OpenAI lance GPT-6 Astra avec l’ambition d’en faire son modèle le plus puissant à ce jour. Cette annonce s'inscrit dans une semaine extrêmement dense pour l'intelligence artificielle : après l'annonce des nouveaux modèles d'Anthropic le 1er septembre, plusieurs autres acteurs du secteur ont multiplié les lancements. Un rythme qui témoigne d’une compétition de plus en plus intense autour des modèles capables d’agir, et plus seulement de répondre.
Un successeur conçu pour agir
Par rapport à GPT-5.6 Sol, Astra franchit surtout un cap dans l’IA agentique. Le modèle peut utiliser un ordinateur, naviguer sur Internet, remplir des formulaires, manipuler des tableurs ou encore produire des documents. Lors des démonstrations d'OpenAI, Astra aurait notamment trouvé un logement en dix minutes contre six heures pour un testeur humain, rédigé un contrat juridique et conçu un jeu en 3D.
OpenAI revendique également des progrès importants sur les tâches complexes et longues. Selon les chiffres de l’entreprise, sur le benchmark OSWorld, qui évalue l’utilisation de logiciels, Astra atteint 72,6 %, tout en réalisant les tâches environ 47 % plus rapidement que son prédécesseur. Sur ARC-AGI-3, OpenAI revendique 98,6 %, contre 7,8 % pour GPT-5.6 Sol. Ces résultats restent toutefois des performances communiquées par OpenAI et devront être confrontés à des évaluations indépendantes.
Une IA plus autonome et plus risquée
Cette autonomie s’accompagne de nouveaux risques. En effet, OpenAI classe Astra au niveau « critique » en cybersécurité, une première pour l’entreprise. Ses évaluations indiquent que le modèle peut découvrir des vulnérabilités inconnues et élaborer des chaînes d’exploitation contre des systèmes protégés, sans guidage humain à chaque étape tout en restant indétectable. L’entreprise affirme avoir identifié plusieurs vulnérabilités inédites lors de ses tests et les avoir signalées aux éditeurs concernés.
Cette classification « critique » ne signifie toutefois pas que ces capacités sont librement accessibles, les fonctions d’exploitation de vulnérabilités d’Astra sont verrouillées derrière le programme Daybreak, réservé aux organisations partenaires d’OpenAI, tandis que les utilisateurs standards, y compris les abonnés payants, n’y ont pas accès et peuvent même voir certaines tâches bloquées si elles sont susceptibles de mobiliser ces capacités.
OpenAI assure toutefois qu’Astra est moins susceptible que GPT-5.6 Sol de violer les restrictions de sécurité et garde-fous. Le modèle serait notamment plus robuste aux jailbreaks et aux injections de prompt, et moins enclin à effectuer des actions non autorisées dans des environnements informatiques. Sur plus de 54 000 tâches internes de Codex, Astra aurait généré environ deux fois moins de signalements de comportements fortement désalignés que GPT-5.6 Sol.
Un déploiement progressif
GPT-6 Astra est d’abord déployé auprès d’un nombre limité d’organisations, avant une ouverture aux abonnés payants de ChatGPT et aux développeurs dans les prochains jours. Pour l’API, OpenAI fixe le prix à 10 $ par million de tokens en entrée et 50 $ en sortie, soit le même tarif catalogue annoncé pour Claude Fable 5.1. OpenAI affirme par ailleurs qu’Astra nécessite moins de tokens que GPT-5.6 Sol pour parvenir à un résultat comparable, ce qui pourrait réduire son coût réel d’utilisation.