Pour Christopher Mines, analyste chez Forrester, la tendance écologique observée ces derniers temps dans le monde IT n'est pas une simple mode, mais un mouvement de fond. « Cela ne fait aucun doute dans mon esprit », affirme-t-il. Pour lui, à terme, les intérêts de l'écologie et ceux des entreprises vont converger. « Le côté écologique va s'aligner avec les objectifs métier des entreprises : faire en sorte de gagner de l'argent ou de rendre la société plus attirante aux yeux des clients et des actionnaires. Regardez les réductions de la consommation d'énergie dans les datacenters : il s'agit surtout d'économiser de l'argent. L'aspect écologique est un bénéfice collatéral, pas le but premier. »
Aujourd'hui, la grande majorité des entreprises montre de l'intérêt pour les questions écologiques... mais cela ne se voit guère dans la façon dont elles achètent leurs équipements informatiques. Une étude Forrester, réalisée auprès de 124 sociétés aux Etats-Unis et en Europe, montre ainsi que « bien que 85% des entreprises affirment que les facteurs environnementaux sont importants dans la planification des opérations informatiques, seules un quart d'entre elles déclarent avoir inclus des critères écologiques dans les processus d'achat ».
Christopher Mines, l'auteur de l'étude, a réalisé des entretiens plus approfondis avec quelques-unes des personnes sondées. Une des réponses illustre, dit-il, « la dynamique qui entoure l'informatique écologique ». Elle a été fournie par le responsable IT d'une société industrielle : « Nous prendrons des décisions écologiques si cela est pertinent commercialement, et pas parce que cela est bon pour l'environnement. Il faut que cela entraîne des économies de coûts. »
L'Europe en avance sur les Etats-Unis en matière de réglementation
Des économies et un bon geste pour l'environnement pourraient d'ailleurs être réalisées en s'abstenant d'acheter des machines plus écologiques, estime Christopher Mines. Un paradoxe qu'il explique ainsi : « utiliser un vieux serveur qui consomme davantage plutôt que d'en acheter un nouveau peut avoir un impact global moindre sur l'environnement ». En effet, il ne faut pas se contenter des affirmations des constructeurs sur leur ratio performance/watt, mais examiner l'ensemble de la chaîne de production, de la conception au recyclage.
En revanche, dans la mesure où être un fabricant plus propre que son voisin n'apporte guère d'élément tangible pour séduire le client, « il faut que la pression soit d'ordre réglementaire ». Pour Christopher Mines, les pouvoirs publics ne devraient pas tarder à s'emparer du sujet. C'est déjà plutôt bien avancé en Europe, reconnaît-il, avec la directive sur le recyclage des équipements électroniques (ROHS, restriction of hazardous substances). Mais les Etats-Unis commencent à s'en préoccuper, sous l'impulsion de la presse, des actionnaires. Ce qui augmente la visibilité du sujet, et donc sa prise en compte dans la gouvernance d'entreprise en général et dans la gestion des risques en particulier. On voit d'ailleurs qu'Apple a promptement répondu après la publication du classement de Greenpeace (voir nos articles d'actualité liés au dossier), en insistant sur le côté écologique de l'ensemble de sa chaîne de production. Dans l'ensemble, Christopher Mines voit « tous les grands fabricants de matériels aller dans la bonne direction ».
A l'occasion du 37e anniversaire de la Journée de la Terre le 22 avril dernier, de plus en plus de sociétés ont dit avoir réalisé qu'adhérer à la conservation de l'énergie est une bonne entreprise, et pas seulement une question de relations publiques. « Il ne s'agit pas juste d'images de petits enfants tenant des ballons, courant sur des champs verts », a ainsi déclaré Larry Vertal, directeur de la stratégie en microprocesseurs chez AMD, qui a tenu un sommet sur l'énergie à son siège de Sunnyvale en Californie le 9 avril.
