Article 1 sur 2
Premier trimestre 2004 : l'UE rend son verdict
27/01/2004 : L'Europe sur le point de rendre un verdict accablant pour Microsoft
18/02/2004 : Bruxelles rejette la proposition de Microsoft
25/02/2004 : L'Europe se prépare à imposer un jumeau de Windows allégé
17/03/2004 : Steve Ballmer fait le déplacement à Bruxelles pour convaincre de sa bonne foi
18/03/2004 : Echec des négociations Ballmer/Monti, Microsoft au pied du mur européen
22/03/2004 : Microsoft à deux jours du verdict européen fourbit sa défense en appel
23/03/2004 : Bruxelles pourrait infliger une amende de 497 M€ à Microsoft
24/03/2004 : Microsoft fera appel... pour le bien du consommateur !
04/03/2004 : Un régime de sanctions qui déshabille Windows
26/03/2004 : Levée de boucliers outre-Atlantique contre la décision de Bruxelles sur Microsoft
27/01/2004 : L'Europe sur le point de rendre un verdict accablant pour Microsoft
L'enquête de la Commission européenne sur le cas Microsoft - soupçonné d'abus de position dominante - serait sur le point d'aboutir selon un porte-parole de l'institution. Le document final est en cours de rédaction et devrait vraisemblablement reprendre les conclusions préliminaires - le fruit de six ans de recherches - et conforter les concurrents de l'éditeur, qui dénoncent le cloisonnement de Windows et la présence de Windows Media Player au sein de l'OS. Pour autant, Microsoft semble serein et explique être toujours en discussion avec les autorités européennes afin de trouver un accord amiable. Une position partagée par la Commission, qui explique cependant qu'il sera plus facile de négocier après que les autorités en charge de la concurrence auront montré les dents. Objectif : obtenir plus que les quelques avancées proposées par l'éditeur lors de son audition, en novembre dernier. 18/02/2004 : Bruxelles rejette la proposition de Microsoft
Dans le cadre de son enquête sur Microsoft pour abus de position dominante, la Commission européenne aurait rejeté une offre de l'éditeur proposant de livrer des logiciels concurrents à son propre Media Player sur CD-Rom, avec tout nouveau PC utilisant Windows. Bruxelles accuse Microsoft de concurrence déloyale et estime que le géant de Redmond devrait dissocier son lecteur multimédia de Windows pour laisser à ses concurrents une chance de se développer. La Commission estime que la proposition de Microsoft de livrer des logiciels concurrents des siens sur CD-Rom n'est pas suffisante : « La plupart des utilisateurs ne les installeront pas », a commenté une personne proche du dossier. Bruxelles devrait rendre sa décision fin mars. Microsoft risque une amende de plus de 3 Md€. 25/02/2004 : L'Europe se prépare à imposer un jumeau de Windows allégé
Mario Monti, Commissaire européen à la concurrence, pourrait demander à Microsoft de diffuser, en Europe, deux versions de son système d'exploitation Windows : la première serait identique à celle que l'on connaît aujourd'hui tandis que la seconde serait dépourvue de Windows Media Player, le lecteur multimédia de Microsoft devant dès lors être vendu séparément. Il s'agirait de la principale sanction infligée à Microsoft, soupçonné depuis de longues années de ne pas respecter les règles élémentaires de la concurrence. En outre, Mario Monti envisagerait également de demander à l'éditeur de dévoiler le code de Windows, notamment pour permettre une parfaite interopérabilité avec les logiciels pour serveurs édités par ses concurrents. Ces dispositions constitueraient la condamnation de Microsoft s'il était reconnu coupable d'abus de position dominante par la Commission européenne. A moins qu'un compromis ne soit trouvé entre l'éditeur et Bruxelles dans les prochains mois. L'éditeur fait actuellement feu de tout bois pour trouver une solution amiable, la Commission semblant pour l'instant sourde à ses imprécations. 17/03/2004 : Steve Ballmer fait le déplacement à Bruxelles pour convaincre de sa bonne foi
