L’adoption de l’IA en entreprise avance à marche forcée, mais la préparation des effectifs peine à suivre, selon une étude de Kyndryl. Seuls 23 % des dirigeants interrogés estiment que leur entreprise est aujourd’hui capable de soutenir l’IA à grande échelle. Pourtant, les déploiements progressent rapidement : 57 % des entreprises déclarent avoir largement adopté l’IA ou l’avoir intégrée à leurs processus métier clés, tandis que 77 % ont étendu l’usage de l’IA générative à plusieurs fonctions.
Le rapport 2026 People Readiness met en évidence un écart croissant entre l’accélération technologique et la capacité des entreprises à accompagner cette transformation. Les entreprises qui repensent les rôles, investissent dans la montée en compétences de leurs collaborateurs et structurent des programmes de conduite du changement sont davantage susceptibles d’obtenir des gains métiers et des résultats en matière d’innovation grâce à l’IA. « Nous vivons un moment décisif pour les entreprises du monde entier qui se précipitent pour adopter l’IA, repenser leurs flux de travail et stimuler l’innovation, tout en constatant que leur principal atout, leurs collaborateurs, nécessite davantage d’attention », a déclaré Kim Basile, DSI de Kyndryl, dans un communiqué. « Les données montrent que les organisations qui investissent dans les personnes, qu’il s’agisse de repenser les rôles et les processus, de consacrer des ressources à la montée en compétences et à la reconversion, ou encore d’accompagner les salariés dans le changement, obtiennent des résultats positifs à un taux nettement supérieur. »
La préparation des effectifs, un facteur clé de réussite avec l’IA
Les entreprises interrogées ont évalué leur niveau de préparation à l’IA à travers plusieurs dimensions. Seules 35 % estiment disposer d’une infrastructure informatique prête à soutenir les usages de l’IA, tandis qu’un quart considère que leur culture d’entreprise est suffisamment mature. La préparation des fonctions de gouvernance et de conformité apparaît encore plus limitée, avec seulement 23 % des répondants se déclarant prêts sur ce volet. Les perspectives sont toutefois plus optimistes à court terme. D’ici la fin de l’année, 36 % des organisations s’attendent à ce que les compétences de leurs collaborateurs et leurs structures de rôles soient pleinement adaptées à l’IA. Par ailleurs, 33 % prévoient d’avoir atteint un niveau de maturité suffisant en matière de culture organisationnelle et de conduite du changement.
Basé sur une enquête menée auprès de 1 100 dirigeants métiers et responsables technologiques dans huit pays, le rapport souligne que la préparation des effectifs devient un facteur déterminant de réussite à mesure que les entreprises dépassent la phase d’expérimentation de l’IA pour rechercher des bénéfices métiers mesurables. Dans ses travaux, Kyndryl a identifié un petit groupe d’organisations, représentant seulement 9 % des répondants, qu’il qualifie de « précurseurs » (pacesetters). Ces entreprises ont investi dans la préparation des collaborateurs tout en repensant les emplois et les processus autour de l’IA. Elles étaient 1,5 fois plus susceptibles de déclarer une croissance des revenus liée à l’IA et 1,6 fois plus susceptibles d’obtenir des résultats en matière d’innovation que les autres répondants. Près de 80 % des personnes interrogées estiment que le rythme d’adoption de l’IA risque de dépasser la capacité de leur organisation à adapter ses effectifs, ses structures de gouvernance et son modèle opérationnel. Comme le souligne le rapport, la plupart des dirigeants considèrent que relever ces défis « sera plus complexe que ceux liés au code et à la puissance de calcul ».
Les bénéfices attendus de l’IA restent encore difficiles à atteindre
Les entreprises peinent également à atteindre les résultats qu’elles attendent le plus de l’IA. L’amélioration de l’efficacité opérationnelle et de la productivité demeure la priorité numéro un, citée par 34 % des répondants. Viennent ensuite la modernisation informatique (27 %), l’amélioration de la gestion des risques et de la sécurité (25 %), l’innovation métier (25 %) et la croissance des revenus générée par l’IA (24 %). Pourtant, seules 32 % des entreprises déclarent avoir atteint au moins l’un de leurs deux principaux objectifs, et seulement 11 % affirment avoir atteint les deux. L’amélioration de l’efficacité opérationnelle et de la productivité est le résultat le plus fréquemment rapporté, cité par 38 % des répondants. En comparaison, les entreprises sont beaucoup moins nombreuses à signaler des résultats tels qu’une croissance des revenus liée à l’IA (14 %), une modernisation informatique (13 %) ou l’innovation dans de nouveaux produits et services (11 %).
De nombreuses organisations attribuent ces difficultés à des problèmes de compétences et de talents. Près de la moitié des répondants (49 %) identifient les lacunes en matière de compétences et de talents comme un obstacle majeur à l’exécution de leur stratégie IA, juste derrière les préoccupations liées à la cybersécurité (52 %). En outre, 52 % indiquent qu’il est devenu plus difficile au cours de l’année écoulée de recruter des collaborateurs possédant les compétences nécessaires pour soutenir leur stratégie IA. Le rapport de Kyndryl révèle également que 94 % des répondants estiment que l’IA rendra plus efficace la montée en compétences des salariés actuels que le recrutement de talents externes. « La capacité de l’IA à transformer le travail pousse les organisations à faire évoluer leur main-d’œuvre plus rapidement que jamais », a déclaré Mark Paulek, directeur des ressources humaines de Kyndryl, dans un communiqué. « Les dirigeants qui prennent de l’avance sont ceux qui alignent les compétences, les rôles et les processus de décision sur l’évolution réelle du travail. »