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IT & DirectionGrand dossier4 articlesPublié le

Le nouveau visage de Microsoft

Dossier de la rédaction

Le Monde Informatique

Départ de vétérans, rachat d'aQuantive, annonces de services Live, et maintenant cette OPA d'un montant extraordinaire sur Yahoo : Microsoft est bel et bien en train de se transformer. Quelles sont les grandes étapes de cette transformation ?

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Article 1 sur 4

Microsoft veut racheter Yahoo pour 44,6 milliards de dollars

Par La RédactionPublié le 1 février 20082 min de lecture

Microsoft vient de proposer de racheter Yahoo pour 44,6 Md$ en numéraire et par actions pour mieux pouvoir concurrencer Google sur le marché des services en ligne. Cette initiative ne surprendra finalement pas les observateurs de la sphère IT. Il n'était guère de mois au cours des derniers trimestres sans que le Landerneau des entreprises technologiques ne se fasse l'écho d'un éventuel rapprochement entre les deux principaux concurrents de Google. Le marché de la publicité en ligne est de plus en plus dominé par un seul acteur, a déclaré Microsoft, et un rapprochement avec Yahoo permettra d'offrir une alternative. L'éditeur de Redmond pense que le marché de la publicité en ligne va pratiquement doubler d'ici les trois prochaines années, de 40 Md$ en 2007 à 80 Md$ en 2010. Une fusion conduira notamment à réaliser des économies d'échelle. « L'alliance de ces deux grandes équipes permettra de fournir à nos clients un éventail d'offres d'une ampleur qu'aucun de nous deux n'aurait pu atteindre seul », a déclaré Ray Ozzie, architecte logiciel en chef de Microsoft. Innover plus rapidement [mise à jour] L'éditeur pense réduire de 1 Md$ ses coûts en réalisant des synergies avec Yahoo dans quatre domaines. D'une part, grâce à des économies d'échelle au fur et à mesure de l'accroissement de l'audience, d'autre part, en associant ses efforts de recherche et développement avec ceux de Yahoo pour innover plus rapidement, ensuite en éliminant les recouvrements au niveau opérationnel, et enfin en mettant en commun les expertises pour innover en matière d'applications vidéo et mobile. Les deux entreprises vont travailler ensemble pour faire avancer le plan de fusion, a indiqué Microsoft. L'éditeur veut retenir les ingénieurs de premier plan et les équipes de Yahoo après le rapprochement. L'offre de Microsoft dépasse de 62% le niveau de l'action Yahoo à la clôture de jeudi. L'éditeur de Redmond espère obtenir toutes les approbations nécessaires au rachat au second semestre de cette année. Sur son dernier exercice fiscal, échu le 30 juin 2007, Microsoft a réalisé un chiffre d'affaires de 51,12 Md$ et un bénéfice net de 14 Md$. Sur le premier semestre de son exercice en cours, son chiffre d'affaires s'est elevé à 30,12 Md$ (+29%) et son bénéfice net à 8,99 Md$ (+47,38 %). Yahoo, de son côté, a réalisé sur son exercice 2007 un chiffre d'affaires de 6,97 Md$ (+ 8%) et un bénéfice net de 660 M$, en baisse de 12,1% par rapport à l'an dernier.

Article 2 sur 4

Un renouvellement des cadres pour l'ère post-Bill Gates

Par La RédactionPublié le 1 février 20082 min de lecture

Ces dernières années, et plus particulièrement ces derniers mois, après le lancement de produits majeurs comme Vista ou Office 2007, Microsoft a entamé un impressionnant renouvellement de ses cadres dirigeant. Le départ le plus emblématique est celui de Bill Gates. Le fondateur de Microsoft gardera bien un pied chez l'éditeur, mais il prévoit de se consacrer à plein temps à sa fondation philanthropique en juillet prochain. Déjà, Bill Gates avait cédé sa place d'architecte en chef fin 2005 à Ray Ozzie, l'inventeur de Notes et de Groove. C'est d'ailleurs à cette occasion qu'avait été annoncé le départ de Jim Allchin ; le patron de la division plateforme a bien quitté Microsoft dès le lancement de Windows Vista. Plus récemment, on a appris le départ « progressif » de Jeff Raikes, patron de la division Business, et son remplacement par Stephen Elop, ancien PDG de Macromedia, et COO de Juniper Networks. Autre départ important, celui, d'ici à la fin du mois, de Bruce Jaffe, responsable des acquisitions. C'est lui qui a piloté l'acquisition d'aQuantive et lancé la procédure d'acquisition de Fast. Autre cadre important, Charles Fitzgerald, qui avait récemment la lourde tâche d'évangéliser sur la stratégie « software plus services » de Microsoft, a décidé de quitter l'éditeur pour une start-up. Du côté des recrutements, on notera, hormis l'arrivée de Stephen Elop, celle de Kevin Turner, un ancien de Wal-Mart, en 2005, au poste de directeur général (COO). Et c'est l'ancien CTO de Disney, Tony Scott, qui vient de prendre la place de CIO. Mais c'est du côté d'Internet que les arrivées sont les plus remarquables. Ainsi, Brian McAndrews, patron d'aQuantive, est resté après le rachat par Microsoft pour diriger les offres de publication et de publicité en ligne, en tant que vice-président senior. On peut aussi noter l'arrivée dans les Live Labs de Microsoft de Greg Linden, un ancien d'Amazon qui avait fondé Findory.com, outil de recherche personnalisée d'informations en ligne. Greg Linden précise sur son blog que les Live Labs, centre de recherche sur les futurs services d'Internet, sont eux-mêmes dirigés par un ancien de Yahoo, Gary Flake.