De nombreuses sociétés de technologie mettent en avant l'efficacité énergétique de leurs produits, mais plus de 100 sociétés américaines, y compris AMD, ont promis de réduire leur consommation d'énergie dans leurs propres opérations, en prenant des mesures aussi compliquées que la conversion en énergie renouvelable ou aussi simple que la vente d'un immeuble de bureaux vides. Elles le font pour être de bonnes entreprises citoyennes, pour réduire les frais généraux et pour parer à des possibles réglementations gouvernementales. Mais réduire "l'empreinte carbone" d'une société est une nouvelle zone à explorer pour ces industriels, et cela est compliqué et initialement coûteux.
L'accroissement de la consommation d'électricité conduit généralement à la construction de davantage de centrales électriques alimentées par des énergies fossiles, émettant plus de dioxyde de carbone. Les dénommés gaz à effet de serre (GES) se concentrent dans la haute atmosphère et sont souvent montrés du doigt lors des changements climatiques mondiaux. L'empreinte carbone d'une société correspond au calcul du montant d'énergie qu'elle consomme et de la quantité de dioxyde de carbone qui est créé pour fournir cette énergie.
AMD a promis de réduire les émissions de GES de 40 % en 2007, par rapport à son année de référence en 2002. Et Larry Vertal a déclaré que le fabricant de microprocesseurs était en train de construire un complexe de bureaux de 80 825 m² à Austin au Texas, alimenté exclusivement avec de l'énergie renouvelable.
AMD s'engage également à réduire l'utilisation d'un composé perfluoré, qui contribue aux GES, utilisé pour faire des semi-conducteurs. « Nous savons que l'utilisation de certains matériaux a pour résultat un impact négatif sur l'environnement, donc ce que nous faisons c'est d'identifier lesquels sont utilisés dans nos processus », a indiqué Craig Garcia, directeur des services généraux d'AMD.
Sun s'engage à réduire son empreinte carbone
Sun Microsystems a promis de son côté de réduire son empreinte carbone de 20% d'ici à 2012, par rapport à 2002. Sun est une des premières sociétés à avoir institué un département de l'éco-responsabilité, au niveau de la vice-présidence du groupe. Ce département a imprimé un rapport détaillant ses objectifs - sur papier recyclé.
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Mais Sun a d'abord dû répondre à une question fondamentale : comment mesure-t-on son empreinte carbone ? « C'est un processus compliqué, explique Subodh Bapat, vice-président et ingénieur distingué chez Sun. La partie difficile est de calculer quelle était notre base de référence en 2002. » En 2002, la plupart des sociétés ne gardaient pas trace de leur empreinte carbone. La déterminer n'est pas impossible, mais cela prendra quelque temps, prévient Subodh Bapat.
Sun permet aux employés de travailler depuis leur domicile pour réduire les trajets en voiture, commente Subodh Bapat, et a déjà vendu 130 065 m² de bureau sur le campus de Newark en Californie en 2006, éliminant l'énergie pour chauffer, éclairer et refroidir.
Sun fait partie des « Climate Leaders » de l'Agence de protection de l'environnement (APE) des Etats-Unis, un groupe de 117 sociétés qui ont promis de réduire les GES. Il y a cinq ans, elles étaient seulement 11. Jim Sullivan, directeur du programme de l'EPA, explique que les sociétés s'échangent des études de cas sur la façon de parvenir à leurs objectifs. Et que certaines ont déjà enregistré des retours sur investissement de 5 à 30%.
