Comment se sont portés les investissements dans les start-ups IT en France sur l’année écoulée ? Le cabinet EY s’est penché sur la question et, au regard des chiffres présentés dans l’édition 2025 de son baromètrele bilan n’est pas très bon. « Les investissements dans les start-ups de la French Tech restent fébriles », annonce EY. Et pour cause : ils ont reculé de 5 % d’une année sur l’autreà 7,39 Md€ contre 7,77 Md€ en 2024 et 8,32 Md€ en 2023, sachant que le nombre d’opérations de financement ont également reculé (618 opérations en 2025 contre 723 un an auparavant). Pire encore : sans la levée de fonds d’1,7 Md€ de Mistral, les investissements auraient chuté de 26 %.

Sur l’année écoulée, quelques levées de fonds sortent du lot : de la biotech Adcytherix (105 M€), du spécialiste de l'informatique quantique Alice&Bob (100 M€) et de la fintech Knave (100 M€). Par secteurs d’activité, celui des logiciels est arrivé en tête des principaux bénéficiaires d’argent frais (3,31 Md€, en hausse de 9,1 % sur un an, avec 215 opérations contre 201 en 2024). Largement devant la Greentech (1,03 Md€ en baisse de 46 % pour 105 opérations), les sciences de la vie (975 M€ en hausse de 20 %, 104 opérations), les technologies (896 M€ en hausse de 71 %, 71 opérations), et la Fintech (478 M€ en baisse de 11 %, 50 opérations). En termes de répartition régionale, l’Ile-de-France arrive – sans surprise – en tête en s’accaparant 74 % des investissements en valeur, loin devant l’Auvergne Rhône-Alpes (7,3 %), et l’Occitanie (4,3 %). A l’échelle européenne, la France a cependant fait un peu mieux que l’Allemagne (7,2 Md€ de financements pour 464 opérations), mais est largement derrière le Royaume-Uni (20,04 Md€ pour 1 290 opérations).

89 % des financements de start-ups IA captés par les Etats-Unis

Dans son baromètre, EY s’est par ailleurs intéressé aux levées de fonds des start-ups IAComme on pouvait s’y attendre, ce sont les Etats-Unis qui ont fait la course en tête en concentrant 89 % des opérations de financement en valeur, soit 97 Md$, en très nette hausse (+154 %) d’une année sur l’autre. « Si l’Europe ne capte encore que 5 % des investissements en IA (5,9 Md$), elle affiche néanmoins une progression de 43 % », fait savoir EY. « L’IA n’est plus un secteur : c’est le carburant des stratégies ». Au niveau européen, fort de la levée record de Mistral, la France a totalisé 2,1 Md$ d'investissements dans ce domaine pour 24 opérations, devant le Royaume-Uni (1,2 Md$, 92 opérations), et l’Allemagne (940 M€, 56 opérations).

« Le capital-risque entre dans une ère de recomposition accélérée, portée par l’IA générative qui redéfinit les règles du jeu. Dans ce contexte, agilité et anticipation seront les clés pour saisir les opportunités et faire émerger les licornes de demain », conclut le rapport.