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Le prochain défi d'Adobe : les téléphones mobiles

Dossier de la rédaction

Le Monde Informatique

En un quart de siècle, Adobe s'est forgé une place centrale dans l'informatique. Notamment à l'heure où le Web impose des formats de documents interopérables, ses standards de fait PDF et Flash (ce dernier venant du rachat de Macromedia pour plus de trois milliards de dollars) sont plus que jamais au coeur des échanges.

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Article 1 sur 4

Adobe, pourvoyeur de standards pour les contenus numériques

Par La RédactionPublié le 3 avril 20075 min de lecture

Trois milliards de dollars (2,247 milliards d'euros), c'est le chiffre d'affaires que vise l'éditeur américain Adobe sur l'année 2007, la vingt-cinquième de son histoire. D'ores et déjà, il se place parmi les quinze premiers éditeurs mondiaux de logiciels. Sur son exercice fiscal 2006, clos le 1er décembre dernier, Adobe a enregistré un chiffre d'affaires de 2,575 milliards de dollars (1,929 milliards d'euros). Soit une hausse de 31% par rapport à l'exercice 2005. Et pour atteindre son objectif 2007, qui correspond à une progression de 15% par rapport à l'exercice 2006, le spécialiste des logiciels de création graphique mise beaucoup sur ses nouvelles Creative Suite (CS3) et sur les produits phares qui les composent. On y trouve ses applications de création graphique Photoshop, InDesign, Illustrator, Premiere et After Effects, notamment, ainsi que Dreamweaver et Flash, des outils de développement de contenus pour le Web et pour la téléphonie mobile, acquis avec le rachat du rival Macromedia en 2005. Parmi les autres sources de croissance prévues par la société dirigée par Bruce Chizen, figurent les solutions destinées à l'entreprise. Celles-ci regroupent principalement les technologies serveurs rachetées à Accelio, qui ont donné naissance à l'offre Adobe LiveCycle. Cette gamme de logiciels permet de créer et d'administrer des processus de gestion documentaire (collecte et diffusion d'informations) dans l'entreprise et au-delà, avec toutes les exigences de sécurité requises. « C'est un modèle de développement plus récent que les autres pour Adobe, explique Robert Raiola, directeur marketing de l'éditeur pour la zone EMEA (Europe, Moyen Orient, Afrique). Encore minoritaires dans notre offre, comparées à nos gammes Acrobat et Creative Suite, ces solutions serveurs vont continuer à se développer plus rapidement que nos autres activités. » Sur le terrain de la gestion de flux de documents en entreprise (BPM documentaire), Adobe essaie de se faire une place là où des éditeurs comme EMC (avec l'offre Documentum), IBM (avec Filenet) ou OpenText sont déjà bien implantés, sans oublier Microsoft et ses outils Infopath et Sharepoint. Actuellement, ces produits d'entreprise pèsent environ 20% des ventes d'Adobe. L'éditeur inclut dans ce décompte les outils de développement Flex qui permettent de bâtir des applications Web dotées d'interfaces dites « riches » (offrant plus de possibilités d'interactions à l'utilisateur), une technologie de plus gagnée avec l'acquisition de Macromedia. 525 millions d'Adobe Reader dans le monde De son côté, la gamme Acrobat, qui génère le fameux format PDF, représente à elle seule environ 30% du chiffre d'affaires d'Adobe. PDF, dans son esprit, est l'évolution de Postscript, le standard de description de page conçue pour l'impression de documents. C'est sur cette technologie qu'Adobe s'est fondé en 1982. Rappelons que les fichiers PDF permettent d'afficher un document en respectant sa mise en page, sans disposer de l'application d'origine. L'Adobe Reader, le logiciel gratuit servant à lire les fichiers PDF, a été diffusé à quelque 525 millions d'exemplaires dans le monde ces deux dernières années. Pour essayer d'ancrer plus solidement encore PDF, face aux potentiels challengers, Adobe cherche maintenant à en faire un standard international. Il