Même si c'est opportuniste, ce sera toujours ça de fait, estime-t-on chez AMD
Les industriels de la high-tech peuvent aider leurs consommateurs à atteindre leurs objectifs en continuant à créer des produits plus efficaces au niveau énergétique, estime John Tuccillo, vice-président partenaires d'APC, fabricant de matériel électrique pour les équipements informatiques, et membre du Green Grid, un consortium d'industriels IT planchant sur l'énergie. « Si nos efforts aident les utilisateurs finaux à bénéficier de meilleurs performances avec moins de puissance électrique, explique John Tuccillo, la demande pesant sur la fourniture d'électricité afin de maintenir un niveau de performances constant sera réduite. »
Les préoccupations soutenues concernant les changements climatiques ont abouti à des appels pour une limitation des gaz à effets de serre prise au niveau fédéral. Certaines sociétés reconnaissent que prendre des actions maintenant pourrait éviter des réglementations ultérieures. Mais selon Craig Garcia d'AMD, il faut le faire maintenant parce que c'est la bonne chose à faire. « Si nous faisons cela pour des raisons opportunistes, comme prendre de l'avance si les lois venaient à changer, nous le faisons pour de mauvaises raisons. Cependant, d'un point de vue pratique, si vous pensez déjà comme cela, alors vous êtes dans la bonne voie si les lois viennent à changer. »
Les groupes environnementaux tels que la Silicon Valley Toxics Coalition, les Amis de la Terre et Greenpeace, entre autres, on fait la une dernièrement, réprimandant les fabricants d'appareils électroniques en général et Apple en particulier pour leurs mauvaises politiques environnementales. Ils attirent l'attention sur les montagnes croissantes d'ordinateurs, téléphones portables, iPods et autres déchets électroniques toxiques dans les installations de stockage des déchets et incitent les gouvernements à l'adoption d'une réglementation « verte ».
Ce problème est réel, et je les applaudis ainsi que la douzaine d'autres organisations qui travaillent pour faire la différence. Mais leurs recommandations pour une action du consommateur - ce qu'ils veulent que vous et moi nous fassions concernant les déchets électroniques - sont en fait mauvaises pour l'environnement. Je vais vous dire pourquoi dans une minute. Je vais également élaborer une alternative supérieure au recyclage qu'ils préconisent. Mais d'abord, revoyons le problème.
3 kg de plomb pour un tube cathodique
Selon le magazine Consumer Reports, les Américains ont jeté environ 3 millions de tonnes d'objets électroniques en 2003. Quelque 700 millions de téléphones portables ont déjà été jetés dans le monde entier, dont 130 millions pour la seule année 2005.
Pire, tout cela est toxique. Les vieux écrans à tube cathodique et les téléviseurs contiennent en moyenne 3 kilos de plomb toxique [Note du traducteur : dans sa lettre ouverte, Steve Jobs donne une quantité deux fois inférieure], lequel est la source majeure de la présence de cette substance toxique dans les installations de stockage des déchets. La plupart des ordinateurs et des appareils électroniques contiennent des cartes de circuits imprimés empaquetés avec des métaux toxiques tels que le chrome, le zinc et le nickel. Même les plastiques contiennent des ignifuges chimiques toxiques.
Dans un rapport récent, des chercheurs de l'Université de Californie d'Irvine révèlent avoir analysé un concentré chimique extrait des téléphones portables d'une installation de stockage des déchets et trouvé du plomb toxique, du cuivre, du nickel, de l'antimoine et du zinc. Tous ces éléments représentent un danger sérieux. D'après le Consumer Reports, seulement 10 % des ordinateurs jetés sont recyclés "de manière responsable".
Environ 80 % des objets électroniques jetés sont actuellement envoyés à un petit nombre de pays en voie de développement tels que la Chine, l'Inde et le Kenya, où les gens (y compris les enfants en bas âge) démontent les appareils électroniques pour leurs composants et leurs métaux. Ce travail est dangereux et faiblement payé, et augmente considérablement la contamination de l'eau et la pollution des sols dans ces pays et la pollution de l'air en général. Les lois à venir dans la plupart des pays industrialisés interdiront efficacement ces pratiques. Nous allons devoir faire face à nos propres problèmes de déchets toxiques à l'avenir, et nous ne pourrons plus simplement exporter le problème.
Mais que devons-nous faire pour cela ?
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La Silicon Valley Toxics Coalition, les Amis de la Terre, Greenpeace et les autres organisations poussent le recyclage à l'extrême. Ils veulent que vous participiez soit aux programmes "take-back" proposés par Dell, Hewlett-Packard, Apple et d'autres, soit que vous trouviez un recycleur pour vos déchets électroniques.
