A l’occasion de la KubeCon Europe qui se déroule à Amsterdam du 23 au 26 mars, Broadcom a présenté sa stratégie visant à simplifier l’exploitation de Kubernetes pour les entreprises. Parmi les annonces, la version 3.6 de VSphere Kubernetes Service (VKS) comprend plusieurs améliorations. Elle cible les défis opérationnels une fois l’installation faite, c’est-à-dire les mises à niveau, la gestion du cycle de vie et l’optimisation des performances. Ces éléments deviennent souvent des points de tension lors du déploiement à grande échelle de Kuberenetes.
Plusieurs améliorations dans VKS
Parmi les évolutions, VKS 3.6 prend en charge la version actuelle de Kubernetes 1.35, l’extension des fenêtres de support du cycle de vie et l’amélioration des contrôles afin de réduire les perturbations liées aux mises à niveau. Par ailleurs, Broadcom introduit des options de mise en réseau plus flexible. Ainsi, il adopte le modèle « Apportez votre propre CNI » (container network interface), qui permet aux clients de sélectionner explicitement des interfaces telles qu'Isovalent (avec le projet Cilium basé sur eBPF) ou Tigera (projet Calico) lors de la création du cluster.
Pour adresser les problématiques liées à l’IA, le fournisseur a présenté des profils d’optimisation qui automatise les configurations de Kubernetes. Habituellement, les paramétrages des bases de données et des applications IA s’effectuaient de manière manuelle avec de potentiels risques d’erreur. Sur la partie OS, VKS supporte dorénavant Red Hat Enterprise Linux (RHEL). Concernant la fin du support du contrôleur open source Ingress NGINX, un composant largement utilisé pour la gestion des accès externes aux services Kubernetes, Broadcom pousse Avi Load Balancer de VMware comme solution de remplacement. Ce logiciel combine des fonctionnalités d'équilibrage de charge, de sécurité et d'observabilité, ainsi que des outils pour automatiser la migration.
Le projet Velero confié à la CNCF
Lors de la conférence, la société a indiqué que le projet open source Velero a été retenu pour intégrer le programme d’incubation Sandbox de la CNCF. Il s’agit d’un outil pour la sauvegarde et la restauration des ressources Kubernetes (les états du cluster, les configurations (secrets, Configmaps),…) et des données persistantes au niveau du cluster. A noter que ce projet s’appelait auparavant Heptio Ark en référence à Heptio, société acquise en 2019 par VMware. Le service est capable de planifier des sauvegardes, stocker les données dans le cloud et appliquer des politiques de rétention. De même, il est possible de migrer des workload entre les clusters, une fonction utile dans le cadre des plans de reprise d’activité. Velero est en concurrence avec d’autres solutions open source comme Stash ou des offres commerciales comme Kasten de Veeam ou TrilioVault.
En rejoignant la CNCF, le projet Velero trouve un terrain neutre pour séduire d’autres contributeurs que VMware et assurer sa pérennité. Au sein du programme Sandbox, il disposera d’un soutien juridique, un mentorat et une visibilité avant d'être potentiellement transféré dans un programme plus mature.