Alors que la NASA prépare la transition de la Station spatiale internationale (ISS) vers des stations commerciales en orbite basse, leurs concepteurs anticipent un changement de modèle : des équipages plus réduits et des séjours plus courts. Honda et Redwire cherchent donc à automatiser une partie de ces opérations. Leur concept combine la main robotique multifonctionnelle de Honda avec le bras robotique STAARK de Redwire et des infrastructures dédiées aux expériences scientifiques.
16 articulations et 288 capteurs tactiles
La pièce maîtresse développée par Honda est une main robotique à plusieurs doigts conçue pour reproduire certaines capacités de manipulation d’une main humaine. Elle dispose de 16 articulations motorisées, d’une vitesse maximale continue de 180 degrés par seconde et peut exercer jusqu’à 50 newtons de force au bout des doigts pendant 150 secondes. Honda indique également avoir réalisé plus de 450 000 cycles d’essais d’endurance, dont 24 000 avec une charge correspondant au levage d’un poids de 5 kg.
La perception constitue un autre élément clé, la main embarque des capteurs de force à six axes au niveau des extrémités des doigts, auxquels s’ajoutent 288 canaux de capteurs tactiles répartis dans les doigts et la paume. Ce dispositif permet de détecter précisément les contacts et d'ajuster la manipulation. Honda a notamment démontré des opérations comme enfiler une aiguille, serrer une petite vis, manipuler un boulon ou utiliser des ciseaux.
Du bras STAARK à la manipulation d’échantillons
La main seule ne suffit cependant pas à couvrir l'ensemble d'une station. C'est pourquoi Honda envisage de l'associer au bras robotique STAARK de Redwire, conçu pour assurer la portée et le positionnement nécessaires aux opérations en orbite. Des essais de Redwire ont notamment montré la capacité de STAARK à suivre et saisir de manière autonome des objets en mouvement.
L’association des deux technologies doit permettre de couvrir davantage d’étapes d’une expérience scientifique. Le bras pourrait déplacer le matériel et positionner la main devant un poste de travail, tandis que celle-ci effectuerait les manipulations nécessitant davantage de précision. Le système pourrait ainsi intervenir dans le transfert d’échantillons, la manipulation de petits objets ou encore l’utilisation d’équipements de laboratoire.
Une réponse aux contraintes des conditions orbitales
Selon Honda, l'enjeu tient aussi à l’évolution du fonctionnement des futures stations commerciales. À mesure que la NASA prépare la transition de l’ISS vers des infrastructures privées en orbite basse, celles-ci sont conçues avec des équipages plus réduits et des séjours astronautiques plus courts. Dans ce contexte, Honda estime que l’automatisation pourrait contribuer à prendre en charge une partie des opérations de recherche et des tâches de laboratoire.
Le constructeur cite notamment la récupération d’expériences, le transfert d’échantillons, la manipulation d’équipements ou encore le déplacement de matériel entre différents postes de travail. Dans son communiqué, Honda considère que ces opérations courantes mobilisent aujourd’hui du temps d’équipage et qu’un système robotique pourrait en réduire la charge. L’objectif avancé par le groupe est ainsi de permettre une utilisation plus importante des infrastructures de recherche, tout en limitant le temps consacré par les astronautes à certaines opérations de routine.
Pour l'heure, il ne s'agit toutefois pas encore d'un robot déployé dans une station spatiale. Honda et Redwire présentent une solution en cours d'évaluation. Les deux entreprises doivent notamment échanger avec des développeurs de stations commerciales lors du Congrès international d'astronautique 2026, organisé du 5 au 9 octobre à Antalya, en Turquie.