Cependant, cette sur-accentuation du recyclage échoue dans le fait de tirer avantage de la nature particulière des équipements électroniques. Les appareils électroniques sont complètement différents des autres produits que nous recyclons. Pire, pousser au recyclage revient actuellement à porter préjudice à l'environnement, et j'appelle tous ces groupes à revoir leur obsession du recyclage, au moins pour cette question particulière.
Voici cinq raisons qui expliquent pourquoi le fait de recycler le matériel électronique est mauvais pour l'environnement :
1. Recycler pollue. Contrairement aux autres produits habituellement recyclés, tels que les boîtes de conserve et le papier, les processus de recyclage des appareils électroniques sont monstrueusement longs, demandent beaucoup de travail et sont coûteux. Recycler les appareils électroniques implique la remise en état (tester, réparer et réutiliser), la destruction (démontage des composants) ou l'extraction des matériaux bruts (tels que les métaux). Chaque dispositif doit être manipulé avec précaution et individuellement au cours de ces processus, lesquels aboutissent toujours à un recyclage incomplet de toute façon. Cela exige des bâtiments chauffés avec des lumières allumées, des outils électriques, des moyens de transport - toutes sortes de processus qui sont mauvais pour l'environnement.
2. Recycler n'arrête pas la production d'appareils. Il semble juste de laisser ces vieux déchets au centre de recyclage local, mais faire cela revient en fait à encourager les fabricants à continuer à produire des millions de nouveaux appareils, lesquels devront être recyclés éventuellement. Les groupes environnementaux devraient inciter les consommateurs à demander aux fabricants de faire moins de dispositifs.
3. Recycler demande de la vertu et par conséquent échoue. Recycler exige de faire des sacrifices individuels pour le bien de la collectivité. Quand est-ce que cela a marché pour la dernière fois ? Les gens réduisent leur consommation de gaz et utilisent des voitures hybrides car le carburant est trop cher, pas parce qu'ils veulent aider la planète (sauf exceptions). Si les groupes environnementaux attendent de chacun qu'il soit un bon citoyen, ils vont devoir attendre longtemps. Ils devraient éduquer les consommateurs sur la façon de faire des choix qui leur seront bénéfiques au niveau personnel et qui en même temps aideront l'environnement.
4. Recycler n'améliore pas les produits. Un des grands contributeurs à la pollution électronique est le produit de mauvaise qualité, que les gens sont fatigués d'utiliser ou dont se sont débarrassés les gens parce qu'il était trop difficile ou désagréable à utiliser. On a plus envie de garder les excellents produits et ils durent plus longtemps.
5. Recycler alimente un des plus gros problèmes environnementaux : le stockage paresseux. Les groupes environnementaux incitent à recycler les appareils électroniques en s'en débarrassant. Mais la majorité des acheteurs ne le font pas. Je pense que recycler contribue à cela. Les gens trouvent bizarre de jeter un téléphone portable qui fonctionne et savent qu'ils doivent le recycler. Mais les gens sont occupés et font trainer les choses. Il n'y a pas d'urgence, quelque chose peut être recyclé maintenant, ou dans 10 ans. Quelle est la différence ? Les groupes environnementaux devraient inciter à agir pour sortir ces dispositifs du garage et les mettre entre les mains des gens qui peuvent les utiliser dès que possible, avant qu'ils ne soient obsolètes.
Revaloriser plutôt que recycler
Le temps est venu pour les groupes environnementaux d'arrêter d'inciter à la panacée du bien-être du recyclage et de commencer à défendre une pratique que j'appelle la « revalorisation ». La revalorisation (recycler à travers la mise à niveau), implique de vendre votre appareil lorsqu'il est encore pratiquement neuf et d'utiliser l'argent pour valoriser un meilleur appareil (acheté d'occasion si possible).
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La technologie a créé le problème de la pollution électronique, et la technologie fournit la solution. Les sites en ligne tels qu'eBay, Craigslist et les autres sont idéaux pour acheter et vendre des appareils électroniques d'occasion. Je parle de traiter les téléphones portables et les ordinateurs de la même façon que nous le faisons avec des produits de grande valeur tels que les voitures, et non comme des produits de faible valeur comme les journaux. Les voitures, nous les réparons lorsqu'elles sont en panne, nous les vendons lorsque nous en achetons une nouvelle et nous passons des dizaines d'années sans les utiliser.