Microsoft a dépêché son PDG Steve Ballmer auprès de la Commission européenne pour rencontrer le Commissaire européen à la concurrence Mario Monti. La multinationale est accusée d'abus de position dominante et cherche à trouver une solution à l'amiable. Pour l'instant l'entrevue n'a pas donné de résultats. La Commission européenne devrait rendre les conclusions de son enquête mercredi 24 mars. Mario Monti a d'ailleurs reçu le soutien des experts des quinze Etats membres pour le sérieux de son travail. Microsoft est menacé de payer une lourde amende et devrait accepter quelques actions destinées à rétablir une certaine concurrence - essentiellement une version de Windows sans Media Player ainsi que la publication des interfaces permettant une bonne interopérabilité avec les logiciels concurrents. Microsoft n'a pas dit son dernier mot concernant la concurrence et tente de la porter sur un autre terrain : celui des langues. L'Américain vient d'annoncer sa volonté de traduire ses applications dans différentes langues peu usitées. Pour l'instant Office 2003 est disponible dans 34 langues. Microsoft voudrait doubler ce chiffre. Plusieurs langues sont à l'étude : le Catalan, le Gallois mais également l'Anharique parlé en Ethiopie ou encore le Gurajati, l'un des dialectes parlés en Inde. Microsoft estime que favoriser ces langages pourrait amener les populations à se développer et créer de nouvelles entreprises. Merci Steve. 18/03/2004 : Echec des négociations Ballmer/Monti, Microsoft au pied du mur européen
C'était vraiment très sympa mais on n'a pas réussi à se mettre d'accord. C'est en substance la conclusion que tire Microsoft de ses ultimes conversations avec la Commission européenne, qui arrive au terme d'une procédure de longue haleine qui l'a vu ouvrir deux enquêtes antitrust contre l'éditeur de Windows. Ce dernier n'a semble-t-il pas pu - en dépit de l'intervention de Steve Ballmer son président - convaincre Mario Monti, Commissaire européen à la concurrence, de signer un accord amiable. Une stratégie qui avait pourtant porté ses fruits outre-Atlantique. En Europe, "les discussions (...) se sont conclues dans un esprit professionnel et de coopération mais sans qu'un accord soit trouvé" explique Microsoft dans un communiqué. Reste donc le verdict qui devrait intervenir mercredi 24 mars après délibéré de la Commission européenne sur proposition de Mario Monti. Microsoft risque une lourde amende et de devoir faire des concessions techniques, notamment sur l'ouverture de Windows aux fournisseurs tiers. 22/03/2004 : Microsoft à deux jours du verdict européen fourbit sa défense en appel
Microsoft connaîtra mercredi 24 mars le verdict de la Commission européenne, dans le cadre de son enquête pour abus de position dominante. Mario Monti, Commissaire européen à la concurrence a déjà fait savoir, à la suite de l'échec des négociations entreprises la semaine passée avec le géant de Redmond, qu'il entendait "créer un précédent solide" établissant "des principes clairs pour le futur comportement d'une entreprise" jouissant d'une position dominante. Les experts de la concurrence de Bruxelles se sont réunis ce lundi 22 mars pour décider de la sanction à infliger à Microsoft. Celle-ci devrait comporter une amende assortie de mesures coercitives obligeant Microsoft à faciliter l'accès à sa plate-forme Windows pour ses concurrents. Le montant de l'amende peut théoriquement atteindre 10% du chiffre d'affaires annuel de Microsoft (qui lui est de 32 milliards de dollars). Face à cette menace, l'éditeur préparerait une défense semblable à celle déjà mise en oeuvre outre-Atlantique : faire appel, demander la suspension des sanctions pour la durée de la procédure et s'en tirer au final avec une élégante pirouette négociée. Une logique qui a ses limites : aux Etats-Unis, un juge du Nebraska vient de relancer une procédure contre Microsoft. Engagée par des consommateurs dénonçant le prix de vente disproportionné de Windows 98, cette procédure avait été annulée par un juge estimant que les consommateurs pouvaient uniquement dénoncer le prix d'un produit dans le cadre d'une vente directe. La cour suprême du Nebraska a finalement jugé que cette faculté s'étendait aux ventes indirectes. 23/03/2004 : Bruxelles pourrait infliger une amende de 497 M€ à Microsoft