a indiqué en début d'année son intention de soumettre le format au vote de l'ISO (plusieurs déclinaisons spécialisées de PDF sont déjà normalisées). [[page]] Acrobat, la gamme qui s'appuie sur PDF (également requis par Adobe LiveCycle), en est à 22 millions de licences vendues. La version 8 du produit est sortie à la fin de l'année dernière en apportant des fonctions renforcées d'échange et de révision de documents (brochures, présentations, mais aussi schémas, diagrammes de projets, formulaires). Le tout avec des capacités de collaboration en temps réel fournies par les outils de conférence en ligne d'Acrobat Connect Pro. Quant aux logiciels vedettes des Creative Suite, ils contribuent à la moitié du chiffre d'affaires d'Adobe. Le logiciel de mise en page InDesign a désormais rattrapé et dépassé son grand concurrent QuarkXPress en termes de nouvelles licences vendues. Un retour pour Adobe qui, dans ce domaine, s'était laissé pendant un temps largement distancer, par Quark justement. Quant au logiciel de retouche d'images Photoshop, Abode estime qu'il est installé sur 90% des postes de créatifs. Avec sa déclinaison Photoshop Elements, il s'est également largement répandu dans le grand public. De son côté, l'outil de développement de sites Internet Dreamweaver serait utilisé par 85% des professionnels du Web dans leur flux de production. Dans le domaine des outils graphiques, il n'existe pas de suites généralistes de l'envergure de celles d'Adobe. Pour l'instant, car Microsoft a indiqué sa volonté de pénétrer ce marché avec son projet de suite graphique Expression Studio, dont le premier produit, Expression Web, est sorti en décembre. Flash Lite embarqués sur 200 millions de téléphones mobiles Parallèlement aux trois grandes sources de revenus que représentent pour l'éditeur les gammes Creative Suite, Acrobat et LiveCycle, le département qui prépare le futur des technologies PDF et Flash ne génère pas directement de rentrées sonnantes et trébuchantes puisqu'il délivre des logiciels de lecture (readers) gratuits. « Mais les travaux de ces équipes sont fondamentaux parce que la diffusion de ces lecteurs font vendre nos outils de création et nos solutions pour l'entreprise », souligne Robert Raiola. Il est vrai qu'à eux deux, l'Adobe Reader et le Flash Player sont installés sur 700 millions de PC et de terminaux dans le monde. C'est ce département d'Adobe qui planche par exemple sur le développement d'Apollo, un lecteur universel pour l'exécution d'applications Internet riches, en ligne et hors connexion (applications conçues en Flash, Flex, HTML, Javascript et Ajax). Adobe vient tout juste d'en proposer la version alpha au téléchargement. « Un autre département travaille au développement des technologies destinées aux téléphones mobiles, » précise le directeur marketing qui voit aussi ce domaine se développer rapidement dans l'offre d'Adobe. Flash, standard de facto de la création d'animations et de l'affichage vidéo sur le Web, se décline aujourd'hui très bien pour la mobilité. Le lecteur Flash Lite est déjà embarqué sur 200 millions de téléphones mobiles, permettant la lecture de contenus Flash. Un déploiement résultant d'accords OEM avec les fabricants de portables, et source de royalties pour Adobe. Pour soutenir les efforts des développeurs sur ce marché, les nouvelles Creative Suite intègrent maintenant un composant, Device Central, qui apporte une bibliothèque de profils de téléphones pour simuler les conditions d'affichage réelles des terminaux (résolution de l'écran, puissance du processeur...) et tester les animations créées. Quant à la technologie Flash Cast, destinée cette fois aux opérateurs de téléphonie, elle ouvre la voie à la diffusion de contenus. « Cela permet à un opérateur de développer une chaîne d'information qui sera envoyée en streaming sur le mobile des clients abonnés, sans que ceux-ci aient besoin de se connecter », décrit Robert Raiola. Un nouvel espace de conquête pour Adobe.

