plus en plus. Rappelons que ces grands modèles de langage constituent la base algorithmique des chatbots comme ChatGPT d'OpenAI, Bard de Google ou Mistral AI (sur liste d’attente pour l’instant). Bien sûr, ces LLM exploitent un volume colossal de données pour apporter la réponse la plus précise et pertinente possible. Sachez aussi que si les informations ingérées par un LLM sont biaisées, incomplètes ou indésirables, alors la réponse qu’il donne pourrait être tout aussi peu fiable. Ces LLM, souvent très généralistes, ne survivront peut-être pas tous dans les trois ans à venir d’où l’intérêt aussi de les verticaliser. C’est par exemple le cas de Hippocratic.ai qui a créé un LLM qui cible le secteur de la santé. Fondé par un groupe de médecins, d’administrateurs d’hôpitaux, d’experts et de chercheurs en médecine, Hippocratic.ai a développé un modèle adapté aux soins de santé, mais leur modèle ne pose pas en soi de diagnostics. En clair, ce chatbot s’aide d’experts pour examiner les réponses du modèle, les classent comme bonnes ou mauvaises et les alignent afin de réduire les risques d'erreurs. De plus, l’entreprise s’efforce à rendre son modèle d’IA le plus humain possible dans sa capacité de conversation étant donné qu’elle travaille avec des personnels du secteur de la santé ; un peu comme des médecins et infirmières qui abordent les patients avec empathie et compassion. D’autres modèles existent dans le secteur de la santé comme celui de Google avec Med-PaLM 2, un réseau neuronal capable de répondre aux questions des examens médicaux. Déjà déployé dans certains hôpitaux américains, ce moteur IA pourrait aussi aider à rédiger des synthèses provenant d’ensembles de données scientifiques. Dans le secteur financier, les LLM sont utilisés pour analyser les données financières, générer des rapports, des prévisions ou encore délivrer des informations sur la bourse en temps réel aux professionnels de la finance. Pour cela, les éditeurs exploitent des LLM dédiés comme FinGPT ou des LLM open source tels que Llama 2 ou Falcon. Certains acteurs comme Bloomberg avec BloombergGPT ont même construit leur propre LLM. Dans le secteur de l’éducation, les établissements (universités, écoles, etc.) peuvent tirer parti des LLM, comme par exemple celui d’Anthropic Claude 2 pour développer des expériences d’apprentissage personnalisées pour les étudiants ou encore celui de Midjourney (générateur d’images) qui aide clairement à la création artistique.

Article 2 sur 10

Des offres packagées pour un vrai décollage de la 5G privée

Par Benoît HuetPublié le 13 décembre 20232 min de lecture

2024 sera-t-elle enfin l’année pour le décollage des réseaux 5G privés en France ? Peut-être à en croire les récentes annonces d’offres packagées dédiées, notamment celle de la startup Firecell présente lors de la dernière édition du salon VivaTech. Ainsi, Firecell propose Orion P5G, un package complet permettant de créer, là où le WiFi ne suffit pas, un réseau privé 5G, idéal par exemple pour les entrepôts logistiques. Cette offre est basée sur Open Air Interface, une interface en open source développée par un consortium français d’experts, de chercheurs et d’ingénieurs. Firecell a notamment été lauréate du challenge 5G de l’Orange Fab en 2022 et fait partie de la promotion 2023 du programme French Tech 2030 tout comme Amarisoft qui édite une solution logicielle LTE/5G (comprenant la station de base, le cœur de réseau et la pile logicielle de téléphone) capable de fonctionner sur un PC standard de type X86. Autre exemple, celui de BubbleRAN située à Sophia Antipolis et présente, elle aussi, sur les dernières éditions du salon VivaTech et MWC (Mobile World Congress). BubbleRAN propose donc une offre 4G/5G multifournisseur comprenant des services cloud natifs, Open RAN et commerciaux. A ces startups qui souhaitent simplifier l’accès à la 5G pour tous, n'oublions pas aussi les offres de réseaux privés 4G/5G des grands opérateurs et d’acteurs spécialisés comme Hub One, lequel a su adapter des solutions aux activités critiques et à l’industrie, ainsi que celles de certains fournisseurs de solutions cloud comme AWS. La firme de Jeff Bezos a en effet lancé en 2021 son service Private 5G puis, plus récemment en 2023, lors du dernier MWC à Barcelone, Integrated Private Wireless. Cette dernière offre agit comme un pont d'infrastructure pour les opérateurs comme Orange, Deutsche Telekom ou Telefónica qui souhaitent offrir aux utilisateurs finaux un service de réseau privé 5G. Rappelons qu’en France, le marché des réseaux privés 4G/5G est encore balbutiant, même si plusieurs expérimentations sont toujours en cours dont celles les plus connues et médiatisées d’ArcelorMittal et d’Alcatel Submarine Networks (ASN).