Selon le "Wall Street Journal", la Commission européenne présidée par Romano Prodi a obtenu l'accord des pays membres de l'Union européenne pour infliger une amende de 497 M€ (environ 610 M$) à Microsoft. L'amende représente environ 2% du chiffre d'affaires annuel du géant, soit bien moins que les 10% qu'il risquait. Elle est aussi une goutte d'eau par rapport aux quelque 52 Md$ dont l'éditeur dispose en trésorerie et par rapport aux 750 M$ qu'il a accepté de payer à AOL Time Warner dans le cadre du procès antitrust initié par Netscape. C'est en revanche une amende record pour les services européens de l'antitrust. Le Commissaire à la concurrence Mario Monti insiste sur le fait qu'il est nécessaire de sanctionner Microsoft afin d'établir un précédent. En l'occurrence, Mario Monti semble estimer qu'une sanction financière n'est pas suffisante et qu'il faut aussi imposer des restrictions à l'éditeur afin de limiter l'emprise hégémonique de Windows. Selon des informations obtenues par "Le Monde Informatique", l'éditeur estime l'amende trop élevée. "En l'absence de standard légal dans la législation européenne, une amende de cette taille n'est pas justifiée" a ainsi déclaré Tom Brookes, un porte-parole de Microsoft à Paul Meller, notre correspondant Bruxellois. L'amende devrait être officialisée par la Commission ce mercredi 24 mars. "Nous avons déjà prévenu Microsoft qu'un verdict négatif se traduira par une amende" a expliqué Amelia Torres, la porte-parole de Mario Monti. "Une petite société pourrait dire qu'elle ne connaissait pas les règles, mais pas une entreprise de la taille de Microsoft." Parallèlement à l'amende, la Commission devrait imposer plusieurs contraintes à Microsoft dont l'obligation de vendre deux versions de Windows aux constructeurs de PC, dont une dépourvue de Windows Media Player. Elle devrait aussi contraindre l'éditeur à publier plusieurs éléments de code source, nécessaires aux concurrents de Microsoft pour leur permettre de rendre leurs produits interopérables avec ceux du géant. Nombre d'analystes estiment que Microsoft fera appel de la décision. 24/03/2004 : Microsoft fera appel... pour le bien du consommateur !
Microsoft fera sans doute appel de sa condamnation (qui comprend une amende de 497,2 millions d'euros) pour abus de position dominante eu égard à la bonne volonté dont l'éditeur estime déjà avoir fait preuve vis-à-vis de la Commission européenne. L'éditeur, dont le PDG Steve Ballmer a tenté de négocier jusqu'à ces derniers jours, en fait une question de principe plus que d'argent. Et d'expliquer que c'est le consommateur qui se trouve finalement le plus lésé par la décision de Mario Monti, commissaire en charge de la Concurrence auprès des autorités de Bruxelles. Selon Pascal Brier, directeur de la communication pour la France, "c'est la logique d'innovation et de simplification - souhaitée par les consommateurs - qui est mise à mal". De fait, les négociations entre Microsoft et les autorités européennes ont achoppé sur la définition même de ce qu'est un système d'exploitation. D'une part, l'Europe laisse entrevoir une vision restrictive en termes de fonctionnalités natives mais ouvertes du point de vue des choix du consommateur. En face, Microsoft parle de droit à l'innovation, à la simplification et à l'intégration. Tout en proposant des concessions, notamment en intégrant des lecteurs multimédias tiers à Windows. N'empêche, selon Bruxelles, l'éditeur de Windows a bien enfreint les règles de concurrence communautaires et devra donc payer et s'adapter aux mesures correctives qui lui sont