Il y a quelques jours on apprenait que Capgemini, via une de ses filiales américaines Governement Solutions, faisait partie des fournisseurs de la police américaine de l'immigration, ICE. Une collaboration qui a soulevé une pluie de critiques. Mais la société française ne serait pas la seule à l'équiper en matériels et logiciels. Selon Libération, c'est également le cas de Parrot et de Thales.
La société spécialisée dans les drones civils et professionnels Parrot aurait ainsi fourni du matériel utilisé par différentes agences fédérales américaines. « Bien que l’entreprise affirme ne pas travailler directement avec ICE, ses équipements se retrouvent intégrés dans des dispositifs employés par cette agence », indique notre confrère. D’après des documents consultés par Libération et des enquêtes menées par des organisations de défense des droits humains, des drones Parrot ont été achetés par des services dépendant du Department of Homeland Security (DHS), dont ICE fait partie. Ces équipements surveilleraient des zones frontalières et serviraient à des opérations de contrôle du territoire.
Parrot et Thales sur la défensive
Quant au géant de la défense Thales, des contrats portant sur des systèmes de surveillance, de communication et de gestion de données auraient aussi été signés. Selon une enquête de l'American Friends Service Committee (AFSC) Thales, par l'intermédiaire de sa filiale Gemalto, a aussi joué un rôle clé dans le développement de la technologie de matching d'empreintes digitales de la base de données biométriques du DHS, dénommée IDENT. Conçue et exploitée par General Dynamics, cette base de données partagée avec les forces de l'ordre et services de l'immigration dont ICE, contiendrait les profils biométriques d'au moins 268 millions de personnes.
Interrogés par Liberation, Parrot et Thales ont rappelé « leur attachement au respect des lois et des réglementations en vigueur », tout en soulignant que « l’usage final de leurs technologies ne relève pas toujours de leur contrôle direct. »