Voilà six raisons de revaloriser plutôt que de recycler :
1. Revaloriser « recycle » l'efficacité des appareils. La revalorisation est efficace au niveau énergétique et au niveau du travail. Aucun processus, test, rénovation ou démontage n'est requis. De plus, revaloriser tire avantage de la miniaturisation. Les téléphones portables, les appareils photo numériques et les lecteurs média sont légers et bon marché pour être commercialisés.
2. Revaloriser oblige les fabricants à faire moins de dispositifs. En achetant en masse des appareils électroniques d'occasion, les consommateurs peuvent faire baisser les ventes des fabricants d'appareils. C'est la meilleure chose que nous pouvons faire pour l'environnement.
3. Revaloriser tire avantage du propre intérêt. Les adopteurs précoces et les utilisateurs sérieux vendent leurs appareils électroniques pour financer leur prochain achat. Ils se tiennent à jour plus fréquemment et sont toujours à la page sans un grand sacrifice financier. Les dénicheurs de bonnes affaires en ont pour leur argent. Si votre budget pour un nouvel ordinateur portable est de 800$, ne préféreriez-vous pas avoir un système puissant qui est bon marché car d'occasion plutôt qu'une épave dernier cri qui est bon marché car trop faible pour supporter Windows Vista?
4. Revaloriser punit les fabricants de pacotille. Si plus d'achats sont faits initialement par des usagers avertis, et si les dénicheurs de talent achètent de meilleurs produits d'occasion plutôt que de chercher la nouvelle pacotille la moins chère, les sociétés devront travailler plus dur pour distribuer le haut de gamme du marché. Il en résulterait que le dispositif moyen dans chaque catégorie serait meilleur et plus facile à vendre, et aurait une plus grande durée de vie.
5. Revaloriser résout le problème le plus important : le stockage paresseux. En vendant un appareil aussitôt que vous en achetez un nouveau, vous êtes motivé par votre propre intérêt à sortir le dispositif hors de votre maison et à en faire une utilisation complète et productive tant qu'il a encore de la valeur.
6. Revaloriser fait retomber la pression qui pèse sur les centres de recyclage. La plupart des dispositifs en centres de recyclage vont être utilisés par quelqu'un de toute façon, mais seulement après un processus coûteux et compliqué.
Le plus gros obstacle au mouvement de revalorisation est psychologique. Les gens ont été conditionnés par le marketing à vouloir les appareils électroniques dernier cri. Mais une part de cela est une désillusion ; nous utilisons déjà des produits d'occasion. Les transporteurs utilisent déjà des téléphones « revalorisés ». Souvent, lorsqu'un fabricant remplace un article endommagé, il vous envoie un téléphone « usagé ». Ces dispositifs ont tendance à fonctionner exactement comme les nouveaux. C'est juste une idée à laquelle nous devons nous habituer. Cela aiderait si les groupes environnementaux soutenaient cette notion.
En attendant, si vous voulez suivre le mouvement de revalorisation, voilà mes meilleurs conseils :
1. Cherchez toujours le meilleur prix de revente lorsque vous achetez (et forcez les fabricants à faire des produits à plus longue durée de vie). Valorisez fréquemment.
2. Choisissez toujours d'acheter d'occasion plutôt que du neuf. Devenez habile dans la surveillance des enchères et classez les sites d'annonces pour les opérations.
3. Vendez votre ancien modèle sur eBay, Craigslist ou un site similaire dès que possible, tant qu'il est encore à sa valeur maximum.
4. Conservez toujours le conditionnement afin de faciliter l'expédition et d'augmenter sa valeur.
5. Conserver toujours les articles tels que les câbles et les accessoires. Pour augmenter la valeur, joignez-les gratuitement à l'ancien modèle que vous vendez s'ils ne fonctionnent pas avec le nouveau.