Article 3 sur 4

Microsoft voit dans la publicité en ligne un relais de croissance

Par La RédactionPublié le 1 février 20082 min de lecture

Les nouvelles ambitions de Microsoft dans le domaine de la publicité en ligne ne faisaient plus aucun doute pour personne. L'intérêt de Microsoft pour Yahoo, par exemple, nourrissait de nombreuses rumeurs. Ainsi, en novembre dernier, un blogueur du Huffington Post expliquait que si Microsoft voulait vraiment passer de 10 à 30% de parts de marché dans la recherche en ligne, alors il n'avait qu'à acheter Yahoo. En mai dernier, Steve Ballmer, le patron de Microsoft, disait pour sa part qu'il n'excluait pas cette éventualité, tout en soulignant qu'il n'était pas dans les habitudes de Microsoft de débourser 50 Md$ pour une acquisition. Les analystes soulignaient pour leur part qu'un tel rapprochement permettrait à Microsoft de concurrencer plus efficacement Google et d'avoir un pied dans la Silicon Valley. Restait à formaliser l'offre de rapprochement : c'est désormais chose faite, pour 44,6 Md$. Une offre faite quelques heures à peine après l'annonce officielle du départ de la tête de Yahoo de Terry Semel, qui était notoirement hostile à un tel rapprochement, et dans un contexte où Yahoo ne va pas très fort. Microsoft, de son côté, prévoit et montre encore pour 2008 des résultats avec une croissance à deux chiffres. Néanmoins, on a vu sa rentabilité s'effriter quelque peu lors de l'exercice 2007. L'éditeur sait qu'il doit trouver un relais de croissance dans les services et la publicité en ligne. Cela se concrétise d'une part par la stratégie Live (pour les particuliers et TPE) et « Software plus Services » (pour les entreprises), et d'autre part par des investissements dans la pub, avec le rachat d'aQuantive, pour 6 Md$, en mai dernier. Si Microsoft ne parvenait pas à s'imposer rapidement en rachetant Yahoo, cela agrandirait le fossé avec Google, numéro un de la recherche sur Internet. En décembre dernier, aux Etats-Unis, Google a trusté selon Comscore 58,4% des requêtes, un score loin devant celui de Yahoo (22,9%) et celui de Microsoft (9,8%). Côté publicité, Google n'est pas non plus resté inactif puisque, entre autres rachats, le moteur de recherche a de son côté racheté la régie publicitaire DoubleClick pour 3,1 Md$.

Article 4 sur 4

Gartner invite à la prudence pendant la transition

Par La RédactionPublié le 1 février 20082 min de lecture

Andrew Frank, vice-président chez Gartner, salue la possible fusion entre Microsoft et Yahoo, mais alerte cependant le marché sur la période de digestion des deux entités. « Bien que les synergies entre les deux sociétés, que Microsoft évalue à 1 Md$ par an, soient certainement bonnes, la fusion soulève la question de comment ils seront capables de maintenir la pression pendant la période d'intégration. Le marché de la publicité en ligne implique des niveaux constants de service et même la perception d'une diversion peut déboucher sur une perte du marché au profit des concurrents. » Si Microsoft et Yahoo devront maintenir la pression face à un très innovant Google, ils devraient aussi probablement se heurter aux autorités de régulation de la concurrence. « Les lois anti-trust sont aussi un paramètre à prendre en compte dans le cas d'accords de ce type, explique Andrew Frank. Bien que l'administration américaine actuelle ne devrait pas poser de problème, l'Union européenne a été agressive ces dernières années envers de telles fusions. » L'UE avait ainsi examiné de près le rachat de Doubleclick par Google pour 3,1 Md$. Restent en suspens de vastes questions technologiques, parmi tant d'autres. Comment aura lieu le rapprochement des offres de publicité de Live, aQuantive et Panama ? Et quel sera le devenir de Zimbra, solution de messagerie et de travail collaboratif Open Source acquis par Yahoo pour 350 M$, et qui se positionne en frontal à Exchange ? Des éléments de réponses devraient être donnés lorsque la transaction, si elle a lieu, sera finalisée, au deuxième trimestre 2008.