Dans le concert des fournisseurs disposant de la qualification SecNumCloud de l’Anssi, Cloud Temple est peut-être le plus discret. Les entretiens du Monde Informatique ont donc convié Christophe Lesur, directeur général pour en savoir un peu plus sur la société. Affichant 55 M€ de chiffre d’affaires en 2025 et employant 350 ingénieurs, la filiale de la SSII Neurones propose différents services (calcul, réseau, stockage, mais aussi de la sécurité, du Kubernetes as a service et de l’IA générative) labellisés SecNumCloud. Côté clients, le dirigeant précise qu’aujourd’hui le secteur public ne représente que 15% de son activité. La plus forte demande vient des entreprises privées qui ont des besoins de garantie de sécurisation de leur supply chain et de protection face aux risques géopolitiques. La question de la souveraineté est un accélérateur pour Cloud Temple qui table sur une croissance de 30% de ses revenus sur les 18 prochains mois. Le fournisseur doit cependant relever le défi de la notoriété face à des acteurs plus importants ce qui rassurent les grandes entreprises. Un challenge qui passe par des partenariats avec Thales, Atos, Capgemini, CGI. Christophe Lesur est aussi revenu sur la signature d’un accord avec SFR Business pour fournir un cloud de confiance à l’opérateur. Ce contrat avance avec des premiers clients en phase pré-migration. Interrogé sur le remplacement du cloud Agility de SFR, le dirigeant renvoie la réponse à l’opérateur tout en soulignant que le ticket d’entrée pour obtenir le label SecNumCloud est assez élevé (plusieurs millions d'euros) et qu’avec Cloud Temple, SFR peut fournir des services qualifiés plus rapidement.
Sur le Health Data Hub, le fournisseur de cloud est naturellement candidat au dernier appel d’offres lancé par l’Etat pour l’hébergement complet des données de santé. Il travaille déjà dans ce domaine en hébergeant le SI du Samu, l’Etablissement français du sang,… Concernant l’intelligence artificielle, la société propose du LLM as a service avec une tarification simple et sans engagement. Par ailleurs, elle met à disposition des outils pour développer des applications comme de la mémoire à long terme via une solution open source Graphmemory ou des corpus de connaissance tels que celui de Legifrance. Dans sa feuille de route, Cloud Temple compte commercialiser dès cet été des VM as a service labellisé SecNumCloud pour des besoins de calcul temporaires comme dans le cadre de l’IA souligne Christophe Lesur. Jusque là les clients étaient obligés de payer pour des serveurs physiques (cloud privé) sans possibilité de mutualisation. Un service qui bénéfice d’une qualification accélérée de l’Anssi, car il s’agit d’une extension de la capacité de calcul déjà certifié SecNumCloud, précise le dirigeant. Sur la partie européenne, Cloud Temple constate les aléas d’EUCS et a orienté sa stratégie en demandant des certifications locales. Il dispose déjà de la qualification C5 du BSI en Allemagne, elle est en cours en Espagne (ESN de l’ENAC) et elle débute en Italie (en 2027), avant la Belgique et les Pays-Bas. Enfin dans les prochains mois, Cloud Temple devrait accélérer sur l’IA avec le lancement d’une plateforme agentique.