Article 2 sur 4

Quinze années vouées aux outils de publication et de création

Par La RédactionPublié le 3 avril 20076 min de lecture

Décembre 1982 : John Warnock et Chuck Geschke fondent la société Adobe, du nom d'une petite rivière coulant derrière la maison de Warnock, à Los Altos (Californie). Ces brillants collaborateurs du constructeur américain Xerox viennent de quitter le fameux centre de recherche du constructeur, le Parc (Palo Alto Research Center). Entre 1979 et 1981, ils ont travaillé au développement d'Interpress, technologie d'impression de documents, indépendante des périphériques, pouvant être utilisée dans un environnement bureautique. Quoique très admiratif, Xerox n'avait aucune intention de commercialiser le produit par peur de cannibaliser ses solutions existantes. 1983 : Les travaux des deux fondateurs d'Adobe débouchent sur Postscript, un langage de description de page exploitant des polices de caractères vectorielles (décrites par une formule mathématique). Une technologie qui servira ensuite à développer PDF, format d'échange de documents. Steve Jobs, PDG d'Apple, séduit par la technologie, acquiert une licence d'exploitation de Postscript. L'année suivante, il développe son prototype d'imprimantes LaserWriter. Par le versement de royalties, Apple génère à lui seul 68% des 2,2 millions de dollars du chiffre d'affaires d'Adobe. La même année, Linotype signe à son tour un accord de licence pour le développement de polices de caractères de type 1. Adobe déménage à Palo Alto. 1986 : La bibliothèque de fontes vectorielles d'Adobe comprend une centaine de polices de caractères. L'éditeur réalise 16 millions de dollars de chiffre d'affaires avec 87 salariés. Conforté par son succès, il se tourne vers le développement d'applications. 1987 : le logiciel de dessin vectoriel Illustrator voit le jour. Postscript continue sur sa lancée ; IBM et HP décident d'en acquérir la licence. 49% des revenus d'Adobe viennent toujours des royalties versées par Apple. Une part qui tombe à 33% l'année suivante, à mesure que d'autres acteurs se rallient à Postscript qui représente toujours 75% des revenus maison. 1989 : Coup de tonnerre. Apple (sans Steve Jobs, remercié) vend les parts qu'il possède dans Adobe et développe son propre clone de Postscript. John Warnock se sent trahi. Peu de temps après, lors du séminaire Seybold de septembre 1989, Microsoft et Apple annoncent qu'ils préparent un standard ouvert de polices de caractères pour Postscript. Six mois plus tard, en réaction, Adobe publie les spécifications des polices de Type 1. Pour couper l'herbe sous le pied à ses rivaux, il livre ATM, une technologie permettant d'afficher les polices telles qu'elles seront imprimées. 1990 : Le logiciel Photoshop et ses fonctions de retouche d'images rejoignent Illustrator au catalogue. Deux ans plus tôt, Adobe en avait acquis la licence auprès de ses développeurs Thomas et John Knoll. Le produit leur sera définitivement racheté cinq ans plus tard. Adobe l'avait d'abord vu comme un sous-ensemble d'Illustrator. « Nous pensions en vendre quelques milliers par an, se souvient Chuck Geschke, interrogé dans l'ouvrage 'The Adobe Story - Inside the Publishing Revolution' que Pamela Pfiffner a consacré à Adobe en 2003. Il s'est écoulé en réalité des millions d'exemplaires de Photoshop. » 1991 : le logiciel de montage vidéo Premiere vient renforcer le potentiel de diversification de l'éditeur. 1993 : Sortie d'Acrobat, logiciel d'échanges de documents reposant sur le format PDF. Il permet d'afficher un document en conservant la mise en page d'origine, sans disposer de l'application ayant servi à le créer. Pour imposer ce format, Adobe se décide à fournir librement le logiciel servant à visualiser le fichier PDF. Sans ce lecteur gratuit, connu aujourd'hui sous le nom d'Adobe Reader, Acrobat et PDF n'auraient certainement pas connu ce succès. 