Article 3 sur 10

Des directives liées à la cybersécurité de plus en plus contraignantes pour les entreprises

Par Benoît HuetPublié le 13 décembre 20233 min de lecture

NIS2, CRA ou encore DORA, derrière tous ces acronymes se cachent en réalité des directives ou lois à venir pour renforcer la cybersécurité des entreprises. Déjà, la nouvelle directive NIS2 sera transposée en droit français au deuxième semestre 2024 au plus tard et permettra d’augmenter le niveau de cybersécurité de milliers d’entités, allant de la PME de plus de 50 salariés réalisant plus d’un million d’euros de chiffre d’affaires aux grandes entreprises du CAC40. Rappelons que la NIS2, qui s’appuie sur NIS1, élargit notamment le nombre de secteurs d’activités concernés passant de 19 dans sa première version à 35 aujourd’hui. Elle définit également de manière plus précise l’obligation de notification aux autorités compétentes en cas d’incident de sécurité et supprime le statut d’OSE (opérateur de services essentiels ) pour le remplacer par deux typologies d’organisations, à savoir les entités essentielles (EE) et les entités importantes (EI). De plus, la NIS2 intègre les entreprises de sous-traitance et dans certains cas les collectivités territoriales à la liste des acteurs concernés. Concernant la CRA (Cyber Resilience Act), cette loi va imposer des obligations de sécurité aux fournisseurs IT, mais aussi aux importateurs et distributeurs pour commercialiser ces produits connectés. Pour résumer, la loi demande déjà plus de Security by design, c’est-à-dire de prendre en compte la sécurité dès la conception du produit et qu’aucune faille de sécurité connue ne soit détectée au moment de la livraison. Ensuite, la documentation technique évaluant les cyber risques doit être plus rigoureuse. Enfin, il y aura une obligation de fournir pendant 5 ans des mises à jour du produit pour corriger d’éventuelles failles. Enfin, tout incident devra par ailleurs être notifié à l’Enisa (European Union Agency for Cybersecurity). Aujourd’hui, nous ne connaissons pas encore le calendrier de la mise en œuvre de la loi CRA et sa transposition dans chaque pays européen. Pour DORA (Digital Operational Resilience Act), c’est là aussi une réglementation européenne qui sera applicable dès janvier 2025. Elle aura pour mission de renforcer la résilience opérationnelle IT des acteurs du secteur financier, les banques et les assurances notamment. Au total, près de 22 000 organisations seraient concernées. Initié par la Commission européenne en 2020, ce règlement DORA vise donc à garantir le fonctionnement de l’entreprise même en cas d’attaque IT ou d’incident cyber. Pour ce faire, les institutions financières concernées devront mettre en place une série de mesures et les documenter. Les exigences de DORA se portent surtout sur chaque aspect de la cybersécurité, y compris la surveillance des cybermenaces et le signalement des cyberattaques, mais aussi sur les exigences en matière de sauvegarde. De même, DORA exige que les institutions financières tiennent un registre décrivant les arrangements contractuels avec les fournisseurs informatiques et qu’elles incluent des dispositions spécifiques dans les contrats avec ces derniers.

