Lancée officiellement fin 2025 – mais en mode stealth depuis deux ans – une jeune pousse française spécialisée dans l'observabilité commence à se faire connaitre. Tsuga a été co-fondée par Gabriel-James Safar (président) et Sébastien Deprez (directeur général et CTO), qui ont respectivement occupé les postes de directeur senior produits et de manager senior de l’ingénieur chez Datadog. Sortis du giron de leur ancien employeur, les deux anciens camarades d’université ont démarré leurs propres projets. “La première start-up que nous avons créé n’a pas marché et la deuxième, Matumbo spécialisée dans le testing, a été rachetée en 2018 par Datadog”, explique Gabriel-James Safar. Le troisième essai sera le bon : basée à Paris et brièvement incubée chez HEC à Station F, Tsuga a démarré son activité sur les chapeaux de roue et levé fin 2025, un an après sa création environ, 10 M€ dans un tour d’amorçage mené par General Catalyst avec le soutien de Singular, de Piqus et de Bpifrance. “Nous n’avions pas forcément besoin de cash et ce n’était pas prévu mais les conditions étaient bonnes et nos investisseurs ont voulu apporter encore plus de valeur dans notre projet auquel ils croyaient”, poursuit Gabriel-James Safar.
Des recrutements en France et dans le monde
La société vient ainsi de réaliser un dernier tour de table (serie A) approchant 31 M€ (35 M$). En plus de General Catalyst, Singular, et du fonds allemand Picus Capital, le britannique Quantum Light ainsi que Databricks Ventures ont mis au pot. Avec cette levée, Tsuga compte accroitre ses équipes d’ingénieurs, une vingtaine aujourd’hui, pour atteindre 60 d’ici un an, pour développer sa solution. “Si l’IA aide les développeurs à aller plus vite, il faut des ingénieurs pour traiter tout cela”, assure Gabriel-James Safar. Les équipes commerciales vont aussi grandir, passant aussi de 25 à une cinquantaine. En tout, les effectifs de Tsuga devraient passer d’une quarantaine actuellement à près de 120 en 2027. Les recrutements d’ingénieurs se feront en France, mais pour les commerciaux ce sera surtout au-delà des frontières de l’Hexagone : Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Allemagne, Suisse, Moyen-Orient (Dubai), Etats-Unis ... sachant qu’il est aussi prévu d’ouvrir le terrain de chasse à l’Espagne ou à l’Italie prochainement.
Anaylyse des dysfonctionnements et root cause sont des composantes clés de la solution d'observabilité Tsuga. (Crédit Tsuga)
Bring your own cloud et gros volumes de télémétrie IA en points forts
Aujourd’hui, la start-up en observabilité des infrastructures cloud et IA séduit à la fois les investisseurs que les entreprises avec des références clients qui se multiplient un peu partout dans le monde. “On se différencie par une modalité de déploiement qui se fait uniquement dans l’infrastructure de nos clients et la capacité à gérer de très grands volumes de données de télémétrie issus des agents IA”, fait savoir Gabriel-James Safar. “Nous avons développé l’ensemble de la stack d’un point de vue technique pour améliorer les taux de compression, la vitesse du réseau, la qualité du processing pour être le plus efficace possible.”
D’après Tsuga, le modèle de déploiement “bring your own cloud” s’avère particulièrement adapté pour les entreprises ayant des contraintes de gouvernance et des enjeux de souveraineté importants pour maitriser et garder la main sur la localisation des données de télémétrie issues d’applications critiques pour elles. Cela a, par exemple, été le cas pour un client sud-américain de la start-up qui ne voulait pas que la télémétrie associée à son système de paie sorte en dehors de son périmètre IT. “Les données de télémétrie ne nous appartiennent pas et si le client veut les garder trente jours au lieu d’un jour, il ne paiera pas plus cher car la tarification est uniquement basée au volume”, souligne Gabriel-James Safar. Tsuga revendique déjà plusieurs millions d’euros de revenus récurrents, un démarrage commercial rapide avec des clients comme Le Monde en France, Black Forest Labs (spécialisée dans la génération d’images) en Allemagne, ou encore la start-up biotech Hypocratic AI au Etats-Unis.