1994 : Adobe rachète son concurrent Aldus. Dans sa hotte, une brassée de logiciels de création et de présentation (FreeHand, PhotoStyler, Persuasion...), mais aussi, et surtout, le très connu PageMaker, logiciel de mise en page. C'est une brique qui manquait encore au catalogue. Dès le début des années 90, Adobe a commencé à acquérir des technologies pour compléter son offre. 1995 : Frame Technology rejoint Adobe avec FrameMaker, un autre logiciel de mise en page. Ceneca Communications le suit et apporte à l'éditeur ses premières technologies Web: PageMill et SiteMill Web site. Il y en aura d'autres plus tard dont GoLive (en 1999). 1996 : Adobe réalise maintenant 787 millions de dollars de chiffre d'affaires avec 2 222 salariés. Il déménage à San José, où il se trouve toujours actuellement (à quelques kilomètres de Palo Alto), et lance PhotoDeluxe, un logiciel de retouche d'images pour le grand public. 1998 : Année charnière pour Adobe. L'éditeur perd pied. Le cours de ses actions décline et, en interne, tout est devenu très compliqué. Sa direction compte 41 vice-présidents pour quatre grands départements, quelquefois en concurrence entre eux. « Tous nos employés avaient une idée différente de notre stratégie ; nous avions perdu le contrôle », relate John Warnock. Il faut recentrer la société et la réorganiser de façon radicale. Les co-fondateurs se séparent d'une partie de leurs cadres dirigeants et ne gardent qu'une équipe de direction réduite dont Bruce Chizen, l'actuel PDG, nommé alors vice-président du groupe, pour les produits et le marketing. La société procède à 350 licenciements. En août, nouveau rebondissement : Quark, qui a largement distancé PageMaker sur le marché avec son QuarkXPress, propose à Adobe de le racheter. Offusqués, John Warnock et Chuck Geschke refusent. 1999 : Première version d'InDesign, le logiciel de mise en page qui va permettre à Adobe de reprendre la main sur QuarkXPress. Aldus travaillait en fait depuis 1990 sur ce produit, une application exploitant XML et les polices Open Type, et constituée de composants ce qui permet à l'éditeur de la faire évoluer facilement. 2000 : Chuck Geschke quitte son poste de président pour prendre sa retraite. 2001 : John Warnock, directeur technique, fait de même. Tous deux restent co-présidents du conseil d'administration. Photoshop Elements remplace PhotoDeluxe. Le chiffre d'affaires s'élève à 1,2 milliard de dollars pour 3 043 employés. 2002 : Rachat d'Accelio pour ses solutions de formulaires permettant de créer des circuits de gestion de documents dans l'entreprise. Pour Adobe, c'est un nouveau marché, qu'il compte bien développer au cours des prochaines années : cela donnera naissance à LiveCycle, un workflow documentaire pour transmettre du PDF sécurisé, à remplir en ligne. 2005 : Adobe prend définitivement pied sur le terrain des applications Web avec le rachat pour 3,4 Md$ du grand concurrent, Macromedia, qui apporte ses standards d'animation et de développement Flash et Dreamweaver. 2006 : fin décembre, Adobe réalise 2,575 milliards de dollars de chiffre d'affaires avec 6 068 employés. 2007 : lancement en mars des Creative Suite 3, six suites de logiciels concrétisant l'intégration entre les produits d'Adobe et de Macromedia. Ces suites sont déclinées en éditions Premium et Standard pour les professionnels de l'édition et de la création de sites Web, et en édition Premium pour le monde de la production vidéo. La sixième suite regroupe l'ensemble des logiciels, de InDesign à Dreamweaver, Flash et Photoshop, en passant par Premiere et After Effects.