Article 4 sur 10

L'ingénierie de plateforme pour apporter de la simplification aux équipes DevOps

Par Benoît HuetPublié le 13 décembre 20232 min de lecture

Selon Gartner, l'ingénierie de plateforme consiste à construire et à exploiter des plateformes de développement interne en libre-service et son objectif est donc d'optimiser la productivité, d'améliorer l'expérience utilisateur et d'accélérer la création de valeur pour l'entreprise. Ce qui semble réellement se dessiner derrière cette tendance, c’est de trouver une solution plus accessible face à la complexité grandissante autour de l’ingénierie logicielle. Complémentaire au DevOps, l'ingénierie de plateforme va aider en quelque sorte les équipes DevOps en mettant à leur disposition une plateforme centralisée avec un ensemble prédéfini d'outils et de flux de travail. En clair, les utilisateurs exploitent les outils qui leur sont fournis parce qu'ils savent qu'ils ont été choisis en tenant compte de leurs besoins. En général, cette plateforme d'ingénierie est créée et maintenue par une équipe dédiée de produit. En aucun cas, l’ingénierie de plateforme ne remplacera le DevOps, elle vise justement à l’améliorer, car elle élimine le besoin pour les développeurs d’apprendre et de maintenir des outils et des processus. Le rôle de l’équipe dédiée qui maintient la plateforme d’ingénierie est de créer des PID (portails internes de développeur), bref de fournir une approche standard et réutilisable pour résoudre les tâches DevOps quotidiennes. On dit très souvent que les PID diminuent la charge cognitive des équipes DevOps. Ce marché semble très prometteur puisque d'ici 2026, Gartner prévoit que 80 % des entreprises d'ingénierie logicielle mettront en place des équipes de plateforme en tant que fournisseurs internes de services, de composants et d'outils réutilisables pour la distribution d'applications.

Article 5 sur 10

Les passkeys : la fin des mots de passe

Par Benoît HuetPublié le 13 décembre 20232 min de lecture

Toute le monde connait Hello, le service de Microsoft qui authentifie l’utilisateur pour lui autoriser l’accès à son Windows via la caméra, laquelle fait office d’outil d’identité biométrique. La tendance du moment est effectivement au passwordless pour mieux sécuriser les accès aux différentes plateformes. La filiale de Microsoft, GitHub, a adopté cette approche en lançant en bêta public de l’authentification par passkeys, fini donc les mots de passe et les méthodes d'authentification à deux facteurs. Les passkeys sont généralement plus faciles à utiliser et plus sûrs car on le sait, le mauvais usage des mots de passe (souvent trop simples) est à l’origine de la plupart des fuites de données. Techniquement, les passkeys (ou clés d’accès), qui exploitent les normes de l’Alliance FIDO et du World Wide Web Consortium, génèrent deux clés, une publique et une privée. La clé publique est détenue par le site Web ou l’application depuis lequel ou laquelle l’utilisateur se connecte, quant à la clé privée, elle reste stockée dans une zone protégée de l’appareil. Ainsi, lors de la connexion, le site ou l’application va s’assurer qu’il s’agit bien d’un appareil identifié dans sa base. Si c’est le cas, une demande d’authentification est demandée, celle-ci peut se faire à l’aide de l’empreinte digitale, d’une biométrie faciale comme le fait MS Windows Hello ou Apple Face ID par exemple, ou encore d’un code Pin. Hormis les avancées de Microsoft dans ce domaine, Google et Apple s’engagent à généraliser les passkeys. Après des tests réussis en début d’année 2023, Google le propose comme option par défaut dans les comptes personnels. D’ores et déjà, les utilisateurs peuvent utiliser les passkeys dans des applications telles que YouTube, Search et Maps. D’après Google, ce système est 40 % plus rapide que les mots de passe. Plus récemment, Uber, eBay ou encore WhatsApp ont activé les passkeys donnant aux utilisateurs la possibilité d'abandonner leur mot de passe lorsqu'ils s'identifient sur leurs plateformes. Quant aux entreprises, une fois les freins techniques levés (comme par exemple un stockage universel des clés privées), elles pourraient aussi emboiter le pas, et les bénéfices seront clairement visibles : une meilleure sécurité, moins de shadow IT et donc un support allégé. Reste à convaincre les utilisateurs, c’est d’autant un autre défi de taille.

