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Pourquoi Deepseek n'est toujours pas interdit en France

La start-up chinoise Deepseek est dans le collimateur de nombreux pays dont l'Italie en Europe. En France, la CNIL exige des explications sur sa gestion des données alors que plane une éventuelle menace sur la sécurité nationale.

La rédaction

Peu après son lancement, la plateforme suscite des inquiétudes quant à la gestion et au stockage des données personnelles,potentiellement accessibles aux autorités chinoises. Tandis que certains y voient une menace pour la sécurité nationale, d’autres redoutent des fuites d’informations sensibles. Si des pays comme l’Italie, la Corée du Sud ou Taïwan ont déjà coupé son accès, la France adopte une approche plus mesurée. Pour Paul-Olivier Gibert, président de l’Association française des correspondants à la protection des données, cette différence ne traduit pas un retard, mais une stratégie moins proactive que celle d’États comme l’Italie, qui avait déjà interdit le chatbot d’OpenAI en 2023 pour des raisons de confidentialité. « La France n'est pas en retard, seulement, certains pays comme l'Italie sont, pour l'instant, très en avance dans leurs réactions par rapports a d'autres », explique Paul-Olivier Gibert.

Une enquête en cours par la Cnil

Face aux inquiétudes grandissantes liées à l’intelligence artificielle chinoise, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) a annoncé que son département spécialisé en IA analyse actuellement l’outil. Depuis deux ans, l’organisme met en œuvre un plan d’action sur les bases d’apprentissage et les IA génératives.

Dans ce contexte, l'autorité de protection des données personnelles a récemment publié un ensemble de fiches informatives sur l'exercice des droits et la transparence des systèmes d'IA, qui s'appliquent également à Deepseek. La CNIL a demandé des précisions « afin de mieux cerner le fonctionnement de ce système d'IA et d’évaluer les risques liés à la protection des données », a-t-elle déclaré. L’autorité a sollicité des informations sur plusieurs aspects : « Nous avons demandé des détails concernant son développement, les données collectées, leur durée de conservation, la gestion des droits des utilisateurs ainsi que les mesures de sécurité mises en place », nous a indiqué un porte-parole de la commission. L'application dispose ainsi d'un mois pour fournir des réponses à ces questions. « À ce jour, aucun signalement ni plainte n'a été enregistré », précise l'organisme, ce qui peut expliquer encore une certaine prudence de la France à l'égard de la start-up chinoise par rapport à d'autres pays comme l'Italie, la Corée du Sud ou encore Taïwan et l'Australie qui ont interdit l'accès au LLM chinois.

Deepseek bientôt rattrapé par le RGPD ?

Le RGPD encadre strictement l’utilisation des données personnelles en Europe. Si Deepseek collecte ou stocke des informations sans respecter les principes de transparence et de consentement et porte atteinte à la vie privée, la CNIL pourrait alors imposer des sanctions. L’Arcom, chargée de la régulation des contenus audiovisuels et numériques, pourrait également intervenir si la plateforme génère des contenus illégaux ou nuisibles (propos haineux, incitation à la violence...), en ordonnant leur retrait ou en sanctionnant leur diffusion. Enfin, le gouvernement français, pourrait aussi invoquer - comme d'autres pays - des craintes pour la sécurité nationale, et décider d'en restreindre l’usage. En France plus qu'ailleurs, la patience semble bien être la mère de toutes les vertus...

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