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Apollo face à ses concurrents

Par La RédactionPublié le 3 avril 20075 min de lecture

Après les écrans noirs et verts, les applications fenêtrées et les pages HTML, voici venu le temps des interfaces riches. Elles ont a priori tout pour plaire. D'abord, une ergonomie susceptible de faire croire à un utilisateur né avec un ordinateur dans les mains qu'il manipule un client lourd alors que ce n'est pas forcément le cas. Mais une ergonomie qui sait aussi contenter les utilisateurs des bons vieux écrans 5250 ou 3270, décontenancés par le passage au navigateur Web, en leur faisant retrouver des fonctions simples comme des aides à la saisie. Qu'il s'agisse d'applications destinées au grand public ou à des employés, cet aspect ergonomique est essentiel pour emporter l'adhésion, et donc générer - respectivement - revenus et productivité. L'autre grand avantage des interfaces ou clients riches (à l'ergonomie améliorée), c'est leur simplicité de déploiement, comparable à celle des simples applications Web. Avec elles, fini le cauchemar du déploiement et de la mise à jour de chaque poste. L'application est déployée et maintenue sur le seul serveur, même si, selon les cas, une certaine dose de logique applicative est exécutée sur le client. Selon les technologies retenues, l'interface peut avoir besoin de la présence d'un client spécifique sur le poste, dont le poids varie de quelques kilo-octets (Flash) à plusieurs méga-octets (le framework .Net, la machine virtuelle Java, Eclipse RCP...). Toutefois, quelle que soit la technologie retenue, tout est prévu pour des téléchargements et des mises à jour automatisés depuis le serveur. Choisir une technologie d'interface Le plus difficile étant justement de choisir quelle technologie retenir. Parmi les outsiders sérieux - les plus souvent cités par nos interlocuteurs - figurent Eclipse et Microsoft. La RCP (Rich Client Platform) de la fondation Eclipse propose en fait de prendre le socle de l'environnement de développement, une sorte de conteneur à plug-in, pour le transformer en client de son choix. On n'est donc plus du tout dépendant du navigateur, tout s'exécute au-dessus de la machine virtuelle Java, donc sur tout système d'exploitation. Problème, le client pèse un certain poids (même si Wayne Beaton, ambassadeur de la fondation, insiste sur le fait que le client peut être embarqué sur des appareils mobiles), il n'est pas transparent pour l'utilisateur et son déploiement initial n'est donc envisageable que dans le cadre d'une entreprise maîtrisant ses postes. Microsoft, de son côté, travaille sur WPF (Windows Presentation Foundation), socle de l'interface de son prochain système, Vista, et sur sa déclinaison pour d'autres environnements (a priori XP et Mac OS), WPF/E (le E pour Everywhere). Extrêmement riche graphiquement, à condition d'être soutenue par une machine cliente musclée, l'interface WPF ne deviendra un standard que lorsque Vista sera massivement déployé. En attendant, Microsoft rejoint une des deux solutions les plus prisées aujourd'hui, Ajax. Le concept Ajax (Asynchronous Javascript and XML) consiste à introduire une discussion transparente entre le navigateur et le serveur pour effectuer des échanges de données en tâche de fond, et à utiliser le Javascript et les feuilles de style pour donner à une page Web l'apparence d'un écran d'application client-serveur. Résultat : rafraîchissements automatiques, possibilité de faire des glisser-déplacer... « Ce sont des choses qu'on utilise en interne depuis longtemps, remarque Jean-Christophe Cimetière, chef de produit pour la plate-forme .Net chez Microsoft France. Notre volonté est de proposer toute la palette de possibilités pour répondre à l'ensemble des besoins. » Microsoft a ainsi conçu un canevas, Atlas, pour faciliter l'utilisation d'Ajax. Et son client Outlook Web Access parvient quasiment à reproduire sur le Web l'ergonomie du client lourd Outlook. De tels canevas (ou frameworks) sont indispensables, le travail en Ajax étant « encore très expérimental », selon Emmanuel Levi-Valensi, cofondateur de People in action, qui développe des applications Internet riches. L'autre solution tenant la corde est d'utiliser l'une ou l'autre des technologies d'Adobe (héritées de Macromedia) : Flash, idéal pour des animations et des éléments graphiques lourds comme la vidéo, et Flex, qui y associe un ensemble de services de connexion aux données et un langage de programmation spécifique. « Flex apporte une logique industrielle qui manquait à Flash », estime Emmanuel Levi-Valensi. Le gros avantage d'Adobe est d'avoir un lecteur déjà présent sur l'immense majorité des postes clients (Adobe noue d'ailleurs des accords pour intégrer Flash aux téléphones mobiles). En revanche, comme le souligne Christophe Martin, consultant spécialiste de l'expérience utilisateur chez Capgemini, par rapport à HTML et Javascript, ces technologies sont « plus complexes à maîtriser ». Une logique d'urbanisation du SI « La bonne réponse », pour reprendre l'expression d'Emmanuel Levi-Valensi, est le projet Apollo d'Adobe, un client universel, fonctionnant hors du navigateur, capable d'exécuter les formats maison (Flash, Flex, PDF) mais aussi d'afficher des pages Web en HTML pur ou en Ajax ou encore des applications Office. « Nous sommes dans le concept du bureau métier, explique Frédéric Massy, responsable marketing pour les solutions d'entreprise chez Adobe France. Apollo s'inscrit dans une logique d'urbanisation du système d'information, c'est un client orienté services au sein d'une architecture orientée services (SOA) globale. » SAP adapte d'ailleurs cette technologie pour remplacer son portail (technologie Muse). En revanche, tout comme Microsoft, Adobe cherche à multiplier les réponses : chaque client existera indépendamment et « certains services continueront de faire sens en HTML ». De leur côté, les fournisseurs de middleware, comme Tibco ou Software AG, multiplient les kits de développement pour faciliter la création d'interfaces Ajax dans le cadre de SOA. Avec un avantage immédiat : pour un surcoût relativement faible, l'utilisateur peut toucher du doigt les progrès réalisés par l'équipe informatique dans le système d'information.