Article 6 sur 10

Les usages professionnels de la réalité mixte se démocratisent

Par Benoît HuetPublié le 13 décembre 20232 min de lecture

Selon Gartner, la maturité des métavers immersifs atteindra son apogée à partir de 2030. Pour l’heure, leurs perspectives de commercialisation restent limitées. En attendant, les casques haut de gamme comme l’Apple Vision Pro, le Meta Quest Pro, le HTC Vive XR Elite ou le modèle français Lynx-R1 ouvrent déjà la voie à ce que l’on appelle la réalité mixte. Mais qu’est-ce que la réalité mixte exactement ? C’est une hybridation entre les mondes virtuel et réel. Dans un casque de réalité mixte, l’utilisateur évolue donc dans le monde réel où se greffent des objets ou des éléments virtuels. En exemple, l'Hôpital Bichat qui utilise le casque de réalité mixte Lynx-R1 pour l'éducation, la formation chirurgicale et l'expertise à distance en chirurgie cardiaque. Concrètement, des étudiants en médecine équipés de ce casque disposent d’un modèle tridimensionnel du cœur pour étudier ses différents composants, notamment les différents vaisseaux et artères. Autre usage, le casque permet à un chirurgien cardiaque expérimenté de guider les opérations à distance dans des zones difficiles d'accès.

Si la formation reste un usage privilégié de la réalité mixte, d’autres utilisations sont tout aussi pertinentes comme la modélisation 3D en prototypage pour accélérer le processus de design et de développement dans l’industrie. Renault Trucks, le constructeur de poids lourds filiale du groupe AB Volvo, s’est équipé il y a déjà quelques années de casques HoloLens et s’appuie sur son partenaire Immersion dans son usine de moteurs de Vénissieux pour contrôler la qualité de ses moteurs. L’idée est d’avoir des instructions d’aide à la décision pour les opérateurs sur les lignes de production. Comment ? En superposant la pièce virtuelle en surbrillance sur la pièce réelle, avec des indicateurs en rouge et en vert pour montrer ce qui est souhaité ou pas. Bien sûr, pour créer des usages, des plateformes de développement dédiées existent comme celle de Qualcomm avec Snapdragon Spaces, cette dernière fournit ainsi tout un écosystème d’outils permettant aux développeurs de créer des expériences innovantes pour l’industrie ou pour d’autres usages. De son côté, Apple va rendre disponible dès cette année son kit de développement permettant de créer du contenu pour son casque de réalité mixte Vision Pro.

Article 7 sur 10

Les superapps : Entre mythes et réalité

Par Benoît HuetPublié le 13 décembre 20232 min de lecture

Très répandues en Asie avec des centaines de millions d’utilisateurs, les superapps (comme WeChat, Alipay en Chine ou Grab en Malaisie) peinent toujours à se développer en Europe. Rappelons que ce type de plateforme, qui combine plusieurs services en un (paiements, transports, achats en ligne, réservation de places de cinéma, formulaires administratifs en Chine...), fait face à deux freins majeurs sur le vieux continent : la protection des données, notamment avec la RGPD et lorsque l’on sait que le modèle économique de ces supers applications repose sur le traitement des données personnelles, ce n’est pas gagné. Quant au deuxième frein, c’est la régulation européenne très stricte pour protéger la libre concurrence et lorsque l’on sait que la centralisation et la dépendance sont les points forts de ces superapps, là aussi, ce n’est pas gagné. « Bien que la plupart des exemples de superapps soient des applications mobiles, le concept peut également être appliqué à des applications clientes de bureau, comme Microsoft Teams et Slack, l'essentiel étant qu'une superapp puisse consolider et remplacer plusieurs apps à l'usage des clients ou des employés », a déclaré Mme Karamouzis du Gartner. D'ici 2027, le cabinet d'études prévoit que plus de 50 % de la population mondiale utilisera quotidiennement plusieurs superapps.