désormais imposées. Selon Mario Monti "les entreprises en position dominante ont une responsabilité particulière sur le marché. Elles doivent veiller à ce que leur comportement ne fasse pas obstacle à une concurrence saine et loyale, ni ne porte préjudice aux consommateurs et à l'innovation". Brad Smith, vice-président de Microsoft en charge des affaires juridiques, estime, à l'inverse, que la décision européenne conduit "à réduire le choix des consommateurs et nuit aux développeurs d'applications européens". Il affirme tout de même que Microsoft demeure ouvert au dialogue, laissant supposer que l'éditeur ne désespère toujours pas d'aboutir à une solution négociée. En attendant, il fera appel dans les jours à venir auprès de la Cour européenne de 1ère instance du Luxembourg et demandera une suspension - non automatique - des sanctions en attendant son jugement. 04/03/2004 : Un régime de sanctions qui déshabille Windows
Côté sanctions, outre les 497,2 M€ d'amende - loin des 2,4 Md€ (soit 10% du CA annuel de l'éditeur) qu'aurait pu exiger la Commission - les mesures dites "correctives" - si elles s'appliquent un jour - obligeraient Microsoft à revoir une grande partie de ses pratiques commerciales sur le Vieux Continent. L'Europe prévoit qu'en "matière d'interopérabilité, Microsoft devra, dans un délai de 120 jours, divulguer une documentation complète et précise sur les interfaces de Windows, de manière à assurer une interopérabilité totale entre les serveurs de groupe de travail concurrents et les PC et serveurs sous Windows". La Commission donne ainsi raison à Sun, à l'origine de la première plainte européenne contre Microsoft - en décembre 1998 - suite au refus de celui-ci de communiquer les informations sur les interfaces dont elle avait besoin pour concevoir des produits capables de dialoguer correctement avec Windows. Microsoft pourra néanmoins percevoir dans ce cadre des "droits de propriété intellectuelle (...) raisonnables et non-discriminatoires". Par ailleurs, concernant les ventes liées de l'OS et de son lecteur multimédia, "Microsoft devra, dans un délai de 90 jours, proposer aux équipementiers une version de son système d'exploitation Windows pour PC clients ne comprenant pas le lecteur WMP". L'éditeur conserve cependant "le droit d'offrir une version de son système d'exploitation Windows pour PC équipée du lecteur". 26/03/2004 : Levée de boucliers outre-Atlantique contre la décision de Bruxelles sur Microsoft
La décision de la Commission européenne d'infliger à Microsoft une amende de record 497,2 M€ pour abus de position dominante, assortie d'obligations contraignantes, provoque une véritable levée de boucliers aux Etats-Unis. Ainsi, le département de la Justice (DoJ) américain a qualifié la décision de Bruxelles « d'inopportune », estimant qu'elle se base sur la condamnation « d'améliorations de produits » alors qu'elle devrait chercher à empêcher que « l'innovation et la concurrence ne soient menacées par des entreprises dominantes ». Et le DoJ de poser en exemple ses accords avec Microsoft qui, selon lui, suffisent amplement « à protéger la concurrence et les consommateurs ». Le président de la majorité républicaine du Sénat américain est allé plus loin en qualifiant « d'absurde » l'exigence de Bruxelles du retrait de Media Player de Windows, agitant même le spectre d'une « nouvelle guerre commerciale » entre les deux côtés de l'Atlantique-Nord. L'Association for Competitive Technology (Act), regroupant plusieurs PME du secteur technologique, déplore que les grands vainqueurs de la décision de la Commission européenne soient « les concurrents multi-milliardaires de Microsoft comme RealNetworks ou Sun », voyant dans la standardisation imposée de fait par la suprématie de Windows un « filet de sécurité ». De son côté, le Cato Institute, grand chantre du libéralisme, qualifie la décision de Bruxelles de « programme d'aide sociale pour les perdants du marché ».
