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CTS 2007 : Les start-up de demain font leur show
Dossier de la rédaction
Plus de 35 PME californiennes innovantes ont élu domicile pendant deux jours à La Baule, le temps du California Technology Showcase. Conviées par Eurostart et s'inscrivant dans le cadre du World Investment Conference, leur but était de tisser de précieux liens avec les investisseurs européens pour étendre leur modèle au Vieux continent, de tester le marché français ou d'attirer en direct quelques clients.
Aller au sommaire"Une autoroute technologique entre l'Europe et la Californie". C'est en ces termes que Jean-Bernard Guerree, président d'EuroStart, a qualifié le California Tech show, manifestation internationale rapprochant une quarantaine de PME américaines d'investisseurs ou partenaires européens. Une opération de séduction qui tire sa source dans un show anglais, le Cal-IT, qui en huit ans, a présenté plus de 400 entreprises innovantes à des "ventures". Plus de 40% de ces start-up sont tombées ensuite dans l'escarcelle de groupes internationaux, séduits par ces sources d'innovation.
Succès après succès et surtout après avoir pu chiner une partie du tissu novateur américain, l'opération devait être tentée en France. Et c'est l'édition 2007 du World Investment Conference (WIC) qui a servi d'implantation, fin juin à La Baule.
Sécurité, infrastructure réseaux, SOA, mobilité et télécoms, services Web, appareils grand public, décisionnel, support, sans oublier les "cleanTech" (technologies propres), autant de secteurs d'activités pour référencer 36 start-up, qui ont elles-mêmes payer leur voyage depuis la Californie et, pour quelques unes, d'autres Etats américains (Missouri, New York). EuroStart s'est chargé de les recruter, de les sélectionner sur dossier. "Plusieurs critères ont été bien sûr pris en compte, raconte Cynthia Francis, PDG de Realitydigital, mais il fallait surtout avoir atteint le point de maturité nécessaire, tant financièrement que sur le marché, pour attaquer l'Europe. Pas trop tôt mais pas trop tard non plus. Certaines sociétés sont encore trop focalisées sur le marché local ou national". Cette très pragmatique PDG, qui édite une application de partage de contenu vidéo Web 2.0 orienté communauté, a dépensé son plus fort budget événement pour ces rencontres. Et compte bien revenir avec contacts de partenaires prêts à distribuer son application, et mieux encore, des investisseurs stratégiques.
La plupart des sociétés sont venues consolider leur présence sur le sol européen. Leur entreprise, plutôt bien engagée, a déjà attiré des investisseurs, parfois dans l'Hexagone et parfois de très grands comptes. C'est le cas de Mobile Complete qui s'est octroyé un partenariat avec France Télécom / Orange en France. Son métier : développer une solution de déploiement, de test, de contrôle et de support de parcs mobiles. En venant au California Tech Show, Farez Syed, son PDG, compte notamment séduire le marché de pays de l'Est, avant, dans un futur qu'il espère proche, de toucher le juteux marché asiatique. En outre, il espère nouer des relations stratégiques avec des opérateurs nationaux (un Telecom Italia, par exemple).
Autre scénario, Bill Loesch, DG de GuardID Systems, est venu quant à lui tester le marché pour VaultID, une clé destinée à renfermer l'ensemble des données sensibles d'un utilisateur (comme les données bancaires ou des systèmes bancaires). "Je n'ai absolument aucune connaissance du marché français, explique-t-il. Mais je sais que la fraude en ligne augmente aux Etats-Unis, et que les banques essaient de faire quelque chose. Aux Etats-Unis, les consommateurs sont prêts à dépenser de l'argent pour pouvoir se protéger." Et d'ajouter ironique : "Je pense qu'il est important de reconnaître notre propre ignorance", tout en souhaitant glaner une kyrielle d'informations sur le marché français.
La mobilité et le Web 2.0, les stars des investisseurs
"Si vous aviez un unique dollar à investir dans les douze mois à venir, dans quel secteur le feriez-vous?" Une question à laquelle un des membres de Menlo Ventures, un des plus grands fonds d'investissements dans les nouvelles technologies, répondit sans ambage: "La plupart de nos investissements vont dans la mobilité." Et de rebondir, comme l'un des responsables d'Orange présent dans la salle, sur la convergence des services sur le Web et la mobilité. Le responsable de Menlo explique alors que les services en ligne, la diffusion de vidéo, les environnements virtuels et les services gratuits à revenus partagés ont également retenu son attention. Il cite les modèles économiques de Move Networks (qui diffuse des show télé complets), FreeWebs, de Linden Labs (éditeur de Second Life) et de Power Review. Pour lui, c'est une certitude : ce sont là des segments dans lequel il est temps d'investir.
Sur les 36 PME représentées, une vingtaine appartenaient aux secteurs de la mobilité, des télécoms et des services liés aux Web.
Quelques ombres au tableau subsistent toutefois. Et l'image de cohésion que reflétait la présence sur scène de tous les responsables des PME, devant un discours très encourageant d'Arnold Schwarzenegger, gouverneur de Callifornie, n'est pas toujours à la hauteur des sentiments de certains dirigeants de ces mêmes start-up.
Si tous s'accordent à dire que leur venue est très profitable, d'autres estiment qu'ils auraient mérité davantage d'exposition. "Nous sommes placés dans une salle à l'écart de tout", se plaint un dirigeant qui a souhaité garder l'anonymat, en montrant, d'un large geste de la main, la petitesse et la morosité de la salle (voir à ce sujet la vidéo).
