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Le réseau social, nouvel outil collaboratif des entreprises ?
Selon une étude européenne récente réalisée par Canon, 50% des entreprises se servent aujourd'hui des médias sociaux comme canaux de communication professionnels ce qui ne veut pas dire qu'elles abandonnent, pour autant leurs outils collaboratifs traditionnels. « Les réseaux sociaux sont devenus incontournables dans les entreprises, les salariés les ont massivement adoptés, elles procurent de l'intelligence collective et du relationnel» indique Nicholas Vieuxloup, directeur des relations publiques chez Viadeo. À ce titre, Facebook, Viadeo et LinkedIn ont bien sûr fortement contribué à ce boom des réseaux sociaux en entreprise.
Tous les services dans les entreprises sont concernés par ces demandes, de la communication au marketing en passant par les ventes, la production ou encore les ressources humaines. « C'est presque une obligation d'adopter ces réseaux sociaux professionnels. La nouvelle génération qui est actuellement sur le marché du travail le fait, elle en est même très friande. Ces jeunes technophiles, issus de la génération Google influencent les comportements en utilisant massivement ce type d'outil » constate Cyril Carretero, directeur marketing chez SCC qui a mis en place en interne un réseau social basé sur la plateforme BlueKiwi. Mais pour le RSE (réseau social d'entreprise), il ne s'agit pas de reproduire en ligne ce qu'il se passe déjà à la machine à café comme le fait très bien Facebook.
Pour Bertrand Duperrin - qui édite un blog sur les nouvelles pratiques managériales et organisationnelles dans l'économie du savoir dans un contexte d'entreprise, déclarer ses amis n'a pas de sens, le réseau doit être ouvert aux partenaires, aux clients, aux fournisseurs, aux métiers. Il faut savoir « qui travaille pour qui » ou « qui fait partie de tel service ». De plus en plus d'entreprises vont dans ce sens et créent leur propre réseau social centré sur leurs métiers. C'est notamment le cas de l'intégrateur SCC qui a créé avec son fournisseur Symantec un lien privilégié via un réseau social, une communauté autour de la sécurité baptisée « Fan de Symantec » qui rassemble 70 personnes chez SCC et 60 personnes chez Symantec. Ces 130 personnes discutent autour des solutions de Symantec et s'échangent des informations et des affaires. « Cet exemple en est un parmi d'autres. On a lancé plusieurs communautés à travers notre réseau social. Chez SCC, aujourd'hui, 400 personnes l'exploitent, ce sont les 2 000 salariés qui l'utiliseront à terme... » explique Cyril Carretero.
Autre exemple, le groupe de bricolage Weldom utilise un réseau social (plateforme Yoolink Pro) qui permet à ses salariés de remonter un certain nombre d'idées pour améliorer l'organisation de l'entreprise. Bref, le réseau social doit être une application d'entreprise qui génère de la productivité et indirectement du chiffre d'affaires supplémentaire même si aujourd'hui, il est difficile d'en mesurer le retour sur investissement...
Les plateformes collaboratives centrées sur le document, les RSE centrés sur l'individu
Fascinées par les réseaux sociaux, les entreprises enrichissent de plus en plus leur plateforme collaborative de cette brique « réseau social » ou bien font de cette brique une véritable alternative aux plateformes traditionnelles de type Sharepoint/Exchange ou IBM Quicker/Notes/Domino. Ces dernières sont souvent centrées sur le document ou l'email et moins sur l'individu contrairement aux réseaux sociaux. Si les plateformes traditionnelles sont riches en fonctionnalités, elles restent austères à utiliser contrairement aux réseaux sociaux plus ludiques et séduisants.
De par leur interface intuitive, les réseaux sociaux sont les plus à même de stimuler les échanges et les partages pertinents, générateurs d'intelligence collective et donc de valeur ajoutée importante. Selon une étude menée par les agences de relations publiques PRWeek et MS&L Group, 79% des entreprises interrogées estiment que le dialogue en temps réel avec leurs clients via les médias sociaux est un gage de compétitivité et 58% à penser que dans les prochaines années, l'utilisation des médias sociaux aura un impact important sur l'augmentation des ventes et de leurs bénéfices.
Face à cette révolution que mènent les réseaux sociaux en entreprise, la SSII Atos Origin s'est fixée un objectif ambitieux, c'est de ne plus utiliser l'email dans les trois ans à venir et d'adopter massivement les réseaux sociaux et la messagerie instantanée. Cette initiative part d'un constat : le sentiment de saturation d'information provenant de la messagerie. « Les collaborateurs qui ont moins de 30 ans chez Atos Origin ne travaillent plus avec l'email, ils développent même en interne leur propre outil social. Quant à la messagerie, elle sert de plus en plus de lieu de stockage pour les informations » constate François Gruau, senior VP chez Atos Origin en charge du business développement et de l'innovation (en illustration principale). Les cadres font face à une surabondance d'informations qu'ils ne parviennent plus à absorber, traiter, hiérarchiser et qui est génératrice de stress.
Selon Caroline Sauvajol-Rialland, Maître de conférences à Sciences Po Paris, Chercheuse à l'Université Catholique de Louvain, 74% d'entre eux déclarent souffrir de surinformation et 94% pensent que la situation ne peut que se détériorer. 90% disent recevoir trop de courriers inutiles, lesquels représentent 25% des courriels reçus. Et 30% du temps de travail d'un cadre est déjà consacré au traitement de l'information. « C'est une manière un peu provocatrice de se fixer zéro mail dans les trois ans, mais il est vrai que les réseaux sociaux permettent de diminuer les volumes de données en privilégiant la qualité des informations » justifie Sébastien Blanc, directeur du business développement de Yoolink.