18/02/2004 : Bruxelles rejette la proposition de Microsoft
25/02/2004 : L'Europe se prépare à imposer un jumeau de Windows allégé
17/03/2004 : Steve Ballmer fait le déplacement à Bruxelles pour convaincre de sa bonne foi
18/03/2004 : Echec des négociations Ballmer/Monti, Microsoft au pied du mur européen
22/03/2004 : Microsoft à deux jours du verdict européen fourbit sa défense en appel
23/03/2004 : Bruxelles pourrait infliger une amende de 497 M€ à Microsoft
24/03/2004 : Microsoft fera appel... pour le bien du consommateur !
04/03/2004 : Un régime de sanctions qui déshabille Windows
26/03/2004 : Levée de boucliers outre-Atlantique contre la décision de Bruxelles sur Microsoft
27/01/2004 : L'Europe sur le point de rendre un verdict accablant pour Microsoft
L'enquête de la Commission européenne sur le cas Microsoft - soupçonné d'abus de position dominante - serait sur le point d'aboutir selon un porte-parole de l'institution. Le document final est en cours de rédaction et devrait vraisemblablement reprendre les conclusions préliminaires - le fruit de six ans de recherches - et conforter les concurrents de l'éditeur, qui dénoncent le cloisonnement de Windows et la présence de Windows Media Player au sein de l'OS. Pour autant, Microsoft semble serein et explique être toujours en discussion avec les autorités européennes afin de trouver un accord amiable. Une position partagée par la Commission, qui explique cependant qu'il sera plus facile de négocier après que les autorités en charge de la concurrence auront montré les dents. Objectif : obtenir plus que les quelques avancées proposées par l'éditeur lors de son audition, en novembre dernier. 18/02/2004 : Bruxelles rejette la proposition de Microsoft
Dans le cadre de son enquête sur Microsoft pour abus de position dominante, la Commission européenne aurait rejeté une offre de l'éditeur proposant de livrer des logiciels concurrents à son propre Media Player sur CD-Rom, avec tout nouveau PC utilisant Windows. Bruxelles accuse Microsoft de concurrence déloyale et estime que le géant de Redmond devrait dissocier son lecteur multimédia de Windows pour laisser à ses concurrents une chance de se développer. La Commission estime que la proposition de Microsoft de livrer des logiciels concurrents des siens sur CD-Rom n'est pas suffisante : « La plupart des utilisateurs ne les installeront pas », a commenté une personne proche du dossier. Bruxelles devrait rendre sa décision fin mars. Microsoft risque une amende de plus de 3 Md€. 25/02/2004 : L'Europe se prépare à imposer un jumeau de Windows allégé
Mario Monti, Commissaire européen à la concurrence, pourrait demander à Microsoft de diffuser, en Europe, deux versions de son système d'exploitation Windows : la première serait identique à celle que l'on connaît aujourd'hui tandis que la seconde serait dépourvue de Windows Media Player, le lecteur multimédia de Microsoft devant dès lors être vendu séparément. Il s'agirait de la principale sanction infligée à Microsoft, soupçonné depuis de longues années de ne pas respecter les règles élémentaires de la concurrence. En outre, Mario Monti envisagerait également de demander à l'éditeur de dévoiler le code de Windows, notamment pour permettre une parfaite interopérabilité avec les logiciels pour serveurs édités par ses concurrents. Ces dispositions constitueraient la condamnation de Microsoft s'il était reconnu coupable d'abus de position dominante par la Commission européenne. A moins qu'un compromis ne soit trouvé entre l'éditeur et Bruxelles dans les prochains mois. L'éditeur fait actuellement feu de tout bois pour trouver une solution amiable, la Commission semblant pour l'instant sourde à ses imprécations. 17/03/2004 : Steve Ballmer fait le déplacement à Bruxelles pour convaincre de sa bonne foi