6. Si quelque chose se casse, réparez-le avant de le vendre ou de le donner. Vous en tirerez un meilleur prix ou ferez une meilleure contribution, et vous pourrez être capable de faire cela avec votre garantie ou assurance existante que l'acheteur peut ne pas avoir.
Recycler les déchets électroniques est bien, mais seulement en dernier ressort. Le temps est venu pour les groupes environnementaux de commencer à inciter à la revalorisation et de cesser d'inciter au recyclage. C'est mieux pour l'environnement, et c'est mieux pour vous et moi.
Opérateur de deux sites d'hébergement en France (pour 5500 m² environ), Telecity Redbus expérimente, depuis la mi-mai et jusqu'à mi-juillet, une pile à combustible pour remplacer les batteries de certains de ses équipements de secours électrique. « Les quatre points qui ont motivé cette expérimentation, explique Nicolas Buono, le directeur des opérations, sont : 1) toujours disposer d'une source d'énergie fiable ; 2) participer à la protection de l'environnement en visant des rejets atmosphériques nuls, une réduction de stockage du plomb et une diminution des émissions sonores ; 3) trouver des alternatives aux énergies fossiles en anticipant la hausse des prix et la variation de disponibilité du fuel) ; et 4) le plus imprévisible, anticiper les nouvelles réglementations environnementales. »
Les piles à combustibles testées par Telecity Redbus sont celles du fabricant américain Idatech. Elles consomment de l'hydrogène (livré en bouteilles sous forme de méthanol, puis « réformé », c'est-à-dire passé dans une machine appelée « réformeur », pour obtenir l'hydrogène) et, après mélange avec l'oxygène de l'air, rejettent de l'eau. Les premières batteries remplacées par des piles à combustible seront dans des équipements non critiques, précise toutefois Nicolas Buono.
Pour Stéphane Duproz, directeur général de l'hébergeur, cette expérimentation s'inscrit dans une démarche volontariste. « Opérer un datacenter comme les nôtres n'est pas en soi une activité polluante, au sens où on l'entend généralement, explique-t-il. Néanmoins, il s'agit de bâtiments qui présentent une énorme consommation d'énergie au mètre carré. Pour 1 kWH consommé par serveur, il faut compter 0,5 à 1 kWH pour le refroidir. Et tout cela fonctionne avec des équipements de sauvegarde qui, eux, peuvent être légèrement polluants. »
Rentabilité économique et participation à l'effort mondial
Pour pallier une éventuelle déficience du réseau électrique, Telecity Redbus dispose de groupes électrogènes, fonctionnant au fuel, qui sont testés durant deux heures chaque mois. Et comme ces équipements mettent un certain temps à se synchroniser, le tout nécessite aussi « des onduleurs, fonctionnant sur batterie, qui contiennent des éléments chimiques lourds, et qu'il faut bien jeter un jour ». A terme, ces batteries pourraient être remplacées par des piles à combustible. Sachant que leur coût est « à peu de choses près » identique, les seuls résultats de l'expérimentation décideront de leur généralisation.
Stéphane Duproz se réjouit également de la nouvelle tendance des constructeurs et des fabricants de microprocesseurs à proposer des matériels consommant moins d'électricité. « On y gagne tous quelque chose, dit-il. Il y a bien sûr la rentabilité économique. Mais nous ne sommes pas que membres de la communauté informatique, nous sommes aussi membres de la communauté des humains. Nous préférons être une entreprise qui, en plus de faire vivre ses employés et de rapporter de l'argent à ses actionnaires, participe à l'effort mondial pour ne pas bousiller la planète ! »
Un enthousiasme vert qui ne va pas jusqu'à décider de relever un peu la température des datacenters, comme le préconise par exemple Forrester, pour diminuer la consommation énergétique des climatiseurs. « C'est vrai, admet Stéphane Duproz, que la température de nos salles est à un niveau très conservateur [par rapport à ce qu'exigent les serveurs]. Mais notre travail est de faciliter la vie des clients. Si une nouvelle norme obligeait les constructeurs à respecter des températures de fonctionnement plus élevées... il est vrai que deux ou trois degrés de gagné, cela changerait la vie pour la facture. »