Deux semaines après la cyberattaque visant la plateforme de vote de la primaire de la gauche, les organisations politiques françaises sont de nouveau confrontées à des accusations de piratage. Entre le vendredi 23 et le dimanche 25 octobre 2026, trois formations politiques auraient été visées par des offensives attribuées à un même cybercriminel. Un individu utilisant le pseudonyme ChimeraZ affirme avoir récupéré des données du Parti communiste français (PCF), de La France insoumise (LFI) et de Renaissance, selon les informations publiées par FrenchBreaches. Les données potentiellement concernées comprennent des coordonnées personnelles, des informations sur les militants et des éléments liés aux opérations de terrain. À ce stade, seul le PCF confirme avoir été victime d’une fuite de données. LFI et Renaissance contestent, eux, les affirmations du pirate.
Le Parti communiste français (PCF) confirme avoir été alerté par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi). Dans un communiqué, il indique avoir « immédiatement engagé la sécurisation de ses systèmes, de ses outils informatiques et de ses bases de données ». Il précise également avoir notifié la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) et prévoit de déposer plainte. Le PCF indique qu’aucune donnée bancaire n’a été compromise et appelle ses adhérents et sympathisants à la vigilance face aux tentatives d’hameçonnage.
Des millions d’enregistrements revendiqués
Selon FrenchBreaches, les données attribuées au PCF pourraient concerner près de 190 000 personnes. Le fichier analysé par le média spécialisé comprend notamment des noms, des prénoms, des adresses postales, des numéros de téléphone et des adresses électroniques. Ce volume reste une estimation indépendante : le PCF n’a pas communiqué de bilan officiel du nombre de personnes concernées.
Pour La France insoumise, ChimeraZ revendique l’accès à plus de 1,2 million d’enregistrements associés aux activités militantes et au porte-à-porte. Les données évoquées comprendraient notamment des adresses, des coordonnées géographiques ainsi que des numéros de téléphone et des adresses électroniques. L’existence d’une intrusion dans les systèmes du parti n’est toutefois pas établie. Du côté de Renaissance, le pirate affirme détenir environ 4,1 millions d’enregistrements, comprenant notamment des adresses et des informations géographiques liées à des opérations politiques. Là encore, ce volume correspond à une revendication qui n’a pas été confirmée. Le parti affirme que ses vérifications n’ont révélé aucune intrusion dans ses systèmes ni dans sa base de données.
Des «informations publiques»
La France insoumise et Renaissance contestent toutes deux l’existence d’une nouvelle intrusion dans leurs systèmes informatiques. Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, affirme que les données concernant les membres du parti n’ont pas été divulguées au-delà de celles qui étaient déjà accessibles publiquement. Le parti conteste ainsi l’interprétation des informations présentées par le pirate. Renaissance soutient également que les données revendiquées proviennent de sources publiques, notamment de l’Insee et de sa plateforme militante. Selon le parti, elles auraient été récupérées au moyen de logiciels de scraping, qui permettent d’extraire automatiquement des informations accessibles en ligne.
Ces affaires interviennent alors que les organisations politiques se préparent à la prochaine élection présidentielle, prévue en 2027. Elles rappellent l’importance de la sécurisation des fichiers d’adhérents, des outils de campagne et des plateformes militantes.