A l’occasion de sa conférence Build 2026,qui s’est déroulée du 2 au 3 juin à San Francisco, Microsoft a bien évidemment focalisé l’attention sur l’IA, mais il a aussi apporté des évolutions pour les développeurs Linux. Il a ainsi dévoilé en preview la fonctionnalité open source Coreutils sur Windows 11 qui permet à d’exécuter de nombreuses commandes Linux nativement dans l’OS. Cette capacité a pour objectif de réduire ce que la firme de Redmond appelle « la charge mentale » à laquelle sont confrontés les développeurs quand ils passent d’une plateforme à une autre.

Actuellement, accéder aux utilitaires en ligne de commande Linux, considérés comme essentiels dans de nombreux environnements de développement CI/CD sous Windows, nécessite une solution de contournement : ouvrir une émulation comme Git Bash ou un terminal WSL (Windows Subsystem Linux) virtualisé. Ces deux solutions sont chronophages et inefficaces. Comme l'indique Microsoft : « Les développeurs passent constamment d'une plateforme à l'autre, mais les commandes familières ne fonctionnent pas toujours correctement, ce qui les oblige à trouver des solutions de contournement, entraîne une perte de vitesse et des changements de contexte fréquents.» Coreutils élimine les allers-retours entre les systèmes, permettant aux développeurs d'exécuter la plupart des commandes Linux directement depuis l'invite de commandes Windows (CMD), PowerShell ou le Terminal Windows. « Que vous passiez d'un environnement Linux à un autre (MacOS, WSL, conteneurs ou cloud), les commandes et les flux de travail que vous avez développés au fil des ans fonctionnent parfaitement dans votre environnement Windows », a déclaré l’éditeur.

Des commandes qui manquent à l’appel

Installé sous la forme d'un seul exécutable (via WinGet : `install Microsoft.Coreutils`), Coreutils pour Windows est une réécriture en Rust du projet GNU uutils/coreutils, offrant des commandes universelles pour toutes les distributions Linux. L'efficacité de gestion de Coreutils repose sur le fait que chaque commande Linux est exécutée à partir d'un exécutable multi-appels, mappé via des liens physiques NTFS pointant vers chaque commande. L'avantage de cette approche est qu'il n'y a qu'un seul binaire à installer, un seul à signer et un seul à corriger ou à mettre à jour. Microsoft recense 75 utilitaires Linux pris en charge par Coreutils, parmi lesquels des commandes courantes comme ls, cp, find, grep, rm, du, hostname et uptime.

Cependant, certaines commandes Coreutils entrent en conflit avec des commandes CMD ou PowerShell existantes, ou sont tout simplement inexécutables. Microsoft fournit un tableau de compatibilité répertoriant ces conflits. Ainsi, certaines commandes sont indisponibles, notamment : dir, expand, kill, more, timeout et whoami. D'autres commandes sont également absentes de Coreutils, car elles reposent sur une fonctionnalité POSIX Unix/Linux non compatible avec Windows ; c'est le cas, par exemple, de chmod, chown, id, stty et chroot. Dans certains cas, une commande s'exécutera dans CMD, mais pas dans PowerShell. Microsoft explique ce principe de priorité complexe : « L'exécution de la version de Coreutils dépend de l'interpréteur de commandes, de l'ordre des variables d'environnement PATH et, pour PowerShell, de la table des alias.»

Outre Coreutils, la conférence pour développeurs Build 2026 a également vu Microsoft annoncer WSL Containers CLI et API pour déployer des conteneurs Linux sur Windows, un framework pour les agents autonomes avec des outils de gouvernance open source, et Scout, un agent d'IA conçu pour automatiser les tâches dans Microsoft 365.