Initialement prévue pour décembre 2025, puis repoussée à plusieurs reprises, d’abord à février, puis mars, et désormais avril 2026, Teams doit recevoir une fonctionnalité de mise à jour automatique du statut de localisation, selon la feuille de route Microsoft 365. Microsoft explique que lorsque les utilisateurs se connectent au WiFi de leur entreprise, Teams pourra automatiquement mettre à jour leur lieu de travail afin de refléter le bâtiment dans lequel ils se trouvent. La fonction - complémentaire de l'indicateur de présence en ligne - restera désactivée par défaut : les administrateurs devront décider de l’activer et les utilisateurs finaux donner leur consentement.
Microsoft détaille dans sa documentation la mise en œuvre de cette détection automatique, qui s’appuie sur sa solution Places - sa solution de gestion du travail hybride basée sur l'IA - pour refléter la présence des salariés sur site. Le système utilise deux informations : le lieu de travail prévu, que l’utilisateur indique à l’avance dans Outlook ou Teams, et le lieu de travail réel, détecté automatiquement ou confirmé par l’utilisateur grâce à un enregistrement de présence (« check-in »). Objectif : apporter aux équipes une vue précise et dynamique de la présence sur site. Une fois activée, l’emplacement de travail peut être mis à jour par deux moyens : la connexion à un réseau WiFi d’entreprise ou à un périphérique de bureau tel que des moniteurs et des appareils avec des fonctionnalités audio et vidéo, sachant que la prise en charge des stations d’accueil et des webcams sera bientôt disponible. Par ailleurs, les administrateurs peuvent choisir d’utiliser l’un ou l’autre des moyens de détection de présence sur site, voire les deux pour améliorer la précision de la localisation.
Un consentement utilisateur obligatoire
La société insiste sur le volet confidentialité. La fonction reste désactivée par défaut et nécessite un opt-in explicite côté utilisateur via le client Teams sur Windows ou macOS. Les administrateurs ne peuvent pas forcer ce consentement. Plusieurs prérequis techniques sont également nécessaires : le partage de localisation doit être activé dans le système d’exploitation et dans Teams, une politique de détection du lieu de travail doit être déployée, et les bâtiments et espaces configurés au préalable dans Places. La localisation détectée restera active jusqu’à la fin des heures de travail définies par l’utilisateur. Côté IT, l’activation passe par la création d’une politique dédiée dans Teams, généralement via PowerShell, puis son affectation aux utilisateurs concernés. Cette étape déclenche la demande de consentement dans le client. Microsoft recommande d’attendre entre 24 et 48 heures après configuration pour que les paramètres se propagent avant de procéder aux tests.
Sur le papier, cette fonctionnalité vise à fluidifier la collaboration dans les environnements hybrides. Elle donne la possibilité aux membres d’une organisation Teams de savoir plus facilement quels collègues sont présents sur site et dans quel bâtiment, facilitant la planification de réunions physiques ou les échanges informels. Mais cette visibilité accrue pourrait également susciter des inquiétudes. Le suivi automatique de la présence peut être perçu comme un outil de surveillance des déplacements des collaborateurs. Certaines entreprises pourraient être tentées de l’utiliser pour vérifier le respect des politiques de travail hybride, suivre la présence au bureau ou analyser les horaires d’arrivée, soulevant des questions sur l’acceptabilité et la vie privée des collaborateurs.