Un autre pointe du doigt le manque de clarté quant aux interlocuteurs et contacts qu'il était censé trouver en venant ici. "Nous n'avons eu pour l'heure que des personnes intéressées par notre projet, qui nous questionnaient, mais rien de très concret. Investisseurs? clients? Parternaires? cela manque de cohésion". Un manque de cohésion provoqué probablement par la trop grande diversité des secteurs d'activités représentés qui, au final, manque son but. Quel client s'attend à trouver des bio-carburants cotoyer un service d'interface de reconnaissance vocale pour téléphone mobile ?
Reste que, dans l'ensemble, le nombre de 36 PME constitue une somme significative pour des petites structures en plein développement naguère cantonnées à un marché local ou national, indique Cynthia Francis. "Il s'agit d'un nombre important pour la première année."
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Questions à Farid Baleh, directeur projets innovants et nouveaux usages pour la région Ouest - Pays de Loire, chez Orange
Lemondeinformatique.fr : Quels sont les objectifs de votre venue au CTS ?
Farid Baleh : J'ai été sollicité par Nicolas Deschamps (directeur régional de France Télécom) pour participer au CTS dans un objectif d'échange entre différents acteurs présents. J'ai assisté aux présentations associées aux « Venture Capitalists » américains. Notamment sur des thématiques intéressantes pour Orange de par leur caractère innovant, comme la convergence des médias.
Que représentent pour vous ces PME ?
Nous disposons de deux grands laboratoires, des centres qui ont contribué aux produits du groupe. De nombreuses start-up sont également des essaimages de France Télécom. Et nous avons une grosse politique d'innovation par investissements. Il était intéressant d'avoir une vision globale de ce que font les Californiens, car je suis toujours impressionné par leur dynamisme. J'étais donc présent à titre d'information. Car chez Orange, on ne souffre pas du syndrome NIH (Not Invented Here). On aime regarder ce qui se passe à l'extérieur.
Nous fonctionnons également avec Innovacom, qui a déjà investi dans un grand nombre de start-up de la Silicon Valley.
Nous sommes toujours ouverts sur les Californiens. On a deux Orange Labs aux Etats-Unis, dont un ouvert depuis 98, à San Francisco. Et chaque centre entretient des relations étroites avec des start-up américaines. Et également avec le MIT.
En France, je prendrai l'exemple du pole de compétitivité Image et Réseaux (pour la région Bretagne - Pays de Loire) mis en place mi-2005, dans lequel France Télécom est impliqué. Et où se côtoient les PME. De nombreux projets ont été lancés à partir de là. Dans l'un d'eux, sur 18 partenaires, 6 étaient des start-up ou des PME.
Parmi les projets représentés, quels sont ceux qui ont retenu votre intérêt ?
J'ai vu des présentations Internet et Web Services, Consumer et embedded Device.
Deux start-up intéressantes : l'une d'elle présentait un moteur de recherche sémantique (hakia.com), une autre une interface de reconnaissance vocale sur les mobiles (Promptu). Voilà des domaines forts intéressants dans lesquels Orange Labs a une bonne notoriété. Les projets Web 2.0 comme Freewebs (plateforme d'édition de blogs) ont également attiré mon attention.
Selon vous, que manque-t-il aux PME californiennes pour que les investisseurs s'intéressent à elles ?
D'abord un état d'esprit [adapté au marché français, NDLR]. En France, on a tendance à ne faire confiance qu'à des grosses structures. Et pas en des start-up [à l'inverse des Etats-Unis, NDLR]. Et ensuite, un problème dans les financements. On a tendance à ne pas financer suffisamment les PME et les start-up. Le problème en France, c'est qu'on ne prend pas suffisamment de risques. On finance pas les PME pour financer les champions.
En résumé, leur modèle ne peut fonctionner qu'à la condition de s'associer à des grands comptes. A la différence des Etats-Unis, où ils vont tout de go.
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Zoom sur Appistry - Sam Charrington, vice-président Produits et Marketing
Lemondeinformatique.fr : Quelle est votre activité ?
Sam CharringtonNotre société se nomme Appistry. Nous sommes localisés dans le Missouri. Nous développons une plateforme (Enterprise application fabric) pour les applications déployées en grid. Son principe : nos clients peuvent installer notre outil sur un grand nombre d'ordinateurs, de façon à permettre aux machines de communiquer, travailler ensemble et d'échanger un grand nombre de données.
Notre cible : les secteurs des télécoms, de l'aérospatiale, des services financiers et de la Santé. Ces derniers manipulent une grande quantité de données, comme les données clientes et les processus métier. Ils doivent les garder opérationnelles et les rendre intelligentes.
Quelles sont les raisons de votre venue au CTS ?
Nous sommes au California Technology Showcase pour identifier un partenaire stratégique avec lequel on peut travailler. Un de nos plus gros clients aux Etats-Unis est FedEx, qui utilise notre produit pour développer la prochaine génération de leur système logistique. Nous sommes très proches d'eux pour la conception. Nous cherchons un partenaire identique sur quelques points [par la taille et par la puissance financière, ndlr]
Aujourd'hui, nous sommes présents en Grande-Bretagne et souhaitons nous étendre dans le reste de l'Europe. Notre projet est donc de trouver un partenaire pour le réaliser. Nous n'avons pas de préférences quant au choix du pays. Nous travaillons avec les institutions gouvernementales, avec EADS. Cela pourrait être par exemple T-Systems en Allemagne. Nous sommes ouverts à toute implantation.
Quel type de partenaire recherchez-vous ?
Aux Etats-Unis, nous avons un portefeuille clients composé à la fois de grands comptes et de sociétés plus petites. Mais pour entrer en Europe, notre modèle est de s'allier à un groupe important en termes de taille de façon à mettre toutes les chances de notre côté et de s'assurer que notre succès sera un gros succès. Il constituera également une grosse référence avec nous. Et nous avons ici multiplié les contacts intéressants.