Lancée le 26 juin 2026 par Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises en présence de Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique la troisième édition de l’Observatoire des relations entre start-ups IT et grands comptes marque une nouvelle étape dans la montée en puissance du dispositif. Loin de se limiter à un suivi des achats innovants, cette phase élargit nettement le périmètre d’analyse pour intégrer d'autres enjeux comme la souveraineté, l'IA et la transformation des entreprises.
Créé dans le cadre de l’initiative French Tech « Je choisis la French Tech », l’Observatoire s’est imposé en quelques années comme un instrument central de mesure des relations entre start-ups et grands donneurs d’ordre publics et privés. Ses deux premières éditions (2021-2022 puis 2023-2024) avaient permis de documenter une progression des achats innovants et une intensification progressive des coopérations. Mais ces bilans avaient également mis en lumière des freins. C’est précisément à partir de ces constats que la troisième édition entend faire évoluer son cadre d’analyse.
Des critères liés à la souveraineté et à la diffusion de l'IA
L'enquête, dont les résultats seront remis en 2027, introduit plusieurs évolutions majeures dans les critères suivis. Le premier concerne la souveraineté numérique et technologique, désormais analysée comme un objectif à part entière. L’enjeu n’est plus uniquement de mesurer le volume d’achats réalisés auprès de start-ups, mais d’évaluer dans quelle mesure ces choix contribuent à renforcer l’autonomie technologique et les chaînes de valeur européennes.
Deuxième axe structurant : la diffusion de l’IA dans les organisations publiques et privées. L’Observatoire cherche désormais à mesurer non seulement l’adoption des solutions issues des start-ups, mais surtout leur capacité à passer du stade expérimental au déploiement à grande échelle, un point identifié comme un frein récurrent lors des précédentes éditions. Troisième évolution : une analyse élargie des écosystèmes économiques, avec une attention renforcée portée aux relations entre start-ups et PME, afin de mieux comprendre les effets d’entraînement dans les chaînes de valeur. Enfin, le dispositif met davantage l’accent sur la transformation des pratiques d’achat dans les grands groupes et administrations, en intégrant des critères liés à la maturité des directions achats, à l’intégration de l’innovation dans les appels d’offres et à la structuration des dispositifs internes de collaboration avec les start-ups.
Ce que les éditions précédentes ont déjà révélé
La première édition, publiée en 2023, avait dressé un état des lieux d'une relation encore en construction. Elle montrait que les collaborations entre jeunes sociétés et grands comptes reposaient souvent sur des initiatives isolées et demeuraient très variables d'une entreprise à l'autre. Les principaux freins identifiés concernaient alors la complexité des procédures, le manque de visibilité sur les interlocuteurs ou encore des délais de contractualisation peu adaptés au rythme de croissance des jeunes entreprises.
Deux ans plus tard, la deuxième édition a confirmé une dynamique positive. Les achats innovants ont progressé, notamment dans le secteur public, tandis que plusieurs grands groupes privés ont renforcé leurs dispositifs d'innovation ouverte et augmenté leurs achats auprès des start-ups. Pour autant, le rapport soulignait que cette évolution demeurait inégale. L'accès aux grands comptes reste difficile pour une part importante des start-ups et les collaborations les plus structurées demeurent concentrées chez un nombre limité d'acteurs. Les difficultés à passer d'une phase pilote à un déploiement industriel, ainsi que la rigidité des processus achats, continuent notamment de ralentir l'adoption des innovations.