Microsoft a dépêché son PDG Steve Ballmer auprès de la Commission européenne pour rencontrer le Commissaire européen à la concurrence Mario Monti. La multinationale est accusée d'abus de position dominante et cherche à trouver une solution à l'amiable. Pour l'instant l'entrevue n'a pas donné de résultats. La Commission européenne devrait rendre les conclusions de son enquête mercredi 24 mars. Mario Monti a d'ailleurs reçu le soutien des experts des quinze Etats membres pour le sérieux de son travail. Microsoft est menacé de payer une lourde amende et devrait accepter quelques actions destinées à rétablir une certaine concurrence - essentiellement une version de Windows sans Media Player ainsi que la publication des interfaces permettant une bonne interopérabilité avec les logiciels concurrents. Microsoft n'a pas dit son dernier mot concernant la concurrence et tente de la porter sur un autre terrain : celui des langues. L'Américain vient d'annoncer sa volonté de traduire ses applications dans différentes langues peu usitées. Pour l'instant Office 2003 est disponible dans 34 langues. Microsoft voudrait doubler ce chiffre. Plusieurs langues sont à l'étude : le Catalan, le Gallois mais également l'Anharique parlé en Ethiopie ou encore le Gurajati, l'un des dialectes parlés en Inde. Microsoft estime que favoriser ces langages pourrait amener les populations à se développer et créer de nouvelles entreprises. Merci Steve. 18/03/2004 : Echec des négociations Ballmer/Monti, Microsoft au pied du mur européen
C'était vraiment très sympa mais on n'a pas réussi à se mettre d'accord. C'est en substance la conclusion que tire Microsoft de ses ultimes conversations avec la Commission européenne, qui arrive au terme d'une procédure de longue haleine qui l'a vu ouvrir deux enquêtes antitrust contre l'éditeur de Windows. Ce dernier n'a semble-t-il pas pu - en dépit de l'intervention de Steve Ballmer son président - convaincre Mario Monti, Commissaire européen à la concurrence, de signer un accord amiable. Une stratégie qui avait pourtant porté ses fruits outre-Atlantique. En Europe, "les discussions (...) se sont conclues dans un esprit professionnel et de coopération mais sans qu'un accord soit trouvé" explique Microsoft dans un communiqué. Reste donc le verdict qui devrait intervenir mercredi 24 mars après délibéré de la Commission européenne sur proposition de Mario Monti. Microsoft risque une lourde amende et de devoir faire des concessions techniques, notamment sur l'ouverture de Windows aux fournisseurs tiers. 22/03/2004 : Microsoft à deux jours du verdict européen fourbit sa défense en appel
Microsoft connaîtra mercredi 24 mars le verdict de la Commission européenne, dans le cadre de son enquête pour abus de position dominante. Mario Monti, Commissaire européen à la concurrence a déjà fait savoir, à la suite de l'échec des négociations entreprises la semaine passée avec le géant de Redmond, qu'il entendait "créer un précédent solide" établissant "des principes clairs pour le futur comportement d'une entreprise" jouissant d'une position dominante. Les experts de la concurrence de Bruxelles se sont réunis ce lundi 22 mars pour décider de la sanction à infliger à Microsoft. Celle-ci devrait comporter une amende assortie de mesures coercitives obligeant Microsoft à faciliter l'accès à sa plate-forme Windows pour ses concurrents. Le montant de l'amende peut théoriquement atteindre 10% du chiffre d'affaires annuel de Microsoft (qui lui est de 32 milliards de dollars). Face à cette menace, l'éditeur préparerait une défense semblable à celle déjà mise en oeuvre outre-Atlantique : faire appel, demander la suspension des sanctions pour la durée de la procédure et s'en tirer au final avec une élégante pirouette négociée. Une logique qui a ses limites : aux Etats-Unis, un juge du Nebraska vient de relancer une procédure contre Microsoft. Engagée par des consommateurs dénonçant le prix de vente disproportionné de Windows 98, cette procédure avait été annulée par un juge estimant que les consommateurs pouvaient uniquement dénoncer le prix d'un produit dans le cadre d'une vente directe. La cour suprême du Nebraska a finalement jugé que cette faculté s'étendait aux ventes indirectes. 23/03/2004 : Bruxelles pourrait infliger une amende de 497 M€ à Microsoft
