Après une carrière largement menée aux Etats-Unis, notamment chez Meta dont il occupait le poste de vice-président et directeur scientifique de la recherche en IA, le chercheur français Yann Lecun (prix Turing) lance la start-up nommée AMI (advanced machine intelligence) Labs. Elle a été co-fondée avec plusieurs autres personnes dont Pascale Fung (directrice de la recherche et de l'innovation et ex Deepmind), Saining Xie (directeur scientifique et ex Meta) et Laurent Solly (directeur des opérations te ancien vice-président Europe de Meta). Elle est spécialisée dans le développement de modèles pour l'IA physique ou world models. Aujourd'hui, la société annonce une première levée de fonds d'un montant de 890 M€ avec des investisseurs internationaux et français. On retrouve ainsi Cathay Innovation, Greycroft, Hiro Capital, HV Capital et Bezos Expeditions. Mais aussi, Toyota Ventures, Nvidia, l'Association Familiale Mulliez, le GIM Marcel Dassault, Sea et Alpha Intelligence Capital, ou encore Eric Schmidt, Xavier Niel, Publicis Groupe, Samsung, Bpifrance Digital Venture, Tim & Rosemary Berners-Lee... 

Basée à Paris (mais impossible à trouver sur le registre du commerce) et disposant de relais à New York, Montréal et Singapour, AMI Labs développe des systèmes IA qui se différencient des LLM par leur capacité à comprendre le monde réel en étant doté d'une mémoire persistante, de capacités de raisonnement et de planification tout en étant contrôlables et sûrs, explique la société dans son communiqué. « Avec ce genre de modèle, on peut produire une séquence d'action pour faire accomplir une tâche au système [...] Je crois au fait qu'à terme on arrivera à des systèmes qui sont aussi intelligents que les humains dans tous les domaines et probablement meilleur dans pas mal d'autres. Je ne pense pas que l'on pourra arriver à ce niveau d'intelligence au travers des LLM mais plus avec les world model », expliquait en février dernier Yann Lecun, président d'AMI Labs, à notre confrère BFM Business. Avec cet investissement, AMI Labs va se concentrer sur la R&D et sur l'achat de capacité de calcul pour faire tourner ses modèles. 

Des anciens de Meta en renfort

En parallèle de l'annonce de cette levée, on apprend également la nomination au poste de directeur général d'AMI Labs d'Alexandre Lebrun, qui a également fait une partie de sa carrière chez Meta en développant en particulier M, son assistant IA. Le dirigeant a aussi à son actif le développement de plusieurs autres technologies comme les chatbots (Virtuoz), la compréhension du langage naturel (Wit), Nabla (assistant IA dans le domaine de la santé).

Concernant le futur de l'IA, Alexandre Lebrun est bien sur la même longueur d'onde que Yann Lecun : « Les usines, les hôpitaux et les robots fonctionnant dans des environnements ouverts exigent une IA capable de saisir la réalité. Et la réalité n'est pas tokenisée : elle est continue, bruyante et multidimensionnelle. Malgré leur immense puissance, je ne pense pas que les architectures génératives soient la voie à suivre pour parvenir à cette véritable compréhension. Il est temps de dépasser les raccourcis et de travailler sur une solution fondamentale », explique dans un post Linkedin Alexandre LeBrun. A noter également la présence de Michael Rabbat, ancien responsable de la recherche chez FAIR, le laboratoire d’intelligence artificielle de Meta. Il occupe le poste de vice-président en charge des world models.