Pour ces deux raisons, les superapps n’existent tout simplement pas en Europe. Quelques modèles dans la finance entendent poser les bases d'une telle plateforme comme Revolut, mais de là à la qualifier de superapp, c’est très présomptueux. Revolut, néo-banque britannique (qui dispose aussi d’une licence bancaire européenne en Lituanie), est d’abord une plateforme de banque en ligne qui s’est diversifiée depuis sa création il y a une petite dizaine d’années. En effet, d’une simple néobanque en ligne, Revolut s’est enrichie de multiples services comme le trading de cryptomonnaies, l’envoi de cartes cadeaux, de dons, ou encore l’achat d’assurances diverses. Idem pour Paypal (paiement en ligne, transfert d’argent ou échelonnement sans frais), ou Uber dont les choix sont, là aussi, assez restreints (transport de personnes et livraisons de plats et de denrées alimentaires). Dans l’entreprise, le concept de super application n’existe pas non plus, nous parlons surtout d’écosystème, bref d’une plateforme ouverte via des API (souvent des PaaS) qui permet à divers prestataires et ISV de développer des nouveaux services. Depuis la reprise de Twitter (X désormais), Elon Musk ambitionne de transformer cette plateforme en superapp pour proposer engendrer des revenus récurrents. Ce n'est pas encore fait.

Article 8 sur 10

L'architecture ARM bientôt généralisée dans les PC Windows ?

Par La RédactionPublié le 13 décembre 20232 min de lecture

Et si l’architecture ARM se généralisait dans nos PC au grand dam d’Intel. C’est déjà la volonté de Qualcomm qui souhaite se faire une place sur le marché des PC avec sa puce Snapdragon X Elite, laquelle exploite justement l’architecture ARM. Ce SoC a été annoncé en octobre dernier lors de sa conférence Snapdragon Technology Summit. D’après le fournisseur, les premiers PC qui en seront équipés devraient sortir dès 2024. Techniquement, la Snapdragon X Elite intègre 12 cœurs Oryon qui promettent de doubler les performances de certaines des puces de dernière génération d'AMD et d'Intel et d’apporter une meilleure efficacité énergétique. Qualcomm est coutumier de ces fanfaronnades sans vraiment réussir à convaincre. Difficile de réitérer le succès d'Apple avec ses puces Silicon reposant sur le jeu d'instructions ARM : elles sont à la fois très performantes et économes en énergie. Il y a quelques mois, Apple a même étendu son accord au-delà de 2040 afin de proposer de nouveaux processeurs (les prochains Silicon). Et que dire d’AMD et de Nvidia qui, selon l’agence Reuters, seraient intéressés pour concevoir des processeurs basés sur ARM pour les PC sous Windows. Les deux fondeurs profiteraient de la fin du partenariat entre Microsoft et Qualcomm prévue en 2024. Rappelons que Nvidia a été l'un des premiers acteurs à se positionner sur le marché des puces ARM en équipant les premiers modèles de la Surface RT de Microsoft. De plus, souvenons-nous de la tentative avortée de rachat d’ARM par Nvidia en 2022.

Quant à AMD, le fournisseur a également flirté avec l'architecture ARM au fil du temps en livrant de petits microcontrôleurs et en annonçant même une puce 64 bits pour serveurs, nom de code Seattle en 2014. Pour Intel, le PC est toujours sa chasse gardée même si le fondeur (via son entité IFS Intel Foundry Services) a également signé un accord industriel avec ARM en avril dernier, mais ce dernier concerne la conception de SoC pour les smartphones et tablettes et, plus tard, pour l’industrie (SoC embarqué dans l’automobile par exemple). Dans cet accord, Intel apporterait à ARM la maîtrise de sa technologie de gravure.