Selon le "Wall Street Journal", la Commission européenne présidée par Romano Prodi a obtenu l'accord des pays membres de l'Union européenne pour infliger une amende de 497 M€ (environ 610 M$) à Microsoft. L'amende représente environ 2% du chiffre d'affaires annuel du géant, soit bien moins que les 10% qu'il risquait. Elle est aussi une goutte d'eau par rapport aux quelque 52 Md$ dont l'éditeur dispose en trésorerie et par rapport aux 750 M$ qu'il a accepté de payer à AOL Time Warner dans le cadre du procès antitrust initié par Netscape. C'est en revanche une amende record pour les services européens de l'antitrust. Le Commissaire à la concurrence Mario Monti insiste sur le fait qu'il est nécessaire de sanctionner Microsoft afin d'établir un précédent. En l'occurrence, Mario Monti semble estimer qu'une sanction financière n'est pas suffisante et qu'il faut aussi imposer des restrictions à l'éditeur afin de limiter l'emprise hégémonique de Windows. Selon des informations obtenues par "Le Monde Informatique", l'éditeur estime l'amende trop élevée. "En l'absence de standard légal dans la législation européenne, une amende de cette taille n'est pas justifiée" a ainsi déclaré Tom Brookes, un porte-parole de Microsoft à Paul Meller, notre correspondant Bruxellois. L'amende devrait être officialisée par la Commission ce mercredi 24 mars. "Nous avons déjà prévenu Microsoft qu'un verdict négatif se traduira par une amende" a expliqué Amelia Torres, la porte-parole de Mario Monti. "Une petite société pourrait dire qu'elle ne connaissait pas les règles, mais pas une entreprise de la taille de Microsoft." Parallèlement à l'amende, la Commission devrait imposer plusieurs contraintes à Microsoft dont l'obligation de vendre deux versions de Windows aux constructeurs de PC, dont une dépourvue de Windows Media Player. Elle devrait aussi contraindre l'éditeur à publier plusieurs éléments de code source, nécessaires aux concurrents de Microsoft pour leur permettre de rendre leurs produits interopérables avec ceux du géant. Nombre d'analystes estiment que Microsoft fera appel de la décision. 24/03/2004 : Microsoft fera appel... pour le bien du consommateur !
Microsoft fera sans doute appel de sa condamnation (qui comprend une amende de 497,2 millions d'euros) pour abus de position dominante eu égard à la bonne volonté dont l'éditeur estime déjà avoir fait preuve vis-à-vis de la Commission européenne. L'éditeur, dont le PDG Steve Ballmer a tenté de négocier jusqu'à ces derniers jours, en fait une question de principe plus que d'argent. Et d'expliquer que c'est le consommateur qui se trouve finalement le plus lésé par la décision de Mario Monti, commissaire en charge de la Concurrence auprès des autorités de Bruxelles. Selon Pascal Brier, directeur de la communication pour la France, "c'est la logique d'innovation et de simplification - souhaitée par les consommateurs - qui est mise à mal". De fait, les négociations entre Microsoft et les autorités européennes ont achoppé sur la définition même de ce qu'est un système d'exploitation. D'une part, l'Europe laisse entrevoir une vision restrictive en termes de fonctionnalités natives mais ouvertes du point de vue des choix du consommateur. En face, Microsoft parle de droit à l'innovation, à la simplification et à l'intégration. Tout en proposant des concessions, notamment en intégrant des lecteurs multimédias tiers à Windows. N'empêche, selon Bruxelles, l'éditeur de Windows a bien enfreint les règles de concurrence communautaires et devra donc payer et s'adapter aux mesures correctives qui lui sont désormais imposées. Selon Mario Monti "les entreprises en position dominante ont une responsabilité particulière sur le marché. Elles doivent veiller à ce que leur comportement ne fasse pas obstacle à une concurrence saine et loyale, ni ne porte préjudice aux consommateurs et à l'innovation". Brad Smith, vice-président de Microsoft en charge des affaires juridiques, estime, à l'inverse, que la décision européenne conduit "à réduire le choix des consommateurs et nuit aux développeurs d'applications européens". Il affirme tout de même que Microsoft demeure ouvert au dialogue, laissant supposer que l'éditeur ne désespère toujours pas d'aboutir à une solution négociée. En attendant, il fera appel dans les jours à venir auprès de la Cour européenne de 1ère instance du Luxembourg et demandera une suspension - non automatique - des sanctions en attendant son jugement. 04/03/2004 : Un régime de sanctions qui déshabille Windows
Côté sanctions, outre les 497,2 M€ d'amende - loin des 2,4 Md€ (soit 10% du CA annuel de l'éditeur) qu'aurait pu exiger la Commission - les mesures dites "correctives" - si elles s'appliquent un jour - obligeraient Microsoft à revoir une grande partie de ses pratiques commerciales sur le Vieux Continent. L'Europe prévoit qu'en "matière d'interopérabilité, Microsoft devra, dans un délai de 120 jours, divulguer une documentation complète et précise sur les interfaces de Windows, de manière à assurer une interopérabilité totale entre les serveurs de groupe de travail concurrents et les PC et serveurs sous Windows". La Commission donne ainsi raison à Sun, à l'origine de la première plainte européenne contre Microsoft - en décembre 1998 - suite au refus de celui-ci de communiquer les informations sur les interfaces dont elle avait besoin pour concevoir des produits capables de dialoguer correctement avec Windows. Microsoft pourra néanmoins percevoir dans ce cadre des "droits de propriété intellectuelle (...) raisonnables et non-discriminatoires". Par ailleurs, concernant les ventes liées de l'OS et de son lecteur multimédia, "Microsoft devra, dans un délai de 90 jours, proposer aux équipementiers une version de son système d'exploitation Windows pour PC clients ne comprenant pas le lecteur WMP". L'éditeur conserve cependant "le droit d'offrir une version de son système d'exploitation Windows pour PC équipée du lecteur". 26/03/2004 : Levée de boucliers outre-Atlantique contre la décision de Bruxelles sur Microsoft
La décision de la Commission européenne d'infliger à Microsoft une amende de record 497,2 M€ pour abus de position dominante, assortie d'obligations contraignantes, provoque une véritable levée de boucliers aux Etats-Unis. Ainsi, le département de la Justice (DoJ) américain a qualifié la décision de Bruxelles « d'inopportune », estimant qu'elle se base sur la condamnation « d'améliorations de produits » alors qu'elle devrait chercher à empêcher que « l'innovation et la concurrence ne soient menacées par des entreprises dominantes ». Et le DoJ de poser en exemple ses accords avec Microsoft qui, selon lui, suffisent amplement « à protéger la concurrence et les consommateurs ». Le président de la majorité républicaine du Sénat américain est allé plus loin en qualifiant « d'absurde » l'exigence de Bruxelles du retrait de Media Player de Windows, agitant même le spectre d'une « nouvelle guerre commerciale » entre les deux côtés de l'Atlantique-Nord. L'Association for Competitive Technology (Act), regroupant plusieurs PME du secteur technologique, déplore que les grands vainqueurs de la décision de la Commission européenne soient « les concurrents multi-milliardaires de Microsoft comme RealNetworks ou Sun », voyant dans la standardisation imposée de fait par la suprématie de Windows un « filet de sécurité ». De son côté, le Cato Institute, grand chantre du libéralisme, qualifie la décision de Bruxelles de « programme d'aide sociale pour les perdants du marché ».