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Interview de Bruce Chizen, CEO d'Adobe

Par La RédactionPublié le 3 avril 200712 min de lecture

Vous revenez juste du Congrès 3GSM de Barcelone. Y avez-vous vu une « killer app » ? Bien sûr ! Une application Adobe ? (Rires) Oui... Avez-vous déjà vu FlashCast ? Je vais vous faire une démo, mais laissez-moi vous expliquer d'abord. Nous avons travaillé à l'incorporation du Reader Adobe dans certains cas, et de Flash Lite dans la majorité des cas, dans de nombreux téléphones mobiles. Nous avions annoncé que Nokia, Samsung, Sony-Ericsson avaient accepté de porter Flash sur leurs téléphones, et Nokia vient d'annoncer des modèles compatibles. Et nous venons d'annoncer un accord similaire avec LG et BenQ-Siemens. Ce qui est super, car cela veut dire que tous les développeurs et tous les contenus Flash créés pour le Web peuvent maintenant être accessibles depuis les téléphones mobiles. Au Japon, qui est un peu en avance sur l'Europe - et très en avance sur les USA - nous avons énormément travaillé avec NTT DoCoMo, l'opérateur dominant, qui a inclus Flash Lite et le Reader Adobe sur ses téléphones 3G sur quelque chose qui s'appelle le FlashCast Server, qui leur permet de délivrer du contenu sur les mobiles d'une façon très efficiente, puisque tout ce qu'ils ont à faire, c'est diffuser les données, le rendu graphique s'effectuant directement sur le mobile. Et les données sont mises en cache, elles restent accessibles à l'utilisateur. [Vient ensuite la démo, NDLR] Vous pouvez voir les différentes chaînes d'information, par exemple la météo, ou le service cartographique, le choix d'un restaurant sur une carte et la possibilité de les appeler... Comme du Flash classique, cela peut fonctionner sur quasiment tout appareil, quelque soit le système d'exploitation ? Tout appareil, il faut juste que le telco installe un serveur FlashCast sur son infrastructure et propose des fils RSS pour alimenter les chaînes d'information. DoCoMo propose ce service depuis octobre, et il compte déjà un million de souscripteurs payant 1,50 dollar/mois pour ce service. Les Japonais sont connus pour être friands de ce genre de chose, et pour souscrire à tout service innovant... Oui, mais cela dépasse vraiment leurs attentes. Jusqu'à présent, les services 3G n'ont guère convaincu les gens ici... En grande partie à cause de l'expérience utilisateur. La plupart du temps, cela veut dire aller sur le Web pour rapatrier des données, ce n'est pas une expérience géniale. Pour moi, le fait de sélectionner une chaîne pour obtenir une information, cela fait une grosse différence. Surtout que je peux souscrire aux chaînes que je préfère, et y accéder instantanément. Vous avez vu des solutions concurrentes à la vôtre ? Le compétiteur le plus proche est peut-être Qualcomm, qui fournit une couche complète [technologie Brew, NDLR]. Mais ils ont aussi reconnu qu'ils avaient besoin de Flash, et ils viennent de faire une annonce en ce sens. Dans l'ensemble, les appareils deviennent de plus en plus sophistiqués, les infrastructures sont en place, et je pense que les opérateurs commencent à réaliser qu'ils ne peuvent plus guère faire d'argent avec la voix, et ils se tournent sur le moyen de pousser des données, tout type de contenu. Aucun accord particulier pour inclure Flash Lite sur les Windows Mobile ? Non, mais rien n'empêche de l'installer, c'est ce qui est bien avec Flash, c'est agnostique. Tant de développeurs et de créateurs utilisent les produits Adobe pour créer du contenu - images, vidéos, animations... - c'est vraiment notre avantage compétitif d'emmener tous ces gens-là avec nous. Avez-vous établi des objectifs de diffusion ? Non. DoCoMo est le seul à avoir déployé FlashCast ? Oui, pour l'instant. Après les offres pour entreprises, la mobilité est donc votre nouveau créneau ? Si vous regardez en arrière, notre stratégie s'est toujours articulée autour de la question : comment créer une solution qui aide les gens à communiquer de façon plus efficace. Au début, il y a eu Postscript, qui permettait de pouvoir imprimer quelque chose tel qu'on le voyait à l'écran. Aujourd'hui, en plus du papier, on communique par le Web, par les mobiles, etc. On veut juste faire que cela soit simple en associant Flash et PDF, afin que les gens qui veulent créer du contenu accessible partout puissent le faire simplement. Revenons sur l'offre Web. Flex est reconnu comme un bon format de diffusion pour le Web, mais les développeurs se plaignent de la nécessité de recourir au serveur, qui est très onéreux. Nous avons annoncé Flex Builder, un outil qui permettra de programmer directement sans avoir besoin de Flex Server. Vous aurez toujours besoin du serveur s'il s'agit d'accéder à une importante masse de données (ou cela devra être codé à la main). Le module principal de Flex Builder sera gratuit. Et l'outil complet disponible pour moins de 100 dollars. On peut dire la même chose pour PDF : beaucoup d'entreprises rechignent à payer une licence pour Acrobat, juste pour créer un PDF... Nous avons investi lourdement ces trois dernières années sur un ensemble de services automatisés autour de PDF, ce que nous nommons la gestion du cycle de vie (Live Cycle) : création dynamique, workflow, extraction de données XML, sécurisation... L'année passée, nous avons travaillé avec 218 entreprises et agences gouvernementales dans le monde sur des projets critiques mettant en oeuvre ces services LiveCycle. Nous avons entendu la communauté d'utilisateurs, relevé le défi, et c'est devenu une opportunité commerciale pour nous ! L'année dernière, nous avons réalisé 115 millions de dollars