« La souveraineté numérique n’est pas un programme ni une posture, c’est une boussole », affirme Anne le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique dans son discours inaugural des 1res rencontres de la souveraineté numérique à Bercy. Elle rappelle les différentes dépendances technologiques actuelles : composants, cloud, logiciel. « Ce n’est plus acceptable, car cela entraîne des risques de sécurité et économiques pour les entreprises et les ». Encore faut-il disposer d’outils pour connaître et évaluer cette dépendance.
L’indice de résilience numérique se dévoile
Dans ce cadre, le gouvernement a présenté deux initiatives autour de cette problématique. La première est le lancement de l’indice de résilience numérique (IRN). En gestation depuis l’été dernier, cet outil a été créé par Yann Lechelle, directeur général de Probabl, David Djaïz, dirigeant du cabinet Ascent Partners et Arno Pons, délégué général du Think Tank Digital New Deal. Pour élaborer cet indice, ils ont travaillé avec l’ensemble de l’écosystème, éditeurs comme Docapost, entreprises comme RTE ou Ouest France et administration via la Caisse des dépôts.
Dans le détail, l’indice comprend 20 critères : cybersécurité, connectivité, compétences, plateformes, data, l’infrastructure,… À ces critères sont associées des catégories de dépendances, opérationnelles, réglementaires, technologiques, stratégiques… « Nous avons constaté que, dans l’agenda des comex les questions géopolitiques devenaient plus importantes. Ils veulent savoir si les fournisseurs et prestataires sont soumis à des lois extraterritoriales et peuvent éteindre le bouton, le fameux kill switch », souligne David Djaiz. En fonction des réponses aux actions entreprises sur les différents critères et catégories, une note entre 0 et 5 est attribuée. « Si la résilience est documentée, on attribue 1 point, si des moyens ont été positionnés, 3 points, si la résilience est prouvée avec des tests avec des résultats, vous avez 5 points », explique le responsable. Le score total est basé sur 100 points, « un seuil minimal qui reste encore à définir permettra d’obtenir le label IRN », assure-t-il.
Lancement de l’observatoire sur la souveraineté numérique
L’autre initiative est la mise en route de l’observatoire sur la souveraineté numérique. Confié au Haut-commissariat à la stratégie et au plan, il a pour but de produire un diagnostic des dépendances numériques sur la base de données existantes, de cas d’usages, de l’IRN,… Un questionnaire va être distribué auprès des entreprises de toutes tailles et des administrations (centrales et territoriales) dès la fin du mois de janvier. Il adressera différentes thématiques, cloud, IA, data,… et plusieurs critères, comme le niveau de criticité, le caractère européen ou non des solutions, les leviers d’indépendance et l’existence de solutions européennes alternatives.
Les réponses sont attendues avant la fin février pour une restitution au printemps 2026, souligne Clément Beaune. « Nous aurons ainsi un panorama des dépendances numériques dans les secteurs critiques », glisse-t-il. Un moyen aussi de connaître et de synthétiser l’ensemble des solutions alternatives françaises et européennes pour orienter les achats du secteur public et privé. Anne le Hénanff a d’ailleurs rappelé que si la commande publique était importante, les efforts devaient venir aussi du secteur privé (grands comptes, ETI et PME-PMI) pour soutenir la commande d’outils français.