Lors de son Data Cloud World Tour à Paris le 14 avril dernier, Snowflake a réuni plus de 500 participants au Chateauform Saint Dominique - au point de devoir fermer les inscriptions faute de places -offrant l'occasion d'un point avec Arnaud Schiffert, son country manager France nommé en début d'année. Au programme : souveraineté des données, interopérabilité avec les grands éditeurs SaaS et adoption massive de l'IA par les entreprises françaises.
Une souveraineté à géométrie variable
La question de la localisation des données est au cœur des préoccupations de nombreux clients, en particulier dans le secteur bancaire. Arnaud Schiffert est clair sur le sujet : « En fonction de la criticité des données, les entreprises veulent pouvoir gérer une souveraineté qui est différente - avoir potentiellement des données dans le cloud public, mais aussi des données qu'elles garderont sur leurs data centers ou dans un cloud souverain. Notre ambition, c'est de fournir ça au marché. » Pour répondre à cette demande, Snowflake s'appuie sur deux modules open source désormais intégrés à sa plateforme. Le premier est Apache Iceberg, format de table ouvert dont Snowflake est un des principaux contributeurs au sein de la fondation Apache. Comme le souligne le dirigeant : « Iceberg a deux vertus pour les entreprises qui veulent être souveraines : une vertu de réversibilité, puisque c'est un format ouvert qu'on peut garder soit dans son cloud privé, soit dans un cloud public, soit sur ses propres data centers. » Le second est Polaris, également soutenu par Snowflake à la fondation Apache, qui assure la couche de catalogage des données. « Maintenant, nous proposons une couche de cataloging open source et une couche de format de data open source avec Apache Iceberg. Tout cela dans la fondation Apache, ce qui nous permet d'avoir des niveaux de fonctionnement différents, y compris des architectures hybrides », précise-t-il. Ensemble, ces deux briques permettent à Snowflake de se positionner non plus comme un simple silo de stockage, mais comme un moteur d'exploitation des données quelle que soit leur localisation physique.
Sur la question de la parité fonctionnelle entre cloud et déploiement local avec un partenaire comme Everpure ou Dell, Arnaud Schiffert reconnaît un écart résiduel : « Il y a un décalage. Cela va dépendre de l'architecture du client et des régions dans lesquelles on localise les services de compute. L'objectif, c'est de fournir ces services dans nos 51 régions sur les trois cloud providers. » Snowflake a d’ailleurs engagé des discussions avec plusieurs groupes français, dont les noms n'ont pas encore été divulgués, avec l'objectif affiché d'apporter à ses clients « un éventail de possibilités ».
Chez Salomon, la donnée comme colonne vertébrale
L'exemple de Salomon, présenté lors de l'événement, illustre comment Snowflake peut devenir bien plus qu'un outil d'analytique. La marque de sport française a débuté son projet avec l'éditeur de San Mateo sur un périmètre limité - une customer data platform - il y a quatre à cinq ans. Aujourd'hui, la plateforme irrigue l'ensemble des processus de l'entreprise : finance, RH, manufacturing. Elle fait désormais office de véritable colonne vertébrale décisionnelle, permettant aux métiers d'interroger directement les données d'entreprise via un chatbot alimenté par Snowflake Intelligence, dans un cadre gouverné et sécurisé qui gère finement les droits d'accès à la donnée.
Un partenariat stratégique avec SAP
Snowflake a annoncé lors de cette journée un partenariat mondial avec SAP, que Arnaud Schiffert qualifie de « plus important dans cette industrie ». Il va bien au-delà de la simple extraction de données brutes : il permet de refléter des data products SAP avec leur couche sémantique directement dans Snowflake, de les enrichir avec de l'IA et du machine learning, puis de les renvoyer vers SAP dans un flux bidirectionnel. L'enjeu est de désiloter la donnée dans les grandes entreprises industrielles, dont parfois 80% du patrimoine data réside dans SAP. Ce partenariat s'inscrit dans une stratégie d'interopérabilité plus large. Snowflake dispose déjà de connecteurs « zéro copie » avec Salesforce (CRM), Adobe, Workday et Oracle, permettant de mobiliser l'ensemble du patrimoine data d'une entreprise sans duplication, notamment pour alimenter les moteurs d'IA générative.
Un marché français en pleine accélération
Le dynamisme du marché français se traduit en chiffres : Snowflake compte désormais plus de 500 clients en France, et plus de 400 d'entre eux ont déjà commencé à exploiter les fonctionnalités IA récemment lancées sur la plateforme, Cortex et Intelligence et l'accès à des modèles tiers comme OpenAI, Anthropic, Mistral ou Gemini. « C'est une très, très grosse adoption de nos fonctionnalités AI. Ça veut dire que cela apporte de la valeur », souligne M. Schiffert. Pour accompagner cette croissance, Snowflake France s'appuie sur une équipe de 160 collaborateurs et un réseau de 300 partenaires, avec une approche de plus en plus verticalisée par secteur d'activité pour répondre aux besoins métiers spécifiques de ses clients.