Les dirigeants d'Amazon Web Services ont fait une petite escale escale à Paris pour montrer et convaincre de l'intérêt du cloud public. Devant un auditoire en plein questionnement, Adam Selipsky, le vice-président des ventes et du marketing d'AWS, a été très didactique, en exposant tout d'abord l'historique de la société qui a vu le jour en 2006 en lançant une solution de stockage S3. Depuis, AWS comprend plus d'une trentaine de services, une présence sur 9 régions de manière redondante. Il s'est attiré la sympathie des responsables IT présents en annonçant 35 baisses de prix des services depuis 2006, « nous réduisons souvent le montant des factures, ce n'est pas souvent le cas dans l'IT » a-t-il ironisé. Par ailleurs, il a annoncé la création d'un club français des utilisateurs d'AWS.

Du SIG au calcul d'itinéraire pour RFF


Après cet aparté, le dirigeant est revenu sur les différents bienfaits du cloud public, transformation des Capex en Opex, élasticité, rapidité et agilité dans le développement d'applications. Pour souligner ces avantages, il a sollicité plusieurs témoignages d'entreprises françaises. La première est RFF, Réseaux Ferrés de France, établissement public en charge de la gestion du réseau ferroviaire dans l'Hexagone. Thierry de Vallois, directeur des programmes SI chez RFF expose les problématiques, « le premier objectif était de faciliter la connaissance par le grand public des projets ferroviaires. Puis un autre besoin plus ponctuel de calcul nous a amené à réfléchir sur l'intérêt du cloud ». Sur la première partie, l'organisme public dispose de relevés vectoriels et d'orthophoto et voulait les intégrer dans un site web avec la même expérience utilisateur que sur Mappy ou Google Map.

Au regard du volume de données, RFF a réalisé un POC en utilisant Bing Map de Microsoft pour les données d'arrière-plan sur le site et le SIG de l'établissement était hébergé sur AWS (EC2 et S3). En complément de ce projet, RFF a des besoins ponctuels de calcul sur les itinéraires. En effet, pour la gestion du trafic, l'organisme calcule l'itinéraire prévu des trains sur un an (environ 6 millions d'opérations de calcul) et cela quatre fois par an. « La question est doit-on mettre en place une architecture spéciale pour ces 4 fois par an ou doit-on passer par de la location de capacité de calcul dans le cloud », souligne le responsable. L'équation économique semble parler d'elle-même, 12 heures sur 10 serveurs sur AWS pour environ 100 dollars pour 6 millions d'opérations de calcul au lieu de 4 jours sur 1 serveur.

AWS, un deus ex machina pour Millesima


Autre témoignage, le DSI de Millésima, Pierre Alexandre Stanislas qui a fait part de ses expériences malheureuses avant de basculer chez AWS. Négociant en vin, Millesima a développé plusieurs sites de e-commerce au niveau mondial avec une plate-forme nommée Magento. Le DSI a indiqué qu'au démarrage de l'activité aux Etat-Unis l'option choisie a été de prendre un hébergement entrée de gamme, mais rapidement le succès grandissant a fait tomber le système. « On a compris alors que nous avions besoin d'une vraie équipe pour gérer cela » et le groupe s'est tourné vers un hébergeur physique. Celui-ci a proposé une solution qui était sous-dimensionné par rapport aux besoins, « trafic ralenti et pertes de commandes ont été au rendez-vous », assure Pierre Alexandre Stanislas. A cela s'ajoute un gros chèque pour sortir du contrat de 3 ans qui les liait au prestataire.

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Après cet épisode, le choix s'est porté sur « une grosse boîte avec des grosses machines dimensionnées parfaitement ». Oui mais voilà, un jour, le responsable reçoit un ticket d'alerte de piratage du système et deux solutions lui sont proposées « réinstaller complètement le système ou attendre 5 jours pour mettre en place une autre machine ». L'expérience s'est soldée par une interruption de service de 10 heures. Au final, l'intérêt pour le cloud a été naturel et des tests ont été réalisés sur deux « grands clouds ». Le choix s'est arrêté sur AWS en partenariat avec eNovance, « aujourd'hui, nous disposons d'une solutions évolutive avec une facture qui a baissé d'environ 30% », conclut le DSI.

La sécurité, une responsabilité partagée


Enfin, la matinée s'est terminée sur l'intervention de Bill Murray, responsable de la sécurité chez AWS. Il a qualifié la sécurité comme étant non pas la priorité numéro un de la firme, mais la priorité zéro. A chaque innovation, tout est pensé pour la sécurité des données et en assurer le contrôle. Un des principaux freins souligne le responsable est le sentiment de perte de contrôle des données quand elles migrent dans le cloud.



Bill Murray, GM sécurité chez AWS a tenté de dissiper les craintes sur la sécurité du cloud

Pour rassurer les participants, Bill Murray a égrené les différentes solutions avancées par AWS en matière de sécurité, les certifications, les possibilités de chiffrement avec des solutions tiers comme Trend Micro, la politique de destruction des données à la fin d'un contrat, etc. Il reste que la sécurité est une responsabilité partagée selon Bill Murray, « certaines actions et politiques sont du ressort de l'entreprise ». Il insiste notamment sur la nécessité absolue de chiffrer les données. Â