Article 9 sur 10

WASM-WASI, une nouvelle arme pour les développeurs d'applications

Par Benoît HuetPublié le 13 décembre 20232 min de lecture

Parmi les grandes tendances récemment annoncées par le cabinet Forrester pour 2024 figurent les standards WASM (WebAssembly) et WASI (WebAssembly Systems Interface). Déjà, WASM permet - en tant que format de code standard du web par le W3C au même titre que les HTML et JavaScript - d’exécuter des applications dans les navigateurs web. C’est une sorte de langage de bas niveau comme l’assembleur qui permet d’atteindre de bonnes performances proches des applications natives tout en fonctionnant sur le web. Le point fort de WASM est qu’il supporte n’importe quel langage même si C/C++ et Rust restent les plus utilisés. Concurrent de JavaScript, WebAssembly n’autorise pas la compilation JavaScript, il est toutefois possible d’exécuter du code JavaScript en le compilant dans un module WebAssembly. A noter que les principaux navigateurs prennent déjà en charge cette technologie. A en croire certains développeurs qui s’expriment sur les forums, WebAssembly permet à des calculs complexes de s'exécuter beaucoup plus rapidement que JavaScript. Cela ferait de WebAssembly une excellente option pour des tâches telles que le rendu vidéo, les graphiques 3D et d'autres opérations gourmandes en calcul. Bien sûr, WebAssembly n’a pas encore la maturité de Javascript et sa large comptabilité, JavaScript restant la pierre angulaire du développement web. Pour exécuter une charge de travail WASM en dehors du web, il existe une interface dédiée baptisée WASI (WebAssembly Systems Interface). WASI est cette extension qui facilite les cas d’utilisation côté serveur. Et des grands acteurs comme Red Hat (membre fondateur de la bytecode Alliance) par exemple ont bien vu l’intérêt de faire fonctionner WASM dans le cloud et dans le Edge. Ainsi, des progrès considérables ont été réalisés depuis 2022 dans la création des outils nécessaires pour exécuter WASM dans des applications cloud natives notamment le modèle de composant. À ce titre, pour 2024, la version WASI-Preview 3 affinera encore le modèle de composant, ainsi les composants pourront transmettre de manière transparente les opérations de streaming entre elles. Selon Red Hat, le tandem WASM/WASI serait un excellent format binaire à déployer dans des images de conteneurs avec le potentiel d'assurer la portabilité entre les architectures matérielles. Cela pourrait simplifier les interactions entre les développeurs sur une architecture (ARM ou x86) et les instances cloud déployées sur une architecture différente.

Article 10 sur 10

Ambient Computing pour un numérique complètement transparent

Par Benoît HuetPublié le 13 décembre 20232 min de lecture

L’informatique ambiante (ou ambient computing) peut s’apparenter un peu à un système HiFi où l’utilisateur ne fait pas forcément attention à sa présence, mais profite de la musique. Dans l’informatique ambiante, c’est la même chose, les technologies numériques sont présentes et s’intègrent parfaitement à l’environnement quotidien de l’utilisateur. Cela lui devient totalement transparent, le numérique se diffusant partout. Plusieurs tendances accélèrent pleinement cette numérisation de notre quotidien personnel et professionnel, la diversité des objets connectés, les capteurs, l’intelligence embarquée, le langage naturel ou encore l’edge computing. Dans le monde professionnel, les bénéfices de l’informatique ambiante sont déjà perceptibles par exemple dans l’environnement de travail de l’utilisateur où le numérique a permis d’améliorer son efficacité et sa productivité en automatisant les tâches de routine et en lui offrant des expériences personnalisées et contextuelles. En outre, elle améliore la sécurité en surveillant et en répondant aux changements environnementaux ou aux dangers potentiels. Dans d’autres cas d’usages, l'informatique ambiante peut notamment aider à économiser l'énergie en optimisant l'utilisation des ressources et en minimisant les déchets grâce à des systèmes de contrôle automatisés. Dans le secteur automobile, elle sera potentiellement capable de définir une heure de départ pour arriver à l’heure à un rendez-vous en fonction du trafic, elle pourra aussi préchauffer ou refroidir l'habitacle en fonction de la météo, de vérifier si la batterie est suffisante pour arriver au rendez-vous. Dans l’informatique ambiante, l’interface homme-machine telle que nous la connaissons aujourd’hui comme le smartphone par exemple qui pilote nos différentes actions aura peut-être disparue. Peut-être même aussi la voix. N’oublions pas que le but de l’informatique ambiante est justement d’éliminer ces frictions entre nous et l’ordinateur. Demain, il est tout à fait envisageable que les technologies s’adaptent à notre comportement en fonction de nos gestes, de nos habitudes et même de notre humeur.