de chiffre d'affaires juste sur les solutions serveur. LiveCycle est désormais le coeur de votre stratégie ? Oui. Nous allons incorporer Flex dans LiveCycle, pour inclure de la richesse graphique dans les workflows. Vous pouvez ainsi penser à des documents incorporant des graphiques automatisés, par exemple un formulaire de prêt où vous verriez un graphe se créer en fonction des options choisies, et cela connecté ou non. Vous aurez le meilleur de ce que Macromedia a réalisé pour les entreprises inclus dans LiveCycle. Considérez-vous le couple Sharepoint/Infopath de Microsoft comme une offre concurrente ? Non, cela fonctionne au sein de l'entreprise, en revanche dès que vous voulez aller au-delà du pare-feu... Par exemple si une banque veut travailler avec des particuliers, si une administration veut atteindre des citoyens, si une société d'assurance veut travailler avec un partenaire financier, alors la solution de Microsoft n'est pas adéquate. La fonction « 2D barcode » [génération automatique d'un code-barre en fonction des données entrées dans le formulaire, afin de pouvoir traiter le document, une fois imprimé et renvoyé par courrier, en scannant le code-barre] de votre Reader est-elle utilisée ? Pouvez-vous nommer des clients ? Oui. Celui dont j'ai l'autorisation de parler, c'est l'IRS [l'équivalent américain de notre DGI, NDLR] - c'est d'ailleurs à leur demande que nous avons développé cette technologie. Nous essaierons d'en trouver d'autres. [[page]] Et avec SAP, avez-vous des clients communs ? Où en est votre partenariat ? Excellent jusqu'ici. SAP a commencé à inclure notre solution de formulaires interactifs dans la dernière version de NetWeaver, livrée au second semestre 2005. Une cinquantaine de clients sont en train de tester la solution. Et comme vous savez, SAP a 30000 clients, nous sommes donc impatients de gagner les 29550 autres... Quels types de projets permet cette offre ? Imaginez que vous vouliez mettre en place un système d'autorisation de voyage pour vos collaborateurs, ou des demandes de congés, le formulaire a l'aspect dont vous avez l'habitude, il peut être pré-rempli, et l'utilisateur peut le compléter en mode connecté ou non : lorsqu'il se reconnectera les données iront dans SAP. A qui faut-il s'adresser pour mettre ce type de solution en place, SAP ou Adobe ? Si vous voulez faire un formulaire capable d'interagir directement avec SAP, vous devez acquérir la technologie Adobe. Lorsque vous passez à Netweaver, ou à une offre SAP reposant sur Netweaver, vous avez droit à un certain nombre de formulaires gratuits. Une fois que vous les avez utilisés, vous devez acquérir une licence soit chez Adobe, soit chez SAP, à votre guise. Si vous pouvez vendre cette licence tous les deux, pourquoi un client SAP irait-il acheter sa licence chez vous ? Cela dépend avec qui le client veut entretenir une relation... Parfois on peut vouloir diversifier le nombre de fournisseurs... Avez-vous d'autres accords de ce type, ou en prévoyez-vous ? Nous avons fait une annonce similaire avec EMC, qui embarque plusieurs de nos services au sein de leur offre : génération automatique de PDF, par exemple. Avec Oracle, nous travaillons sur l'offre collaborative. Nous travaillions avec Siebel - maintenant Oracle - pour des connecteurs à LiveCycle à destination des administrations. Vous savez, la vraie valeur d'Adobe réside dans l'étendue de nos logiciels clients. Si vous regardez Flash, Reader, nous sommes sur 600 millions d'appareils ! C'est encore plus que ce à quoi Microsoft peut prétendre. C'est pourquoi SAP, EMC veulent travailler avec nous, et pourquoi j'espère qu'Oracle et d'autres travailleront avec nous. Vous êtes aujourd'hui à la tête d'un nombre impressionnant de gammes de produits (PAO, retouche photo, édition vidéo, création Web, gestion documentaire...). Or il est difficile pour une entreprise de focaliser son attention sur tant de produits à la fois. Vous allez en privilégier certains, former des entités autonomes ? Nous avons de la chance dans la mesure où notre activité a crû très sainement. Sur les trois dernières années, notre chiffre d'affaires a connu une croissance annuelle moyenne de 23%, ce qui est beaucoup pour une société de notre taille. Nous avons aussi des produits qui sont très performants dans leur catégorie, très profitables, ce qui nous permet d'investir une partie des profits dans de nouveaux domaines. Et heureusement nous avons des actionnaires qui nous permettent de maintenir cette stratégie. A cause de tout ça, nous pensons que nous pouvons faire tout ce que nous faisons. C'est un problème, mais un beau problème à avoir. C'est bien mieux de se dire « j'ai tant d'opportunités différentes » que de s'interroger sur « où vais-je pouvoir faire de la croissance ? ». Aujourd'hui, je me pose plutôt des questions sur les moyens d'apporter davantage de valeur aux utilisateurs professionnels en mariant les technologies de Macromedia et d'Adobe. Nous pouvons ajouter de la vidéo aux workflows grâce aux connexions large bande, la photo continue d'être un domaine majeur pour nous, l'entreprise avec notre workflow pour des systèmes critiques, le webconferencing, etc. sont des points de focus pour nous, et en outre nous ferons en sorte que tout fonctionne sur le maximum de clients. D'autres acquisitions sont-elles prévues ? Non, ou éventuellement pour une technologie précise. Comme lorsque nous avons racheté l'année dernière Okyz, une petite société française pour sa technologie 3D [en fait en décembre 2004, NDLR] que nous avons incluse dans Acrobat. Il y aura donc certainement d'autres acquisitions de ce type*, mais il n'y a aucune volonté