La Ficome est engagée depuis des années sur une pente descendante. Un constat unanime. La baisse des adhésions a aussi caché un manque d'intérêt, on nous décrit des réunions menées avec peu de participants. La profession a du mal à se souder et à se mettre en valeur. C'est le fond du problème.

Un exemple flagrant, celui du label Qualifcom. Il doit valider les compétences des installateurs français, chacun d'eux passe l'examen auprès d'un organisme certificateur moyennant 3 000 euros. Un bon moyen d'être mieux reconnus par les clients. Visiblement, la motivation n'est pas au rendez-vous.  Seuls 5 membres du conseil d'administration de l'ex Ficome sur 13 membres élus l'auraient passé. C'est dire. Les électriciens par exemple, qui travaillent maintenant sur les équipements de vidéo surveillance passent leur label, le Qualifelec, beaucoup plus massivement.

Autre exemple, celui des adhésions à la Ficome. Le nombre d'adhérents a baissé de 30% par an au cours du mandat de l'ancien Président nous expliquait André Vidal. Elle comptait 120 à 150 membres en début d'année nous glissent d'autres sources. Très faible pour peser dans Eben Numérique qui représente un total de 2 000 adhérents. La question des adhésions était  récurrente à la Ficome, notamment sous l'angle tarifaire. Silvano Trotta a baissé le prix des adhésions (12 000 euros initialement) pour les rendre plus accessibles, ses administrateurs l'ont suivi. En échange, l'ex Ficome devait proposer des services qui, pour les opposants, n'étaient pas suffisants.

Un séminaire annulé la veille


La question des séminaires a envenimé l'existence de l'ex Ficome. Un atelier sur la vidéo, organisé par Jean-Michel Texier (administrateur et par ailleurs président de Convergence) a été annulé la veille au soir par le Président. L'ancien responsable des ateliers s'est vu congédié sans ménagement, pour ne pas écrire plus, par l'ancien Président. D'autres départs sont évoqués comme celui de Marcel Leblanc d'ITC Systemes Resadia, une personnalité très rassembleuse.

Le budget et le patrimoine de la Fédération font l'objet d'un autre ressentiment. Le compte d'exploitation présente 250 000 euros de dépenses (dont 200 000 de salaires chargés) et 150 000 de recettes. Les deux permanents licenciés se sont vu dotés d'un parachute doré, selon un membre de l'ancien conseil d'administration. Quant au patrimoine immobilier dans le XVIIème arrondissement parisien, constitué au fil des décennies par la Ficome (née en 1945) il fera le bonheur de la nouvelle structure. Bref, la Ficome est morte en mauvaise santé, mais fort riche.

Aucun de nos interlocuteurs ne voyait d'avenir à la vieille Fédération. Lorsque Sivano Trotta a proposé au conseil d'administration la fusion avec la Feb, son conseil a suivi, pas forcément par fidélité à un Président qui a multiplié les opposants, mais parce que c'était la seule solution. Du moins aucune alternative n'a été proposée, admettent les opposants les plus farouches à Silvano Trotta. Va pour la fusion.

Et maintenant ?  La fusion est actée, mais les deux procédures surgies cet été, celle à l'encontre de l'ancien Président, celle du licenciement des deux permanents de l'ex Ficome perturbent Eben Numérique. Sur le 1er point, la commission télécoms veut se mettre au travail sur son programme, redresser son image et celle de la nouvelle structure. Sur le second, ne parviennent que des éloges sur Guy Têtu et une grande inquiétude sur l'absence de compétences télécoms dans la nouvelle Fédération.

Les 5 chantiers de Frédéric Decard


Les administrateurs de la commission télécom d'Eben Numérique cherchent à dégager une communication métier à retrouver une image et à attirer les installateurs intégrateurs partis sous d'autres cieux ou dispersés dans la nature. Frédéric Decard, le nouveau vice-président télécoms, nous rappelle les cinq chantiers ouverts dans sa commission : l'évolution de l'IP et le cloud, la norme qualité (pour remplacer Qualifcom), les reprises d'entreprise (dans le cadre des successions), le piratage téléphonique, les réseaux locaux pour les entreprises (ceux où se nouent les relations d'affaires).

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Tous souhaitent également revenir à une communication claire, ce qui a lourdement fait défaut lors des derniers évènements et sortir de la polémique et des vieilles histoires. Ils devront très vite valider l'intégration dans Eben Numérique, donc la synergie avec les bureauticiens. Paradoxalement, il leur faut justifier une intégration emmenée par Silvano Trotta.

Frédéric Decard et ses administrateurs, veulent travailler au sein d'Eben Numérique et récupérer les brebis égarées. Des anciens de la Ficome se retrouvent dans de multiples structures. Les grands intégrateurs au Syntec Numérique, mais ceux de plus petite taille peuvent être tentés de les rejoindre, Syntec Numérique déployant une forte activité en région. Le CICF regarde l'affaire de près et sera sollicité pour créer une structure télécoms.

Une Ficome jugée déphasée


Les gros intégrateurs ont en fait déjà gagné une autre rive celle du Syntec Informatique très accueillant, une commission spéciale dite infrastructure a été créée pour eux. De grands noms comme Nextiraone ou Axians l'ont rejoint. Axians s'était même payé le luxe en septembre 2009 de dénoncer : « La Ficome ne répond plus aux attentes des intégrateurs télécoms, qui proposent depuis des années des services de solutions globales de communication alliant informatique et téléphonie. Trop ancrée dans la téléphonie traditionnelle la Ficome n'a pas su accompagner la mutation profonde du marché de la communication d'entreprise et se trouve aujourd'hui déphasée par rapport aux besoins de ses principaux acteurs ».

Ce tour d'horizon ne serait rien sans le CDRT, Club des dirigeants réseaux et télécoms, un club suscité fin 2011 par  Philippe Sordet  un ancien de la Ficome. Le Club travaille sur des thématiques de la profession, les successions par exemple, il a vite trouvé sa place et son rythme. Deux groupes, Resadia et Convergence, offrent le 1er pour les grandes entités le second pour les PME de la profession, une structure d'achat et de mutualisation, l'une et l'autre particulièrement dynamiques. Bref, la commission télécoms devra travailler d'arrache-pied pour prouver son utilité et récupérer les adhérents partis au fil des années.

Beaucoup dépendra aussi de la personnalité d'André Vidal, décrit comme « entreprenant » mais également « autocrate », dont les décisions ont laissé des traces, par une communication à minima et deux licenciements qui ont du mal à passer. Les suites du conflit avec l'ancien Président de la Ficome donneront ou pas un peu de latitude à Frédéric Decard et ses administrateurs pour réaliser leur programme.