« Le marché est passé de la panique à la réaction, du déni à l’acceptation », explique CloudBolt éditeur d’une plateforme d’orchestration de cloud hybride dans une étude sur l’état des entreprises deux ans après le rachat de VMware par Broadcom. Le fournisseur a recueilli les réponse de plus de 300 entreprises aux Etats-Unis sur leurs attentes, la réalité et les mesures prises.
Une phase d’acceptation
Parmi les enseignements, le traumatisme des changements de licences et tarifaires de Broadcom a semble-t-il été intégré. En 2024, les sondés craignaient à 99% l’impact de cette acquisition et 73% estimés que les tarifs allaient doubler. Si les perturbations restent encore présentes, elles sont jugées plus modérées en 2026, ils ne sont plus que 26% à les estimer comme extrêmement dérangeantes (contre 46% en 2024). Pour CloudBolt, les entreprises ont fait leur travail de deuil reprenant les étapes du modèle de Kübler-Ross qui identifie plusieurs phases (le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l’acceptation). Une stratégie aussi pour se laisser du temps afin de préparer une migration des systèmes.
Autre point soulevé par l’étude, la question du coût des licences VMware avec la fin du modèle des licences perpétuelles et la mise en place de package sur abonnement. Elle rappelle qu’il s’agit de la préoccupation première des entreprises (89%), mais la réalité est loin du scénario catastrophe. En effet, 59 % des personnes interrogées ont subi des augmentations de coûts supérieures à 25 %. La médiane se situe entre 25 et 49 %. En 2024, 73% des répondants s’attendaient à une hausse de 100% ou plus. En 2026, 14% ont subi ce niveau d’augmentation. L’étude cite des exemples de sociétés ayant eu une inflation de 400 à 700% du tarif des services VMware.
Un exode pas massif, mais en cours
Malgré cette politique tarifaire, l’exode massif vers d’autres solutions n’a pas eu lieu constate CloudBolt. 56% des sondés sont restés fidèles au spécialiste de la virtualisation avec la volonté d’optimiser leur existant. Seuls 4% des entreprises ont mené une migration complète et 40% sont en cours ou en réflexion. Des actions menées sous la pression des dirigeants (19%) et des directions financières (15%). « La stratégie de VMware est désormais un sujet de discussion au niveau du conseil d'administration, et des carrières sont en jeu », souligne le fournisseur.
Pour les 44% qui ont ou vont migrer, l’orientation est clairement vers le cloud public (72%), puis vient l’alternative Hyper-V et Azure Stack de Microsoft (43%). Le recours aux offres Red Hat et Nutanix est adopté par un tiers des répondants. Les freins à ces migrations restent la complexité et le coût du projet comme l’avait indiqué Gartner dans une étude quelques mois après l’acquisition de VMware.