de procéder à une autre acquisition majeure. Voyez-vous la 3D comme un gros marché à cause de la sortie de Vista ? Non pas à cause de la sortie de Vista, tout simplement parce que les entreprises qui conçoivent des produits aujourd'hui font partie d'un vaste écosystème, et qu'elles ont besoin de trouver des moyens de collaborer plus efficacement. Beaucoup utilisent encore des impressions papier, et FedEx ou DHL pour les envoyer... La 3D dans PDF permet de proposer des solutions automatisées, tout en sécurisant le document, en lui associant des droits pour être sûr, par exemple, qu'un nouveau design ne sera pas dévoilé à la presse... Vous vous attaquez à un marché où la standardisation des formats est déjà en cours... Le problème est que chaque éditeur de CAD voit les autres standards comme quelque chose de propriétaire. Alors que notre technologie permet aux gens travaillant avec Solidworks, Bentley, Autodesk ou autre de collaborer. En outre les schémas 3D sont souvent accompagnés de feuilles de calcul, de documentation écrite... En packageant tout cela dans un PDF sécurisé, cela est bien plus efficace que d'envoyer de multiples fichiers. Nous ne voulons pas remplacer Catia, ou les workflows CAD, nous voulons les compléter, fournir une solution permettant aux gens de travailler ensemble. Sachant que le Reader est gratuit, et déjà présent sur les postes de travail. Et qu'il vous permet de manipuler le schéma 3D, de l'annoter, etc. Bien sûr, si vous voulez que votre partenaire puisse travailler sur ce schéma, le compléter, vous devrez rester dans la même application, pour ne perdre aucune information lors du passage par OpenGL. Mais dans la majorité des cas, vous n'avez pas besoin de cette exactitude. Avec l'acquisition de Macromedia, vous devez parler aujourd'hui aux développeurs, qui n'étaient pas jusqu'alors vos interlocuteurs naturels. Comment cela se passe-t-il ? Cela a toujours été une communauté de laquelle nous avions envie de nous rapprocher. Je pense qu'ils vous diront qu'ils sont surpris de voir à quel point nous les respectons, nous avons mis en place des programmes destinés aux développeurs, amélioré nos outils, livré des bêtas, des outils gratuits... Nous ferons en sorte de ne pas perdre leur support, c'est critique pour nous. Savez-vous combien de développeurs utilisent vos outils ? Je dirais qu'il y a plus d'un million de développeurs Flash. Payants, je veux dire, parce qu'il y en a bien plus qui l'utilisent sans payer... En Chine, par exemple, vous verrez beaucoup d'applications en Flash, mais très peu de ventes de licences. Je crois même qu'il s'est vendu plus de livres sur Flash que de licences... Au sujet de la fusion, quelles ont été les conséquences sociales ? Les opérations sont encore en cours, mais à la fin, nous devrions arriver à 650 à 700 postes supprimés, soit 10% de l'effectif global, la moitié de ces emplois concernant Macromedia, l'autre moitié Adobe. Il y avait beaucoup de postes redondants : avocats, comptables, responsables avant-vente faisant la même chose dans la même région... Il y avait par ailleurs beaucoup de situations où les compétences des gens ne correspondaient pas à ce que nous attendions dans une région précise. D'ailleurs, vous verrez sur notre site Web que nous recrutons plus de 400 personnes. La majorité des gens dont nous espérions qu'ils resteraient avec nous sont restés. Une fusion est toujours une chose difficile, mais cela s'est passée dans de bonnes conditions : les deux sociétés la souhaitaient, étaient en bonne santé, partageaient la même vision, nombre de clients et de distributeurs, avaient leur siège dans la même région, et les clients comme les analystes ont vu quelle valeur il y avait à fusionner. En plus, nous avons eu 9 mois pour la préparer, en attendant l'accord des autorités de régulation. Dernière question : vous avez mis en place une politique d'encadrement des blogs, pour les employés d'Adobe. Mais vous ne semblez pas en avoir un vous-même... Non, je lis les blogs, je ne participe pas, j'aimerais mais... En tant que CEO, si je me mettais à communiquer librement, je crois que ce serait un vrai désastre en termes de relations publiques. Parce que la plupart du temps je ne suis pas assez prudent dans la façon dont je dis les choses, et que cela pourrait être mal interprété. En plus, je ne suis pas très à l'aise à l'écrit, et je n'ai pas envie de passer du temps à me soucier de chaque mot que j'écrirais. Quel bilan tirez-vous de votre politique de blogging ? Excellent. Nous avons démarré l'été dernier, et aujourd'hui il y a énormément d'activité, tant en interne qu'en externe. Les clients en parlent. Nous les laissons les gens parler comme ils le veulent (en dehors des propos offensants, ou légalement inacceptables). Un mot de conclusion ? Avec cette explosion de contenus riches, le monde vient à ce qui constitue le coeur du métier d'Adobe. Il y a tant de choses que les gens doivent exprimer, sur tant de clients différents, qu'ils ont besoin d'Adobe aujourd'hui plus que jamais auparavant, et c'est sympa pour nous ! Si vous y réfléchissez un peu, nous avons révolutionné la façon dont le monde interagit avec l'information. Tout ce que vous regardez a probablement été touché par Adobe : le logo sur cette bouteille avec FreeHand, l'image sur le site Web avec Photoshop, la mise en page du journal peut-être avec PageMaker ou InDesign et certainement avec des fontes Adobe, l'animation sur le mobile en Flash, la mise en page sur le Web avec DreamWeaver ou GoLive, la vidéo avec Premiere ou AfterEffects... Et cela ira en s'intensifiant avec la volonté de partager de plus en plus l'information.